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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05

NOTES

Paulin Paris translation

DE LA FIANCÉE D'ABYDOS.

Gul, la rose, en turc et en persan.

(Note de Lord Byron.)

Le nom persan de la rose, gul, revient souvent dans les poésies orientales de Byron: c'est qu'en effet, la rose, et le rossignol, bulbul, sont le sujet perpétuel des comparaisons et des amplifications poétiques de l'Orient; et il y a tant de grâce et de fraîcheur dans les amours de cette reine des fleurs et de cet oiseau mélodieux personnifiés, que l'on ne doit pas être surpris de les voir si souvent reproduites. «Le printems est délicieux! dit Sâdi; oh! rose! où as-tu été? N'entends-tu pas les lamentations du bulbul, sur la longueur de ton absence?»

Les Mahométans, et particulièrement les Turcs, conservent une espèce de vénération religieuse pour la rose. Ils pensent qu'elle fut produite pour la première fois de la sueur de leur Prophète, et ils ne souffrent pas que ses feuilles soient foulées aux pieds.

(N. du Tr.)

Souls made of fire, and children of the sun, With whom revenge is virtue.

(Young's Revenge.)

«Ames formées de flammes, et enfans du soleil, pour lesquels la vengeance est une vertu.»

Medjnoun et Leïla, les Roméo et Juliette de l'Orient. Sadi, le poète moral de la Perse.

(Note de Lord Byron.)

Djami, célèbre poète persan, auteur d'un poème sur Joseph et Zuleïka, en a aussi fait un sur Medjnoun et Leïla, qui a été traduit en français par M. Chézy, 2 vol. in-18. Son poème de Jousouf et Zuleïka a été publié en persan et en allemand à Vienne, par le comte de Rozenszweig, un vol. in-folio. Sadi est encore plus célèbre que Djâmi. Il est l'auteur du Gulistan, ou Jardin des Roses, dont il existe deux mauvaises traductions en français; et du , Boustân, qui n'a pas été traduit. Il est aussi l'auteur d'un Pend Nameh, ou Livre des Conseils, qui n'est pas si estimé que celui de Féridun Attar, publié et traduit par M. le baron Sylvestre de Sacy.

Illustration from Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore
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Quant au poème de Medjnoun et Leïla de Djâmi, nous citerons, pour en donner une idée, un passage de la traduction abrégée de M. Chézy; c'est la première entrevue de Medjnoun avec Leïla.

