Sur le chemin d’exil
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Dieu fasse de longs jours prospères, O mon pays, à tes maisons ! Puissent, auprès de leurs vieux pères, Y vieillir les jeunes garçons ! J’ai laissé le pays que j’aime En un rêve calme endormi. Les marches de l’escalier même Sous mon départ n’ont point gémi. Or, voici qu’un soleil de joie Se lève dans le ciel d’avril. La route blanche au loin poudroie, Et c’est la route de l’exil. Nul ne m’a tiré par la manche Pour me crier : Reste avec nous ! Sur la grand’route, morte et blanche, Sonnent seuls mes souliers à clous. Dors, mon pays, je te pardonne ! J’ai cependant le cœur navré, Mais c’est pour la coiffe bretonne, Qui là-bas sèche au bord d’un pré. En passant, je l’ai reconnue… Celle qui la mettra demain Disait qu’elle serait venue Me « bonjourer » sur le chemin. Mais, hélas ! elle aussi repose Dans son lit de chêne sculpté. C’est en vain qu’à sa porte close. Comme un chien perdu, j’ai gratté.