NOTES (continued 12)
Michaud translation
25, Philopœmen.—Plutarque, Philopœmen, 12.
588,
1, Sages.—Cette maxime est tirée de Sénèque, Epist. 36.
20, Cettuy-cy.—Caton le Censeur.
23, Abecedaire.—Sénèque, Epist. 36.
40, Nuict.—Sénèque, Epist. 71 et 104. Le jour où Caton échoua dans l’obtention de la préture, dit l’auteur latin, il alla jouer à la paume; Montaigne parle à cette occasion de la nuit au lieu du jour, probablement par licence littéraire, pour mieux établir le parallèle entre ce fait et celui de sa mort.
CHAPITRE XXIX.
590,
6, Quelqu’vn.—Sénèque, Epist. 73, et De Providentia, 5.—Cela rappelle ces vers de Sylvain Maréchal, un des chantres de la Liberté et de la déesse Raison (1750 à 1803):
«Le Sage est plus que Dieu, sur ce globe bizarre: Les maux que Dieu permet, le Sage les répare; D’un souffle, en se jouant, Dieu créant l’univers, Est moins que Régulus redemandant des fers.»
8, Imbecillité.—La faiblesse; du latin imbecillitas, qui a même signification.
9, Dieu.—Cette même pensée a été bien souvent exprimée.—Cicéron: «Il n’est point de puissance que la force ou le fer ne viennent à bout de briser ou de détruire; mais se vaincre soi-même, étouffer son ressentiment, modérer sa victoire..., c’est là un héroïsme qui vous élève au-dessus des plus grands hommes ou plutôt vous assimile aux dieux eux-mêmes.»—P. Syrus: «On vainc deux fois quand, victorieux, on se vainc soi-même.»—Salomon: «Qui se domine est plus grand qu’un conquérant.»—Sénèque: «Il n’y a pas plus puissant, que celui qui se possède.»—Th. Corneille:
«Un roi, né pour l’éclat des grandes actions, Dompte jusqu’à ses passions; Il ne se croit point roi, s’il ne fait sur lui-même Le plus illustre essai de son pouvoir suprême.»
La Fontaine: «La plus belle victoire est de vaincre son cœur.»
26, Manque.—Défectueux, imparfait, faible.
28, Iours.—Les actes de la vie ordinaire et sa manière d’être habituelle.
592,
6, Conte.—Diogène Laerce, 62 et 63.
11, Amis.—Montaigne a dit précédemment (liv. II, ch. XII, vol. II, p. 236) que ceux qui dépeignent ainsi Pyrrhon, enchérissent sur sa doctrine.
27, Discours.—Diogène Laerce, 66.
28, D’icy.—Du manoir de Montaigne.
31, Bien-veignant.—L’accueillant, en manière de bienvenue.
35, Nostres.—Un fait semblable, chez un jeune gentilhomme de la Sologne, est relaté par Henry Estienne, dans son Apologie pour Hérodote, I, et se serait passé au milieu du XVIe siècle; peut-être est-ce le même auquel Montaigne fait allusion.
40, Extulerat.—Le texte de Tibulle porte extulit.
594,
3, Cibele.—Les Galles, prêtres de Cybèle, se mutilaient eux-mêmes, en se faisant initier, coutume que l’on fait remonter à Atys leur fondateur qui, aimé de Cybèle et commis par elle à son culte, après lui avoir juré de garder la chasteté, ayant manqué à son serment, fut inspiré par la déesse d’une telle fureur qu’il se mutila lui-même.
28, Iours.—Peut-être Marco Polo, vénitien, dont les voyages en Asie, notamment en Tartarie, où cette coutume semble avoir existé, bien qu’effectués à la fin du XIIIe siècle, n’ont été publiés qu’au commencement du XVIe.
596,
1, Baller.—Danser, de l’italien ballare qui a même signification.
17, Tristesse.—L’usage de se jeter dans les flammes à la mort du mari existe encore dans l’Inde; dans la partie soumise aux Anglais, il faut en obtenir la permission, et le nombre de ces sacrifices qu’ils ont tolérés s’est, de 1817 à 1821, en cinq ans, élevé à 3.402 (trois mille quatre cent deux)!
26, Gymnosophistes.—Quinte-Curce, VIII, 9; Strabon, XV.—Ils allaient toujours nu-tête et nu-pieds, d’où leur nom; faisaient profession de vivre dans la retraite, de fuir le mariage et de mépriser la douleur. Montaigne mentionne ici d’après Plutarque, Alexandre, 21, la mort de l’un d’eux; trois siècles plus tard, un autre nommé Zarmenochegas en agissait de même, dans Athènes, devant Auguste.
28, Façon.—Usage, coutume.
39, Fatum.—Le destin, la fatalité. Allusion aux querelles suscitées à maintes reprises, dans l’Église même, par le don de prescience attribué à Dieu, qui enlèverait à l’homme son libre arbitre, son arbitrage, comme dit Montaigne quelques lignes plus loin.
598,
26, Sarrazins.—Cette appellation donnée au moyen âge aux armées musulmanes, viendrait de ce qu’au début certaines tribus pillardes de l’Arabie (Serrak, en arabe, signifie voleur) constituaient leur force principale.
27, S. Louys.—Atteint d’une maladie dangereuse, fit vœu d’aller combattre les infidèles. Il débarqua en Égypte où, après quelques succès, il fut battu et fait prisonnier à la bataille de Mansourah; ayant racheté sa liberté, il passa en Palestine, où il demeura quatre ans sans grands résultats. En 1270, il s’embarqua pour une seconde guerre sainte, et aborda près de Tunis; mais la peste se mit peu après dans son armée, lui-même en fut atteint et mourut.
34, Mort.—Mémoires de Joinville.
42, Improuueu.—En 1498. Savonarole, moine jacobin et partisan de la France à Florence, était accusé d’hérésie, de paillardise et de tromper le peuple dans ses prédications. Un cordelier, adversaire politique et religieux des Jacobins, offrit de démentir ses impostures et ses fausses doctrines par l’épreuve du feu: tous deux devaient ensemble monter sur un même bûcher; il ne doutait pas d’y rester, mais avec lui son adversaire qui se disait certain d’y échapper. Savonarole se présenta ayant en main le Corpus Domini (une hostie consacrée), prétendant que c’était là sa sauvegarde; le cordelier protesta, mais en vain, disant qu’il était impie d’exposer l’hostie à être brûlée, et, de ce fait, l’épreuve n’eut pas lieu. Quelques jours après, condamné par le représentant du pape, Savonarole périt dans les flammes.—Mémoires de Ph. de Comines, VIII, 19; Sismondi, Républiques italiennes du Moyen Age, XII, 98.
600,
2, L’Huniade.—En 1448, lors de la bataille de Crassovie, où, pendant trois jours, les Hongrois résistèrent à l’armée ottomane quatre fois plus nombreuse qu’eux.
