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Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne

LIVRE PREMIER.

Reading edition

Occasion de cet Ouvrage. *Jérôme Bignon Avocat Général.

Mon dessein étoit de travailler pour l'utilité de tous ceux de mon païs; mais j'avois sur-tout en vûe ceux qui vont sur mer, à qui je voulois procurer par là les moyens de bien employer le loisir qu'une longue navigation leur donne, & dont la plupart tâchent à dissiper l'ennui par des ocupations peu raisonnables.

Je commence cet ouvrage par les éloges des habitans de nos Provinces, auxquels aucun autre peuple ne peut sans doute disputer la gloire d'exceller dans l'art de la navigation. Je leur fais regarder cet avantage comme un éfet de la bonté de Dieu. Je les exhorte sérieusement à l'employer comme un moyen pour étendre le Christianisme, aussi bien que pour s'enrichir. Je leur fais remarquer que leurs longs voyages leur en fournissent l'occasion; qu'ils trouvent des Payens dans la Chine & dans la Guinée, des Mahométans dans la Turquie, dans la Perse & dans la Barbarie; que pour les Juifs, les plus déclarez ennemis du Christianisme, il y a peu de lieux sur la terre où ils ne soient répandus; qu'enfin, parmi les Chrétiens mêmes, il se trouve des Impies, qui dans l'ocasion versent adroitement dans l'esprit des Simples le venin de leurs sentimens, que la crainte leur fait ordinairement cacher; que c'est contre ces ataques que je voulois leur fournir des armes, dont les plus éclairez pourroient se servir pour combatre vigoureusement l'erreur, & les autres, pour s'en garantir.

Après cela j'entre en matiére; & afin de faire voir que la Religion n'est pas une chose vaine & imaginaire, j'en établis d'abord le fondement, renfermé dans cette proposition, qu'Il y a un Dieu. C'est ainsi que je le prouve.

Qu'il y a un Dieu.

II. Le sentiment & l'aveu de tout le monde mettent hors de doute qu'il y a des choses qui ont commencé d'être. Or ces choses ne se sont point produites elles-mêmes; car produire c'est agir. Or pour agir il faut exister. Par conséquent si elles se sont produites elles-mêmes, elles ont existé avant que d'être, ce qui est contradictoire. Il s'ensuit donc qu'elles ont tiré l'être de quelqu'autre principe. Pour fortifier cette preuve, j'ajoûte, qu'elle ne porte pas seulement sur les choses que nous voyons ou que nous avons vûes, mais aussi sur leurs causes, & sur les causes de ces causes; jusqu'à ce qu'enfin l'on remonte à un premier Principe, c'est à dire, à un Être qui n'ait jamais commencé, & qui existe nécessairement & par lui-même. Et c'est précisement ce Principe que nous apellons Dieu, & dont nous essayerons tantôt de découvrir la nature.

Que l'on n'objecte point ici ce peu d'hommes, qui dans un grand nombre de siécles ont cru, ou fait profession de croire, qu'il n'y a point de Dieu. Leur petit nombre, & l'oposition générale qu'ils ont rencontrée, lors qu'ils ont voulu introduire leurs sentimens, font voir que ces sentimens n'étoient pas le fruit du bon usage que ces gens faisoient de leur Raison; mais un éfet, ou de l'amour de la nouveauté, passion dont la bizarrerie a quelquefois été jusques à faire soutenir que la neige est noire: ou d'un esprit corrompu, qui de même qu'un goût dépravé, juge des choses, non selon ce qu'elles sont en elles-mêmes, mais selon ce qu'elles lui paroissent. En éfet, tant les Livres historiques que ceux d'un autre genre, nous aprennent que les hommes ont conservé l'idée d'une Divinité, à proportion de la droiture de leur coeur. Il paroît donc que cet éloignement pour une opinion si ancienne & si universelle, est une suite de la dépravation de l'esprit & qu'elle n'a guére pu se trouver qu'en ceux, à qui il importe souverainement qu'il n'y ait point de Dieu, c'est à dire, point de Juge de leurs déréglemens.

Qu'il n'y a qu'un Dieu.

III. Nous avons prouvé qu'il y a un Dieu: venons à ses atributs. Le premier qui se présente, c'est l'Unité. Elle se recueille 1. de ce que nous avons déjà établi, c'est que Dieu est un Être, qui existe nécessairement & par soi-même. Or une chose est dite être nécessairement & par elle-même, non entant qu'on la considére dans une idée générale, & dans l'indétermination à être ou à n'être pas, mais entant qu'elle existe actuellement. Cela posé, je dis que si l'on établit qu'il y a plusieurs Dieux, l'on ne trouvera rien en chacun d'eux qui le fasse exister nécessairement; rien même qui oblige à en admettre deux plutôt que trois, ou dix plutôt que cinq. 2. La multiplicité des Êtres particuliers de même espéce, vient de la fécondité de leurs principes, qui, selon qu'elle est plus ou moins grande, les rend capables de plus ou de moins de productions: or Dieu n'a ni principe ni cause.

Que toutes les perfections sont en Dieu

IV. Poursuivons, & tâchons de découvrir les autres atributs de Dieu. Tout ce qu'on entend par le mot de perfection est nécessairement en Dieu, & je le prouve ainsi. Toutes les perfections qui sont dans le Monde ont eu un commencement, ou n'en ont pas eu. Celles qui n'ont point eu de commencement, ne peuvent être que celles de Dieu. Celles qui ont commencé d'être, suposent manifestement un principe qui les ait produites. Et comme de toutes les choses qui sont, aucune ne s'est produite elle-même, il s'ensuit que les perfections qu'on découvre dans les éfets sont tellement dans leurs causes, qu'elles les rendent capables d'en produire de pareilles: par conséquent tout ce qu'il y a de perfection au monde, a du se trouver dans la cause premiére. J'ajoûte, que si elles y ont été, elles n'ont jamais pu cesser d'y être, puisqu'on ne peut pas dire que cette cause ait pu en suite en être dépouillée. Je le prouve: ou ce changement viendroit d'ailleurs, ou il viendroit de la cause premiére elle-même. Le premier ne se peut: un Être éternel, ne dépendant d'aucun autre, aucun autre ne peut agir sur lui. Le second n'est pas plus possible, puis que chaque chose tend d'elle-même autant qu'elle peut à se perfectionner, bien loin de travailler à se rendre moins parfaite.

Qu'elles y sont dans un degré infini.

V. Ce premier principe étant posé, il faut en établir un autre, c'est que Toute perfection se doit trouver en Dieu dans un degré infini: en voici la preuve. Ce qui borne l'atribut d'un Être, est, ou que la cause qui a produit cet Être ne lui a communiqué cet atribut, que jusqu'à un certain degré: ou que cet Être même ne le pouvoit recevoir, que dans une certaine mesure. Or ni l'un ni l'autre ne se peut dire de Dieu, par cette seule raison, qu'étant par soi-même & nécessairement, il n'a jamais pu rien recevoir d'ailleurs.

