XIV L’AUTRE
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Bon dieu d’idiote ! Faut-il que tu sois bête !… Où as-tu fourré mes chaussettes, encore ?… C’est ta faute ce qui est arrivé… Et mes bretelles ! Tu as voulu qu’on se couche ; d’abord si tu crois que ça m’amuse ? Et puis tu avais bien besoin de donner la clef de l’appartement à ce vieux ballot !
Ça t’avance beaucoup de chialer… Tiens, tu chialeras pour quelque chose.
« Qu’est-ce que ça peut me faire » ? Répète un peu pour voir… Alors tu crois que c’est agréable pour mon amour-propre ?… Il n’a rien dit ? mais j’aimerais mieux qu’il ait dit quelque chose. J’aimerais mieux qu’on se soit cogné ; tu aurais vu ce qu’il aurait pris comme pâtée.
Mais un type qui reste là sans rien dire, à nous regarder dans notre lit, tu trouves que c’est agréable ? Oh ! Il a bien été cinq minutes avant de comprendre que ce qu’il avait de convenable à faire, c’était de s’en aller… Maintenant j’ai l’idée qu’il se foutait de nous. Si cette idée m’était venue pendant qu’il était en train de nous regarder, ce que je lui aurais balancé ton fer électrique à travers la gueule !… C’est régulier.
Et puis tu es bien avancée, maintenant ! Sûr et certain qu’il va te plaquer… Moi qui m’étais donné tant de mal pour te trouver un filon… Qui c’est qui va nous fournir des tableaux, maintenant ? Et mon auto qui n’est pas encore payée…
Tiens, ça me dégoûte… Je fous le camp, bonsoir.
Oui, j’emporte les quatre toiles qui sont là. Tu n’as rien à réclamer, je pense ?…
Quand je reviendrai ?… Je suis très pris cette semaine ; l’autre semaine aussi.
C’est ça ; je t’écrirai.
Tu n’as pas un peu de monnaie pour que je prenne de l’essence en sortant de Paris ?
Te dérange pas… Je sais où tu mets ton fric.