2, Donner.—«A se livrer» ou «à se choquer», batailles ayant ici le sens d’«armées».
7, Forme.—«Au gîte», terme de chasse.
29, Espaule.—Henri de Navarre, depuis Henri IV, qui par son activité, et quelquefois par sa témérité, suppléait aux ressources qui lui manquaient.
31, D’Orange.—Guillaume de Nassau, chef des Pays-Bas révoltés contre la domination des Espagnols qui avaient mis sa tête à prix. Assassiné en 1584 par un fanatique qui le tua d’un coup de pistolet, il avait déjà été, deux ans auparavant, l’objet d’une semblable tentative de meurtre.
602,
3, Troublé.—Actuellement le poignard est bien délaissé dans le cas où ces attentats sont inspirés par la politique ou la question sociale qui sont devenues tout un; au pistolet s’est substitué le révolver; mais c’est aux explosifs que l’on a recours de préférence. Les facilités d’exécution et les chances d’échapper soi-même sont beaucoup plus grandes; le nombre des victimes étrangères à la cause est à la vérité plus considérable, mais de cela n’ont cure ceux qui, à l’abri de tout danger, ont préparé le forfait.
11, Pareil.—En 1563, par Poltrot de Méré, lequel assassina le duc de Guise qui, venant de mettre le siège devant Orléans, revenait à cheval à son logis. Contrairement à ce que dit Montaigne, l’assassin était à pied, embusqué derrière un buisson, et tira à six pas de distance; son arrestation n’eut lieu que le lendemain; après jugement, il fut écartelé. Mémoires de Brantôme, à l’art. M. de Guise, tome III.
23, L’aultre.—Balthazar Gérard, l’assassin du prince d’Orange; il fut pareillement écartelé.
25, Assassins.—Assassiniens. Peuplade de Phénicie; leur chef n’était connu des croisés que sous le nom de «Vieux de la Montagne»; l’obéissance absolue des initiés à ses ordres le faisait redouter de tous; nul n’était à l’abri des arrêts de mort qu’il prononçait.—On a beaucoup discuté sur leur nom, d’où nous avons fait assassins et qui est passé dans notre langue: les uns le font dériver du pays qu’ils occupaient et qui se serait appelé Haschischa; d’autres de ce que c’étaient des fumeurs de «haschisch» (sorte de préparation enivrante du chanvre); d’autres, de ce que leur arme de prédilection était un poignard appelé Sahs, etc.; pour nous, nous estimons qu’il vient du mot arabe asses (gardes), encore actuellement usité, parce qu’ils étaient les gardes de leur chef et que leur rôle actif en avait fait la terreur des contrées environnantes.—Consulter à ce sujet Sylvestre de Sacy.
34, Saincte.—En 1151; ce crime fut le fait d’un fanatique religieux.
34, Montferrat.—En 1192, à Tyr; Conrad qui en était seigneur y fut assassiné pour n’avoir pas fait droit à une réclamation du Vieux de la Montagne qui revendiquait, comme lui appartenant, un vaisseau dont les Tyriens s’étaient emparé.
CHAPITRE XXX.
604,
29, Teste.—Montaigne parle ici d’un être né viable à deux corps et une seule tête. Ce cas est moins fréquent que celui de jumeaux unis tangentiellement par une membrane qu’aujourd’hui on tente parfois de disjoindre par une opération chirurgicale: tels les frères Siamois, dans la première moitié du siècle dernier, qui arrivèrent à âge d’homme et demeurèrent ainsi unis jusqu’à leur mort; celle de l’un entraîna celle de l’autre.—En Suisse, les sœurs Marie-Adèle, opérées en 1882 et qui succombèrent toutes deux.—En 1886, les filles du docteur allemand Bœhm, opérées par leur père quelques jours après leur naissance; l’une d’elles mourut.—Les sœurs brésiliennes Rosalina-Maria, opérées en 1900 et dont l’une mourut six jours après.—Les sœurs hindoues Radica-Doodica, fillettes de 8 à 9 ans, toutes deux tuberculeuses, opérées en 1902, qui moururent l’une six jours, l’autre douze à quinze mois après.—Les sœurs Rosa-Josepha, nées en 1877, dans les environs de Prague, opérées en Amérique, en 1906, avec succès, semble-t-il.—Deux jeunes Chinois, encore indemnes, que l’on exhibe à travers le monde dans les fêtes foraines.
30, Roy.—Henri III, sous lequel s’agitaient trois partis puissants: les Catholiques, la Ligue et les Protestants.
35, Reculons.—La remarque est d’Aristote qui, dans sa Rhétorique, III, 12, dit qu’Épiménide n’exerçait point sa faculté divinatrice sur les choses à venir, mais sur celles qui étaient passées et encore inconnues.
606,
7, Homme.—«Cette opinion de Montaigne: «Ce que nous appelons monstres, etc...», résume admirablement l’opinion qui prévaut de nos jours, et la science d’aujourd’hui ne saurait rendre d’une manière plus concise et plus énergique l’opinion à laquelle elle s’est arrêtée et qui est bien plus sage que celle qui consiste à dire que la monstruosité est l’absence de quelque cause finale.» Chateaubriand.—Le même dit encore: «Les monstruosités nous sont envoyées pour nous montrer ce que serait la création, si Dieu retirait sa main.»—«L’univers, pour qui saurait l’embrasser d’un seul coup d’œil, serait un fait unique, une grande vérité.» D’Alembert.—«Ce qui est hasard à l’égard de nos conseils incertains est un dessein concerté dans un conseil plus haut.» Bossuet.
12, Soit.—«Cela est absolument vrai au physique comme au moral; tout est dans la nature, le vice comme la vertu; et il est impropre de dire, par exemple, que tel crime est contre nature, il n’y en a point de tel.» Naigeon.
CHAPITRE XXXI.
20, Aristote.—Morale à Nicomaque, X, 9, où se trouve cité le passage d’Homère sur les Cyclopes, Odyssée, IX, 114.
21, Cyclopes.—Suivant la fable, étaient des géants monstrueux n’ayant qu’un œil au milieu du front et forgeant dans l’Etna, sous les ordres de Vulcain, les foudres de Jupiter; suivant l’Histoire, ce furent les premiers habitants de la Sicile, hardis pirates, toujours sur la côte à épier s’il ne passait pas quelque navire pour le piller.
608,
7, A tout.—«Avec», comme on l’a déjà vu plusieurs fois.
7, Esclatante.—Avec une voix aiguë, des éclats de voix.
10, Eslochements.—Synonyme d’esboittements et qui, tous deux, signifient dislocations.
15, Sincerité.—Pureté, netteté de jugement; c’est le sens propre du mot latin sinceritas.
18, Pedantes.—Aux maîtres d’école.
