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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 192 — CHAPITRE XV. RUSSIE. (Suite.)

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Les Slaves de l'empire turc se convertirent à une période moins récente que les autres nations de leur race; c'était là, du reste, une conséquence de leur proximité de Constantinople et de leurs relations fréquentes avec cette capitale de l'Orient. Ils sont restés depuis ce temps sous la juridiction du patriarche grec. Leur histoire ecclésiastique n'offre aucun trait particulier digne d'intérêt, à l'exception de la secte des Bogomils, qui eut quelque succès dans la Bulgarie, et qui était très certainement d'origine slave, comme l'indique son nom, tiré de Boh, Dieu, et Milouy, ayez pitié. Nous citerons encore les Patarins, secte importée d'Italie, et qui compta de nombreux adhérents en Servie, en Bosnie et en Dalmatie, du XIIe au XVe siècle. La description de ces sectes se trouve dans toutes les histoires ecclésiastiques; mais il règne encore beaucoup d'incertitude sur la véritable nature de leurs doctrines, que nos limites ne nous permettent pas de rechercher[192]. Nous avons déjà fait remarquer que les Patarins avaient des doctrines semblables à celles des Doukhobortzi. Un nombre considérable de Serviens, parmi lesquels plusieurs familles nobles de ce pays, embrassèrent l'islamisme vers la fin du XIVe siècle. Ils ont conservé la langue slave, leurs traditions nationales et le trait caractéristique de ces peuples, l'attachement à leur race, en unissant à ces sentiments une foi ardente à la lettre du Koran. Un grand nombre de ces Slaves se distinguèrent au service de la Turquie et furent investis des plus hautes dignités de l'État. Conformément à l'Ethnographie slave de Szaffarik, leur nombre s'élevait à un demi-million d'âmes, outre trois cent mille Bulgares qui sont devenus aussi sectateurs de Mahomet.

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