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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

CHAPITRE XV. RUSSIE. (Suite.)

Reading edition

Description des Martinistes, ou la Franc-Maçonnerie religieuse. — Utilité de leurs travaux. — Leur persécution par l'impératrice Catherine. — Ils reprennent leurs travaux sous l'empereur Alexandre. — Ils font fleurir les sociétés bibliques, etc. — Remarques générales sur les Russes. — Constitution donnée à Moscou par les Polonais. — Situation religieuse des Slaves de l'Empire ottoman. — Observations générales sur la condition actuelle des nations slaves. — Ce que l'Europe peut espérer ou craindre d'elles. — Causes qui s'opposent aujourd'hui aux progrès du Protestantisme parmi les Polonais. — Moyens de propager la religion de l'Évangile chez les Slaves. — Perspective heureuse pour elle en Bohême. — Succès des efforts du révérend F.-W. Kossuth à Prague. — Raisons pour que les Protestants anglais et américains prêtent quelque attention à la situation religieuse des Slaves. — Alliance entre Rome et la Russie. — Influence du despotisme et des institutions libérales sur le Catholicisme et le Protestantisme. — Causes de la recrudescence actuelle du Catholicisme. — Quel contrepoids l'on pourrait y opposer. — Importance d'une alliance entre les Protestants anglais et slaves.

Nous n'achèverons pas le tableau des sectes religieuses de la Russie, sans une rapide esquisse des Martinistes, qui méritent une place honorable dans les annales de la religion, et, tout à la fois, dans celle de la Franc-Maçonnerie, pour avoir mis en pratique, au moyen des loges maçonniques, les sublimes préceptes de la Religion; et peut-être la Franc-Maçonnerie n'eut-elle jamais occasion de se déployer dans une plus noble sphère d'activité que sous le nom de Martinisme, en Russie.

Au sein de cette admirable société, l'on remarque en relief les traits de Novikoff, qui, dès ses plus jeunes années, se dévoua, de toutes les forces de son cœur et de son âme, au développement intellectuel de sa patrie. Il publia, en débutant, un recueil périodique de littérature, s'attachant à répandre des avis utiles, attaquant les préjugés, les abus, et tout ce qui était mal. Il fonda ensuite un journal savant et une autre publication d'un caractère plus populaire, mais toujours avec un but sérieux, et il consacra le produit de ses œuvres à créer des écoles primaires avec l'instruction gratuite. Il fixa plus tard sa résidence à Moscou, où il institua la société typographique dont nous avons parlé.

Le zèle des Martinistes en faveur des œuvres de charité, égalait celui qu'ils apportaient au progrès intellectuel de leur pays. Ceux qui ne pouvaient donner beaucoup d'argent, donnaient leur temps et leurs peines. Plusieurs Martinistes dépensèrent littéralement jusqu'à leur dernier rouble pour venir en aide aux établissements utiles de leur société et aux souffrances de leurs semblables; ainsi, Lapoukhine, membre de l'une des plus grandes familles de Russie, dépensa de cette manière une fortune princière, tout en n'accordant à ses besoins que le plus strict nécessaires. Sénateur et juge de la cour criminelle de Moscou, sa vie entière fut consacrée à la défense des opprimés et des innocents, dans un pays où l'état de la justice fournissait ample matière à sa générosité. Bien d'autres encore que l'on pourrait citer, sacrifièrent des fortunes considérables et se soumirent à de grandes privations afin de pouvoir mieux seconder les nobles efforts de leur société.

Il est malheureusement bien rare qu'un Polonais trouve à parler ainsi des Russes; ajoutons qu'il s'est rencontré parmi eux beaucoup d'individus d'une générosité diamétralement opposée à la ligne de conduite suivie systématiquement par leur gouvernement envers les compatriotes de l'auteur; ils ont allégé les souffrances de plus d'une victime de ce système de persécution; et, ce qui est peut-être une preuve plus grande encore d'élévation d'âme, ils ont su flatter les sentiments de nationalité, profondément blessés, de ceux dont les vues ne pouvaient s'accorder avec les leurs. De tels hommes nous sauraient peu de gré de proclamer ici leurs noms; mais si ces lignes viennent à leur tomber un jour sous les yeux, qu'ils demeurent bien convaincus que nos compatriotes sont instruits de leurs actions et en apprécient tout le mérite. Rien ne saurait nous empêcher cependant d'exprimer le respect plein de reconnaissance dont nos concitoyens sont pénétrés pour la mémoire du prince Galitzin, gouverneur-général de Moscou, qui se montra d'une bonté toute paternelle envers beaucoup de jeunes Polonais, victimes d'une persécution systématique commencée, en 1820, contre leur nationalité, dans les provinces polonaises de la Russie, et qui furent exilés de leurs foyers au cœur même de ce pays, uniquement pour avoir mis leurs talents et leur conduite morale en obstacle à l'accomplissement des fins de cette persécution. Nous n'hésitons pas à affirmer que les opinions que nous avons exprimées sont partagées par tous les vrais patriotes polonais, au nombre desquels nous en citerions qui ont préféré les souffrances de l'exil aux avantages considérables qu'ils pouvaient se procurer en faisant acte d'adhésion à un système politique contre lequel ils luttent aujourd'hui. Ce n'est pas une aveugle haine de nationalité qui fera jamais prospérer une cause légitime, car de semblables sentiments sont plutôt faits pour la dégrader. Un honnête homme restera fidèle à la cause qu'il a embrassée par des motifs de conscience, sans avoir égard à son intérêt ni aux personnes qui pourraient l'attaquer ou la défendre. Il ne la désertera pas, parce que les êtres pour qui il nourrit des sentiments de considération personnelle et même d'affection viendraient à se trouver en opposition avec lui, ou parce qu'il aurait le malheur de ne pouvoir sympathiser avec beaucoup de ses défenseurs.

