Note 13 — LIVRE PREMIER.
Reading edition
Note 13: (retour) Ovide.... l'énonce dans ses Métamorphoses &c. Le passage est très-beau, Grotius l'a raporté tout entier. Comme il est un peu long, je n'en donnerai qu'un abrégé. Ovide, après avoir décrit le Chaos d'une maniére fort ingénieuse, représente le partage que Dieu fait de toutes ses parties confuses & mêlées. Il dit qu'il en tira les Élémens, à chacun desquels il marqua sa place: Qu'il arrondit la Terre, l'environna de Mers, & qu'il la coupa de riviéres, & de lacs: Qu'il étendit les campagnes, abaissa les valons, éleva les montagnes, & orna les bois de feuillage. Il parle ensuite des cinq Zones & célestes & terrestres, des brouillards, des nues, des orages, dont il dit que Dieu établit le siége dans les airs, ou il assigna de même à chacun des vents leur quartier. Plus haut il nous fait voir l'Æther, ou l'air pur, & dégagé de parties terrestres; & plus haut encore le Ciel & les Astres, qu'il représente, aussi bien que les Dieux, comme les habitans du Ciel. Il parle en général des diférentes espéces d'animaux, & de leurs demeures. «Il leur manquoit un Maître, ajoûte-t-il; l'Homme naquit pour posséder ce beau rang. Japétus mêlant avec de l'eau le limon tout nouvellement séparé de l'Æther, le forma à l'image des Dieux maîtres & directeurs de tout l'Univers. Et au lieu que les autres animaux sont panchez vers la terre, il donna à l'Homme une tête droite, élevée, & capable de porter les yeux vers le Ciel.» Eurysus Pythagoricien dit «que celui qui a formé l'Homme étant souverainement bon & bien faisant, a bien voulu se prendre lui-même pour patron de cet ouvrage.» Horace, Virgile, & Juvénal ont représenté nôtre ame comme descendue du Ciel, & faisant même partie des Êtres célestes. Cicéron, & Hipparchus cité par Pline liv. II. ont donné à l'ame une espéce de parentage avec les Étoiles.