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La chienne

XIII ELLE

Reading edition

Oh ! Tu t’en vas déjà, mon chéri ?

Reste encore un peu, mon Dédé, on est si bien au lit… Si tu savais comme le temps est long quand tu n’es pas là !

N’aie pas peur qu’il vienne ce soir… Je ne sais pas ce qu’il a, de ce moment ; ça ne doit pas marcher, avec sa femme. Je t’ai montré le pneumatique qu’il m’a envoyé hier. Lis un peu celui qu’il m’envoie aujourd’hui. Je crois qu’il devient de plus en plus piqué. Je me méfie un peu de cette grande surprise qu’il m’annonce. Qu’est-ce que ça serait, à ton idée ?

Il a l’air de s’exciter, le vieux. Je n’aime pas beaucoup ça… Enfin, tant que ça se passera seulement par pneumatique…

Pourquoi tu ne veux pas que je le laisse tomber, mon Dédé ?

On a besoin de lui ? Non… Écoute-moi un peu. J’ai fait mes petits comptes…

Non, ne te lève pas encore… Je te garde jusqu’à la demie, tu veux bien ? Ne fais pas une vilaine grimace comme ça… Tu seras avec tes copains dans quarante minutes. Tu es donc si mal que ça à côté de ta petite femme ?

J’ai fait mes petits calculs. Nous devons avoir fait des économies sur les tableaux que tu as vendus chez Wallstein. Mais non, mon Dédé, je n’exige pas que tu me rendes de comptes… Oh ! comme tu es méchant !… Je dis simplement que tu t’es chargé de garder l’argent pour mettre un peu de côté, et que tu as bien fait, parce que j’aurais peut-être trop dépensé. Oui, tu as eu des frais… Je sais bien. Mais il y a eu encore des tableaux en vente chez Wallstein ; au moins pour 20.000 francs. Et les quatre que j’ai encore ici… Ça nous permettrait de vivre plusieurs mois si nous partions ensemble…

Et puis, quand ces tableaux seront vendus, tu pourras en faire toi-même… Tu n’es pas plus bête que le père Legrand, au contraire… Toi-même, je t’ai entendu dire souvent que tu en ferais autant ; tu réussis dans tout ce que tu fais. On mettrait, sur les tableaux que tu peindrais, la signature « Clara Wood », puisque c’est une marque qui se vend ; c’est une marque à nous et que le père Legrand ne pourrait rien y redire. Je te préparerais tes couleurs ; je te nettoierais tes pinceaux. C’est ça qui serait gentil…

Tu ne veux pas, dis ? Plus tard ? Pourquoi plus tard ? Oh ! que tu es méchant, mon chéri ! Je ne t’en parlerai plus, du moment que ça te contrarie. Embrasse-moi…

Oh ! Écoute un peu… On dirait qu’on met la clef dans la serrure de la porte d’entrée.

Il n’y a que lui qui a la clef, mais ça ne peut pas être lui…

Oh ! Habille-toi vite !… Tu es mon frère… Je suis malade… Tu es venu pour prendre de mes nouv…

Trop tard… Bouge pas !

Oui, c’est mon petit amant qui est là.

Et puis après ?

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