Note (retour) — LIVRE PREMIER.
Reading edition
XV. Les Écrits de Moyse, qui nous ont conservé la mémoire de tant de miracles, ont des caractéres de vérité extrémement vifs & sensibles. Tous les Juifs qui ont été depuis ce grand Homme jusqu'à nous, ont toujours cru très-sincérement, que Dieu le leur avoit envoyé pour les conduire & pour établir leur ReligionM. On ne lui voit ni passion pour la gloire, ni desir d'établir sa Maison. S'il fait des fautes, il veut bien les publier; s'il jouït de l'autorité suprême, c'est parce qu'il étoit seul capable de la manier. Mais d'ailleurs il ne travaille point à l'afermir dans sa famille, qu'il s'est contenté de confondre dans la foule des Lévites. Il laisse à d'autres l'honneur du Sacerdoce dont il auroit pu s'emparer. On ne remarque dans ses discours, ni cet artifice, ni ces maniéres flateuses & insinuantes, qui sont les couleurs ordinaires du mensonge; mais une simplicité inimitable, & une proportion merveilleuse avec les choses dont il parle. Joignez à cela qu'aucun autre livre ne peut disputer aux siens l'avantage de l'antiquité. Les Grecs mêmes, de qui les autres Peuples ont tiré ce qu'ils ont d'érudition, avouent qu'ils ont reçu d'ailleurs7 l'invention de l'écriture. Et il est certain que le nom de leurs lettres, leur rang, & la figure qu'elles eurent dans les commencemens; ne sont autres que le nom, le rang, & la figure des lettres Syriaques & Hébraïques.8 Les loix mêmes les plus anciennes des Athéniens, sur lesquelles celles des Romains furent ensuite formées, viennent manifestement des loix de Moyse.