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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05

NOTE DE LARA.

Paulin Paris translation

L'événement de la section 24 du chant II a été suggéré par la description de la mort ou plutôt des funérailles du duc de Gandia.

Le récit le plus intéressant et le plus détaillé de ce mystérieux événement est donné par Burchard. Voici en substance ce qu'il raconte:

«Le 8e jour de juin, le cardinal de Valenza et le duc de Gandia, fils du pape, soupèrent avec leur mère, Vanozza, près de l'église de S.-Pietro-ad-Vincula (Saint-Pierre-aux-Liens); plusieurs autres personnes étaient présentes à cette réunion. L'heure de se séparer approchant, et le cardinal ayant rappelé à son frère qu'il était tems de retourner au palais apostolique, ils montèrent sur leurs chevaux ou sur leurs mules, accompagnés d'un petit nombre de serviteurs, et marchèrent ensemble jusqu'au palais du cardinal Ascanio Sforza; alors le duc informa le cardinal qu'avant de retourner chez lui, il avait à faire une visite de plaisir. Renvoyant à cet effet toute sa suite, excepté son stafiero ou valet de pied, et un homme masqué qui lui avait rendu une visite pendant le souper, et qui, depuis l'espace d'un mois, ou à peu près, l'avait demandé presque journellement au palais, il fit monter en croupe cette personne sur sa mule, et prit la rue des Juifs, où il quitta son domestique, en lui ordonnant de l'attendre là jusqu'à une certaine heure, après laquelle, s'il n'était pas revenu, il pourrait s'en retourner au palais. Le duc et le masque en croupe derrière lui se dirigèrent je ne sais où; mais c'est cette nuit que le duc fut assassiné et jeté dans le Tibre. Le domestique, après avoir été renvoyé, fut assailli et blessé mortellement; et quoiqu'il fût soigné avec beaucoup de soin, cependant tel fut son état qu'il ne put donner aucun détail intelligible de ce qui était arrivé à son maître. Le matin, le duc n'étant pas retourné au palais, ses domestiques commencèrent à s'alarmer; et l'un d'eux informa le pontife de l'excursion nocturne de ses fils et de la disparition du duc. Cette nouvelle donna au pape une vive inquiétude; mais il conjectura que le duc avait été attiré par quelque courtisane; qu'il avait passé la nuit avec elle, et que, n'osant sortir de sa maison en plein jour, il attendait le soir pour retourner à son palais. Cependant, lorsque le soir fut arrivé, et qu'il se vit trompé dans son attente, il devint profondément affligé, et il commença à interroger plusieurs personnes qu'il fit amener devant lui pour cet objet. Parmi elles était un homme nommé Giorgio Schiavoni, qui, ayant déchargé sur la rivière une barque pleine de bois de construction, était resté à bord pour le surveiller, fut interrogé pour savoir s'il avait vu quelqu'un jeter un fardeau dans la rivière, la nuit précédente. Il répondit qu'il avait vu deux hommes à pied qui descendirent d'une rue, et regardèrent attentivement autour d'eux, pour voir si personne ne passait. N'ayant vu personne, ils s'en retournèrent; et peu de tems après deux autres revinrent, regardèrent autour d'eux comme les deux premiers. Personne ne paraissant encore, ils firent signe à leurs compagnons, et un homme arriva, monté sur un cheval blanc, ayant derrière lui un corps mort, dont la tête et les bras pendaient d'un côté du cheval et les pieds de l'autre; les deux hommes à pied supportant le corps pour l'empêcher de tomber. Ils s'avancèrent ainsi vers le lieu où les immondices de la ville sont habituellement déchargées dans le fleuve; et faisant tourner le cheval, la croupe du côté de l'eau, les deux hommes à pied prirent le cadavre par les bras et les jambes, et le jetèrent de toutes leurs forces dans la rivière. L'homme à cheval demanda s'ils l'avaient bien jeté? On lui répondit: Signor, si (oui, monsieur). Il regarda alors la rivière, et voyant un manteau flottant sur le courant, il demanda de nouveau ce que l'on apercevait de noir. On lui répondit que c'était un manteau; et l'un des interlocuteurs jeta des pierres sur ce vêtement, et il s'enfonça dans l'eau sans plus reparaître. Les serviteurs du pontife demandèrent alors à Giorgio pourquoi il n'avait pas révélé ce fait au gouverneur de la ville; il leur répondit qu'ayant vu en son tems une centaine de cadavres ainsi précipités dans la rivière au même endroit, sans qu'aucune recherche fût faite à leur sujet, il n'avait pas, en conséquence, considéré cet événement comme étant de quelque importance. Les pêcheurs et les bateliers furent alors rassemblés, et on leur ordonna de faire des recherches dans la rivière, où, le soir même, ils trouvèrent le corps du duc, avec tous ses vêtemens et trente ducats dans sa bourse. Il était couvert de neuf blessures, dont l'une était au cou, et les autres à la tête et sur tous les membres. Le pontife ne fut pas plus tôt informé de la mort de son fils, et qu'il avait été jeté comme les immondices dans la rivière, que, donnant cours à sa douleur, il s'enferma dans une chambre, et y pleura amèrement. Le cardinal de Ségovie et d'autres familiers du pape vinrent frapper à sa porte; et après plusieurs heures en exhortations persuasives, ils obtinrent d'être admis près de lui. Depuis le mercredi soir jusqu'au soir du samedi suivant, le pape n'avait pris aucune nourriture; et il n'avait eu de sommeil depuis le matin du jeudi jusqu'au matin du jour suivant. Enfin, cependant, cédant aux sollicitations de sa cour, il commença à modérer ses chagrins, et à réfléchir sur le mal que pourrait occasionner à sa santé une indulgence trop prolongée pour sa douleur.»

FIN DE LA NOTE DE LARA.

LE SIÉGE

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