Que Dieu est éternel, tout-puissant, tout bon, & qu'il fait toutes choses.

VI. Voyons, à présent quelles doivent être ces perfections de l'Être suprême. Il est certain que ce qui vit, est plus parfait que ce qui ne vit pas; que ce qui peut agir, l'est plus que ce qui en est incapable; que ce qui est doué d'intelligence, est plus excellent que ce qui ne l'est pas; qu'enfin ce qui a de la bonté, surpasse en perfection ce qui n'en a point. Donc tous ces atributs de vivant, de puissant, d'intelligent, de bon, sont en Dieu. Or par le second principe que nous avons posé, il ne peut y avoir rien en Dieu qui ne soit infini: donc ces atributs y sont dans un degré infini: donc sa vie ne doit être bornée d'aucun tems, c'est à dire, d'aucun commencement ni d'aucune fin: voilà l'Éternité. Son pouvoir est illimité: voilà la Toute-puissance. Je dis le même de la Science & de la Bonté, qui, comme les deux autres atributs, ne se peuvent trouver en Dieu, que par cela même ils ne soient infinis.

Que Dieu est éternel, tout-puissant tout-bon, & qu'il fait toutes choses.

VII. De ce que nous venons d'établir, il résulte que tout ce qui subsiste, tire son origine de Dieu. Car puis que nous avons conclu de ce qu'une chose existe nécessairement, qu'elle est par cela même unique, & exclut tout autre Être de même nature: il est évident que toutes les choses qui sont hors de Dieu ne sont point nécessairement & par elles-mêmes, & qu'elles ont dû être produites par une cause diférente d'elles. Or cette cause ne peut être que celle qui n'a point eu de commencement, puis que, comme nous l'avons vu dès l'entrée, tout ce qui est, doit avoir été produit ou immédiatement, ou médiatement, c'est-à-dire, dans ses causes, par un premier Principe. Et ce premier Principe est ce que nous apellons Dieu.

2 Preuve, tirée de la considération de toutes les parties du Monde, & de leurs diferens usages.

Quand le raisonnement ne nous conduiroit pas à cette derniére vérité, la vûe seule des choses créées nous l'aprendroit sufisamment. En éfet il est impossible de considérer avec atention la structure admirable du corps humain, l'arrangement de ses parties tant extérieures qu'intérieures, la destination des plus petites à de certains usages, le peu de part que les péres & les méres ont à cet arrangement & à cette destination; en un mot, l'artifice exquis que l'on découvre dans cet excellent ouvrage, & qui fait l'admiration de ceux qui s'occupent avec le plus de succès à en étudier les merveilles: l'on ne peut, dis-je, considérer tout cela sans conclurre, que l'Auteur de cet ouvrage est un Être souverainement sage & intelligent. Si dans une chose aussi évidente on ne se contente pas de ses propres lumières, on n'a qu'à lire Galien dans les endroits où il traite de l'usage de la main, & de celui de l'oeil.

Que les hommes ne sont pas de toute éternité; & qu'ils sont tous issus d'un seul homme.

Réponse à l'objection, que si Dieu étoit la cause de tout, il seroit l'auteur du mal.

VIII. Mais ne semble-t-il pas que, s'il y avoit un Dieu auteur de toutes choses, & infiniment bon, on ne verroit pas dans le monde tant de miséres & tant de désordres? Je répons qu'il y a de deux sortes de maux, le mal moral, c'est-à-dire, le crime, & le mal physique, c'est-à-dire, la misére. A l'égard du premier, il est sûr qu'on ne peut l'atribuer à Dieu sans blesser sa sainteté. Nous avons dit qu'il est l'auteur de toutes choses, mais ce n'est que de celles qui subsistent réellement: & rien n'empêche que les choses qui subsistent réellement, n'en produisent d'autres qui ne sont que de purs accidens & de pures maniéres d'être, tel qu'est ce qu'il y a de criminel dans les méchantes actions: de sorte qu'il n'est pas besoin de remonter jusqu'à Dieu pour en trouver la source. Lors qu'il créa l'Homme & les Intelligences qui sont au-dessus de l'homme, il leur donna une liberté qui les rendait capables du bien & du mal. Mais quoique cette liberté se puisse déterminer au mal, elle n'est pas cependant mauvaise en elle-même. Pour ce qui est du mal physique qui est proprement ce que nous apellons douleur, il n'y a aucun inconvénient à dire qu'il vient de Dieu; puis qu'il s'en sert ou à corriger l'Homme, ou à le punir. Et bien loin que cette espéce de mal répugne à sa bonté, on peut dire qu'il l'employe souvent par un principe d'amour pour les hommes; de la même manière que les Médecins prescrivent aux malades des remédes désagréables au goût, mais nécessaires pour leur guérison.

Réfutation de l'opinion de deux premiers principes

IX. Il faut réfuter en passant l'opinion de ceux qui établissent deux premiers Principes, l'un bon, & l'autre mauvais.

Que Dieu gouverne toutes choses. x. Preuve.

X: S'il est vrai, comme nous l'avons établi, que Dieu a créé le Monde, il n'est pas moins constant, qu'il le gouverne par sa Providence. Sa bonté l'y oblige: sa science infinie & sa toute-puissance lui en donnent les moyens: l'une lui fait connoître tout ce qui se fait & tout ce qui se doit faire: l'autre le rend capable d'exécuter ce qu'il juge à propos pour conduire & pour régler l'Univers. Avec un degré de sagesse & de bonté infiniment plus petit, les hommes étendent leurs soins sur leurs enfans, & avec quelque chose qui n'est en soi-même ni bonté ni sagesse, mais qui en réprésenté assez bien les démarches, les bêtes mêmes savent élever & conserver leurs petits. Il faut rapeller ici ce que nous avons dit de certains mouvemens peu naturels, que l'on remarque dans le Monde, mais qui servent bien mieux à sa conservation que d'autres plus naturels, & plus simples.

Que Dieu gouverne toutes les choses sublunaires.

XI. La Terre & toutes les choses sublunaires étant l'ouvrage du Créateur, aussi bien que le Ciel, & tous les corps célestes, cette même raison fait voir combien est mal fondée l'opinion de ceux, qui reconnoissant une Providence, la renferment dans l'étendue des Cieux. Il ne seroit pas même dificile de prouver, que la Terre est plus particuliérement que le Ciel, l'objet des soins de la Providence. Le cours des Astres est si conforme aux besoins de l'Homme, qu'on peut dire qu'ils ont été créez pour lui. Or lequel est le plus digne des soins de Dieu, ou la Fin, ou les moyens qui sont destinez à cette fin?

Que Dieu gouverne les natures particuliéres.

