CLÉONICE
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Cléonice n'a ni intelligence, ni cœur, ni esprit, ni bonté. Elle n'a pu être épouse, maîtresse ni mère, bien qu'elle ait fait tous les gestes de ces rôles, car elle a un mari, un amant et un fils.—Elle n'existe que devant trois ou quatre personnes. Laissée seule, elle devient une ombre, moins que cela: une valeur négative. On dirait que ses spectateurs lui insufflent de la vie. Quand ils la quittent, elle crève, comme une bulle.—Elle ne sait pas aimer; à peine sait-elle haïr: d'ailleurs, sa haine a pauvre figure et semble mal venue. Cléonice médit, mais n'accuse pas; accuser serait affirmer son personnage, or elle n'est pas un personnage, elle en joue le rôle.—Belle, un peu fardée, souriante, merveilleusement vêtue, Cléonice n'a pourtant rien d'une femme; elle n'est pas une femme...
Cléonice est une «femme du monde».