Revenons aux Martinistes. Il est certain que s'ils avaient eu la liberté de continuer leurs nobles travaux, ils eussent accéléré la marche de la véritable civilisation en Russie; car ils apportaient tout leur zèle à éclairer leurs concitoyens, non-seulement en semant à pleines mains l'instruction littéraire et scientifique dans les diverses classes de la population, mais surtout en inspirant un esprit vraiment religieux à l'Église nationale, qui ne représente qu'un assemblage de formes extérieures et de croyances superstitieuses, et en la transformant en agent puissant de moralisation et d'éducation religieuse pour le peuple.

Les loges maçonniques embrassèrent peu à peu tout le territoire, et leur influence bienfaisante commençait à se faire sentir tous les jours davantage. Elles comptaient dans leur sein les hommes les plus recommandables de la Russie, de hauts fonctionnaires, des lettrés, des négociants, et particulièrement des éditeurs et des imprimeurs. On trouvait aussi dans leurs rangs plusieurs hauts dignitaires de l'Église, en même temps que de simples prêtres de paroisse.

Ce fut une glorieuse époque dans les annales de la Franc-Maçonnerie, qui ne fournit jamais peut-être, bien que trop courte, hélas! de plus noble carrière d'utilité, que celle qu'elle parcourut en Russie sous la conduite de ses chefs martinistes. Elle eût découvert à ce pays tout un horizon nouveau, en changeant le cours de ses idées de conquête et d'agression contre d'autres contrées, et en dirigeant l'énergie de ses populations sur des progrès intérieurs et sa propre civilisation; mais rien de ce qui est noble et bon ne peut fructifier sans l'air fécondant de la liberté. Les aspirations généreuses se flétrissent tôt ou tard sous le souffle glacé du despotisme, qui, bien qu'inspiré par circonstance d'intentions équitables, les refoulera toujours quand leur objet viendra à froisser ses intérêts réels ou imaginaires. Il en fut ainsi avec les Martinistes. L'impératrice Catherine, qui avait réalisé dans son empire un certain nombre de réformes conçues dans un esprit de libéralisme remarquable, devint de plus en plus despote en avançant en âge. La peur de la révolution française lui fit abandonner toutes les idées dont l'étalage lui acquit l'adulation de ces mêmes écrivains qui avaient précipité cette terrible commotion. Il ne fut plus question d'aider par tous les moyens au développement intellectuel de ses sujets, mais bien, au contraire, de les arrêter dans la voie du progrès, et conséquemment, la Franc-Maçonnerie en général et la société typographique en particulier, éveillèrent ses défiances. L'un de ses membres les plus actifs, Novikoff, dont nous avons dit les efforts pour éclairer ses concitoyens, fut enfermé dans la forteresse de Schlusselbourg, et Lapoukhine, le prince Nicolas Troubetzki et Tourghénéff furent exilés dans leurs terres; les ouvrages d'Arndt, de Spener, de Boehme et d'autres livres religieux traduits en russe, furent saisis et brûlés comme dangereux pour l'ordre public.

