Le long de ma route
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A madame Gaston Deschamps.
Le long de ma route incertaine, Quand je me retourne, je vois, Comme un horizon de grands bois, S’enfuir ma jeunesse lointaine, Verte encor d’un vert d’autrefois ! Elle fuit dans une ombre douce… Oh ! l’exquise odeur de printemps ! Lorsque je fais halte, j’entends S’égoutter, claire, dans la mousse, La source d’or de mes vingt ans ! Quand j’aurai terminé ma course, Quand je verrai monter d’ailleurs L’aube des jours qu’on dit meilleurs, Agenouillé sur cette source, J’y puiserai mes anciens pleurs. Et je reboirai goutte à goutte, Longuement je savourerai Ce pleur que mes yeux ont pleuré Au temps où tu fleurissais toute, Ma jeunesse, printemps sacré.