29, R’accoisez.—Apaisés, tranquillisés, revenus de notre emportement. Vient de l’ancien mot «coi», qui ne se retrouve plus que dans les expressions «se tenir coi», «demeurer coi», et qui dérive lui-même du latin quietus, qui a même signification.
29, Brouillas.—Brouillards.—Ce passage est emprunté de Plutarque, Comment il faut refréner la colère, et dans les mêmes termes que ceux employés par Amyot son traducteur.
39, Gorgoneo.—Gorgones.—C’étaient trois sœurs hideuses à voir, qui n’avaient qu’un œil en commun et changeaient en pierre tous ceux qui les regardaient; Persée en délivra la terre et parvint, avec le secours de Minerve, à trancher la tête de Méduse, l’une d’elles, que la déesse fixa sur son égide ou bouclier. Myth.
40, Rabirius.—Les éd. ant. et l’ex. de Bord. portent: Lucius Saturninus, ce en quoi il y a confusion.—Rabirius avait été un des sénateurs les plus opposés à Saturninus lorsque, 37 ans auparavant, ce tribun du peuple, chaud partisan de Marius, dont César était le neveu, avait été assassiné; et c’est de cet assassinat commis non par lui, mais par un esclave, qu’en la circonstance, il était accusé.
610,
1, Faire.—«Bien dire fait rire, bien faire fait taire.»
2, Ceux-là.—Les Protestants.
7, Croit pas.—Il n’est en effet que trop vrai que les mœurs ne sont pas toujours en concordance avec les principes religieux; on ne saurait nier cependant, en ce qui touche le Christianisme, que leur action ne peut être que favorable.
11, Eudamidas.—Plutarque, Apophth. des Lacédémoniens, porte Eudemonidas.
14, Cleomenes.—Plutarque, ibid.
19, Viuement.—C.-à-d. le fait entre plus avant dans l’âme, frappe plus fortement l’esprit de ceux qui le lisent ou l’écoutent.—Les éd. ant. ajoutent: et presse bien autrement.
30, Bien.—L’éd. de 88 porte: d’honneur, au lieu de: «de bien».
31, Proposer.—Aulu-Gelle, XVIII, 3.
35, Aul. Gellius.—Aulu-Gelle, I, 26; on a de lui un ouvrage qui ne nous est pas parvenu en entier, intitulé «Nuits attiques», où l’on trouve de précieux renseignements sur l’antiquité et beaucoup de fragments d’auteurs anciens perdus.
612,
3, Vantoit.—Cet esclave de Plutarque lui reprochait non de n’être pas philosophe, mais de ne pas agir en philosophe.
16, Disputons.—«La valeur ne se connaît que dans la guerre, l’amitié dans le besoin, la sagesse dans la colère.» Prov. oriental.
16, Archytas.—Cicéron, Tusc., IV, 36; De Republica, I, 38; Valère Maxime, IV, 1; Lactance, De ira Dei, 18; etc.
20, Bien.—Les éd. ant. portent: comme tu mérites, au lieu de: «bien».
21, Platon.—Sénèque, De Ira, III, 12.
23, Charillus.—Plutarque, Apophth. des Lacédémoniens.
32, Vertu.—Sénèque, De Ira, I, 16, d’où le fait est tiré, est moins favorable à Pison: «C’était, dit-il, un homme exempt de plusieurs vices, mais mauvais et dans l’esprit duquel la sévérité était la fermeté d’âme.» Il passait pour avoir, à l’instigation de Tibère, empoisonné Germanicus; accusé de ce crime par Agrippine et craignant de n’être pas soutenu par l’empereur, il se donna la mort.
614,
5, Negotier.—Qui ont affaire à des femmes têtues.
8, Celius.—Sénèque, De Ira, III, 8.
15, Phocion.—Plutarque, Instructions pour ceux qui manient affaires d’État.—Phocion, aussi redoutable à la tribune que sur le champ de bataille, fut le rival de Démosthène qui l’appelait la «hache de ses discours»; il était célèbre par son désintéressement et sa rigidité de principes; injustement accusé de trahison, fut condamné par ses concitoyens à boire la ciguë.
616,
3, Dehors.—Peut-être le duc d’Anjou, devenu Henri III.
4, Diogenes.—Diogène Laerce, IV, 34.—Diogène, venu de bonne heure à Athènes, y étudia la philosophie, et, adhérant aux principes de l’école des Cyniques, outra leur austérité, vivant dans la plus grande misère, habitant, dit-on, dans un tonneau et ne subsistant que d’aumônes; faisait surtout consister la sagesse dans les privations volontaires. On cite de lui nombre d’anecdotes dont l’authenticité est douteuse.
7, Buffe.—Soufflet.—L’éd. de 88 porte: nazarde à son valet à peu, au lieu de: «buffe... peu».
14, Famille.—Cet alinéa semble avoir été écrit par Montaigne à l’adresse de sa femme, qu’il ne met du reste presque jamais ostensiblement en cause.
29, Partie.—Sans partie adverse, sans antagoniste.
30, Portent.—C.-à-d. pour en user là seulement, où elles peuvent produire quelque effet.
618,
6, Mesme.—La chute des corps graves abandonnés à eux-mêmes est, en effet, accélérée au fur et à mesure qu’ils descendent; cela est vrai au moral comme au physique.
7, Paye.—Ce qui me satisfait, me dédommage, c’est que lorsque les occasions sont d’importance.
10, Ceruelle.—En inquiétude.
28, Aristote.—Morale à Nicomaque, III, 8.
29, Contredisent.—Sénèque, De Ira, I, 16.
CHAPITRE XXXII.
620,
9, Neufuiesme.—Le règne de Charles IX fut déchiré par les guerres des Catholiques et des Protestants; et la paix étant conclue, déshonoré par le massacre de ces derniers, ordonné à l’instigation de la reine mère Catherine de Médicis et pratiqué à la fois sur tous les points de la France, dans la nuit de la S.-Barthélemy (24 août 1572).
15, Esprit.—Les éd. ant. portent: sa viuacité, au lieu de: «son esprit».
22, Seneque.—Sénèque a compté, de tous temps, des partisans très décidés et de très violents adversaires: Montaigne, Balzac, le comte de Maistre sont au nombre des premiers; Diderot en fait un éloge outré; Dryden et La Harpe le déprécient outre mesure.
24, Dion.—A écrit une histoire romaine depuis Énée jusqu’aux temps où lui-même vivait. Il est en général exact; on lui reproche cependant de la partialité envers certains, entre autres contre Sénèque.
622,
5, Mort.—Tacite, Annales, XIII, 11; XIV, 53, 54, 55; XV, 60, 64. Il faut reconnaître cependant qu’il y a dans Tacite même de terribles imputations contre lui, notamment quand il le représente (XIV, 7) demandant à Burrhus s’il faut ordonner aux soldats le meurtre d’Agrippine, et se chargeant ensuite (XIV, 11) de l’apologie de ce parricide.
