Chanson blanche
Reading edition
On a mis entre ses doigts La fleur pâle, la fleur blanche, Qu’à sa robe du dimanche Elle épinglait autrefois. Et le cierge blanc qui brille Avive encor la pâleur De la blanche et pâle fleur, De la pâle et blanche fille. Et les longs rideaux tremblants, Dès qu’on entr’ouvre la porte, Sur la fleur et sur la morte Font neiger leurs flocons blancs. Très loin, au ras de la dune, A l’horizon d’argent clair, Comme un goëland dans l’air, Blanchit l’aile de la lune ; Et, par les chemins pâlis, Avec l’aube qui se lève, Par les blancs chemins de grève, S’avancent les blancs surplis… Mais c’est quand le cercueil penche Sur le bord du grand trou noir, Que l’on aimerait à voir Resplendir la porte blanche.