«De retour à sa tribu, Keïs (Medjnoun), l'ame navrée de tristesse, et l'imagination pleine encore de cette belle et perfide étrangère qui, semblable à un astre étincelant, éclipsait la beauté de ses jeunes compagnes, brûlait plus que jamais de rencontrer une amie sensible, dont la douce clarté pût dissiper les ténèbres qui enveloppaient sa couche solitaire; et il cherchait de nouveau, au milieu de mille beautés, celle qui pût remplir ses désirs. Chaque étranger qui arrivait de quelque tribu lointaine recevait de lui l'accueil le plus flatteur; il le caressait et le questionnait avidement sur cette classe d'êtres favorisés de la nature, dont il était idolâtre. Un jour, quelques voyageurs qui s'arrêtèrent chez lui s'apercevant de cette passion ardente dont il était dominé, lui indiquèrent une tribu où il existait une jeune fille dont la beauté égalait celle des houris. «Son nom est Leïla, lui dirent-ils; et de toutes parts mille jeunes gens prétendent au bonheur de lui plaire. Ses charmes sont au-dessus de toute description; vole toi-même vers elle, et juge de ses attraits. N'abandonne pas à ton oreille les fonctions de ton œil.» A ce récit, Keïs se lève, se pare de ses vêtemens les plus précieux; et déjà dévoré de l'amour le plus vif, il s'élance sur sa chamelle. Dans son impatience, il accélère encore sa marche précipitée, et se trouve bientôt rendu à l'habitation de Leïla. A la vue de ce jeune étranger, ses serviteurs l'accueillirent avec affabilité, l'introduisirent, et le firent asseoir à la place d'honneur. Cependant, de quelque côté qu'il tournât ses regards, il n'apercevait aucune trace de l'unique objet qu'il cherchait. Déjà privé d'espoir, son cœur éprouvait un tourment insupportable, lorsque tout-à-coup un bruit léger d'ornemens précieux se fait entendre: il voit alors paraître une jeune fille à la taille svelte et élégante, semblable dans sa démarche gracieuse à la perdrix des montagnes. Belle sans aucun fard, la nature avait coloré du rose le plus tendre ses joues brillantes de fraîcheur; son sourcil délié ressemblait à un arc délicat formé d'ambre précieux; et ses cils, comme autant de petites flèches de musc, pénétraient les cœurs. Ses lèvres avaient l'éclat du rubis sans en avoir la dureté: on eût dit qu'elles lui avaient dérobé sa couleur, et à l'ambroisie son parfum. Mais à quoi comparer cette bouche gracieuse, où l'on voyait errer le plus voluptueux sourire? On l'eût prise pour une abeille au milieu des fleurs, lorsque délicatement posée sur le calice d'une rose, elle en extrait avec art son miel parfumé. Comme elle, elle blessait d'un aiguillon acéré, et répandait sur sa blessure un baume céleste. Son sourire enchanteur découvrait-il des dents aussi belles que les perles les plus pures? on croyait voir le bouton de la rose encore étincelant des larmes de l'aurore; et les pommes d'albâtre de son sein virginal, les doigts arrondis d'une main caressante eussent suffi pour en mesurer le gracieux contour. C'est au milieu de tous ces charmes que Leïla parut. Keïs ne fut plus maître de son cœur. Leur entrevue fut délicieuse. Elle laissa échapper avec négligence quelques boucles de sa longue chevelure, et Keïs brûla de désirs; elle souleva le voile léger qui tempérait ses charmes, et il perdit ce qui lui restait de raison. Leïla lui lança un trait mortel, et un soupir prolongé de Keïs lui fit connaître la profondeur de sa blessure. Enfin, tout ce que la beauté et les grâces peuvent offrir de charmes, elle le développa aux yeux de Keïs, dont le regard languissant semblait implorer son secours; et leurs cœurs aussi étroitement unis que les feuilles de la rose dans le bouton qui les renferme, se lièrent à jamais. Lorsque leurs regards satisfaits eurent ainsi parcouru toute l'étendue de leurs charmes, leurs lèvres frémissantes livrèrent passage aux plus tendres discours..... Une seule crainte les agitait: c'était de voir approcher la nuit, qui devait terminer pour eux ce jour de bonheur. Comment pourraient-ils vivre éloignés l'un de l'autre?... Soleil! monarque éclatant du jour! ô toi qui de ton sceptre de feu éloignes les ombres de la nuit, puisses-tu désormais ne te voiler jamais, et changer nos nuits en un jour éternel!... Obligés de se séparer, Keïs et Leïla restèrent plongés dans une douleur inexprimable; l'un, porté par sa chamelle, reprit avec lenteur le chemin de sa tribu, et la triste Leïla demeura en gémissant sous sa tente solitaire.»

Les amours de Joseph et Zuleïka du même auteur, présentent des morceaux d'une très-grande beauté; l'amour y est élevé à une pureté souvent mystique.

(N. du Tr.)

Tambour turc que l'on bat au lever du soleil, à midi et au crépuscule du soir.

Les Turcs abhorrent les Arabes (qui leur rendent au centuple leur compliment) plus encore qu'ils ne haïssent les chrétiens.

Cette expression a suscité plusieurs objections. Je ne m'en rapporterai pas à celui qui n'a pas de musique dans son ame, mais je prie simplement le lecteur de se rappeler, pour dix secondes, les formes de la femme qu'il croit être la plus belle; et si alors il ne comprend pas pleinement ce qui n'est que faiblement exprimé dans les vers précédens, j'en serai désolé pour nous deux. Voyez un passage éloquent du dernier ouvrage du premier écrivain féminin de notre âge, et peut-être de tous les âges, sur l'analogie (et la comparaison immédiate excitée par cette analogie) entre la peinture et la musique; de l'Allemagne, vol. III, chap. 10. Ce rapport de connexion n'est-il pas plus fort avec l'original qu'avec la copie? avec le coloris de la nature qu'avec celui de l'art? Après tout, c'est une chose que l'on peut plutôt sentir que décrire; aussi pensé-je qu'il se trouvera des personnes qui la comprendront, ou au moins qui l'auraient comprise s'ils avaient vu la figure dont l'harmonie parlante en a suggéré l'idée; car ce passage n'est pas le produit de l'imagination, mais de la mémoire: ce miroir que la douleur brise par terre, et qui, en regardant ses fragmens, n'y voit que la réflexion multipliée.