23, Hannibal.—Cette appréciation d’Annibal aurait été émise par lui dans une rencontre qu’il aurait eue à Éphèse avec Scipion, lorsque le premier était réfugié auprès d’Antiochus et que le second était en ambassade auprès de ce prince (190). Elle est relatée par Plutarque dans les vies de Pyrrhus et de Flaminius. Dans la première Annibal aurait assigné à Pyrrhus le premier rang, à Scipion le second et s’attribuait à lui-même le troisième. Dans la seconde, il donnait la prééminence à Alexandre, le second rang à Pyrrhus, le troisième à lui-même. A quoi Scipion lui ayant dit: «Et comment jugeriez-vous, si vous m’aviez vaincu?» Annibal aurait répondu: «Je me placerais au-dessus de tous les autres capitaines du monde.»—Tite-Live relate également cette conversation, comme le fait Plutarque dans la vie de Flaminius; néanmoins, elle est généralement considérée comme apocryphe, on ne croit même pas qu’Annibal et Scipion se soient rencontrés nulle part après Zama.
23, Autrement.—Les éd. ant. ajoutent: recité.
30, Larecin.—Plutarque, Lycurgue, 14.—Montaigne a déjà mentionné ce fait, I, 458.
33, Loy.—Plus de moyen, de faculté, de liberté.
36, Pyrrhus.—Plutarque, Pyrrhus, 12.
624,
9, Ailleurs.—Immédiatement après l’exemple de cet enfant dont il est question plus haut, qui se laissa dévorer le ventre par un jeune renard qu’il avait dérobé.
12, Cicero.—Tusc., II, 14; V, 27.
18, Tesmoins.—Valère Maxime, III, 3, cite aussi le fait, mais en attribuant ce trait de courage à un enfant macédonien qui assistait à un sacrifice offert par Alexandre.
29, Recite.—Liv. XXII, vers la fin du ch. 16.
40, Tua.—Tacite, Annales, IV, 45.—L’an 25, sous le règne de Tibère. L. Pison était gouverneur de l’Espagne citérieure; ce meurtre fut attribué à la sévérité avec laquelle il poursuivait les rentrées au trésor public.
40, Epicharis.—Tacite, Annales, XV, 57.
626,
10, Argoulets.—Auprès de nos soldats, de nos gens d’armes.
17, Pistole.—Avec le chien d’un pistolet. Les chiens des armes à feu de l’époque se composaient de deux plaquettes en fer ou mâchoires reliées par une vis et formant étau, pour tenir soit la mèche, soit la pierre servant à mettre ou à produire le feu.
20, Rançon.—Prix payé pour se racheter de captivité ou de mauvais traitements auxquels on se trouvait exposé.
23, Dague.—Sorte de poignard.
628,
4, Ailleurs.—Ch. XXVI du premier livre (I, 288 et suivantes).
14, Insupportable.—L’ex. de Bord. porte: Quelle bestiale stupidité! au lieu de «O... insupportable?»
14, Considere.—Les éd. ant. portent: aucunes de ces armes anciennes esleuées iusqu’au ciel au pris de la mienne, au lieu de: «aucuns... anciens».
21, Celles-là.—En introduisant la variante qui précède, Montaigne, ayant substitué «hommes» à «âmes», aurait dû pareillement remplacer «celles-là» par «ceux-là».
26, Mulcté.—Mis à l’amende; du latin mulctatus qui a ce même sens. Le fait est tiré de Plutarque, Agésilas, 1.
32, Petalisme.—L’ostracisme était, à Athènes, une sentence de bannissement politique pour dix ans qui, lors du vote, s’inscrivait sur une coquille, d’où son nom.—Le pétalisme était à Syracuse et à Corinthe ce que l’ostracisme était à Athènes; mais sa durée n’était que de cinq ans et le vote s’exprimait sur une feuille d’olivier, d’où aussi le nom qu’il portait.
36, Cicero.—Fut successivement préteur, édile et consul. Mérita le nom de «Père de la patrie», en déjouant la conjuration de Catilina; embrassa le parti de Pompée, après Pharsale se rallia à César. Ce dernier mort, il opposa Octave, neveu de César, à Antoine qu’il attaqua vivement et dont l’influence le fit proscrire; il périt égorgé comme il cherchait à fuir. V. N. II, 72.
36, Aristides.—Célèbre par ses vertus civiles et militaires; son intégrité le fit surnommer «le Juste»; il était de ceux qui commandaient à la bataille de Marathon, contribua au succès de celles de Salamine et de Platée, fut frappé d’ostracisme par crainte de son crédit, chargé d’administrer le trésor commun des Grecs destiné à pourvoir aux guerres futures contre les Perses, et mourut si pauvre que l’État fut obligé de pourvoir à ses funérailles et de doter ses filles.
36, Sylla.—Lieutenant, puis collègue et enfin rival de Marius contre lequel il représentait l’oligarchie; vainqueur de Mithridate roi du Pont, il parvint après quelques alternatives à triompher des partisans de Marius qui était mort dans l’intervalle, et, maître absolu de Rome, élu dictateur perpétuel, ensanglanta ses succès par d’horribles cruautés et de nombreuses proscriptions. Deux ans après, sans crainte des haines qu’il avait suscitées, il abdiquait et rentrait dans la vie privée; il mourut l’année suivante. V. II, 156 et N. Sylla.
36, Lysander.—Remporta sur les Athéniens la victoire navale d’Ægos-Potamos qui mit fin à la guerre du Péloponnèse (405), fut tué dix ans après dans un combat livré contre les Thébains.
36, Marcellus.—Fut cinq fois consul; battit les Gaulois (222); envoyé contre Annibal après la bataille de Cannes, il releva les affaires des Romains à Nole, puis à Syracuse dont il s’empara après un siège de trois ans; Archimède périt dans le sac de cette ville, malgré l’ordre qu’il avait donné de l’épargner (112); vainqueur d’Annibal à Canusium (210), il périt deux ans après dans une embuscade. On l’avait surnommé «l’épée de Rome», comme Fabius Cunctator en était «le bouclier».
37, Pelopidas.—Ami d’Epaminondas; contribua puissamment à l’expulsion des Spartiates de Thèbes (379); fut tué en 364 à Cynoscéphales (Thessalie), dans un combat contre Alexandre de Phères.