Les Martinistes ne purent reprendre le cours de leurs premiers travaux, ils continuèrent cependant à défendre et à propager leur doctrine. L'empereur Alexandre qui, à la suite de la guerre de France, s'était mis à incliner au mysticisme religieux, particulièrement sous l'influence de la célèbre madame Krudener, et qui désirait sincèrement le bien de son pays, appela les Martinistes dans ses conseils. Il confia à l'un d'eux, le prince Galitzin, le département des cultes et de l'instruction publique. Galitzin et d'autres Martinistes rivalisèrent d'efforts pour répandre les lumières au sein du peuple, et surtout pour faire dominer l'élément religieux dans l'éducation. Ce fut à cette époque que les Sociétés bibliques se multiplièrent sous l'influence du gouvernement, et que beaucoup d'ouvrages étrangers d'un caractère religieux, tels que ceux de Jung Stilling, etc., furent traduits et publiés. Un journal d'une tendance mystique, intitulé le Messager de Sion, fut publié en russe par M. Labzin. Ce recueil périodique eut un grand débit, et, selon toute apparence, beaucoup de lecteurs partageaient ces opinions; mais, comme il n'existe pas de publicité en Russie, il est très difficile de constater le véritable état des choses. On peut dire cependant, en toute assurance, que les tendances libérales et religieuses qui s'étaient manifestées sous le règne de l'empereur Alexandre, ont disparu de la Russie et cédé le terrain à une ligne de politique dont le but invariable est de mouler les divers éléments de nationalité et de religion renfermés dans les limites de l'Empire russe, en une seule Église, en une seule nation; politique qui, selon nous, porte en elle-même plus de germes de destruction que de conservation d'un État. Nous avons dit la persécution à laquelle l'Église grecque unie avait eu à faire tête sous le gouvernement actuel, les tentatives qui avaient pour objet de convertir l'Église protestante des provinces de la Baltique, sont aussi bien connues. C'est en conséquence de cette politique, que les Sociétés bibliques furent défendues, et que les missionnaires protestants qui propageaient la religion des Écritures dans les provinces asiatiques de la Russie, furent empêchés de poursuivre leurs travaux.

Après avoir tracé rapidement l'histoire religieuse des nations slaves, nous ajouterons quelques considérations générales sur cette question et sur les principaux sujets qui s'y rattachent immédiatement. Notre but, en mettant cette esquisse au jour, n'a jamais été d'amuser nos lecteurs, car un ouvrage de fiction eût infiniment mieux convenu dans ce cas que des faits historiques; notre intention a été d'apporter un faible support au service de la cause de la Réforme en général, en produisant un nouveau témoignage en sa faveur, et d'exciter ainsi l'intérêt des Protestants anglais pour la même cause dans les contrées slaves. Les Protestants de la Grande-Bretagne embrassent, dans leur zèle à répandre la vérité chrétienne, les nations les plus reculées du globe, et des sommes immenses sont généreusement dépensées pour propager la parole divine dans leurs divers langages. Les missionnaires anglais et américains font des efforts pour convertir au Christianisme les sauvages insulaires de l'Océan Pacifique aussi bien que les brahmes érudits de l'Inde. Ils cherchent dans toutes les parties du monde les enfants dispersés d'Israël, pour leur ouvrir les yeux à la lumière; ils ont visité les Nestoriens et d'autres débris des Églises de l'Orient, afin de ressusciter parmi eux les vérités obscurcies et presque éteintes de l'Évangile. Plusieurs contrées de l'Europe occidentale ont eu aussi leur part de ces efforts pour ranimer l'esprit religieux; mais les nations slaves semblait seules déshéritées de cet apostolat universel. La race qui produisit Jean Huss et qui a donné des preuves de son zèle et de son attachement aux vérités proclamées par ce grand réformateur, plus peut-être qu'aucune nation du globe, éveille moins d'intérêt dans l'esprit et dans le cœur des Protestants anglais, que les habitants de l'intérieur de l'Afrique ou ceux des régions polaires; et cependant cette race, qui comprend près du tiers de toute la population de l'Europe, qui occupe plus de la moitié de son territoire et qui étend sa domination sur l'Asie septentrionale tout entière, ne compte dans son sein qu'un million cinq cent mille Protestants. Nous pensons donc que ceux d'entre les Protestants anglais qui ont réellement à cœur le succès de la cause protestante, même aux extrémités du monde, devraient au moins accorder quelque attention à l'état actuel de la Réforme et à son avenir dans des régions voisines de leurs propres foyers, et dont les destinées religieuses et politiques sont appelées à décider, soit en bien, soit en mal, de celles de l'Europe elle-même. L'expérience de l'histoire ne devrait-elle pas suffire pour diriger l'attention des Protestants anglais sur ces nations, où les écrits de leur propre Wickliffe ont eu un puissant retentissement, tandis qu'ils ne trouvèrent aucun écho parmi les habitants de beaucoup d'autres contrées. Un ferment d'agitation politique et religieuse travaille fortement aujourd'hui l'esprit des nations slaves; le résultat de ce bouillonnement peut produire un grand bien ou un grand mal pour l'Europe, selon la direction qui sera imprimée au mouvement résultant de cette fermentation. Ce résultat peut être un progrès intellectuel, politique et religieux, conduisant au gouvernement constitutionnel et à la réforme de l'Église dans les États slaves. Il peut servir à naturaliser et à consolider le même ordre de choses dans d'autres pays; mais il peut conduire aussi à une guerre de race, dans laquelle les antipathies et l'orgueil national joueraient un si grand rôle, que toutes autres considérations se tairaient devant le sentiment de vengeance une fois évoqué contre des torts réels ou imaginaires, et devant la perspective éblouissante d'une grandeur nationale à conquérir, quel que soit d'ailleurs le sort réservé à ces illusions. Les nations, comme les individus, sont capables des sentiments les plus élevés aussi bien que des plus mauvaises passions. Elles sont capables de générosité, de bonté et de reconnaissance, mais aussi d'arrogance, d'avidité et de vengeance; avec cette différence, que ces derniers sentiments, toujours réprouvés dans l'individu, ne sont que trop souvent considérés comme des vertus, quand, passés dans l'esprit d'une nation tout entière, ils prennent le masque du patriotisme. Il n'est pas rare que des hommes, qui reculeraient devant la moindre infraction aux règles les plus strictes de la morale tant qu'il s'agit de leur intérêt particulier, adoptent sans hésitation le principe de la patrie avant tout. Cette observation s'applique à toutes les nations, et principalement aux Slaves, dont les sentiments nationaux ont été irrités par le souvenir des maux historiques qu'ils ont eu à souffrir des Allemands. Ce souvenir, au lieu d'être effacé en adoucissant les sentiments blessés du parti opprimé, est, au contraire, entretenu par de nouveaux actes d'agression contre sa nationalité, et par les ouvrages d'écrivains allemands exaltant les faits d'oppression par lesquels leurs ancêtres exterminèrent les habitants slaves de provinces entières, et proclamant bien haut l'intention de continuer cette œuvre d'anéantissement national, en soumettant les Slaves modernes à la suprématie politique de l'Allemagne.