Carasman Oglou, ou Kara Osman Oglou, est le principal propriétaire en Turquie: il gouverne Magnésie. Ceux qui, par une espèce de droit féodal, possèdent des terres à condition de service sont appelés Timariotes; ils servent comme spahis, fournissent des soldats en proportion de l'étendue du territoire, et en envoient un certain nombre à l'armée, généralement de la cavalerie.

Quand un pacha a des forces suffisantes pour résister, le messager, qui est toujours le premier porteur de sa condamnation à mort, est étranglé par ses ordres, et quelquefois cinq ou six de ces messagers le sont ainsi l'un après l'autre par l'ordre du pacha rebelle. Si au contraire il est faible et loyal, il se prosterne, baise la respectable signature du sultan, et se laisse complaisamment étrangler. En 1810, plusieurs présens de têtes de pachas furent exposés dans la niche de la porte du Sérail: parmi elles on remarquait la tête du pacha de Bagdad, brave jeune homme assassiné par trahison, après une résistance désespérée.

C'est par certains battemens de mains qu'on appelle les domestiques. Les Turcs haïssent une dépense inutile de voix, et ils n'ont pas de clochettes.

Chibouque, pipe turque: le tuyau de la bouche est ordinairement d'ambre, et quelquefois la culée qui contient les feuilles de tabac est ornée de pierres précieuses, si elle est portée par un homme riche.

Maugrabis, mercenaires maures.

Délis, braves qui forment la troupe perdue de la cavalerie, et commencent toujours l'action.

Un feutre plissé est employé par les Turcs pour la manœuvre du sabre; et il n'y a guère qu'une arme musulmane qui puisse le fendre d'un seul coup. Quelquefois un turban très-dur est employé au même usage. Le djerrid est un combat à la javeline émoussée: ce jeu est pittoresque et très-animé.

Ollahs, alla il allah, cri que les poètes espagnols appellent leilies, et dont le son est ollah. Pour un peuple taciturne, les Turcs sont vraiment prodigues de cette exclamation, particulièrement pendant le jeu du djerrid ou à la chasse, mais surtout au combat. Leur agitation sur le champ de bataille et leur gravité dans leur intérieur, avec leur pipe et leur comboloio (ou chapelet), forment un amusant contraste.

Atar-gul, essence de roses. Celle de Perse est la plus fine.

(Note de Lord Byron.)

Les luxurieux Persans sont si passionnés pour la délicieuse essence de roses, que non-seulement ils répandent avec profusion dans leurs appartemens l'eau de ses feuilles distillées, mais après l'avoir préparée avec du cinnamon et du sucre, ils en font aussi une infusion avec du café qu'ils boivent ensuite. La rose de Schiraz est regardée comme la plus précieuse de l'Orient, et son essence est extrêmement estimée dans les contrées les plus éloignées de l'Inde. La poudre du bois de sandal est souvent ajoutée en distillation aux feuilles de cette fleur; mais la partie huileuse la plus exquise, ou la substance épaisse, qu'ils nomment , atar-gul, ou essence de rose, est plus précieuse que l'or même. On voit que Lord Byron connaissait bien les usages de l'Orient.

Illustration from Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore

(N. du Tr.)

Les plafonds et les boiseries, ou plutôt les murs des appartement dans les grandes maisons en Turquie, sont généralement recouverts de peintures qui représentent éternellement une vue très-coloriée de Constantinople, dont le principal mérite est un noble mépris de la perspective. Au-dessous, des armes, des cimeterres, etc., sont en général fantastiquement et non inélégamment disposés.