37, Pompeius.—Général romain, surnommé le Grand. Embrassa le parti de Sylla; reprit la Sicile et l’Afrique aux partisans de Marius. Sylla mort, il reprend la Narbonnaise et l’Espagne à ses adversaires politiques à la suite de la défaite et la mort de Sertorius (78). Il triomphe en Italie d’une révolte des esclaves; extermine les pirates de la Méditerranée, achève la guerre de Mithridate, conquiert une partie de l’Asie et forme le premier triumvirat (60), avec Crassus et César dont il a épousé la fille. A la mort de cette dernière et Crassus ayant été tué chez les Parthes, il rompt avec César; dans la lutte qui s’ensuit, soutenu par le Sénat, il n’en est pas moins chassé d’Italie, passe en Grèce, tient un instant son ennemi en échec à Dyrrachium, mais battu à Pharsale, il va demander asile en Égypte, où à son débarquement il est assassiné par ordre du roi. Pompée parvint au faîte des grandeurs, il le dut surtout à sa bonne fortune; il avait de l’ambition, de la morgue, des talents, mais le génie lui faisait défaut.
37, Agesilaus.—Roi de Sparte; vainquit les Perses en Asie et conquit l’Asie Mineure; gagna la bataille de Coronée sur les Grecs coalisés, et fut lui-même vaincu à Mantinée par Epaminondas; il se distinguait par son courage et sa grandeur d’âme; à l’âge de quatre-vingts ans il guerroyait encore.—Au nombre des recommandations expresses faites par Lycurgue, était celle de ne pas combattre trop fréquemment contre les mêmes ennemis, afin qu’ils n’arrivassent point à acquérir l’expérience de la guerre; c’est le reproche qu’on a fait à Agésilas, d’avoir, par ses expéditions répétées en Béotie, rendu les Thébains aussi experts en cet art que les Lacédémoniens et avoir fini par être battu par eux. C’est aussi ce qui est arrivé à Napoléon qui, après avoir vaincu l’Europe si souvent, a été vaincu par elle, autant parce qu’au jeu de la guerre, comme en tout autre, on ne gagne pas toujours, que parce qu’en battant sans cesse ses adversaires, il avait laissé pénétrer par quelques-uns, partie des secrets de son génie.
630,
4, Œuures.—V. II, 70 et N. Profitable.
6, Vertu.—Ce même esprit d’équité que Montaigne relève dans les «Vies illustres» de Plutarque et notamment dans les Parallèles qui s’y trouvent insérés, se retrouve dans la «Collation d’aucunes histoires romaines avec les autres semblables grecques», de ce même auteur ou parues sous son nom. On y voit d’un côté Posthumius livrant au supplice son fils, bien que vainqueur, pour avoir combattu contre son ordre; et, de l’autre, Epaminondas en agir de même. Là c’est Agamemnon sacrifiant sa fille pour obtenir des vents favorables; ici c’est la fille de Métellus qu’atteint la même infortune. De même à propos du dévouement de Décius, de l’héroïsme de Mucius Scevola, de la trahison du roi Pausanias de Sparte et de la manière dont elle fut punie, etc... Il cite des faits analogues chez la partie adverse, s’appliquant d’une façon indéniable à tenir la balance égale entre les Grecs et les Romains.
25, Labienus.—L’un des plus habiles lieutenants de César en Gaule; se sépara de lui quand celui-ci, franchissant le Rubicon, marcha sur Rome; embrassa alors le parti de Pompée et prit part à la bataille de Munda (Espagne) qui mit fin à la guerre civile.
25, Ventidius.—César lui confia quelques affaires importantes en Gaule; après la mort du dictateur, il seconda Antoine contre ses meurtriers; postérieurement opposé aux Parthes, il les chassa de l’Asie Mineure (35).
28, Agis.—Agis III tenta de remettre en vigueur les lois de Lycurgue, d’abolir les dettes, de faire un nouveau partage des terres, mais il échoua et fut mis à mort par l’influence de ceux dont il menaçait les intérêts (244 à 239).
28, Cleomenes.—Cleomène III, poursuivant l’œuvre d’Agis III son prédécesseur, opéra une révolution à Sparte, égorgea les éphores qui s’y opposaient, détruisit le Sénat, abolit les dettes, effectua un nouveau partage des terres et bannit le luxe. Ayant à combattre les Achéens, d’abord vainqueur, il finit par être vaincu; il passa alors en Égypte pour y chercher des secours, mais déçu dans ses espérances, et peu après menacé dans sa liberté, il fut réduit à se donner la mort.
29, Lycurgus.—Les éd. ant. ajoutent: et Scipion encore à Epaminondas qui estoyent aussi de son rolle.
32, Parangonner.—Comparer; mot d’étymologie grecque, que les Italiens ont conservé avec le sens qu’il a ici; en français, n’est plus employé que comme terme d’imprimerie.
35, Dit-il.—Dans son Parallèle de Pompée avec Agésilas.
37, Conferer.—Comparer, du latin conferre; Montaigne en fait un fréquent usage dans cette acception.
38, Dit-il.—Dans son Parallèle entre ces deux personnages.
632,
4, Separement.—Ainsi que l’auteur l’observe, Plutarque, dans ses Parallèles, ne porte pas d’appréciation d’ensemble sur les deux hommes qu’il met en comparaison; il fait ressortir pour chacun, sur quelques points caractéristiques, ce qu’il y a de plus particulier à retenir, et il est assez difficile de conclure pour lui:
Entre Démosthène et Cicéron, il donne le prix de l’éloquence au premier et insiste sur la supériorité des mœurs du second. Il apprécie le désintéressement et la réserve d’Aristide, et constate que Caton l’Ancien, dont il ne méconnaît pas le caractère, occupe une beaucoup plus grande place. Sylla, dit-il, a fait de plus grandes actions, Lysandre de moins grandes fautes; celui-ci a été plus tempérant et plus sage, l’autre a témoigné de plus de capacité et de valeur militaires. Entre Marcellus et Pélopidas, la balance est à peu près égale: leur vie comme leur mort a bien de l’analogie; le premier a plus fait, toutefois la délivrance de Thèbes par le second a été admirablement conçue et exécutée. Pompée se distingue par l’éclat de ses succès et sa probité politique; Agésilas a plus de valeur militaire réelle. Les exploits de Camille, sa droiture, le différencient de Thémistocle qui avait incontestablement plus d’adresse. Entre les Gracques et Agis et Cléomène, Tibérius Gracchus lui semble l’emporter par sa vertu. La législation de Numa est plus douce que celle de Lycurgue; il l’a imposée par la persuasion, Lycurgue par la force; les Romains ont obtenu d’autant plus de succès qu’ils se sont éloignés des institutions du premier, les Spartiates ont perdu leur supériorité pour avoir abandonné les lois du second.
CHAPITRE XXXIII.
8, Spurina.—Ce n’est que dans le deuxième avant-dernier alinéa de ce chapitre qui porte sur le rôle essentiel de l’âme et des particularités afférentes à César, avec lesquels l’histoire de Spurina n’a aucun rapport, qu’il est question de lui qui, à en juger par le titre, devrait en être le sujet principal.
634,
9, Portent.—Montaigne joue ici sur les mots: haire, cilice, chemise de crin, et hère, homme de peu, sans vigueur, sans bien, sans mérite ou sans crédit.