La Religion n'est-elle pas le plus sûr moyen de réconcilier les individus aussi bien que les nations, bien que trop souvent les hommes l'aient transformée en instrument de désordre. Plus la forme sous laquelle le Christianisme se présente aux hommes est pure, plus son influence est puissante à cimenter les liens de charité et de bienveillance réciproques entre les individus et les nations unies sous les mêmes formes; mais malheureusement, ainsi que nous avons eu occasion de le dire, la communauté de religion n'a pas empêché les Protestants allemands d'abandonner leurs frères slaves de Bohême, ni même de s'unir contre eux aux Allemands catholiques de l'Autriche et de la Bavière; bien que, d'un autre côté, les Protestants polonais appuyassent de tout leur zèle leurs frères de France. Le Gouvernement protestant de la Prusse s'applique malheureusement bien plus à convertir ses sujets slaves en Allemands qu'à propager le Protestantisme parmi eux. Nous avons dit que les Églises protestantes de la Pologne prussienne ont perdu leur nationalité polonaise, et par cela même tout moyen d'exercer une influence quelconque sur les Polonais de cette province. Ajoutons que dans la province de Kœnigsberg il existe une population considérable de Protestants polonais, de telle sorte qu'il y a soixante-dix églises où le service divin s'accomplit en langue nationale. Cette population diminue chaque jour par suite des efforts incessants du gouvernement pour la fondre, comme nous l'avons dit, avec l'élément germain. Les écoles primaires, pour les enfants de cette population, sont confiées, à peu d'exceptions près, à des professeurs qui sont ou entièrement étrangers au polonais ou très imparfaitement versés dans cette langue, ce qui fait que leurs élèves polonais passent tout leur temps à apprendre un peu d'allemand, tandis que toute autre instruction donnée dans ces écoles est perdue pour eux. Il arrive fréquemment que les élèves apprennent par cœur des pages entières en allemand, sans pouvoir les comprendre; il est très naturel dès lors qu'ils restent au-dessous des élèves allemands, qui reçoivent l'instruction dans leur propre langue, et cependant cette circonstance est attribuée à l'infériorité intellectuelle des élèves polonais. C'est grâce à ce système vicieux d'éducation, que la population dont il s'agit perd rapidement sa langue native; beaucoup d'individus l'abandonnent pour l'allemand, et l'oublient tout-à-fait, tandis que d'autres parlent un dialecte corrompu par un mélange d'allemand.

L'unique palladium de l'idiome national, au sein de cette population, est la Bible, dont le beau langage et le style correct le préservent d'une entière destruction. Le clergé, aux soins spirituels duquel cette population est confiée, a fait de grands efforts pour obtenir du gouvernement un changement de système, mais toutes ses instances ont été vaines; il a représenté le vice d'une éducation qui est plus calculée pour arrêter le développement de l'intelligence de l'élève que pour le favoriser; il a dit que les préceptes de la Religion ne sauraient produire aucune impression durable sur l'esprit de la jeunesse, à moins d'être enseignés dans la langue maternelle. Il a fait envisager aussi que la nationalité polonaise de ses églises, dans l'intérêt de la cause protestante en général, devrait être garantie et développée au lieu d'être ruinée sourdement et détruite; car ces Églises pourraient jeter un pont entre le Protestantisme et les Slaves. Toutes ces représentations sont restées sans effet, bien qu'il existe en Prusse quelques Protestants éminents qui semblent comprendre l'importance des Églises protestantes polonaises et la nécessité, dans l'intérêt réel du Protestantisme, de développer leur nationalité au lieu de la déprimer; mais rien n'a été fait à cet égard par le gouvernement prussien, et le système de germanisation dont nous avons parlé, poursuit, au contraire, son cours en pleine vigueur.