On a long-tems douté si les accens de cet amant de la rose sont tristes ou gais; et les remarques de M. Fox sur cet objet ont provoqué quelques controverses savantes concernant les opinions que les anciens avaient sur ce sujet. Je n'ose hasarder une conjecture sur ce point, quoiqu'un peu incliné à l'errare mallem, etc., si M. Fox s'était trompé.

Azraël,--l'ange de la mort.

Les trésors des sultans préadamites. Voyez d'Herbelot, article Istakar.

(Note de Lord Byron.)

Istakar est l'ancienne Persépalis, ville capitale de la Perse proprement dite, sous les rois des trois premières races; car ceux de la quatrième, qui sont les Cosroès, avaient établi leur siège royal dans celle de Madain. Elle est située à 88° 30' de longitude, et à 30° de latitude, selon le calcul des tables arabiques.

L'auteur du Lebtarikh écrit que Kischtasb, fils de Lohorasb, cinquième roi de la race des Kainides, y établit sa demeure; qu'il y fit bâtir plusieurs de ces temples dédiés au Feu, que les Grecs appellent Pyraea et Pyrateria, les Persans Atesch Khane et Atesch Gheda; et que fort près de cette ville, dans la montagne qui la joint, il fit tailler dans le roc des sépulcres pour lui et ses successeurs: l'on en voit encore aujourd'hui les ruines, avec des restes de figures et de colonnes, lesquelles, quoiqu'effacées par la longueur du tems, marquent assez que ces anciens rois avaient choisi leur sépulture en ce lieu.

Il ne faut pas confondre ces monumens avec un superbe palais que la reine Homaï, fille de Bahaman, fit bâtir au milieu de la ville d'Istakar: on le nomme aujourd'hui, en langue persane, Gihil ou Tchilminar, les quarante phares ou colonnes. Les Musulmans en firent autrefois une mosquée; mais la ville s'étant entièrement ruinée, on s'est servi de ses décombremens pour bâtir celle de Schiraz, qui n'en est éloignée que de douze parasanges, et qui a pris la place de capitale de la province proprement dite, Fars ou Perse.

Ce que le même auteur écrit de la grandeur ancienne de cette ville paraît fabuleux... mais il est certain que tous les historiens de la Perse en parlent comme de la plus ancienne et de la plus magnifique ville de toute l'Asie.

Ils écrivent que ce fut Giamschid qui en fut le premier fondateur, et quelques-uns font remonter son ancienneté jusqu'à Houschenk, et même jusqu'à Kainmarath, premier fondateur de la monarchie de Perse. Il est vrai cependant qu'elle a tiré son principal lustre de la seconde dynastie des rois qui abandonnèrent le séjour de la ville de Balkhe, en Khorassan, pour demeurer à Istakar.

On peut ajouter ici que le superbe palais de la ville d'Istakar, que la reine Homaï fit bâtir, pourrait bien être un de ces ouvrages tant vantés de Sémiramis, laquelle n'est pas inconnue aux Orientaux, puisqu'ils font mention de deux Semirem dans leurs histoires, dont la seconde, qui pourrait avoir été la même qu'Homaï, n'est pas entièrement ignorée des Grecs.

Je finis ce titre en disant que la tradition fabuleuse des Persans porte que cette ville a été bâtie par les Péris, c'est-à-dire par les fées, du tems que le monarque Gian Ben Gian gouvernait le monde, long-tems avant le siècle d'Adam, ce qui n'est attribué à aucune autre ville d'Asie qu'à Istakar et à Balbek.

(D'Herbelot.)

Muselim, gouverneur, le premier en rang après le pacha; le waywode est le troisième, ensuite vient l'aga.

Egripo, Négrepont. Selon le proverbe, les Turcs d'Egripo, les Juifs de Salonique et les Grecs d'Athènes sont les plus détestables de leurs races respectives.

Tchocadar, domestique qui précède un homme d'autorité.