9, Xenocrates.—Diogène Laerce, IV, 7.—Laïs reçut les hommages de tout ce que la Grèce renfermait d’illustre et fut la maîtresse d’Alcibiade; on dit qu’ayant suivi en Thessalie un jeune homme dont elle était éprise, les femmes de cette contrée, jalouses de sa beauté, l’assassinèrent.
12, Beauté.—Les éd. ant. ajoutent: de ses mignardises.
19, Satieté.—Montaigne avait oublié cette phrase, lorsqu’il écrivait vers la fin du ch. suivant, pag. 658: «Il y peut auoir quelque iuste moderation en ce desir de gloire, et quelque sacieté en cet appetit comme aux autres».
25, Pinceter.—Épiler.—Suétone, César, 45.
30, Fois.—César eut quatre femmes légitimes: Cossutia, issue d’une famille équestre, possédant une grande fortune, qu’il répudia pour épouser Cornelia, fille de Cinna lieutenant de Marius. Celle-ci étant morte, il épousa Pompeia nièce de Sylla, avec laquelle il divorça parce qu’elle était soupçonnée d’adultère. Enfin, Calpurnie, nièce de Pison.—Lors de sa mort, une loi avait été préparée, et devait être présentée en son absence, qui, pour lui permettre d’avoir des enfants, l’autoriserait à épouser autant de femmes qu’il voudrait.
31, Nicomedes.—Quand, à Rome, leurs généraux recevaient les honneurs du triomphe, les soldats avaient coutume d’égayer par des chants la marche du triomphateur; lorsque César célébra son triomphe sur les Gaules, parmi les couplets qui se répétèrent en chœur ce jour-là, figurait celui-ci:
«César a mis dix ans à subjuguer les Gaules, Et Nicomède, une heure à soumettre César»,
allusion au commerce intime auquel il s’était prêté dans son enfance avec ce roi de Bythinie et dont il rejaillit sur lui un opprobre qui de son vivant a servi de texte à une foule de railleries. V. N. I, 550: Nicomedis.
32, Cleopatra.—Non moins remarquable par son esprit que par sa beauté, fut la maîtresse de César, puis celle d’Antoine qui, pour l’épouser, répudia Octavie sœur d’Octave. Après la défaite et la mort d’Antoine et après avoir en vain cherché à séduire le vainqueur, afin de ne pas tomber vivante en son pouvoir, elle se donna la mort, en se faisant piquer au bras par un aspic.
33, Cæsarion.—Plutarque, César, 13.—Cet enfant fut déclaré roi d’Égypte en 42 par les triumvirs Antoine, Octave et Lépide, sous le nom de Ptolémée XIV et la tutelle de sa mère. En 32, il recevait le vain titre de Roi des rois et l’an 30, peu après la mort de sa mère, il périssait par ordre d’Auguste.
34, L’amour.—Suétone, César, 50, 52, etc.
39, Cæsar.—Julie, qui par sa douceur empêcha longtemps la discorde entre le beau-père et le gendre; sa mort, survenue en 55, fit disparaître la principale cause à laquelle on devait que la guerre civile n’eût point encore éclaté entre eux.
636,
2, Ægisthus.—Egisthe, fils incestueux de Thyeste et de sa fille Pélopée, était à la fois le frère et le fils de sa mère; Pompée, en épousant la fille de César qui avait été l’amant de sa femme, se trouvait être à la fois pseudo-beau-frère et gendre de son beau-père.
8, Amoureuse.—Lorsqu’il rentra dans Rome, sur son char de triomphe, après la conquête des Gaules, les soldats, auxquels en pareille circonstance était laissée une grande licence, chantaient: «Bourgeois, cachez vos femmes, nous amenons le galant au crâne dénudé.» Suétone, César, 51.
10, Place.—Salluste dit de même de Sylla: «D’une grande intelligence, assoiffé de volupté, il l’était plus encore de gloire, car, si plongé qu’il fût dans la luxure, jamais elle ne lui fit perdre de vue les affaires.»
14, Soldat.—Aussi vigoureux et infatigable athlète en amour qu’à la guerre.
20, Ladislaus.—Sismondi, Histoire des républiques italiennes, tome VIII, raconte la mort de Ladislas d’une manière un peu différente: il aurait été atteint à Pérouse d’une maladie que ses débauches excessives auraient occasionnée; et une de ses maîtresses, qu’on accusait de l’avoir empoisonné et qui était fille d’un médecin de cette ville, serait morte peu de jours après, emportée par la même maladie.
24, Destroict.—Ayant réduit, par un siège rigoureux, la ville de Florence en telle détresse.
31, Attournoit.—Orner, parer; est d’étymologie grecque. D’attourner vient atours, qui est fort en usage.
638,
10, Escrit.—En dehors de ses Commentaires sur la guerre des Gaules et la guerre civile qui seuls nous restent, de ses lettres au Sénat, à Cicéron, à ses amis, César aurait écrit sur la grammaire, l’éloquence, l’histoire, et encore des poèmes, une tragédie d’Œdipe et des recueils de faits mémorables qu’Auguste défendit de publier; on lui attribuait aussi des livres sur les Augures et une Cosmographie qui ne furent probablement composés que sur ses ordres.
15, Actiue.—Suétone dit qu’il faisait au besoin cent milles par jour (150 kil.), passait les rivières à la nage ou sur des outres, arrivait souvent avant qu’on ne fût instruit de son départ. Florus le compare à la foudre; et Cicéron, dans le temps même où il parlait de lui en ennemi, le regardait comme un prodige de promptitude et de vigilance.
16, Labeur.—Dur au travail; c’est une expression toute latine.
19, Oppius.—Suétone, César, 53.—Oppius, lieutenant et ami de César, est regardé comme le véritable auteur des guerres d’Alexandrie, d’Afrique et d’Espagne, attribuées à César. Plutarque estime qu’il ne saurait être cru qu’avec réserve dans tout ce qu’il rapporte des amis et des ennemis de celui-ci, dont lui-même était le familier.
22, Boulenger.—Chez les Romains, tous les artisans étaient des esclaves.
25, Pays.—Suétone, César, 53.
28, Catilina.—Perdu de dettes, Catilina entreprit de rétablir sa fortune par le sac de Rome. Sa conjuration, ourdie parmi ses compagnons de débauche et tous les libertins de la ville, fut déjouée par Cicéron; lui-même mourut les armes à la main, en combattant les troupes envoyées contre lui.
29, Cachetes.—Une lettre, un billet doux qui se remettent en cachette, à la dérobée.
34, Yurongne.—Plutarque, Caton d’Utique, 7.