Les Protestants qui peuvent propager plus efficacement leur religion parmi les Slaves, sont ceux d'Angleterre et d'Amérique. L'impression profonde produite par les doctrines de Wickliffe dans ces régions éloignées, est un gage certain du succès que les vérités de l'Évangile y obtiendraient encore, si les compatriotes de ce grand réformateur imitaient la ferveur de son zèle. Disons toutefois que cette entreprise doit être conduite avec beaucoup de réserve et de discrétion. Nous sommes parfaitement convaincus que toute tentative de conversion personnelle, dans les circonstances actuelles, ferait infiniment plus de mal que de bien à la cause du Protestantisme au sein de ces populations. La première mesure et la plus indispensable pour arriver à la restauration de la cause protestante dans les contrées slaves, est le rétablissement des dernières Églises protestantes, en les rappelant à l'esprit religieux qui les abandonne et en leur rendant leur nationalité détruite. Aucun effort ne devrait coûter pour atteindre ce but, car l'entier développement de l'esprit religieux et de la nationalité de ces églises deviendra une semence féconde en heureux résultats. L'existence de pareilles Églises sera même approuvée de beaucoup de Catholiques, qui éprouvent une forte aversion pour le Protestantisme allemand, dégradé, comme nous l'avons vu, au point de n'être plus entre les mains du gouvernement qu'un instrument politique. Les Écritures, mais surtout le Nouveau-Testament en langue nationale, devraient être aussi répandues le plus possible, et de préférence dans les versions autorisées par le Catholicisme, de manière à ce que le clergé de cette Église n'ait aucune raison de s'opposer à leur circulation. Des traductions des meilleurs ouvrages protestants de dévotion pourraient être d'un grand avantage; mais ceux de controverse devraient être mis de côté, car l'objet de ces traductions doit être de rallier les Slaves catholiques ou grecs, en leur prouvant que le Protestantisme n'est pas l'irréligion, comme beaucoup d'entre eux le croient sincèrement, mais une forme plus pure de Christianisme, de manière à éviter de blesser leurs sentiments en s'attaquant à ce qu'ils regardent comme sacré. En résumé, le but des efforts des Protestants dans ces contrées, devrait être d'éclairer et d'améliorer et non de détruire; car il sera toujours plus facile de renverser une Église existante que d'en fonder une nouvelle, et un édifice imparfait est certainement préférable à un amas de ruines. Une réforme graduelle des Églises nationales dans les contrées slaves, aura une influence bienfaisante sur le progrès religieux et intellectuel de la nation; elle peut compter, en conséquence, sur l'approbation et le soutien de tous les penseurs de ces pays, qui s'opposeront, au contraire, à toute tentative d'innovation violente, comme beaucoup plus propre à bouleverser qu'à édifier les esprits.

Le nombre des Protestants bohémiens à Prague et dans le voisinage de cette ville, était très restreint, ils n'avaient pas d'église qui leur fût propre, le seul endroit consacré au culte protestant à Prague étant une chapelle luthérienne. Ils adressèrent une pétition au gouvernement en 1784, pour obtenir l'autorisation de bâtir une église; mais il ne fut pas fait droit à leur requête, parce que les lois autrichiennes exigent que la congrégation s'élève à cinq cents âmes pour obtenir cette permission. En 1846, le révérend Frédéric-Guillaume Kossuth essaya de fonder à Prague une véritable Congrégation protestante bohémienne. Il parvint, après de grands efforts, à ranimer le zèle de ses membres en prêchant la parole de Dieu. Il agit en même temps sur leurs sentiments nationaux, en leur rappelant qu'ils étaient les descendants des grands et glorieux Hussites; sa parole fit une impression profonde sur beaucoup de Catholiques, parmi lesquels il obtint plusieurs conversions.