On ne sait si l'épithète d'Homère signifie le large Hellespont ou l'immense Hellespont, et quelle est sa signification précise. J'ai même entendu sur les lieux une dispute à ce sujet; et ne prévoyant pas une prompte conclusion à la controverse, je m'amusai pendant ce tems à passer à la nage le détroit: et j'aurai probablement encore le tems de le passer plusieurs fois avant que la controverse soit terminée. Dans tous les cas, la question touchant la vérité de l'histoire de la divine Troie n'est pas encore résolue, car la principale difficulté repose sur le mot απειρος. Probablement qu'Homère avait la même notion de la distance qu'une coquette du tems, et quand il parle d'une largeur sans limites, il entend la moitié d'un mille; comme lorsque la coquette, par une semblable figure, parle d'un éternel attachement, elle veut dire simplement une durée de trois semaines.

Avant son invasion en Perse, Alexandre visita le tombeau d'Achille, et le couronna de lauriers, etc. Il fut ensuite imité par Caracalla dans sa race. On croit que ce dernier empoisonna aussi un ami, nommé Festus, dans le but de pouvoir instituer de nouveaux jeux patrocliens. J'ai vu les moutons paître sur les tombes d'Aesicte et d'Antiloque: le premier est au centre de la plaine.

Quand l'ambre est frotté, il est susceptible de produire un parfum qui est léger, mais non désagréable.

La croyance aux amulettes gravés sur gemmes ou renfermés dans des boîtes d'or, contenant des passages du Koran, et portés autour du cou, du poignet ou du bras, est encore universelle dans l'Orient. Le verset du Koursi (trône), au second chapitre du Koran, décrit les attributs du Très-Haut, et il est gravé de cette manière et porté par les Musulmans pieux, comme la plus est mée et la plus sublime des sentences.

Comboloio,--rosaire turc. Les manuscrits, particulièrement ceux des Persans, sont richement ornés et enluminés. Les femmes des Grecs sont tenues dans la dernière ignorance, mais un grand nombre de jeunes filles turques reçoivent une éducation parfaite; quoi qu'elles puissent être, elles ne serraient pas bien vues dans une coterie chrétienne. Peut-être quelques-unes de nos bleues (savantes) n'en vaudraient pas moins pour blanchir un peu.

Galiongee ou Galiongui, marin, c'est-à-dire marin turc; les Grecs naviguent, les Turcs se battent. Leur costume est pittoresque; et j'ai vu plus d'une fois le capitan pacha le porter comme une espèce d'incognito. Leurs jambes cependant sont généralement nues. Les jambières qui sont décrites dans le texte comme revêtues de plaques d'argent, sont décrites d'après celles d'un pirate arnaute chez lequel j'ai logé (il a quitté sa profession) à son Pyrgo, près Gastouni, en Morée. Elles étaient plaquées d'écailles placées l'une sur l'autre, comme le dos d'une armadille.

Les caractères gravés sur tous les sabres turcs contiennent quelquefois le nom du lieu de la manufacture où ils ont été fabriqués, mais plus généralement un texte du Koran gravé en lettres d'or. Parmi ceux que j'ai en ma possession, il en est un dont la lame est d'une forme singulière: il est très-large, et le tranchant est entaillé en sinuosités, comme les ondulations de la vague ou de la flamme. Je demandai à l'Arménien qui me l'avait vendu de quel avantage pouvait être une pareille disposition. Il me répondit, en italien, qu'il l'ignorait; mais que les Musulmans avaient dans l'idée que des armes semblables font des blessures plus dangereuses; et qu'ils les préféraient parce qu'elles étaient piu feroce. Je ne pus admirer la raison, mais je l'achetai pour sa singularité.

Paswan Oglou, le rebelle de Widdin, qui, pendant les dernières années de sa vie, brava la puissance de la Porte.

Queue de cheval, étendard d'un pacha.

Giaffir, pacha d'Argyro-Castro ou Scutari, je ne sais au juste laquelle de ces deux villes, fut alors empoisonné par l'Albanien Ali, de la manière décrite dans le texte. Ali Pacha, pendant que j'étais encore dans le pays, se maria avec la sœur de sa victime, quelques années après l'événement arrivé dans un bain à Sophie ou Andrinople. Le poison fut mêlé dans une tasse de café, qui est présentée avant le sorbet par le garçon de bain, après que l'on s'est habillé.

