CONCLUSIONS.
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Nous nous bornerons à résumer ici les principaux faits nouveaux qui découlent de l’étude précédente en nous étendant surtout sur les conséquences pratiques qu’on peut en tirer.
I. — La noix de Kola est utilisée par les indigènes de l’Afrique occidentale depuis une très haute antiquité.
Léon l’Africain est le premier auteur qui en ait fait mention en 1556. Le Portugais Edoardo Lopez et l’Italien Pigafetta signalent, en 1593, les propriétés des noix rouges à quatre cotylédons. En 1605, Clusius indique la noix rouge à deux cotylédons comme venant de la région du Cap-Vert. De nombreux voyageurs des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dont nous avons cité les textes, ont aussi appelé l’attention sur ce produit ; mais, comme le remarquait Lamarck, l’arbre producteur était encore inconnu en 1789.
En 1804, furent publiées les descriptions : 1o de l’un des arbres donnant des noix à quatre cotylédons, par Palisot de Beauvois ; 2o de l’arbre donnant les noix à deux cotylédons, par Ventenat, mais ce dernier auteur ne soupçonna pas que la plante dont il donnait la description succincte était la véritable source des bonnes noix de Kola. Nous l’avons, pour la première fois, démontré au cours de cette étude en examinant attentivement les types originaux conservés aux Herbiers de Genève et de Paris.
Barter est le premier botaniste qui ait signalé d’une manière précise, en 1860, qu’il existait une espèce de Cola du Pays Achanti donnant des noix à deux cotylédons et une autre espèce du delta du Niger et de Fernando-Pô, donnant des noix à quatre cotylédons. Le premier aussi il attira l’attention sur le Bitter-Kola, drogue employée comme succédané du Kola et que les botanistes de Kew reconnurent, quelques années plus tard, comme étant la graine d’un Garcinia.
II. — Il n’existe qu’un petit nombre d’espèces botaniques dans la section Eucola, la seule section du genre Cola produisant des amandes utilisables. Faute de documents complets, tous les auteurs qui se sont occupés de la systématique de ce groupe n’ont pas su les différencier et ont créé un grand nombre de noms qui doivent tomber dans le domaine de la synonymie. Les travaux récents de K. Schumann, O. Warburg, W. Busse, loin de faire la lumière sur ce sujet, ont encore accru la confusion. En reprenant l’étude en Afrique de nombreux matériaux frais et à différents âges et en examinant en Europe les types originaux des auteurs anciens, types conservés dans divers herbiers, nous avons pu distinguer dans la section Eucola cinq espèces principales faciles à distinguer :
1o Cola nitida (Vent.) A. Chev. — Synonyme de Sterculia grandiflora Vent. et de Cola vera K. Schum.
C’est l’espèce la plus généralement cultivée et celle qui donne presque toutes les noix commerciales. Ses graines sont constamment à deux cotylédons. Elle présente de nombreuses variations que nous avons réunies en quatre groupes ou sous-espèces :
a) Cola rubra A. Chev. — Fournit exclusivement de grosses noix rouges.
b) Cola alba A. Chev. — Fournit exclusivement de grosses noix blanches.
c) Cola mixta A. Chev. — Fournit de noix rouges, des noix blanches et parfois des noix rosées en mélange sur le même arbre. C’est la forme la plus répandue à l’état cultivé.
d) Cola pallida A Chev. — Fournit des noix de petite taille, souvent de coloration rosée. Vit dans la forêt de la Côte d’Ivoire.
2o Cola acuminata (Pal. Beauv.). Schott et Endl.
Cette espèce qui vit le long de la Côte de Guinée jusqu’à l’Angola, donne constamment des noix à plus de deux cotylédons. Elles sont mucilagineuses et moins estimées que celles de l’espèce précédente.
3o Cola Ballayi Cornu. Synonyme de Cola acuminata var. kamerunensis K. Schum. et de Cola subverticillata De Wild.
Espèce donnant, comme la précédente, des noix à quatre ou cinq cotylédons, mais facile à distinguer par ses très grandes feuilles groupées en faux verticilles. Elle vit principalement dans l’intérieur de la grande forêt du Cameroun et du Congo et se rencontre encore au centre de l’Afrique, le long du moyen Oubangui.