L'année 1848 apporta la liberté religieuse à l'Autriche; l'Évangile put être prêché avec plus de liberté. Le lieu où Kossuth prêchait était rempli chaque dimanche, et les Catholiques s'unissaient par centaines à sa Congrégation. Ce fait excita l'attention du gouvernement et du clergé catholique, qui se mit à prêcher contre Kossuth, en l'attaquant dans les termes les moins mesurés. Quelques-uns de ses membres allèrent même jusqu'à déclarer qu'il était le véritable Antechrist et que la fin du monde approchait. Ces déclamations exposèrent Kossuth aux insultes de la populace. Il avait excité la haine du clergé catholique par son zèle religieux, et celle des Allemands par son ardeur à ranimer l'esprit national parmi les Slaves bohémiens. Les calomnies les plus absurdes furent propagées contre lui dans la presse, et la persécution se multiplia sous mille formes pour écraser le hardi Réformateur. Kossuth, intrépide au milieu de la tempête déchaînée contre lui, continua sa croisade en faveur de la religion et de la nationalité de la Bohême; il publia, en 1849, un journal religieux intitulé: Czesko Bratrsky Hlasatel, ou le Hérault des Frères bohémiens, qui eut un grand succès et produisit d'excellents résultats; mais cette publication ne tarda pas à être prohibée par le gouvernement. Sa Congrégation s'augmentait rapidement par les conversions des Catholiques; elle devint bientôt si nombreuse, que la chambre dans laquelle il prêchait pouvait à peine en contenir la moitié. Son principal objet est de répandre les Écritures; il en vendit jusqu'à onze cents exemplaires et en aurait vendu davantage s'il en avait eus. La Congrégation de Kossuth s'est accrue de plus de sept cents convertis du Catholicisme, parmi lesquels trois ecclésiastiques, et de deux Juifs qu'il a baptisés; de telle sorte qu'elle compte aujourd'hui plus de onze cents membres. Kossuth fut renvoyé de la chambre dans laquelle il avait prêché et qui avait été louée pour cet effet. Il adressa une pétition au gouvernement afin d'obtenir pour sa Congrégation l'une des églises vacantes de Prague, qui avait appartenu à leurs ancêtres spirituels les Hussites; mais cette pétition fut rejetée. Kossuth recueillit alors avec beaucoup de peine la somme de 6,000 florins (15,000 francs), et il acheta une ancienne église hussite, qui était restée fermée depuis l'année 1620, au prix de 27,500 florins (68,750 francs). Les 6,000 florins qu'il avait recueillis ont été payés argent comptant; il doit payer le reste du prix d'achat par à-comptes annuels de 3,000 florins.

C'est là un bien lourd fardeau pour une pauvre Congrégation; mais elle lutte vaillamment contre les difficultés qui l'assaillent de toutes parts. Nous appellerons cependant l'attention toute particulière des Protestants anglais sur ce sujet, principalement de la part de ceux qui ont la conviction des dangers auxquels leur propre Protestantisme est exposé au milieu des attaques incessantes du Catholicisme; ils verront que toutes les considérations de devoir envers les grands intérêts de leur religion, leur recommandent une active sympathie pour la Congrégation de Prague qui, en peu de temps, a soustrait sept cents individus au joug de l'Église catholique. Rome fait tout ce qu'elle peut pour multiplier ses églises dans cette contrée protestante; le simple bon sens prouve en conséquence qu'il est à la fois de l'intérêt et du devoir des Protestants anglais d'étendre, autant qu'ils le peuvent, l'Église protestante dans les États catholiques, et surtout dans les endroits où l'utilité de cet établissement s'est manifestée d'une manière aussi évidente qu'à Prague.

Les remarques que nous avons faites sur la Bohême, ont été accompagnées, dans la première édition de cet ouvrage, du passage suivant de la préface de la Lyra Cesko Slowanska, ou Poésies nationales bohémiennes, traduites par notre ami le révérend A. H. Wratislaw, professeur au Christ College, à Cambridge, qui a visité plusieurs fois la Bohême et d'autres contrées slaves, et s'est familiarisé avec leur langage et leur littérature.

«Nous ne pensons pas que l'Angleterre pût faire à la Bohême un présent plus agréable et plus utile qu'une réimpression de la meilleure traduction bohémienne de la Bible.»

Nous disons avec satisfaction que ce désir, partagé par tous les amis de la Bohême et de la vérité religieuse, est maintenant en voie de réalisation. La Société biblique anglaise et étrangère imprime en ce moment en Autriche, sous la direction d'un savant slave, une nouvelle édition à cinq mille exemplaires de la Bible de Kralitz, renommée pour l'exactitude de sa traduction aussi bien que pour la pureté de son langage et la beauté de son style. Nous croyons que cette noble entreprise est due à l'initiative du comte de Shaftesbury, qui a rendu ainsi un nouveau et signalé service à la cause de la vérité évangélique.