Il n'y a pas plus de raison à prétendre, que Dieu ne conduit que les natures universelles, & ne touche point aux Êtres Singuliers. Est-ce qu'il ne les connnoît pas? C'est ce que quelques-uns disent, mais si cela est, comment se connoît-il lui-même? De plus, nous avons prouvé que la science de Dieu est nécessairement infinie: elle s'étend donc à tous les Êtres particuliers. Or si Dieu les connoit tous, pourquoi ne les gouverneroit-il pas tous? Cela paroît encore par ces fins tant particuliéres, que générales, que nous avons découvertes dans chaque partie du Monde. Sans toutes ces considérations, une seule raison sufit. C'est que les natures universelles ne subsistent que dans les Êtres particuliers. Si donc Dieu abandonne les Êtres particuliers, il faut aussi qu'il abandonne le genre; s'il conserve & gouverne le genre, il faut de nécessité qu'il conserve & gouverne les Êtres particuliers.

Preuve de la Providence, par la conservation des États

XII. La durée des États & des Empires est une preuve si forte de la Providence Divine, que tous les Philosophes et tous les Historiens en ont très-bien senti le poids. En général, par tout où cet ordre, qui soumet un État à une autorité supérieure, a été reçu, il y subsiste toujours. En particulier, on voit que certaines formes de Gouvernement se maintiennent en quelque Païs pendant une longue suite de siécles. Combien de temps n'a pas duré, par exemple, le Gouvernement monarchique des Assyriens, des Egyptiens et des François. Le Gouvernement Aristocratique des Vénitiens compte déjà plus de douze cents ans. Il est vrai que la Politique a beaucoup contribué à cette longue durée. Cependant, si l'on prend garde combien il y a toûjours eu d'esprits déréglez et turbulens; à combien de traverses un État est sujet de la part de ses Voisins, et quelle, est l'inconstance de toutes les choses du Monde: on verra qu'il est impossible qu'une certaine maniére de Gouvernement subsiste: si long tems, sans une direction toute particuliére de la Providence. Cette direction est encore plus sensible dans la maniére dont Dieu change la forme des Empires & les ôte à de certains Peuples pour les donner à d'autres. Ceux par qui il opére ces grandes Révolutions, Cyrus, par exemple, Alexandre, César, Cingi parmi les Tartares, & Namcaa dans la Chine, ont tous eu une enchaînure de succès, que toute la prudence humaine n'auroit jamais pu leur procurer; ils ont tous éprouvé un bonheur dont la grandeur surpassoit leurs désirs, & dont la durée constante était fort éloignée du cours ordinaire des choses du monde, dans lesquelles on ne voit que mêlange & qu'inégalité. La ressemblance qu'ont entr'eux ces événemens mémorables, & leur concours à une même fin, c'est-à-dire, à l'établissement d'un Empire sur les ruïnes d'un autre, ne peuvent partir d'une cause fortuite & aveugle. On peut faire plusieurs fois de suite un coup de dé heureux: mais si on le fait jusqu'à cent fois, il n'y a personne qui ne l'atribue d'abord à quelque adresse cachée.

3. Preuve par les miracles.

XIII. Entre toutes les preuves qui nous convainquent d'une Providence, il n'en est point de incontestable que les miracles & les prédictions dont les Historiens font mention. Il est vrai qu'on en débite beaucoup sans fondement. Mais doit-on rejetter pour cela tout ce qu'on a là-dessus de bien atesté par des témoins oculaires, dont le jugement & la bonne foi sont au-dessus du soupçon? Ce sont des choses impossibles, dira-t'on; mais si Dieu peut tout & sait tout, pourquoi ne feroit-il pas ce qu'il veut, & ne pourroit-il pas révéler ce qu'il sait? Si l'on ajoûte que ces actions miraculeuses violent les loix de la Nature; je demanderai pourquoi Dieu, étant l'auteur de ces loix, il n'en seroit pas le maître; & s'il s'y est tellement lié, qu'il ne puisse jamais se dispenser de les suivre? Si l'on dit que ces choses extraordinaires peuvent avoir été produites par des Esprits inférieurs à Dieu, j'y consens: mais j'en conclus qu'à plus forte raison Dieu les pouvoit produire lui-même: outre que, comme dans un Royaume bien réglé il ne se fait rien d'extraordinaire que sous le bon plaisir de celui qui le gouverne, il faut nécessairement que ces Esprits, à qui on veut faire honneur de ces grandes choses, ne les ayant faites que par l'ordre ou par la permission de leur Maître.

En particulier par les miracles de Moyse & de Josué, que l'on prouve I. par la durée de la Religion Judaïque.

2. Par la sincérité de Moyse & par l'antiquité de ses Livres

3. Par les témoignages des Auteurs étrangers.

Note A: Peuples d'Éthiopie.

Deut. XIII. 5.

4. Preuve de la Providence, savoir, les prédictions.

XVII. J'ai joint les prédictions aux miracles, comme des preuves qui ne sont pas moins concluantes en faveur d'une Providence. Les Écrits des Juifs en contiennent un très-grand nombre, dont la plûpart sont extrémement claires & formelles. Je n'en toucherai que quelques-unes.

Ch. III 32. 39. VII. 5. VIII. 3. 20. X. 20. XI. 1.

Les Juifs ne sont pas les seuls qui se vantent d'avoir des prédictions certaines. Les habitans du Mexique & du Pérou, en ont eu beaucoup, & de fort claires, qui marquoient l'arrivée des Espagnols dans leurs païs, & les malheurs dont ces nouveaux hôtes les devoient acabler.

Quelques confirmations de cette même vérité.

Objection, qu'on ne voit plus de miracles.

II. Objection, que s'il y avoit une Providence, il n'y auroit pas tant de crimes.

Que cette II. Objection nous conduit à reconnoître un dernier Jugement.

XX. Il faut avouer pourtant que cela n'arrive pas toûjours; & que quelquefois, pendant que les méchans jouïssent d'une prospérité sans interruption, les gens de bien traînent une vie languissante, qu'ils finissent même souvent par une mort honteuse. C'est ce qui a de tout tems surpris & scandalisé les infirmes. Mais bien loin que cela nous doive faire douter de la Providence, qui, comme nous l'avons vû, se prouve par des raisons invincibles; nous devons au contraire conclurre de là, avec tout ce qu'il y a jamais eu de véritables Sages, que puisque, d'un côté, Dieu est souverainement juste, & qu'il veille sur les actions des hommes; & que, de l'autre, on voit parmi eux tant de déréglemens impunis, il faut nécessairement atendre après cette vie un Jugement solemnel, qui unisse la peine avec le crime, le bonheur avec l'innocence; & qui condamnant les auteurs de ces actions énormes aux supplices qu'ils ont méritez, assigne aux grandes vertus de grandes récompenses, & un repos assuré.

Et par cela même, l'immortalité de l'âme.

XXI. Mais comme ce Jugement supose l'immortalité de l'ame, je vais tâcher de la prouver. Je me servirai pour cela de la méthode que j'ai employée pour démontrer l'existence de Dieu. J'établirai donc cette Vérité, & par le raisonnement, & par la Tradition, ou, le consentement de tous les Peuples qui ont eu quelque degré de lumiére & d'humanité: Tradition dont on ne peut rencontrer l'origine, que dans l'origine même du Genre humain, c'est-à-dire, dans les premiers hommes. Je commence par cette dernière preuve.

