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Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne

Note (retour) — LIVRE PREMIER.

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Je finirai toutes ces considérations par deux remarques; l'une, sur les Prophètes; l'autre, sur l'Oracle du Pectoral que portoit le souverain Pontife. Le soin que le Législateur des Juifs avoit pris d'empêcher, qu'il n'y eût des gens assez téméraires pour s'arroger faussement le titre et la charge de Prophéte, et les peines qu'il avoit décernées contre cet atentat, font bien voir qu'il y avoit quelque chose de réel, de grand, & d'extraordinaire, dans ceux que ce Peuple regardoit comme de véritables Prophètes. S'il eût été facile de passer pour tel, il seroit étrange qu'entre tant de Rois dont cette charge eût extrêmement rehaussé la dignité, & tant de personnes habiles à la science de qui elle eût donné un fort grand lustre, il n'y en eût eu aucun qui s'en fût mis en possession. C'est pourtant ce qu'aucun Roi après David, ce que les Savans d'entre ce Peuple sans excepter même80 Esdras, ce que personne enfin depuis lui jusques à Jésus-Christ, n'a jamais osé entreprendre. 81 A l'égard de l'Oracle de l'Urim & du Thummim, qui se rendoit par une lumiére extraordinaire des pierres du Pectoral, le moyen de s'imaginer que l'on pût faire illusion à tout un grand Peuple, sur un Fait si public & si souvent réitéré? Si donc les Juifs ont constamment cru sur la déposition de ceux de leurs Ancêtres qui en ont du être les témoins, que cet Oracle avoit duré jusqu'à la ruine du premier Temple; cette persuasion ne peut être que très-légitime, puis qu'elle roule sur une déposition si certaine, & si peu sujette à l'erreur.

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