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Les poésies de Sapho de Lesbos

POLYMNIE.

Jules-Henry Rédarez Saint-Remy translation

ODE PREMIÈRE.

A VÉNUS.

Vénus, ô vous qu'en tous lieux on adore, Vous qui savez les intrigues d'amour, Venez calmer le mal qui me dévore; Ma voix vous invoque en ce jour!

Venez! Jadis, sensible à ma prière, De votre cœur j'éprouvai les bienfaits; Soudain, pour moi, de votre divin père Vous quittiez le brillant palais.

Votre char d'or, ô déesse de Gnide, Était traîné, dans l'espace des cieux, Par des moineaux qui, d'une aile rapide, Vous offraient bientôt à mes yeux.

Seules alors, et d'une bouche amie, Vous me disiez, d'un air doux et riant: «Que me veux-tu? qui peut troubler ta vie? Ouvre-moi ton cœur suppliant.

«Dans les transports où s'égare ton âme, Désires-tu former de nouveaux nœuds?... Ah! quel mortel, insensible à ta flamme, Sapho, dédaignerait tes feux?

«L'ingrat te fuit! Il reprendra sa chaîne; Par des faveurs il paiera tes faveurs; Il t'aimera, quelle que soit sa haine, Et même malgré tes rigueurs.»

Dans mon malheur, hélas! je vous implore! Il en est temps, ne m'abandonnez pas! Venez, Cypris, me secourir encore! Secondez-moi dans mes combats!

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