I. Preuve de l'immortalité de l'ame, savoir, une Tradition ancienne & universelle.

II. Preuve, tirée de ce qu'aucune raison ne peut faire voir que l'ame soit mortelle.

Trois autres preuves de l'immortalité de l'ame.

Que la derniére fin de l'Homme est un bonheur éternel.

XXV. Or si nous ne pouvons rien apercevoir dans la nature de l'ame qui doive causer sa destruction; si Dieu par quantité de marques, qui ne sont point équivoques, nous aprend que son dessein est qu'elle survive au corps; si d'ailleurs il faut reconnoître que l'Homme, en qualité d'Être intelligent & raisonnable, doit avoir une derniére fin: il ne s'agit plus que de chercher en quoi cette derniére fin peut consister. Or par cette seule raison, qu'elle doit avoir du raport à l'excellence de l'ame & à son éternité, il est assez évident qu'elle ne peut être autre chose qu'une félicité éternelle. C'étoit la pensée de Platon & des Pythagoriciens, lors qu'ils ont enseigné que le souverain Bien de l'Homme, consiste à être élevé à la plus parfaite ressemblance qu'il puisse avoir avec Dieu.

Pour, ce qui est de la nature de ce bonheur éternel, & des moyens de l'aquerir, c'est une matiére à conjectures, tant que Dieu n'en a rien révélé. Mais si l'on peut découvrir qu'il se soit expliqué là dessus, il ne faut plus balancer; l'on doit recevoir ce qu'il nous en dit, & le croire avec cette certitude que produisent les Véritez les plus constantes & les plus autentiques.

Or comme la Religion Chrétienne nous promet sur cet article quelque chose de plus que toutes les autres Religions, il est bon d'examiner quelle opinion nous devons avoir de ces grandes promesses. C'est ce que nous allons faire dans le Livre suivant.

