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Les kolatiers & les noix de kola

DEUXIÈME PARTIE. (continued 4)

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1o 1/4 de noix blanches qui, ensemencées, donneraient des Kolatiers produisant ainsi que tous leurs descendants, exclusivement des noix blanches.

2o environ 3/4 de noix rouges. Si on ensemence ces noix rouges et si on empêche toute fécondation croisée, on devrait constater que les arbres qui en proviendront renferment aussi 25 % d’arbres fournissant ainsi que leurs descendants, exclusivement des noix rouges et 50 % conservant leur nature hybride, c’est-à-dire produisant 1/4 de noix blanches et 3/4 de noix rouges.

Ces proportions se répètent pendant les générations successives, de sorte qu’après un certain nombre de générations la plupart des lignées seraient retournées à l’un ou à l’autre parent, si bien que les Kolatiers à noix rouges et les Kolatiers à noix blanches seraient en très grande prédominance par rapport aux Kolatiers produisant à la fois des noix rouges et des noix blanches.

Or, il n’en est pas ainsi dans la réalité.

Les formes donnant à la fois des noix rouges et des noix blanches, c’est-à-dire appartenant au Cola mixta, sont en très grande prédominance.

En Guinée française, on trouve à peine 1 % des arbres à noix toutes rouges (Cola rubra). Quant aux arbres à noix toutes blanches (Cola alba), ils font généralement défaut et même au Kissi il en existe à peine 1 ‰.

Du reste, dans cette dernière sous-espèce, il existe un second caractère différentiel combiné avec l’albinisme des embryons, c’est l’albinisme complet du périanthe. Certains hybrides :

Cola alba ♂ × C. rubra ♀ ou Cola rubra ♀ × C. alba ♂

devraient aussi reproduire l’albinisme de la fleur, et nous n’avons cependant jamais observé ce caractère quoique ayant examiné la fleur de Cola mixta sur des milliers d’arbres en chaque région où cette sous-espèce existe.

Si le Cola mixta est le résultat d’une ancienne hybridation, on se trouve donc en présence d’un cas qui fait exception à la loi de Mendel.

Ce n’est, en réalité, que par l’expérimentation qu’on arrivera à élucider ces points qui ont un réel intérêt au point de vue de la culture.

Bien qu’il s’agisse de groupes morphologiques plus éloignés, l’hybridation du Cola nitida avec l’une des espèces à trois, quatre ou cinq cotylédons, ne nous paraît pas impossible et c’est probablement ce croisement qui expliquerait des faits signalés par Johnson, ancien directeur du Jardin d’Aburi (Gold-Coast), à M. le Dr Stapf, de l’Herbier de Kew (duquel nous les tenons in litt. ad auct.). Il s’agirait d’un « Cola vrai » qui produirait 68 % de graines à deux cotylédons, les autres graines 32 %, étant à plus de deux cotylédons. Pour notre part, nous n’avons jamais rencontré dans tous nos voyages que des Kolatiers produisant toujours soit exclusivement des noix à deux cotylédons, soit exclusivement des noix à plus de deux cotylédons. Le fait qui nous est signalé par M. Stapf s’explique d’autant mieux par l’hypothèse de l’hybridation, que nous savons qu’il existe à la Gold Coast des Kolatiers produisant des noix à deux cotylédons (Kola Achanti) et des Kolatiers produisant des noix à plus de deux cotylédons.

En résumé, les Kolatiers sont des arbres dont l’homme s’est occupé probablement depuis des époques très reculées, mais qui n’ont pas été améliorés avec autant d’habileté que les arbres fruitiers des pays tempérés. La culture rationnelle appliquée à ces arbres pourrait donc les transformer considérablement dans un sens avantageux.

Aug. Chevalier et Ém. Perrot. Les Kolatiers.

Illustration from Les kolatiers & les noix de kola

Fig. 35. — Philogénie des Cola de la section Eucola.

Dissémination et multiplication. — Les Kolatiers spontanés en forêt ne produisent que rarement des fruits. A maturité, ceux-ci tombent, entraînés par leur propre poids et les graines sont mises en liberté, soit par suite de la déhiscence du follicule, soit par la destruction lente du péricarpe.

Les graines germent sur place, à moins qu’elles ne soient entraînées à quelque distance, soit par le charriage des eaux, soit par les animaux.

En diverses régions, les indigènes nous ont affirmé que toutes les noix, même très fraîches, n’étaient pas susceptibles de germer. Par contre, nous avons vu parfois des charges entières de Kolas renfermés dans des couffins tenus trop humides, dont presque toutes les noix entraient simultanément en germination.

Dans les plantations indigènes on cueille presque toujours les cabosses sur l’arbre avant complète maturité. Quelques fruits cachés dans les feuilles échappent parfois aux récolteurs et les graines qu’ils renferment, en se semant d’elles-mêmes, contribuent à l’extension de la plantation.

Philogénie des Kolatiers. — Il est bien difficile dans l’état actuel de la science, de présenter le phyllum des espèces du genre Cola et leurs rapports avec les Sterculiacées voisines. Le tableau ci-contre (Fig. 35) est un essai dans ce sens.

Il est assurément très hypothétique, mais il a l’avantage de résumer sous forme de schéma, les faits présentés dans les chapitres précédents.

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