Le plus grand nombre des Slaves protestants se trouvent au nord de la Hongrie, parmi les Slovaques, qui parlent un dialecte de la langue bohémienne. Ils comptent environ huit cent mille âmes appartenant en partie à la Confession de Genève, mais surtout, croyons-nous, à celle d'Augsbourg. Leur nationalité n'a pas été attaquée sous le gouvernement hongrois, sauf quelques rares tentatives de fusion avec l'élément madgyare, qui produisirent de déplorables disputes entre les Protestants slaves et les Madgyares. Il existe enfin environ cent quarante mille Protestants dans la Lusace, sous la domination de la Prusse et de la Saxe; cette petite population slave est animée d'un sentiment profond de nationalité, et l'état avancé de son éducation pourrait fournir un certain nombre d'individus capables de travailler à l'évangélisation de leur race. La condition intellectuelle et religieuse des Protestants slaves mérite l'intérêt des Protestants anglais et américains, au moins tout autant que celle des Chrétiens dispersés en Orient. Ces derniers ont été l'objet de recherches et de soins tout particuliers de la part des voyageurs qui ont bravé toutes les fatigues et tous les périls pour visiter ces populations lointaines. Rien de semblable n'a été fait encore en faveur des Églises protestantes slaves, et, cependant, nous sommes convaincus qu'un grand service eût peut-être été rendu à la cause protestante en général, si quelques sujets anglais, à la hauteur de cette tâche, eussent entrepris de visiter ces Églises, d'examiner leur condition et d'établir des relations permanentes entre elles et leur propre pays. Les plus vastes champs offerts par les contrées slaves aux travaux évangéliques des Protestants anglais et américains, sont incontestablement les populations appartenant à la race qui suit l'Église d'Orient et vit sous la domination de la Porte ottomane. Un bien immense pourrait être fait en Servie et en Bulgarie, non par des conversions individuelles à la Religion protestante, mais par la propagation des Écritures et d'une saine éducation parmi les habitants de ces contrées en général, et au sein du clergé en particulier. Les Slaves de l'Église d'Orient seront beaucoup plus accessibles au Protestantisme que les sectateurs de Rome. On trouvera non-seulement le peuple, mais même le clergé disposé à accueillir les Écritures et les ouvrages de dévotion dans leur langue, si on les leur offre d'une manière convenable, sans blesser leurs sentiments ou leurs préjugés. On pourrait aisément rayonner à cet effet des Îles Ioniennes, de Constantinople, de Thessalonique, et Belgrade pourrait devenir un centre d'action très important. Le gouvernement turc n'empêchera pas de répandre l'Évangile parmi des sujets chrétiens; mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, rien de semblable n'est permis aujourd'hui en Russie.

Les Jésuites sont des hommes éminemment pratiques, car ils employent toujours les moyens les mieux adaptés à l'accomplissement de leurs desseins, sachant bien que le défaut d'habileté ne peut être suppléé par de bonnes intentions. Ils ne se bercent pas de puériles satisfactions d'amour-propre, ni d'un succès insignifiant; ils ne considèrent un premier pas fait que comme un stimulant pour ce qui reste à faire et comme un marche-pied pour atteindre des résultats plus importants. Ils n'attendent pas l'approche du danger, et ils essaient d'effrayer leur ennemi par de vagues dénonciations; ils examinent avec calme sa force et sa position, ses moyens d'attaque, ses mouvements et ses intentions probables, et ils adoptent les mesures nécessaires pour lui tenir tête sur tous les points. La prudence ordinaire prescrit cette manière d'agir; ce n'est pas son usage, mais son abus qui est condamnable. L'Évangile nous ordonne non-seulement d'être innocents comme la colombe, mais encore prudents comme le serpent; il nous recommande la prudence par l'exemple de l'homme qui bâtit une tour et du roi qui va à la guerre. La cause de la vérité ne saurait que se déconsidérer par les moyens exagérés que les Jésuites ont employés en beaucoup de pays; mais personne ne saurait nier que cette cause ne puisse progresser à la faveur du talent, de la prudence et du savoir, et que ces nobles dons de la Providence devraient être utiles pour la propagation de ce grand objet.

Si c'est un tort de travailler dans les ténèbres et de prendre les couleurs d'un parti auquel on s'est opposé, comme cela s'est vu dans le fait que nous avons rapporté précédemment, est-il donc plus convenable de tenir conseil dans les rues, de proclamer, sur les toits, des projets à peine ébauchés, et de célébrer des victoires qui sont encore à gagner...

Se servir du savoir pour corrompre la vérité, comme l'ont fait les Jésuites en mainte occasion, est un acte d'immoralité que l'on ne saurait trop flétrir. Le seul moyen efficace pour contre-balancer cette influence sans principes ainsi que la propagation de l'erreur, c'est l'instruction. «La science est la puissance,» a dit un grand philosophe anglais, et il en est surtout ainsi quand on l'applique à la défense de la vérité, qui importe le plus à l'humanité. C'est grâce à la puissance du savoir, que Wickliffe, Huss, et les Réformateurs du XVIe siècle purent ébranler l'esclavage spirituel que Rome avait établi au moyen-âge, et ce n'est pas par l'ignorance que l'on parviendra jamais à contre-balancer ses efforts réactionnaires.