Illustration from Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne

Notes in this chapter

Note 1 · Note a: (retour) Raimond de Sebond étoit Espagnol, sa Théologie naturelle fut composée en Latin, & le célèbre Montagne l'a traduite en FrançNote 2 · Note c: (retour) Philippe de Mornay, Sieur du Plessis Marly, de la Vérité de la Religion Chrétienne, contre les Athées, Épicuriens, &c. à PaNote 3 · I. ous souhaitez, Monsieur*, de savoir quel est le précis des livres que j'ai faits en Flamand, pour prouver la vérité de la Religion ChrétiNote 4 · Note d: (retour) L'Auteur étoit en prison quand il fit cet Ouvrage en vers Flamands; car ce fut à Paris qu'il le traduisit en Latin. TRAD. DNote 5 · Cependant, quelque jugement que d'autres puissent faire d'un nouvel ouvrage sur ce sujet, j'espère que vous serez assez équitable pour ne déNote 6 · Note A: (retour) On pourroit dire que la Religion est diférente selon les inclinations des peuples, mais ce n'est qu'à l'égard de telle ou tNote 7 · Note B: (retour) Ou que l'on prouve qu'ils se sont eux-mêmes trompez; faute de quoi j'ai droit de conclurre, qu'ils ont été légitimement perNote 8 · Ma seconde preuve est tirée du consentement manifeste de toutes les Nations du monde à croire une Divinité; au moins de celles en qui un natNote 9 · Note C: (retour) Si l'invisibilité n'est pas une raison pour faire rejetter ce principe de connoissance & de volontez, parce qu'on à d'ailleNote 10 · Note D: (retour) Cela paroîtra foible à ceux qui sont persuadez que la Bête est une pure machine: mais qu'au lieu de Bête on mette ici un CaNote 11 · Il est si vrai que ce qui peut jetter les hommes dans cette erreur, n'est pas le dessein d'entrer dans des opinions un peu moins humiliantesNote 12 · Note E: (retour) Quelques-uns répondent à cette objection, que ces Dieux ne pourroient pas vouloir des choses oposées, parce qu'ils seroientNote 13 · 3. Il y a dans plusieurs Êtres singuliers certaines propriétez qui les distinguent les uns des autres: or dans une nature nécessaire, comme Note 14 · Note 1: (retour) La situation des eaux &c. Strabon liv. 17. après avoir distingué les ouvrages de la nature, c'est-à-dire, de la matiére, & Note 15 · Note G: (retour) La nature de l'eau ne demande pas qu'elle soit placée entre l'air & la Terre. Il sufit de remarquer, que la distribution quNote 16 · Les corps des animaux brutes ne nous fournissent pas une preuve moins solide de cette vérité. La forme & la situation de leurs parties marquNote 17 · H Pour dire encore un mot des bêtes, quelques-unes, comme les fourmis & les abeilles, font des choses si bien réglées & si bien conduites quNote 18 · Note I: (retour) Cette crainte du vuide n'est aparemment, dans le sens de l'Auteur, qu'une précaution de la Providence, qui pour mieux lier Note 19 · Au reste, on voit dans les parties de l'Univers, non seulement une direction à de certaines fins particuliéres, mais aussi une destination àNote 20 · Note e: (retour) L'Équateur est un des quatre grands cercles qui divise la Sphère en deux parties égales, dont l'une est septentrionale, & lNote 21 · Note 2: (retour) Que tous les Stoïciens n'ayent aperçu. Cicéron Offic. liv. I. & de la nature des Dieux liv. 2.Note 22 · De plus le cours des Astres, & en particulier celui du Soleil & de la Lune, est si propre à rendre la terre fertile, & à conserver les animaNote 23 · Note 3: (retour) Enfin tous ces mouvemens &c. Si l'on supose que la Terre tourne, la même réflexion aura lieu, quoi que sous diferens termesNote 24 · Note f: (retour) Petit cercle qui a pour centre un point pris sur la circonférence d'un autre cercle plus grand, sur lequel ce petit se met Note 25 · Note J: (retour) La simplicité du Systême que l'on a substitué à celui de Ptolémée, est encore bien plus propre à nous faire connoître la saNote 26 · Note K: (retour) Cette rondeur du Monde est une suite de ce même faux principe, que les Cieux sont d'une matiére solide. TRAD.Note 27 · 3 Enfin tous ces mouvemens, excentriques,f epicycliques,J & autres, qu'on remarque dans les Astres; leurs situations diférentes; la diversitNote 28 · Note 4: (retour) Du progrès des Arts, &c. Tertullien prouve ce progrès des Arts, & cette multiplication du genre humain par le témoignage deNote 29 · Il faut aussi prouver que les hommes n'ont pas été de toute éternité, & qu'ils doivent leur origine & à un certain tems & à une certaine tigNote 30 · Note L: (retour) De plus il ne faut pas concevoir le mal comme une chose naturelle, mais comme la dépravation de l'état naturel des choses. Note 31 · I. Deux Principes si oposez ne peuvent que causer du désordre, & même une destruction entiére, bien loin de pouvoir produire quelque chose dNote 32 · Note 5: (retour) Cette Religion.... subsiste encore aujourd'hui. Joséphe dans son premier livre contre Appion nous a conservé un passage d'HNote 33 · Note 6: (retour) La Circoncision étoit quelque chose de si douloureux, & qui leur... &c. Philon.Note 34 · XIV. Que l'on chicane tant qu'on voudra sur la certitude des histoires qui nous parlent d'événemens surnaturels & miraculeux; l'Histoire de Note 35 · Note M: (retour) Mais comment eût-il obtenu créance dans l'esprit des premiers Israëlites, si Dieu n'eût véritablement signalé sa Mission paNote 36 · Note 7: (retour) L'invention de l'Écriture, Hérodote dans sa Terpsichore dit que «les Ioniens ayant apris des «Phéniciens l'usage des lettreNote 37 · Note 8: (retour) Les lois mêmes les plus anciennes des Athéniens &c. Telle est la loi touchant le voleur de nuit, & celle qui ordonnoit qu'uNote 38 · XV. Les Écrits de Moyse, qui nous ont conservé la mémoire de tant de miracles, ont des caractéres de vérité extrémement vifs & sensibles. ToNote 39 · ote N: (retour) Rochart Liv. I. des Colonies des Phéniciens, Ch. 6. fait voir que Josephe s'est trompé; & que ces Solymes dont Chérilus parlNote 40 · Note 9: (retour) Dans les plus vieilles histoires des Phéniciens que Sanchoniaton avoit compilées & que Philon de Biblos a traduites. Voici Note 41 · Note P: (retour) Sanchoniaton de Betyte est le plus ancien & le plus fameux des Historiens Phéniciens. Suidas assure qu'il a vécu quelque teNote 42 · Note g: (retour) Philon de Biblos, qui avoit traduit son ouvrage de Phénicien en Hébreu, étoit un Grammairien qui vivoit, dit-on, sous l'EmpNote 43 · Note 10: (retour) On en voyoit quelques traces parmi les Indiens, au raport de Mégasthénes. Voici le passage, tiré du liv. 15. de Strabon. «Note 44 · Note 11: (retour) Et parmi les Égyptiens. Laërce dans sa préface; «Ils tiennent (ce sont les Égyptiens) que le Monde dans sa naissance a étéNote 45 · Note h: (retour) Linus étoit un Poëte Grec qui vivoit avant Homere, selon quelques-uns: on le fait inventeur des rithmes & des airs; il ne nNote 46 · Note 12: (retour) Hésiode & beaucoup d'autres. Ces autres sont l'Auteur de certains Hymnes, & du Poëme des Argonautes, que