Les notions géographiques turques sur presque toutes les îles ne s'étendent pas plus loin que l'Archipel, mer à laquelle le texte fait allusion.

Lambro Canzani, Grec fameux par les efforts qu'il fit en 1789-90 pour rétablir l'indépendance de sa patrie. Abandonné par les Russes, il devint pirate, et l'Archipel fut le théâtre de ses entreprises. On dit qu'il vit encore à Saint-Pétersbourg. Lui et Riga sont les deux plus célèbres des révolutionnaires grecs.

Rayahs. Tous ceux qui paient la taxe de capitation appelée haratch.

Ce premier des voyages est du petit nombre de ceux que les Musulmans professent bien connaître.

La vie errante des Arabes, des Tartares et des Turkomans est détaillée dans chaque volume de voyages au Levant. On ne peut nier que ce genre de vie ne possède un charme tout particulier. Un jeune renégat français avoua à Châteaubriand qu'il ne s'était jamais trouvé seul, galopant dans le désert, sans éprouver une sensation qui approchait du ravissement et qui est ineffable.

Djannat al Aden, le séjour perpétuel, le paradis des Musulmans.

Un turban est gravé en pierre sur les tombes des hommes seulement.

Le chant de mort des femmes turques. Les esclaves silencieux sont les hommes que les idées de décorum empêchent de gémir en public.

«Je suis venu au lieu de ma naissance, et j'ai crié: «Les amis de ma jeunesse où sont-ils?» et un écho m'a répondu: Où sont-ils?»

(Extraits d'un manuscrit arabe.)

La citation ci-dessus (d'où l'idée du texte est empruntée) doit être déjà très-familière à chaque lecteur:--elle est donnée dans la première note des Plaisirs de la Mémoire (The Pleasures of Memory, by Samuel Rogers), poème si connu qu'il est inutile de le citer, mais aux pages duquel on sera charmé de recourir.

And airy tongues that syllable men's names.

(Milton.)

«Et des voix aériennes qui prononcent les noms des hommes.»

Pour trouver des personnes qui croient que les ames des morts habitent la forme des oiseaux, il n'est pas nécessaire d'aller en Orient. L'histoire du revenant de lord Littleton; la duchesse de Kendal, qui croyait que George Ier était venu voltiger autour de sa fenêtre, sous la forme d'un corbeau (voyez Oxford's Reminiscences), et beaucoup d'autres exemples nous montrent cette superstition dans nos propres demeures. Le plus singulier fut la fantaisie d'une dame de Worcester, qui, s'étant imaginé que sa sœur vivait sous la forme d'un oiseau chantant, remplit littéralement son prie-dieu, dans la cathédrale, avec des cages pleines d'oiseaux de la même espèce. Comme elle était riche, et qu'elle embellissait l'église par ses bienfaits, on ne s'opposa point à son innocente folie.--Pour cette anecdote, voyez les Oxford's Letters.

FIN DES NOTES DE LA FIANCÉE D'ABYDOS.

