IX L’AUTRE
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Oh ! T’as vu celui-là qui voulait me doubler ? Je crains personne sur la route avec ma nouvelle bagnole… On ne fait que 110 pour le moment ? c’est que ça monte, et je défends à n’importe qui de passer…
Combien je l’ai payée ? Soixante billets… J’ai versé 10.000 à la livraison et le reste au fur et à mesure. Oui, les affaires marchent de ce moment ; je m’occupe de la vente des tableaux pour l’Amérique.
Et toi, quand c’est que tu deviendras sérieux ? A quoi veux-tu que ça te mène, tes combines de coco dans les boîtes de nuit et tes levages de rombières dans les dancings ? A des embêtements comme j’en ai eu. J’ai passé par là, tu sais, et ce que j’en dis, c’est dans ton intérêt…
Si tu veux, on va déjeuner après Étampes, dans une hostellerie que je connais. C’est un peu cher, mais on mange bien. Et on trouvera peut-être à lever des poules chic…
Lulu ? Ah ! oui… Je la revois de temps en temps… C’est un peu la barbe, tu sais… Très peu pour moi. Dès que j’aurai monté la grosse affaire de cinéma que j’ai en vue, tu verras si je la laisse tomber… C’est régulier.
J’ai maintenant une femme épatante, une femme connue dans Paris et tu en serais comme deux ronds de flan si je pouvais te dite son nom ; mais je ne peux pas à cause de la discrétion… Écoute, tu ne le répéteras à personne ? C’est Clara Wood, l’artiste… Mais non, pas une artiste dans le music-hall… Elle est peintre ; elle fait des tableaux de 10 et de 15 billets…
Tu ne connais pas Clara Wood ?… Je comprends ; ça n’est pas de ton monde.
Clara Wood a le béguin pour moi. Et ça dure. C’est au point qu’elle est décidée à m’épouser dès qu’elle sera libre. Et en attendant, je suis son homme de confiance. C’est moi qui suis chargé de toutes ses affaires avec les marchands de tableaux…
Voilà l’hostellerie que je te disais… Qu’est-ce qu’y a devant comme bagnoles !…
Eh ! garçon ! on peut avoir une table pour déjeuner sur la terrasse ?
Quoi ? Il fallait téléphoner pour retenir la table ?
Dites-donc, mon garçon, vous ne savez pas à qui vous parlez… Faites-moi venir un peu le gérant, je vous ferai voir un peu à qui c’est que vous avez affaire.