4o Cola verticillata (Thonn. in Schum.) Stapf.
Espèce facile à distinguer par ses feuilles verticillées par 3 ou par 4, produisant des noix rouges très mucilagineuses à plus de deux cotylédons. Elle vit à la Gold-Coast, au Dahomey, dans la Nigéria et au Cameroun. Elle est rarement cultivée et ses noix de peu de valeur sont généralement dédaignées par les indigènes.
5o Cola sphærocarpa A. Chev.
Espèce encore très incomplètement connue, donnant de grosses noix blanches à plus de deux cotylédons qui ne sont probablement pas comestibles. Elle vit sur le pic de San-Thomé.
Les deux cartes placées à la fin de cet ouvrage nous dispensent de nous étendre sur la distribution géographique de Cola nitida et de Cola acuminata, les deux seules espèces offrant un grand intérêt économique.
Pour la première fois sont exposées dans cet ouvrage les conditions édaphiques et biologiques favorables à la vie des Kolatiers. Nous avons aussi pour la première fois signalé le polymorphisme floral compliqué des Kolatiers qui sont généralement andromonoïques, mais qui peuvent devenir aussi androdioïques. Lorsque le Cola nitida croît dans des conditions défavorables, soit sous le couvert épais de la forêt, soit à des altitudes dépassant 800 mètres au-dessus de la mer, il ne produit plus que des fleurs mâles.
Un tableau placé à la page 217, montre la philogénie présumée des diverses espèces de la section Eucola. Les caractères morphologiques de cette section ont été précisés.
Nos recherches histologiques montrent l’intérêt qui s’attacherait à l’étude comparée de toutes les espèces du genre Cola. Si l’anatomie de la racine et de la tige est sensiblement normale, celle des diverses régions du pétiole est des plus intéressantes. Les modifications de structure constatées sont fonction de la physiologie spéciale de cet organe, comme le montre en particulier l’examen des dessins schématiques de la fig. 17 se rapportant exclusivement au renflement moteur.
Quant à la valeur taxonomique des particularités histologiques constatées, elle se dégagerait seulement d’une étude monographique. Notons encore que le développement des téguments de la graine offre aussi un certain intérêt.
III. — Au point de vue chimique, les faits nouveaux relatés éclairent la question jusqu’alors passablement obscure.
Les recherches de Goris, entreprises sous les auspices de l’un de nous, ont contribué à apporter un peu de précision dans nos connaissances sur la composition de la noix fraîche. Si la caféine contenue dans l’amande en est le principe chimique défini le plus important, il n’en reste pas moins acquis que la forme sous laquelle ce produit xanthique entre en combinaison dans la semence fraîche, doit être considérée comme ayant un intérêt de premier ordre.
On a désigné sous les noms de kolanine, de gluco-tanin du Kola, de rouge de Kola, des corps non définis, ne représentant en réalité aucune entité chimique réelle.
On doit réserver la dénomination de rouge de Kola aux produits d’oxydation des combinaisons tannoïdes de la caféine qui existent dans le Kola frais ; mais il est certain que, suivant les circonstances qui ont présidé à ces oxydations, les produits obtenus, qui sont des rouges de Kola, sont de constitution un peu différente. Il sera bon de ne pas oublier que ces substances renferment toujours dans leurs molécules une quantité, en général assez faible, de caféine.
Cette caféine se trouve solubilisée dans la noix fraîche sous forme de combinaison tannoïde et Goris a pu, en prenant toutes précautions pour éviter les oxydations, en isoler deux composés cristallisés nouveaux, voisins des catéchines et qui ont reçu de leur auteur les noms de Kolatine et Kolatéine. Tous deux sont susceptibles de se combiner avec la caféine en donnant des composés solubles, et ces découvertes chimiques ont permis des observations physiologiques également nouvelles et intéressantes.
La dessiccation des noix entraînant, par suite de la deshydratation et des actions diastasiques un changement considérable dans la composition chimique, dont le plus important est la mise en liberté de la plus grande partie de la caféine, on conçoit aisément qu’on ait attribué à cette dernière substance l’action du Kola sur l’organisme.
