Note (retour) — LIVRE PREMIER.
Reading edition
3. Il y a dans plusieurs Êtres singuliers certaines propriétez qui les distinguent les uns des autres: or dans une nature nécessaire, comme est celle de Dieu, rien n'oblige à reconnoître ces sortes de propriétez. 4. S'il y avoit plusieurs Dieux, il y auroit plusieurs agens libres, qui par conséquent pourroient vouloir des choses directement oposées: E or l'un, comme Dieu, c'est-à-dire, comme Tout-puissant, devroit pouvoir empêcher l'autre d'exécuter ses desseins. Mais si cela étoit, celui duquel il arrêteroit l'action, ne seroit pas Dieu, puis qu'être Dieu, & rencontrer de l'obstacle dans l'exécution de ses projets, sont deux choses incompatibles.F Ajoutons à tout cela une reflexion, qui, quoiqu'elle ne soit pas absolument concluante, forme pourtant un préjugé assez fort en faveur de l'Unité de Dieu. C'est que, de quelque côté que nous jettions les yeux, nous ne découvrons rien qui nous fasse même soupçonner qu'il y ait plus d'un Dieu. L'Univers fait un seul Monde; dans ce Monde il n'y a qu'un Soleil: dans chaque homme il n'y a qu'un principe dominant, qui est l'Esprit.