Note 200 — CHAPITRE XV. RUSSIE. (Suite.)
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En prenant congé de nos lecteurs, nous ferons remarquer que, bien que les Protestants anglais aient laissé passer, sans y prendre garde, la condition religieuse des nations slaves, celle de leur propre pays est un sujet d'observation et de commentaires aussi constants parmi ces nations que dans le reste de l'Europe. L'Église d'Angleterre est le point principal qui attire l'attention de tout le continent. Toutes les affaires de cette Église sont surveillées avec soin; car beaucoup de craintes et autant d'espérance se rattachent à ses destinées. Cette attention fut éveillée, pour la première fois, par l'apparition du célèbre ouvrage du comte Joseph de Maistre, Du Pape, publié il y a plus de trente ans[200], dans lequel il prédit hardiment le retour de l'Église anglicane à Rome; les tendances qui se sont manifestées dans ce sens, de la part de plusieurs membres ecclésiastiques et laïques de cette Église, ont donné un poids immense à cette prédiction. L'importance de ces tendances a été considérablement exagérée par le parti catholique, qui est parvenu à répandre l'opinion que l'Église d'Angleterre est à la veille de se réunir à Rome. Les rapports les plus défavorables sur la condition de l'Église anglicane, sont en même temps propagés avec activité, on la représente comme marchant à grands pas à une dissolution inévitable; tandis que ceux qui ont vécu en Angleterre, peuvent apprécier le savoir et la piété de ses prélats, ainsi que le zèle, la dévotion et les vertus vraiment chrétiennes déployées par son clergé, qui a souvent à lutter contre de grandes difficultés dans l'accomplissement de ses devoirs sacrés. Tout ceci est fait de propos délibéré; car une correspondance intime entre l'établissement protestant le plus important (telle est sans contredit l'Église d'Angleterre) et les Églises protestantes du continent, pourrait être d'un très grand avantage à la cause protestante en général, et lui fournir les moyens de contre-balancer les efforts réactionnaires de Rome, ainsi que les dangers provenant d'une toute autre source. L'importance de cette mesure avait été aperçue par Cranmer, qui en favorisa la réalisation en attirant en Angleterre des théologiens protestants distingués du continent, et en donnant asile aux réfugiés religieux des diverses parties de l'Europe. C'était un premier pas vers l'établissement d'une alliance permanente, qui eût probablement conduit à des conséquences importantes, si les jours d'Édouard VI s'étaient prolongés. Il n'entre pas dans notre cadre de discuter l'état des relations qui existent entre les Protestants de l'Europe occidentale et ceux de la Grande-Bretagne; mais nous appelons encore une fois l'attention de ce pays sur les grands avantages qui pourraient résulter pour la cause de la vraie religion, et, conséquemment, pour celle de la civilisation et de l'humanité, de l'établissement de relations intimes entre l'Angleterre et les Slaves protestantes et ceux appartenant à l'Église grecque sous la domination de la Turquie, car ceux de la Russie sont inaccessibles. Le premier pas indispensable vers la réalisation de ce grand dessein serait, comme nous l'avons dit, de rechercher sur les lieux mêmes la condition véritable de ces Slaves, et, dans l'état actuel des communications, cette tâche peut être aisément accomplie si elle est entreprise par d'intelligents voyageurs. Une telle alliance, cimentée sérieusement, peut produire des avantages incalculables; car le développement de la religion des Écritures, parmi ces peuples, aurait une influence puissante sur toute leur race. Ce sujet mérite l'attention de tout ce qu'il y a de penseurs et de chrétiens sincères parmi les Protestants de la Grande-Bretagne.