En effet, la majeure partie des expériences ont été faites sur des noix desséchées, et cependant malgré cela il existe des différences sensibles, qui s’accentuent encore si l’on s’adresse aux produits frais ; c’est ce qui découle de l’exposé que nous avons fait dans le Chapitre XII.
Sans revenir sur ce qui a été dit, nous rappellerons seulement, sous forme de conclusion, que la noix de Kola détermine une excitation passagère agréable au début de son action, qui correspond à la période de début de l’excitation nerveuse, ce qui ne se produit pas avec la caféine ; l’action diurétique est plus faible qu’avec cette dernière et, seule, la noix de Kola produit une action tonique intestinale.
Enfin, le travail fourni sous l’influence du Kola est beaucoup plus considérable que celui obtenu par l’usage de la quantité de caféine correspondante ; de même l’action tonique est plus durable.
Toutefois, si le Kola est l’aliment de luxe antidéperditeur par excellence, il importe de se souvenir qu’on ne saurait faire abus de son usage.
L’un de nous a fréquemment fait usage du Kola frais au cours de ses voyages dans l’intérieur de l’Afrique et en a toujours apprécié les bienfaisants effets.
Il permet d’accomplir sans fatigue des travaux pénibles et de supporter des marches très longues. Il éloigne le sommeil et permet de consacrer au travail les heures réservées habituellement au repos. Dans les pays tropicaux, on éprouve fréquemment le besoin de faire la sieste après les repas. En prenant avant le déjeuner, en même temps que la quinine, une demi-noix de Kola, nous avons pu perdre très facilement cette habitude. De même le soir, lorsque nous avions à veiller pour mettre des travaux au point ou pour rédiger un courrier urgent, en mâchant une noix de Kola nous parvenions non seulement à veiller facilement, mais l’activité intellectuelle était stimulée et les pensées se précisaient au courant de la plume. Le Kola nous procurait cette impression de bien-être que Voltaire appréciait tant quand il avait absorbé une tasse de café pour se livrer à quelque travail intellectuel pénible. Le travail accompli, nous nous endormions aussi facilement que d’habitude et nous ne ressentions aucune dépression le lendemain. Nous avons constaté, comme Nachtigal, qu’une demi-noix, une noix au maximum, devait suffire pour ne pas amener une fatigue consécutive.
Sous la réserve d’un usage modéré et non continu, le Kola est sans nul doute l’excitant cérébral le meilleur à la disposition des intellectuels, et c’est également un agent remarquable pour les hommes de sport.
Quant aux formes sous lesquelles il peut être consommé, il faut placer en première ligne la noix fraîche elle-même mastiquée à la manière des Noirs africains ; on pourra lui substituer pour des Européens les diverses formes pharmaceutiques décrites dans cet ouvrage, en tenant compte de ce fait que seules certaines préparations provenant des noix fraîches stérilisées sont susceptibles de donner sinon d’une façon totale, tout au moins d’une façon très approchée, la véritable action de la drogue fraîche.
IV. — Quoiqu’il n’existe pas encore dans les colonies de plantations de Kolatiers assez importantes et assez anciennes pour fournir des renseignements précis sur les procédés de culture à pratiquer par les Européens, on peut néanmoins profiter des expériences déjà réalisées dans quelques Jardins pour orienter la culture pratiquée par les indigènes, suivant des méthodes rationnelles. La zone où peuvent prospérer ces arbres est bien délimitée et les soins qui leur conviennent ont été précisés. Nous avons en outre signalé les races de Cola nitida qu’il convient d’ensemencer.
Les rendements à attendre sont moins élevés que ceux indiqués par divers auteurs. Il est rare qu’un Kolatier fleurisse avant la 7e ou la 8e année. Il est rare aussi qu’il donne des rendements sérieux avant la quinzième année. La production du même arbre est très variable d’une année à l’autre. Un rendement de 10 kilog. de noix fraîches paraît être le maximum de ce que l’on peut obtenir en une année du Cola nitida, cultivé dans les meilleures conditions. Le rendement annuel moyen d’un arbre adulte cultivé en terrain favorable ne doit pas s’éloigner beaucoup de 600 noix fraîches pesant 5 à 8 kilog., de sorte que le revenu d’une plantation comprenant 100 pieds à l’hectare, au prix de 1 fr. le kilog. (valeur moyenne des noix fraîches sur place), serait de 500 à 800 francs et cela à partir seulement de la quinzième ou de la vingtième année. Si les noix sont vendues à l’état sec, il faut réduire ce chiffre de moitié.