640,
10, Douceur.—Montaigne, liv. II, ch. II (II, 100), se montre moins indulgent qu’ici vis-à-vis de César. Parmi les actes qui lui sont reprochés est l’exil à perpétuité, en un lieu déterminé avec privation de tous leurs droits de citoyens, de nombre de ses adversaires politiques, les Plancius, les Nigidius, les Cecina, etc., qui n’avaient d’autres torts que d’avoir défendu contre lui le Sénat et les lois.
17, Liberté.—Cn. Magius, L. Vibullius Rufus, etc. César, De Bello civili, I, 24; III, 10, etc.
20, Luy.—Suétone, César, 75.
27, Romains.—Id., ibid., 75.
32, Conduire.—Ce ne fut que durant la guerre civile et seulement envers ceux qui avaient qualité de citoyens romains que César en agit ainsi; ailleurs et contre tous autres il agit bien différemment, souvent avec la plus grande inhumanité: il ne faisait d’ordinaire aucun quartier à l’ennemi; ordonnait fréquemment, après une victoire, qu’on tuât «toute la durée d’un jour». A Uxellodunum (que l’on croit être Cahors), il fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes. Il lui est arrivé de faire fermer les ouvertures de cavernes où s’étaient réfugiées des populations inoffensives et de les faire de la sorte mourir de faim et d’incendier des forêts pour faire périr les restes d’armées en déroute. Quant à sa conduite à l’égard de Vercingétorix vaincu (II, 656), pour être de pratique fréquente chez les Romains, on ne saurait certes pas la qualifier de magnanime.
37, Feindre.—«La modération, a dit Montesquieu, en parlant de César, que l’on montre après qu’on a tout usurpé, ne mérite pas de grandes louanges.»
40, Consul.—Suétone, César, 73.
642,
1, Testonner.—Piquer, satiriser (V. N. II, 524); ce mot peut être traduit ici presque littéralement, en y employant le langage familier où l’on dit de quelqu’un vivement critiqué, qu’il a été habillé de bonne façon.
2, Mamurra.—Chevalier romain qui acquit de prodigieuses richesses dans les Gaules où, en qualité d’Intendant de l’armée, il avait accompagné César dont il était un des compagnons de débauche. Catulle, carmen 29.
3, Table.—Suétone, César, 73.
5, Aduerty.—Id., ibid., 75.
9, Autheurs.—Id., ibid., 75.
12, Descouuert.—Id., ibid., 72.
15, Plaignist.—Id., ibid., 48.
22, Largesse.—Dion Cassius relate que le soin extrême qu’avait César d’accumuler des richesses et de se faire donner de l’argent sous quelque prétexte que ce fût, provenait des dépenses excessives qu’il avait à faire pour arriver à la domination, s’y maintenir et l’agrandir, disant lui-même que pour parvenir à ce but, on avait besoin de deux choses qui se soutenaient l’une par l’autre: de l’argent et des troupes.
26, Bien.—Suétone, César, 72.
26, L’enyura.—Cette furieuse passion l’enivra.
28, Nom.—L’éd. de 88 aj.: vain.
29, Loix.—Suétone, César, 77.
30, Luy.—Ce corps politique lui apportait un décret qu’il venait de rendre pour augmenter les honneurs qui lui étaient décernés; César était alors assis dans le vestibule du temple de Vénus, où il était demeuré afin qu’on ne pût dire qu’il avait, par sa présence, ôté aux Sénateurs la liberté d’opiner comme bon leur semblait; il ne se leva pas en voyant venir le Sénat et écouta assis ce qu’on avait à lui dire, ce qui irrita tellement les sénateurs et les autres Romains, que ce fut l’un des principaux prétextes de ceux qui conspirèrent contre sa vie. Dion Cassius.
39, Autres.—Notamment Henri IV qui laissa perdre tous les avantages de sa victoire de Coutras (1587) afin de courir après sa maîtresse, la belle Corisande d’Andouins, si chère à Montaigne. Mézerai.
644,
16, Continents.—L’éd. de 80 porte: des dames les plus continentes, au lieu de: «plus continents».
23, Visage.—Ce fait, rapporté par Valère Maxime, IV, 5, remonte à une époque où l’Étrurie (nom ancien de la Toscane) ne jouissait pas encore du droit de bourgeoisie romaine et par conséquent est antérieur au Ier siècle av. J.-C.
646,
10, Scipion.—Allusion à l’acte de Scipion, premier Africain, auquel, après la prise de Carthagène (Espagne), une femme d’une grande beauté, faite prisonnière, fut amenée. Respectant son honneur, Scipion fit rechercher un jeune prince celtibérien dont elle était la fiancée et la lui remit; lui-même n’avait alors que vingt-cinq ans.
CHAPITRE XXXIV.
15, Recommandation.—On ne saurait dire que les Essais aient été la lecture favorite de Napoléon: toutefois dans le volume 23 de sa correspondance, pag. 399, on le voit faire écrire à son secrétaire, le 7 mai 1812, au moment de partir pour la campagne de Russie: «Un Montaigne, petit format, serait peut-être bon à mettre dans la petite bibliothèque.»
16, Aphricain.—Scipion sauva la vie à son père blessé à la bataille du Tessin, il n’avait encore que 17 ans; préteur en Espagne en 211, il s’empara de Carthagène tombée au pouvoir des Carthaginois, battit Asdrubal et reconquit en quatre ans cette province. De retour en Italie, envoyé contre Annibal, il fit triompher l’idée de transporter la guerre aux portes de Carthage, et chargé de son exécution, gagna sur Annibal, rappelé par ses concitoyens alarmés, la bataille de Zama, qui mit fin à la deuxième guerre punique (202). En 190, comme lieutenant de son frère, il accompagna celui-ci en Asie, et l’aida à triompher d’Antiochus le Grand, roi de Syrie, qu’ils contraignirent à la paix. A leur rentrée à Rome, injustement accusés par le parti populaire auquel sa hauteur et sa partialité pour les patriciens le rendaient odieux, il fut condamné à l’exil où il mourut, tandis que son frère, frappé d’une amende considérable qu’il ne put payer, était jeté en prison. Scipion réunissait au génie militaire, tous les genres de vertu: l’humanité, la tempérance, le désintéressement, etc.
16, Brutus.—Lors de la guerre civile entre César et Pompée, embrassa le parti de ce dernier et combattit à Pharsale; néanmoins César qui l’aimait et qui, pensait-on, était son père, l’attira à lui et le combla de caresses; mais l’éducation stoïcienne qu’il avait reçue de son oncle et son nom même l’armèrent contre lui, quand le dictateur aspira au pouvoir suprême, et il participa à sa mort (44). Après ce meurtre, poursuivi par Antoine, et vaincu dans les plaines de Philippes, désespérant alors du salut de la république, il se tua. V. N. I, 638: L’occasion.