L'organisation merveilleuse des Jésuites, qui a été comparée à une épée dont la garde est à Rome et la pointe partout, ne peut être imitée par les Protestants. L'esclavage moral que leur ordre impose à ses membres est trop opposé à la liberté spirituelle, qui est le trait caractéristique du Protestantisme; mais ce serait tomber dans un autre extrême que de proclamer le Protestantisme incapable d'organisation; assertion que les Catholiques répètent comme une sorte de brocard, et que beaucoup de Protestants reconnaissent comme une triste vérité. Nous croyons cependant que cette assertion ne repose sur rien de sérieux; car il vaudrait autant déclarer que la liberté est incompatible avec l'ordre; nous sommes convaincus qui si un grand nombre de sociétés protestantes ont été privées d'une action puissante et d'une organisation convenable, c'est que la nécessité n'en avait pas encore été bien comprise. On ne peut douter cependant qu'une organisation qui concentrerait en un seul foyer tous les talents et le savoir dispersés parmi les Protestants, et qui donnerait à son action cette universalité de rayonnement que leurs adversaires déploient pour égarer l'opinion publique en plus d'une contrée, ne produise bientôt des résultats palpables. La possibilité d'une bonne organisation protestante, et les graves avantages qu'on pourrait en retirer, ont été démontrés clairement par l'association puissante sortie du génie de Wesley. Les Wesleyens n'ont pas besoin de l'éloge d'un individu aussi humble que l'auteur de cet essai; leurs grands services, et surtout leur zèle à relever la condition religieuse, morale et intellectuelle des classes ouvrières, sont connus de toutes parts. Nous ferons seulement remarquer que, bien qu'il puisse se trouver parmi les autres Congrégations protestantes, des Chrétiens aussi bons et aussi pieux que chez les Wesleyens, nulle d'elles n'a fait d'aussi constants efforts que cette branche du Protestantisme pour étendre sa sphère d'activité bienfaisante; avantage qu'il faut rapporter entièrement à l'efficacité de son organisation. Puisse-t-elle conserver long-temps ce qui fait sa force et sa vitalité, et continuer à développer le champ de ses travaux chrétiens, en les étendant jusqu'aux terres habitées par la race dont nous avons essayé d'esquisser les principaux traits religieux!

Nous terminons cette esquisse rapide de l'histoire religieuse des nations slaves, en exprimant toute notre gratitude à nos concitoyens en particulier, et à nos frères slaves en général, pour l'indulgence et les encouragements qu'ils ont bien voulu accorder aux efforts que nous avons déjà faits pour soumettre au public anglais leur condition politique et religieuse. Nous les remercions du concours utile qu'ils nous ont prêté par leurs communications sur divers objets importants. Ces communications sont d'une valeur inappréciable pour un auteur qui, comme nous, se trouve placé à une grande distance des contrées qui font l'objet de ses travaux; elles nous ont été de la plus grande utilité pour la publication de cet ouvrage. Nous espérons que cette esquisse recevra le même accueil, et qu'on la jugera bien plus par la sincérité des intentions de l'auteur que par son habileté à les mettre en relief.

Notes in this chapter

Note 1 · Le chevalier Saint-Martin n'est pas aussi connu qu'il mériterait de l'être[186]. Ce serait cependant excéder les limites de cet ouvrage, queNote 2 · Chaque membre de la Franc-Maçonnerie contribuait à ces nobles fins, non-seulement de sa bourse, mais encore par ses efforts personnels, par Note 3 · L'empereur Paul mit Novikoff en liberté à son avènement au trône; mais les épreuves de ce patriote n'étaient pas terminées. Délivré de ses fNote 4 · Nous l'avouerons, c'est avec un sentiment de satisfaction peu ordinaire, que nous avons insisté sur les faits propres à jeter un jour favoraNote 5 · Les souffrances qui ont été infligées à la nation de l'auteur de cet ouvrage par le gouvernement russe, sont trop bien connues; et c'est préNote 6 · Les Slaves de l'empire turc se convertirent à une période moins récente que les autres nations de leur race; c'était là, du reste, une conséNote 7 · Parmi ces ouvrages, le plus remarquable est celui de M. Heffter, que nous regrettons de n'avoir pas lu avant d'avoir écrit notre Essai sur lNote 8 · Outre les antipathies nationales qui ont été réveillées par les circonstances auxquelles nous avons fait allusion, et qui rendront illusoireNote 9 · La plus grande contrée slave, la Russie, est entièrement fermée aux efforts du Protestantisme, les missionnaires protestants n'ont pas même Note 10 · Outre le but si grand de propager la vérité évangélique, qui porte les Protestants anglais à s'exposer aux extrémités du monde, il est une rNote 11 · Grandes et terribles comme l'ont été les commotions qui ont ébranlé l'Europe continentale depuis février 1848, et dont la fin, malgré le calNote 12 · En prenant congé de nos lecteurs, nous ferons remarquer que, bien que les Protestants anglais aient laissé passer, sans y prendre garde, la
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