l'on a cru être ONote 47 · Note i: (retour) Hesiode autre Poëte, né a Ascre en Beocie, que quelques-uns mettent avant Homere, & d'autres plus probablement un siécle apNote 48 · Note R: (retour) Aparemment à cause de la métaphore que Moyse employe pour réprésenter l'action de l'esprit de Dieu, & qu'il tire de l'actioNote 49 · Note 13: (retour) Ovide.... l'énonce dans ses Métamorphoses &c. Le passage est très-beau, Grotius l'a raporté tout entier. Comme il est un pNote 50 · Note 14: (retour) Épicharme &c. La Raison des hommes, dit ce Poëte, est née de la Raison de Dieu. Amélius Platonicien cité par Eusébe PréparNote 51 · Note j: (retour) Épicharme de Sicile, Poëte comique & Philosophe, que quelques-uns font inventeur de la Comédie: il avoit écrit sur la NaturNote 52 · Note 15: (retour) Les vers Orphiques. «J'en prens à témoin cette premiére parole que le Pére de l'Univers prononça lors que par ses ordres iNote 53 · Note 16: (retour) Selon Empédocle. «Ce Philosophe disoit que la premiére chose qui fut séparée du Chaos, fut l'Æther: Qu'ensuite le Feu en fNote 54 · Note k: (retour) Empedocle d'Agrigente, disciple de Pythagore & de Parménide, avoit écrit sur la Physique, & une Relation de l'expedition deNote 55 · Note l: (retour) Aratus, c'est ce Poëte Grec dont Cicéron encore jeune, avoit traduit les Phenomenes. TRAD. DE. PAR.Note 56 · Note m: (retour) Catulle Poëte Latin, de Vérone, mort à Rome à l'âge de 30. ans, 44. ans avant J.C. Le mêmeNote 57 · Note n: (retour) Homere le meilleur des Poëtes Grecs, & le desespoir de tous ceux qui voudraient l'imiter, vivoit, à ce que l'on croit, plusNote 58 · Note o: (retour) C'est le premier de ceux qu'on nomma les sept Sages de la Grèce. Il naquit vers l'an 115. de Rome, & mourut vers l'an 209. Note 59 · Note 17: (retour) Dans les vers Orphiques &c. Je chanterai la Nuit, Mere des Dieux & des hommes.Note 60 · Note 18: (retour) Plusieurs Nations qui retenoient &c. Nicolas de Damas le dit des SNumides: Tacite, des Anciens Allemans: César, des GauloiNote 61 · Note 19: (retour) Aratus dit que les Etoiles &c. «Commençons par Jupiter, & ne nous lassons jamais de parler de lui. Toutes les parties du MNote 62 · Note 20: (retour) Virgile parle d'un Esprit &c. Georgiques liv. IV. «Quelques-uns faisant réflexion sur cette adresse & sur cette prudence qNote 63 · Note 21: (retour) Hésiode. Il commanda à Vulcain, dit ce Poëte, de mêler de l'eau avec de la terre, & de donner à ce composé une voix humainNote 64 · Note 22: (retour) Et Callimaque. Il appelle l'Homme, la boue de Prométhée. Démocrite, Épicure, Juvénal, & Martial, ont aussi parlé de cette Note 65 · Note 23: (retour) Maxime de Tyr. &c. Dissertat. I. Au milieu de tant d'opinions diférentes, qui se combattent les unes les autres, on en voiNote 66 · Note 24: (retour) Nous l'aprenons de Joséphe, de Philon &c. Jos. Rép. à Appion, liv. II. dit qu'il n'y a aucune ville, soit Gréque soit BarbNote 67 · Note 25: (retour) Dion Cassius. Il témoigne «que la coutume de compter le tems par une révolution, de sept jours est venue des Egyptiens, & Note 68 · XVI. Outre cela, on trouve dans les Écrits de plusieurs Auteurs Païens, beaucoup de choses conformes à celles que Moyse nous aprend, & qui nNote 69 · Note O: (retour) Après avoir nommé le Soleil, la Lune & les Étoiles qu'entend-il par les grans Astres? Peut-être les Étoiles de la premiére Note 70 · Note Q: (retour) Voici comme Diodore de Sicile explique leur opinion. «Ils disent que lors que l'Univers commença d'exister, le Ciel & la TeNote 71 · Note S: (retour) Anciens peuples d'Afrique.Note 72 · Note T: (retour) Prêtres & Philosophes des Gaules.Note 73 · Note 26: (retour) Et que l'usage des vêtements &c. Diodore de Sic. raportant l'opinion des Egyptiens sur cela, ditU «que les premiers hommesNote 74 · Note 27: (retour) Avoir été connu des Indiens. Strabon, liv. xv. fait dire à Calanus l'Indien, «qu'autrefois la farine étoit aussi commune qNote 75 · Note p: (retour) Le Rabin Maimonides étoit très savant, quelques Juifs l'appellent la lumière d'Israel, à cause de sa science; il étoit né àNote 76 · Note 28: (retour) L'Histoire d'Adam, d'Eve, du Serpent, &c. Chalcidius sur le Timée de Platon: selon Moyse Dieu défendit aux premiers hommesNote 77 · Note 29: (retour) Six mille ans depuis la création. Selon le raport de Simplicius, Callisthéne envoya à Aristote des Observations AstronomiqNote 78 · Note q: (retour) Berose est le premier Écrivain de l'histoire des Chaldéens; il fleurissoit sous Ptolémée Philadelphe, Roi d'Égypte. Nous n'Note 79 · Note 30: (retour) Bérose, Manéthon, Hirom, Hestiæus, Hécatée, Hellanicus. Joséphe Antiq. Jud. liv. I. ch. 4. cite tous ces Auteurs dont on aNote 80 · Note r: (retour) Manéthon, Grand Prêtre d'Égypte, Secrétaire ou Bibliothécaire des Archives sacrées de l'Égypte, sous Ptolem. Philad. JosephNote 81 · Note s: (retour) Il étoit Égyptien & Gouverneur de Syrie sous Antigonus ou sous Antiochus. Le même Pline.Note 82 · Note t: (retour) Pausanias étoit de Cesarée en Cappadoce, il vivoit sous l'Empereur Antonin le Philosophe, & fleurissoit vers l'an de J.C. 1Note 83 · Note 31: (retour) Pausanias...... des corps d'une grandeur au dessus de l'ordinaire. Dans ses Laconiques il dit qu'on montroit dans le TemplNote 84 · Note u: (retour) Philostrate étoit un Courtisan de l'Empereur Sévère, & de l'Impératrice Julie son épouse. Ce fut à la prière de cette PrincNote 85 · Note Y: (retour) Je ne vois pas quel raport la taille démesurée des Géans peut avoir avec la longue vie des premiers hommes. TRAD.Note 86 · Note 32: (retour) Catulle...... qu'avant que la corruption. C'est dans l'Epithalame de Pélée & de Thétis. «Mais après que la Terre eut été fNote 87 · Note 33: (retour) Et les Intelligences par qui &c. Voyez Plutarque dans son Traité d'Isis, & Maxime de Tyr, Dissertat. I. & XVI. Le nom d'AnNote 88 · Note 34: (retour) Dans presque tous les Auteurs Grecs &c. Homére Iliad. X. Hésiode, Platon, Ovide, Métamorph. 