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La chanson de la Bretagne

La Chanson de notre « Reine Anne »

Reading edition

Pedit ar Santès Anna Vad, Hac ho pezo zur ho mennad[12].

Nous vous avons appelée Anne. Plus grande, je vous conterai Combien douce, au pays de Vanne, Fleurit Anne, la fleur d’Auray. Quand vous serez encor plus grande, En Juillet, au temps du ciel bleu, Nous vous mènerons par la lande A la grand’mère du bon Dieu. Et vous verrez vers sa filleule La vieille Sainte Anne venir, Et sur vous ses doigts fins d’aïeule Se poseront pour vous bénir. Par la vertu d’Anne-la-Bonne, Vous serez dans votre maison La fleur d’ajonc, la fleur bretonne, Qui fleurit en toute saison. Si nous dormons alors sous terre, Où s’appuyèrent nos genoux, A Sainte-Anne, au pays austère, Priez en souvenir de nous… *** Nous vous avons appelée Anne. Vous avez les yeux fins et beaux, Comme la reine-paysanne, Comme la « Duchesse en sabots ». Comme elle, d’une amour profonde, Aimez la terre des aïeux ! Il n’en est pas une autre au monde Plus digne d’enchanter vos yeux. La Bretagne, hélas ! roule et tangue Comme un navire avarié ! Priez pour elle, dans la langue Où pour vous nous avons prié. Et, quand vous irez, déjà femme, Mûre pour les doux abandons, Avec l’épousé de votre âme, Le long des chemins de pardons, Laissez la fougère embaumée Vous dire dans les chemins verts : « Votre mère ici fut aimée ; Votre père ici fit ces vers ! « Il les fit en parler de France Mais son cœur fut breton toujours ; Bretonne aussi son espérance ; Bretonnes surtout ses amours ! » Enfant, Dieu vous donne de vivre Pure de cœur, grave d’esprit !… Ce mot, le dernier de ce livre, C’est votre mère qui l’écrit.

FIN

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