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Comment on Prononce le Français

N

Reading edition

1º L’N simple.

L’n est la consonne nasale par excellence.

A la fin des mots, elle continue à n’être en français que le signe orthographique de la voyelle nasale: -an, -en, -in (-ain, -ein-, -oin) -on, -un.

Il n’y a d’exceptions à peu près françaises que les finales en -en après consonne, finales autrefois nasales comme les autres, et même en an, puis en in, mais où l’n s’est séparé de la voyelle sous l’influence de l’enseignement du latin, ces mots ayant un aspect latin: lichen, éden, pollen, cyclamen, hymen (sauf parfois à la rime), spécimen, abdomen, dolmen, etc. De tous les mots de cette finale, français ou étrangers, examen est le seul qui ait conservé ou plutôt repris chez nous uniquement le son nasal[685].

En dehors des mots français en -en après consonne, l’n final précédé d’une voyelle ne se prononce que dans des mots et dans des noms propres étrangers: en -en aussi d’abord[686]; puis en -man[687]; en -in, avec des noms allemands en -ain et -ein[688]; enfin quelques mots savants et beaucoup de noms étrangers en -on[689]. La finale -oun ne peut pas être nasale[690].

Les finales en n suivi de c ou g, de t ou d ou d’s, prononcés ou non, sont également nasales, sauf les troisièmes personnes du pluriel, dont la finale est muette, sauf aussi la plupart des mots anglais en -ing et quelques noms étrangers en -ens ou -ent[691].

Dans le corps des mots, l’n n’est distinct en français que devant une voyelle[692].

Dans doña, señor, señora, malagueña, même sans le tilde qui le surmonte, il faut mouiller l’n: dogna, segnor. De même dans cañon[693].

2º L’N double.

On a vu que l’n double conserve le son nasal suivi d’n simple dans les composés du préfixe en-, comme en-noblir, et dans les mots de la famille d’en-nui. Ailleurs, entre voyelles non caduques, l’n double a le son de l’n simple sans nasale, notamment après o dans les finales en -onner[694] ou -onnaire, et toutes celles qui se rattachent aux mots en -on et -onne, aussi bien que celles qui se rattachent aux mots en -en, comme doye(n)né, moye(n)nant, chie(n)ner.

L’n double ne se prononce double que dans des mots plus ou moins savants, à savoir:

1º Dans les mots commençant par ann-, sauf a(n)neau, a(n)née, a(n)niversaire, a(n)noncer et ses dérivés, et, si l’on veut, a(n)nuel, a(n)nuaire, a(n)noter et a(n)nuler; dans can-nibale, tyran-nique et tyran-niser, hosan-na, tan-nique et britan-nique;

2º Dans en-néagone, bien-nal, décen-nal ou septen-nat et autres de même famille; dans pen-non, pen-nage et empen-né, fescen-nin ou anten-nule, mais non dans he(n)né ni dans te(n)nis;

3º Dans les mots commençant par inn-, sauf i(n)nocent et sa famille, et, si l’on veut, i(n)nombrable; dans cin-name et cin-namome, min-nesænger et pin-nule;

4º Dans con-nexe et ses dérivés, con-nivence et prima don-na; dans sun-nite[695].

L’N mouillé.

On sait que l’n mouillé est représenté en français par gn (ny à peu de chose près). On a vu au chapitre du G dans quels cas le g faisait une consonne distincte[696]. On a vu aussi aux chapitres de OI et AI comment l’i s’était détaché du groupe ign, signe primitif de l’n mouillé, pour se joindre à l’a ou à l’o qui précédait, remplaçant Monta-ign-e par Montai-gn-e et po-ign-ard par poi-gn-ard[697].

La prononciation de gni mouillé est assez difficile, étant à peu près nyi: il faut éviter cependant de faire entendre compa(g)nie[698], si(g)nifier, et surtout ma(g)nifique.

Les livres maintiennent encore si(g)net non mouillé; mais ce résidu d’une prononciation désuète ne peut manquer de disparaître par l’effet de l’analogie, le mot étant de ceux qu’on apprend plutôt par l’œil[699].

Si le groupe gn est suivi du suffixe ier, le son est le même que si le suffixe était seulement er: guign-ier, Régn-ier.

Nous ajouterons que gn mouillé n’est jamais initial en français, sauf dans quelques mots de la langue populaire: gnaf (que quelques-uns écrivent gniaf), gnon ou gniole, gnangnan, gnognote et gnouf.

Notes in this chapter

Note 1 · Voir au chapitre des nasales, page 138, note 1.Note 2 · Aden, Andersen, Backhuysen, Baden, Barmen, Baylen, Beethoven, Bergen, Brocken, Carmen, Chephren, Cobden, van Diemen, Dryden, Gretchen, HohenNote 3 · Ahriman, Flaxman, et surtout les noms en -mann, bien entendu.Note 4 · Voir au chapitre des nasales, page 146, note 1.Note 5 · Voir au chapitre des nasales, page 148. A l’époque où la consonne finale se prononçait dans tous les noms de nombre, y compris deux et troisNote 6 · L’n n’est final après consonne que dans quelques noms propres. Or il est muet dans la prononciation locale de Tar(n) et Béar(n). Mais cette Note 7 · Voir encore au chapitre des nasales, pages 138 et 139.Note 8 · Et encore pas toujours: voir page 132. Mais il est distinct dans beaucoup de noms étrangers, comme Stanley, Bentivoglio, Appenzell: voir au Note 9 · De même Logroño ou Angra-Pequeña. En portugais, le même son est représenté par nh, et señor s’écrit senhor; il faut donc mouiller Minho ou TNote 10 · On ne saura jamais pourquoi tel verbe est en -onner et tel autre en -oner.Note 11 · Et aussi dans les noms anciens: Han-non, Pan-nonie, Perpen-na, Porsen-na, Sen-naar, Sen-nachérib, Apen-nins, En-nius, Bren-nus, Cin-na, CincNote 12 · Voir pages 244-245. On mouille donc par exemple dans Borgnis-Desbordes, Ignace, Lusignan, Marignan, Magnésie, Magny, Marigny, etc., et dans Note 13 · Voir pages 48 et 87. La graphie de gn mouillé a été aussi ngn: c’est ainsi qu’on écrivait ivro-ngne; on sait que gagner s’écrivait aussi bieNote 14 · Quoique les poètes fassent très bien rimer ce mot avec les mots en nie.Note 15 · Ceci reste d’un temps où l’on prononçait si(g)ne et di(g)ne, mali(g)ne et béni(g)ne, et même cy(g)ne, qui rimaient avec -ine, ainsi que hy(m
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