1. X. Lucain, liv. IV. SénèqueNote 89 · Les Egyptiens tenoient que la vie des premiers hommes avoit été d'une grande simplicité,26 & que l'usage des vétemens leur étoit inconnu. L'Note 90 · Note U: (retour) Ce témoignage joint à celui qui suit forme une description assez bizarre des premiers hommes, l'un les réprésente menant unNote 91 · Note V: (retour) Ville du Péloponnèse.Note 92 · Note W: (retour) Presqu'ile de Macédoine.Note 93 · Note X: (retour) Aujourd'hui détroit de Caffa ou de Kerel, dans la petite Tartarie.Note 94 · Note 35: (retour) C'est ce qui a obligé Varron &c. Censorin; Varron divisoit le tems en trois grans espaces, savoir, le tems Inconnu, le temNote 95 · Note v: (retour) Varron, le plus savant des Romains, étoit Poëte & Philosophe: il avoit composé 24. livres de la langue Latine qu'il dédia àNote 96 · Note 36: (retour) Bérose Chaldéen, 1. I. AA «Berose raporte conformément aux plus anciennes histoires & à ce que Moyse en a dit, la destructNote 97 · Note 37: (retour) Abydène d'Assyrie. Voici le passage, cité par Eusebe, Prépar. liv. IX. & par Cyrille contre Julien, liv. II. «Entre ceux qNote 98 · Note 38: (retour) Et Plutarque même &c. Voici ses paroles. On dit que Deucalion lâcha hors de l'Arche un pigeon, qui, tant qu'il revint lui Note 99 · Note 39: (retour) Lucien dit que dans une ville &c. C'est dans la Déesse de Syrie.AC «La plus commune opinion, dit-il, est que Deucalion estNote 100 · Note 40: (retour) Dans Molon. Le passage est dans Eusébe Préparat. liv. IX. ch. 19. «Immédiatement après le Deluge, cet Homme qui s'étoit saNote 101 · Note 41: (retour) Dans Nicolas de Damas. Voici ses paroles, qui se trouvent dans Joséphe liv. XCVI. «Il y a en Arménie, dans la province de Note 102 · Note w: (retour) Apollodore étoit Grammairien d'Athenes, il vivoit sous le regne de Ptolomée Evergetes. Nous avons l'abrégé de sa BibliothèqNote 103 · Note AE: (retour) On a montré &c. C'est ce que témoignent Théophile d'Antioche liv. III. St. Épiphane contre les Nazaréens, St. Chrysostome Note 104 · Note 42: (retour) Sur les montagnes Gordiées. Les Interprétes Chaldaïques ont rendu l'Ararath de Moyse par Cardu; Joséphe par Cordiées; Q. CNote 105 · Pour ce qui est du Déluge, il est remarquable que de toutes les Histoires, sans en excepter celles des Peuples du nouveau Monde, aucune ne rNote 106 · Note Z: (retour) Les anciennes histoires ont parlé de deux Déluges. Celui qui arriva dans l'Attique du tems d'Ogygès, environ 532 ans après Note 107 · Note AA: (retour) Je suis dans ce passage & dans tous ceux qui seront citez de Joséphe, la Traduction de M. Arnaud d'Andilly, excepté 2 ou 3Note 108 · Note 43: (retour) Japétus est le Japhet &c. La lettre פ se prononçoit tantôt comme un π, p, tantôt comme un φ, ph.Note 109 · Note 44: (retour) Hammon qui peupla le premier l'Afrique est le cham &c. On est une terminaison que les Grecs ont ajoûté au mot de Cham. IlsNote 110 · Note AF: (retour) Bochart l'a fait d'une maniére à laquelle on ne peut rien ajoûter; mais son livre n'avoit pas encore paru lors que GrotiusNote 111 · Note 45: (retour) Joséphe a découvert dans les noms &c. Selon lui, de Gomer est la Galatie, où Pline met une ville nommée Comara. De Magog, Note 112 · Note 46: (retour) L'entreprise téméraire des Géans &c. Homére Iliad. 1. XI. Virgile Géorg. 1. I. Lucain, Pharsale l. VII. Ovide Métamorph. lNote 113 · Note x: (retour) Diodore de Sicile, Historien Grec, vivoit sous Jules Cesar & Auguste 60 ans avant J.C. TRAD. DE PAR.Note 114 · Note 47: (retour) Diodore de Sicile, &c. Liv. XIX. après avoir décrit le Lac Asphaltite, ou la mer morte; «parce que les lieux d'alentour, dNote 115 · Note 48: (retour) Strabon liv. XVI, après avoir parlé de ce même Lac, ajoûte «Pour prouver qu'il y a dans ces endroits des feux qui minent lNote 116 · Note 49: (retour) Tacite Hist, liv. V. «Près de là il y a une vaste campagne qui, à ce qu'on dit, étoit autrefois fort fertile, & où il y avNote 117 · Note y: (retour) Tacite Historien Romain, fleurissoit sous l'Empereur Trajan, vers l'an 100. de J.C. TRAD. DE PAR.Note 118 · Note z: (retour) C'est Pline l'ancien, ou le Naturaliste: il vivoit sous les Empereurs Vespasien & Tite 70 ou 75 ans après J.C. TRAD. DE PARNote 119 · Note 50: (retour) Hérodote. C'est dans l'Euterpe. «Les Colches, les Egyptiens, & les Éthiopiens sont les premiers qui ont pratiqué la circonNote 120 · Note aa: (retour) Hérodote est le plus ancien Historien Grec, dont les ouvrages soient venus jusqu'à nous, il vivoit 440 ans avant J.C. TRADNote 121 · Note 51: (retour) Diodore. Liv I. Une preuve que les Colches sont descendus des Egyptiens, c'est qu'ils se circoncisent de même que ceux-ci.Note 122 · Note 52: (retour) Strabon. Liv. XVI. Quelques-uns d'entre les[A] Troglodites sont circoncis de même que les Egyptiens.Note 123 · Note ab: (retour) Philon étoit Juif, mais né à Alexandrie. L'an 40. de J.C. les juifs le députèrent à l'Empereur Caligula, pour lui demanderNote 124 · Note 53: (retour) Des nations entiéres issues d'Abraham. Théodore cité par Eusébe parlant d'Abraham dit que celui qui l'avoit tiré de son paNote 125 · Note 54: (retour) Les Iduméens. Ils sont ainsi appelez d'Edom le Pére de ce peuple, & qui est le même qu'Esaü. Je dirai en passant que la poNote 126 · Note 55: (retour) Et les Ismaëlites. De tout tems ils ont circoncis leurs enfans, mais au même âge qu'Ismaël avoit été circoncis, c'est-à-diNote 127 · Note 56: (retour) De Bérose. En l'âge dixième après le déluge il y avoit parmi les Chaldéens un Homme fort juste & fort intelligent dans la Note 128 · Note 57: (retour) Hécatée. Il avoit écrit l'histoire d'Abraham, mais ce livre qui étoit encore du tems de Joséphe, ne se trouve plus.Note 129 · Note 58: (retour) Nicolas de Damas. C'étoit un Homme fort illustre & par lui-même & par l'honneur qu'il avoit d'être aimé d'Auguste & d'HéroNote 130 · Note 59: (retour) Les vers Orphiques. «Personne n'a connu le Maître & le Roi de tous les hommes, que ce seul Chaldéen, qui a si bien su le cNote 131 · Note 60: (retour) Dans l'Abrégé que Justin &c. Liv XXXVI. Ch. 2. «Les Juifs sont originaires de Damas, la plus célèbre Ville de Syrie. AprèsNote 132 · Note 61: (retour) Presque tous ces Auteurs &c. Justin Liv. XXXVI. «Moyse ayant été fait le Chef de cette Nation que les Egyptiens avoient baNote 133 · Note 62: (retour) De Polémon. «Sous le régne d'Apis fils de Phoronée; une partie de l'armée des Egyptiens sortit d'Égypte, & s'alla habituerNote 134 · Note 63: (retour) Manéthon, Lysimaque & Chérémon. Ce que ces Auteurs ont écrit là-dessus est rempli de fables, & il ne s'en faut pas étonnerNote 135 · Pour achever de parcourir l'histoire de Moyse, 43Japétus, pére des Européens, Jon, ou comme on l'écrivoit autrefois, Javon, le pére des GrecNote 136 · Note 64: (retour) D'Egyptiens ennemis des Israëlites. 