Il va sans dire que les arbres croissant près des habitations, dans des terrains riches en humus et bien abrités, rapportent davantage, mais ce sont des cas exceptionnels sur lesquels un planteur ne peut compter.
Les Kolatiers ont à souffrir des déprédations d’ennemis nombreux, encore incomplètement connus. Au Dahomey, des galeries profondes sont creusées dans les branches et les troncs du Cola nitida par un coléoptère, le Phosphorus Jansoni. De tous les insectes qui attaquent les amandes des Kolas, le plus connu et le plus dangereux est un curculionide, le Balaninus Kolæ, sur lequel nous avons réuni des documents nombreux. Nous avons en outre indiqué les méthodes de préservation usitées par les indigènes.
Enfin, pour la première fois, nous avons fait connaître une maladie sévissant sur les Kolatiers de la Guinée française et se manifestant par la production de balais de sorcières. Cette maladie qui cause des dégâts parfois sérieux est vraisemblablement occasionnée par un champignon non encore étudié.
Pour être transportées à de grandes distances sans subir d’avaries sérieuses, les noix de Kola doivent être emballées avec beaucoup de soins. Nous avons fait connaître les principaux modes d’emballage. Les caravaniers garnissent généralement l’intérieur des paniers avec les feuilles de certaines marantacées, surtout celles de Clinogyne Schweinfurthiana K. Schum. et C. ramosissima K. Schum. Quand les noix ne doivent pas être conservées longtemps, on les enferme entre les larges feuilles d’un arbre de la famille des Rubiacées, le Mitragyne stipulacea Hiern.
Enfin, pour les transports en Europe, c’est l’emballage dans la tourbe qui est recommandé.
En dehors des Eucola, il n’existe aucun arbre produisant des amandes pouvant être substituées aux noix de Kola. Toutes les autres espèces de Cola, les Sterculia et divers autres végétaux signalés comme produisant des graines pouvant jouer le rôle de succédanés du Kola sont sans intérêt pour le sujet qui nous occupe. Au nombre de ces plantes est le Garcinia Kola. Les indigènes attribuent à ces graines une grande valeur, mais ils ne les considèrent nullement comme pouvant remplacer les Kolas. Ils estiment, au contraire, que l’amande de Garcinia ou Kola-bitter est un adjuvant du Kola : il permet aux mangeurs de Kola d’absorber de grandes quantités de vraies noix sans être incommodés. Une autre espèce de Garcinia, que nous avons décrit sous le nom de G. antidysenterica, fournit des racines que les indigènes mâchent et auxquelles ils attribuent des propriétés analogues, mais non identiques, aux noix de Kola.
Dans un dernier chapitre, nous avons groupé méthodiquement les coutumes et les croyances des indigènes relativement aux noix de Kola, et nous avons signalé les usages qui régissent la propriété des Kolatiers. Mais c’est surtout au commerce et à la géographie commerciale des Kolas que nous avons donné un très grand développement. Ce chapitre comprend 80 pages et peut difficilement être résumé.
La production mondiale des Kolas frais atteint actuellement environ 20.000 tonnes. L’Afrique Occidentale française, à elle seule, produit 4.500 tonnes ; elle consomme 6.000 tonnes ; elle doit donc importer 1.500 tonnes provenant de la Gold-Coast, de Sierra-Léone et de l’hinterland de Libéria. En outre, environ 1.000 tonnes de noix fraîches provenant de la Gold-Coast et destinées à la Nigéria du Nord transitent à travers les possessions françaises de l’Afrique Occidentale, en passant soit par le Haut-Sénégal-Niger (200 tonnes), soit par le Haut-Dahomey (800 tonnes). C’est, en définitive, un total de 2.500 tonnes de Kolas frais qui arrivent des possessions étrangères dans nos territoires.