Notes in this chapter

Note 1 · 28. Dans l'enceinte des mille tombeaux qui apparaissent sous l'ombrage du mélancolique mais vivant cyprès, qui ne se flétrit jamais, quoiqueNote 2 · 1. Connaissez-vous la contrée où le cyprès et le myrte sont les emblèmes des actions de ceux qui l'habitent? où la rage du vautour, L'amour Note 3 · C'est le climat de l'Orient; c'est la contrée du soleil.--Peut-il sourire avec amour à des actions comme celles de ses enfans f2? Oh! sombreNote 4 · «Père! dans la crainte que tu ne grondes ma sœur, ou son noir gardien, sache--que la faute, si une faute a été commise, vient de moi seul; aNote 5 · «Je dois me méfier, disait-il en lui-même, que cet enfant indocile et mutin ne me cause un jour de plus sérieuses craintes; je ne l'ai jamaiNote 6 · Qui n'a pas éprouvé combien les mots sont impuissans pour essayer de fixer une étincelle du rayon céleste de la beauté? qui ne le sent pas, Note 7 · 7. «Zuleïka! enfant de gentillesse! ce jour t'apprendra combien tu m'es chère, puisque j'oublie la douleur de perdre celle que j'aime tant, Note 8 · 8. La tête de la vierge s'était penchée en silence, et si ses yeux étaient pleins de larmes que l'émotion comprimée n'ose laisser échapper; Note 9 · 9.--Sa tête était penchée sur sa main; son regard était fixé sur la mer bleue et profonde, qui coule et se soulève agréablement entre les daNote 10 · Trois fois elle a traversé l'appartement avec lenteur, en épiant un regard de Sélim,--il le tenait toujours fixé sur la mer. Elle saisit l'uNote 11 · La pensée enfantine était à peine exprimée que la rose était déjà cueillie et disposée en bouquet; le moment d'après vit son beau corps, sa Note 12 · 11. «Quoi! ne pas recevoir même cette pauvre fleur! Oh! je suis donc bien malheureuse! Tes regards peuvent-ils s'abaisser ainsi sur moi? et Note 13 · «Maintenant, tu es donc à moi, pour toujours à moi, à moi pendant la vie, et peut-être même plus que la vie! Maintenant tu es à moi; ce sermNote 14 · «Je connais le misérable qui ose demander à Giaffir ta main qui le repousse. Jamais l'avidité puissante d'un Musselim f20 ne posséda richessNote 15 · «Mais, Sélim, réponds-moi donc! Pourquoi avons-nous besoin de tant de mystère? je ne puis en deviner ni en exprimer la cause. Mais que cela Note 16 · 3. Oh! cependant,--car mes pas ont erré dans ces lieux; ils ont foulé ces rivages sacrés; cette vague bouillonnante m'a porté sur son sein;-Note 17 · 4. La nuit est descendue sur la vague d'Hellé; et elle n'a pas encore atteint le sommet de la colline d'Ida, cette lune qui brillait autrefoNote 18 · Oui! là, dans cette chambre silencieuse, brille une lumière vacillante; et sur l'ottomane de soie de la jeune fille sont jetés les grains d'Note 19 · 9. Sa robe superbe était jetée de coté, son front ne portait point la haute couronne du turban; mais à sa place un shall de couleur rouge, lNote 20 · 12. «Mon esclave, Zuleïka!--non, je suis le tien; mais, cher amour, calme ce transport; ta destinée sera d'être unie à la mienne: je le jureNote 21 · Note n5: (retour) Byron veut dire la langue persane, car c'est en persan qu'il existe un poème et même plusieurs sur les amours de Joseph etNote 22 · Il est à observer que toute allusion à une chose ou à un personnage de l'Ancien-Testament, comme l'Arche, ou Caïn, est également le privilégNote 23 · 13. «Comment naquit et s'envenima la discorde de ton père et du mien; fut-ce l'amour ou l'envie qui les rendit ennemis? peu importerait mêmeNote 24 · 14. «Lorsque Paswan, après plusieurs années de combat, en dernier lieu pour affermir sa puissance, mais d'abord pour défendre sa vie, régnaiNote 25 · 19.»La chaloupe d'un More fidèle me porta loin de cet oisif rivage; Je désirais voir les îles qui parent comme des diamans le diadême de pouNote 26 · 20.»Il est vrai que c'est une troupe indisciplinée, sans lois, à formes rudes, à caractères farouches; toutes les croyances, toutes les natiNote 27 · »Ah! laisse-moi errer comme le patriarche de l'Océan f37, ou ne connaître sur la terre que la demeure du Tartare f38! Ma tente sur le rivageNote 28 · Qu'importe que ce cadavre repose dans un tombeau vivant? L'oiseau qui dévore ces traits, ces formes abattues, livides, n'a fait que dérober Note 29 · 27. Près des vagues d'Hellé s'élève une voix de deuil! et l'œil de la femme est humide--la joue de l'homme est pâle: Zuleïka! dernier rejetoNote 30 · Malheur à toi, cruel et implacable chef! Vainement tu couvres ta tête de cendres; vainement la haire et le cilice pressent tes membres abatt
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