1. parce que ceux-ci les avoient quitez malgré eux. 2. parce qu'ils avoient renoncé à Note 137 · Note 65: (retour) D'Iduméens. A cause de la haine que les deux Chefs de ces Nations s'étoient portée l'un à l'autre, & qui vivoit encore danNote 138 · Note 66: (retour) D'arabes. C'étoient ceux qui étoient issus d'Ismaël.Note 139 · Note 67: (retour) De Phéniciens. Ce sont les Cananéens &c. avec qui les Hébreux ont eu une guerre éternelle.Note 140 · Faisons; en passant, une réflexion sur tout cela. C'est qu'il ne tombera jamais dans l'esprit d'un homme sensé, que Moyse, étant environné64Note 141 · Note 68: (retour) Diodore de Sicile. Moyse a dit qu'il avoit reçu ses loix du Dieu que les Juifs apellent Jao. Ce Jao n'est autre que JéhovaNote 142 · Note 69: (retour) Strabon. Dans son liv. XVI. Il donne cet abrégé de la doctrine de Moyse, dans lequel le vrai est mêlé avec le faux. «Il enNote 143 · Note 70: (retour) Pline, liv. XXX. ch. I. Il y a encore une autre Secte de Magiciens. C'est celle que Moyse a fondée.Note 144 · Note 71: (retour) Tacite. Hist. 1. V. Là Moyse est nommé l'un des bannis, c'est-à-dire, l'un des Israëlites qui furent chassez par les EgyptNote 145 · Note 72: (retour) Longin, dans son Traité du Sublime. «Moyse Homme d'un esprit peu commun a conçu & exprimé la puissance de Dieu d'une manieNote 146 · Note ac: (retour) Longin fut Maître du Philosophe Porphyre, ce grand ennemi des Chrétiens: Zenobie, Reine des Palmyriens, peuples de l'ArabiNote 147 · Note ad: (retour) Apulée, Philosophe Platonicien, fleurissoit au milieu du 2. siécle. Le même.Note 148 · Note 73: (retour) Le nom de ces deux Magiciens. Numénius dans Eusébe, «Jannés & Jambrés, Prêtres Egyptiens, passoient pour grands Magiciens Note 149 · Note 74: (retour) Plusieurs Auteurs ont parlé de la Loi. Strabon, Tacite, Théophraste, Hécatée. La défense de se joindre avec les étrangers Note 150 · Note 75: (retour) Strabon liv. XVI. Les successeurs de Moyse gardérent pendant quelque tems ses loix & furent justes & pieux. Un peu plus baNote 151 · Note 76: (retour) Justin liv. XXXVI. Ch. 2. Il est incroyable combien la piété & la justice de ces Rois & de ces Sacrificateurs firent fleurNote 152 · A ces Auteurs déjà allêguez, qui ont fait mention de Moyse, il faut joindre68 Diodore de Sicile,69 Strabon,70 Pline,71 Tacite, &72 Longinac Note 153 · Note 77: (retour) Ceux d'Elie &c. Eusébe Préparation liv. XX. Ch. 3. dit qu'Eupoléme a fait un livre touchant les Prophéties d'Elie, & Ch. 1Note 154 · Note AH: (retour) Il est aisé de tromper des gens qui n'ont aucun intérêt à se défendre de l'illusion, sur tout si l'on a la prudence de ne Note 155 · C'est assez d'avoir trouvé dans les Auteurs étrangers des choses conformes avec ce que les livres de Moyse enseignent. Je ne m'arrêterai pasNote 156 · Note 78: (retour) Se trouve dans Lycophron. Ce Poëte représente Hercule tout vif dans le ventre d'un poisson qu'il apelle le cruel chien de Note 157 · Note 79: (retour) Que ce peuple avoit eu des Hommes divinement inspirez, et que les sacrifices &c. Ce double aveu de Julien se trouve dans SNote 158 · Je n'alleguerai que deux exemples des témoignages que les Payens ont rendu aux miracles de l'Écriture. L'histoire du séjour que Jonas fit daNote 159 · Note AI: (retour) Le texte du Traité portoit Hazoüs au lieu de Gazæus.Note 160 · Note 80: (retour) Esdras &c. Les Historiens Juifs marquent son tems par ces paroles: Ici finissent les Prophètes & commencent les sages. CetNote 161 · Note 81: (retour) A l'égard de l'Oracle &c. Les LXX. Interprétes ont traduit le mot d'URIM, choses claires & évidentes; & celui de THUMMIM, Note 162 · Je finirai toutes ces considérations par deux remarques; l'une, sur les Prophètes; l'autre, sur l'Oracle du Pectoral que portoit le souveraiNote 163 · Note 82: (retour) Esaïe.... prophétise ce que Cyrus, &c. Voyez l'accomplissement au ch. XXXIX. & LII. Eupoléme a fait mention de cette prophNote 164 · Note ae: (retour) : Des douze Antiochus Rois de Syrie, le plus célèbre & celui qui a le plus signalé ses exploits, est le quatrième surnomméNote 165 · Note 83: (retour) Que Porphyre. &c. Voyez St. Jérôme sur Daniel.Note 166 · Josué prédit en forme d'imprécation, que celui qui rétabliroit Jérico, se verroit privé d'enfans, Jos. VI. 26: l'accomplissement se trouve INote 167 · Note 84: (retour) Le livre que Tertullien &c. Ch. XLVI. Voyez aussi Valére Maxime, liv. I. ch. 7. & Cic. de l'art de deviner.Note 168 · Note 85: (retour) Des spectres. Voyez Plutarque, dans la Vie de Dion & de Brutus; Tacite Annal. XI. & ce qu'il dit de Curtius Rufus. Valére Note 169 · Note AJ: (retour) Il est vrai que nos esprits forts, voyant bien qu'on ne les peut convaincre par l'expérience, se munissent ordinairement dNote 170 · On peut raporter à cela plusieurs songes qui ont été vérifiez par l'événement, & qui marquoient certaines choses, qui, soit qu'on les considNote 171 · Note 86: (retour) En lui faisant toucher un fer rouge, &c. Il semble que cette coutume ait eu lieu parmi les Grecs; Sophocle dans la TragédiNote 172 · Pour ne rien négliger de ce qui peut servir à confirmer l'opinion d'une Providence, je finirai toutes ces considérations par celle d'une cerNote 173 · Note AK: (retour) Il est visible que la nature des obstacles qu'elle avoit à vaincre, demandoit quelque chose de plus fort que la simple préNote 174 · XVIII. Si l'on objecte qu'on n'entend plus aujourd'hui parler ni de miracles, ni de prédictions; je répons qu'il sufit, pour établir la vériNote 175 · Note 87: (retour) Ne pourroit empêcher éficacément &c. Orig. contre Celsus, ch. IV. Si vous ôtez à la vertu le caractére de libre & de volonNote 176 · XIX. Il est tems de répondre à la grande objection que l'on fait contre la Providence & qu'on tire des crimes qui couvrent la face de la TerNote 177 · Note 88: (retour) Les Druïdes &c. César nous l'aprend liv. VI. de la Guerre des Gaules.Note 178 · Note 89: (retour) Et les Brachmanes, Strabon lib. XV. «Il faut regarder l'état de l'Homme dans cette vie, disoient ces Philosophes, comme l'Note 179 · Note 90: (retour) Les Egyptiens.... l'ont tenue pour certaine. Hérod. dans son Euterpe. Tacite Hist. liv. V. parlant des Juifs. «Ils ne brûlNote 180 · Note 91: (retour) Les Thraces &c. Méla liv. II. parlant des Thraces. «Les uns croyent, dit-il, que les ames retourneront un jour; les autresNote 181 · Note 92: (retour) Dans Hystaspe. Nous l'aprenons de Justin dans sa seconde Apologie, & de Clément dans ses Stromates.Note 182 · Note 93: (retour) d'Ovide. Métam. liv. I. Il se remet aussi devant les yeux l'arrêt que les Destins ont prononcé, qu'un jour la Mer, la TerrNote 183 · Note 94: (retour) Quelques Astrologues &c. Copernic. liv. III. des Révolut. ch. 16, & d'autres. S. Cyprien écrivant à Démétrianus, ditAL queNote 184 · XXII. L'opinion de l'immortalité de l'ame se trouve dans Homére. Les Philosophes Grecs,88 les Druïdes, qui étoient les Sages de l'ancienne GNote 185 · Note AL: (retour) Je demande pardon à ce Pere, mais je ne saurois laisser passer cette pensée sans dire ce que j'en crois. Par où nous prouvNote 186 · Note 95: (retour) Les facultez corporelles ne peuvent &c. Aristote en donne cette raison, que ce qui sent en nous, est en partie corporel, &Note 187 · XXIII. Je viens aux preuves que les lumiéres de la Raison nous fournissent. Toutes les choses que nous voyons périr, périssent par l'une de Note 188 · Note 96: (retour) Le pouvoir que l'homme &c. On y peut ajoûter le pouvoir qu'il a sur tous les animaux, & la faculté qu'a nôtre ame de connoNote 189 · Note 97: (retour) Les Tyrans &c. «Enfin, dit Suetone, parlant de Tibère, il devint insuportable à lui-même, comme il parut par cette Lettre Note 190 · XXIV. Outre ces raisons qui prouvent négativement l'immortalité de l'ame, il y en a d'autres assez fortes, qui la prouvent positivement. En
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