Les importations de Kolas secs en Europe et aux Etats-Unis n’atteignent encore que 1.000 tonnes par an. De très petites quantités de noix fraîches arrivent depuis quelques années en France, en Angleterre et en Allemagne. Ce commerce devra prendre une grande extension lorsque les propriétés du Kola seront mieux connues en Europe.
Mais c’est surtout en Afrique que la consommation des noix de Kola est susceptible d’un très grand accroissement.
Un Noir habitué à cette denrée consomme aisément 600 à 700 noix par an, soit environ 10 kilog., et plus de la moitié des habitants de l’Afrique Occidentale française, soit environ 5 millions d’individus, en sont déjà très friands. La consommation est limitée par suite de la rareté et de la cherté du produit. Au fur et à mesure que le bien-être des indigènes se développera et que se multiplieront les voies de pénétration à travers les régions soudanaises, il est certain que de nouveaux débouchés s’ouvriront à ce commerce. Les moyens de communication permettront de transporter rapidement et à bon compte la précieuse amande. Elle pourra alors être vendue à bas prix et au lieu d’être, comme aujourd’hui, une denrée de luxe réservée aux riches, elle se trouvera mise à la portée de toutes les bourses.
Ce qui entraîne la cherté des Kolas, ce n’est pas en effet leur prix de revient sur place, mais c’est la distance des pays de consommation et la difficulté des transports. Les noix ne valent parfois que 0 fr. 25 le kilog. dans les villages de production. Parvenu à la Côte, le kilog. atteint déjà le prix de 1 franc à 2 fr. 50. Plus loin encore, dans l’intérieur de la Sénégambie ou du Soudan, il se vend au détail 4 fr., 6 fr., et parfois jusqu’à 12 fr.
La construction d’un réseau étendu de chemins de fer amènera donc un grand accroissement dans la consommation des Kolas, et cet accroissement ne pourra qu’être profitable à notre commerce. A ce propos, nous pensons qu’il y aurait intérêt à exonérer de droits d’entrée les Kolas qui pénètrent dans nos territoires par les frontières intérieures et surtout par l’hinterland du Libéria. Outre que la surveillance de ces frontières est très difficile, nous avons le plus grand intérêt à développer le mouvement des caravanes disséminant les richesses de l’Afrique Occidentale à travers nos diverses possessions. Les caravanes qui vont chercher des Kolas au Sud y emportent en échange les produits de nos possessions, principalement le bétail dont il existe déjà une surproduction dans nos territoires.
Du reste, une grande quantité de Kolas pénétrant dans nos possessions ne font qu’y transiter et il est impossible de faire à la frontière la démarcation entre ce qui sera consommé chez nous et ce qui ira dans d’autres colonies.
Nous serions aussi partisan de la suppression des taxes de circulation sur les Kolas dans les colonies où ces taxes existent. Elles ne procurent qu’un maigre revenu aux budgets locaux et les indigènes qui veulent s’y soustraire éprouvent les plus grandes facilités. C’est un encouragement à la fraude.
Les droits de place pour la vente des Kolas sur les marchés des grands centres, droits fixés à un taux modéré, pourraient remplacer avantageusement ces taxes. Quant aux taxes douanières prélevées dans les ports sur les Kolas importés par mer, elles ont leur raison d’être, mais il serait désirable que ces taxes soient unifiées, dans la mesure du possible, dans nos différentes colonies.
Mais le premier de tous les desiderata à réaliser par nos colonies est d’étendre la culture des Kolatiers par les indigènes dans tous les pays où elle peut réussir, notamment dans les régions littorales de la Guinée française, dans celles qui avoisinent l’hinterland de Libéria, enfin dans la partie forestière de la Côte d’Ivoire.
Nous savons que des efforts dans ce sens sont déjà tentés en différentes régions et spécialement à la Côte d’Ivoire.
Puisse notre ouvrage servir de guide à ceux qui s’efforcent d’accroître la production dans nos colonies d’une des denrées les plus capables d’enrichir le cultivateur indigène !