Dans la grand’hune
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La mer m’a versé son breuvage Son lait, salé d’un sel amer ; Et j’ai grandi comme un sauvage Sur le sein libre de la mer. La mer, de ses rudes caresses, A pétri mon cœur et ma chair ; Ce sont de farouches tendresses Que les tendresses de la mer. La mer m’a chanté l’aventure, L’espace, la vie au grand air. Je suis un oiseau de mâture, Un goëland, fils de la mer ! Et si, dans ma chanson bretonne, Un souffle passe, large et fier, C’est qu’en moi gémit, hurle et tonne L’âme innombrable de la mer.