16, Polybius.—Combattit avec Philopœmen et, envoyé en otage à Rome où il demeura 17 ans, se lia avec Scipion Émilien qu’il accompagna au siège de Carthage; voyagea en Afrique, en Espagne, en Gaule, et écrivit divers ouvrages qui sont perdus et dont le plus considérable était une histoire en 40 livres de Rome et des autres états contemporains, ouvrage dont il ne reste que cinq livres entiers. L’exactitude, le jugement, l’impartialité, sont ses qualités maîtresses; il scrute les événements, les analyse, ce qui en fait l’historien des hommes d’état, des hommes de guerre et des penseurs.
17, Cinquiesme.—Charles-Quint, déjà roi d’Espagne en 1516, fut élu empereur d’Allemagne trois ans après, succédant à Maximilien son aïeul. Il avait comme compétiteur à l’empire François Ier, roi de France, avec lequel il fut en guerre pendant la majeure partie de son règne; il remporta sur lui la victoire de Pavie (1525); échoua dans une expédition contre Marseille (1536), fut défait à Cérisoles (1544) et assiégea inutilement Metz (1552). Il fit avec des alternatives de succès et de revers plusieurs expéditions contre l’Afrique. Il fut l’adversaire de la Réforme, mais n’en fut pas moins obligé d’accorder la liberté du culte aux Protestants (1552). En 1556, affaibli par les maladies, aigri par les revers, il abdiqua et céda l’empire à son frère; déjà l’année précédente, il avait remis l’Espagne à son fils, et il se retira au monastère de S.-Just en Estramadure où il mourut; on dit qu’il regretta vivement le pouvoir dont il s’était démis; il était d’un caractère très dissimulé.
18, Ailleurs.—Semble désigner la reine Catherine de Médicis qui passait pour s’en inspirer et qui, en tout cas, y conformait ses actes et sa politique.
22, Militaire.—Montaigne possédait un exemplaire des Commentaires de César (V. N. II, 82: Lisant), sur lequel, suivant son habitude, il a consigné l’impression que la lecture de cet ouvrage lui laissait; on y lit: «C’est un livre qu’un Général d’armée devrait avoir continuellement sous les yeux, comme patron, ainsi que faisait le maréchal Strozzi qui le savait quasi par cœur et l’a traduit; et non je ne sais quel Philippe de Comines que Charles Cinq avait en pareille recommandation; de même que le grand Alexandre avait les œuvres d’Homère, etc...» Ce dédain que dans ces annotations marque Montaigne pour Philippe de Comines témoigne qu’elles ont dû être écrites avant les Essais, où l’auteur ne laisse pas de lui témoigner beaucoup plus de considération, notamment dans son chapitre «des livres» où il rapporte le jugement qu’il a porté après lecture sur les Mémoires de cet historien et aussi au chapitre VIII du livre III.
648,
1, Iuba.—Juba Ier; embrassa le parti de Pompée, accueillit après la bataille de Pharsale les restes de l’armée vaincue; joint à eux, il livra à César la bataille de Thapsus (46); vaincu, il se fit tuer par un de ses serviteurs.
9, Armée.—Suétone, César, 66.—Sur son exemplaire annoté des Commentaires de César, Montaigne a inscrit: «On craint souvent l’ennemi plus par réputation que par l’effet.»
16, Execution.—Suétone, César, 65.—«Une armée ne se doit enquérir des desseins de son général» (annotation de Montaigne sur son ex. des Commentaires de César).—A cela, on serait tenté d’opposer ce mot de Napoléon: «A la guerre, chacun doit connaître sa manœuvre»; mais la contradiction n’est qu’apparente: Napoléon ne veut parler que du mouvement en exécution, dont la divulgation n’offre plus d’inconvénient dès que l’ordre d’exécution est donné, parce que le temps faisant défaut à l’ennemi, il ne peut prendre pour y parer de nouvelles dispositions et en est réduit à celles en lesquelles il se trouve.
20, Souisses.—César, De Bello Gallico, I, 7.—En 58; ils avaient quitté leur pays en masse, pour venir s’établir en Gaule; les uns furent exterminés, les autres refoulés sur la contrée d’où ils étaient partis.
31, D’accord.—Souvent, en effet, il lui est arrivé de n’accorder des trêves que pour les violer.
33, Desobeyssance.—«César estimait plus encore l’obéissance que la vaillance» (annotation de Montaigne sur son ex. des Commentaires de César).
38, Combat.—Suétone, César, 67.
650,
1, Armez.—Suétone, César, 67.—V. I, 520: Pareillement, qui auroit etc.
1, Grauez.—L’éd. de 80 porte: labourez.
4, Compagnons.—Suétone, César, 67.
10, Estoit.—Les éd. ant. aj.: trop molle et.
12, Soldats.—Suétone, Auguste, 25.
13, Seuerité.—Les éd. ant. aj.: et asseurance.
14, Plaisance.—Suétone, César, 69.—V. N. I, 198: Metuens.
17, Douceur.—Suétone, César, 69.—La 10e légion se mutina, à Rome, en 46, alors qu’il était sur le point de passer en Afrique; c’était sa légion préférée. Il la fit rentrer dans l’ordre en se présentant aux mutins et les appelant «Citoyens», au lieu de «Soldats»; ils protestèrent qu’ils étaient soldats. Il leur pardonna, mais les plus compromis perdirent le tiers du butin et des terres qui leur étaient destinés.
18, Rhin.—César, De Bello Gallico, IV, 17.—Le pont construit par César sur le Rhin, le fut en l’an 55, près de Bonn. Il était sur pilotis et fut achevé en dix jours; en cet endroit le fleuve a 600m de large, mais c’était l’époque de l’année où ses eaux sont le plus basses et, de ce fait, cette largeur peut être réduite de moitié.
26, Combat.—Sur ce point, Cyrus, estimant les harangues inutiles (V. III, 364), différait d’avis avec César; peut-être était-ce en raison de la difficulté d’en user, par suite des effectifs considérables et de la composition des armées asiatiques formées de nombreux contingents de peuples divers, assez peu disciplinés, alors que les armées romaines, bien inférieures en nombre, beaucoup plus disciplinées, homogènes, constituaient des groupes compacts dont le chef pouvait être vu et entendu.—Dans les armées modernes, par suite des étendues considérables sur lesquelles opèrent les armées, les harangues sur le champ de bataille sont généralement remplacées par des ordres du jour lus avant le combat; toutefois, il est encore des circonstances où elles se produisent.—On a conservé le souvenir de celle qu’Henri IV, en 1590, à la bataille d’Ivry, adressait à ses troupes: «Gardez bien vos rangs, et si vous perdez vos enseignes, cornettes et guidons, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire.»—Napoléon excellait dans l’un et l’autre genre, comme en tout ce qui touche à l’art de la guerre: Sa proclamation à l’armée d’Italie, en 1796, au début des hostilités, après lui avoir énuméré ce qu’il attendait d’elle, se terminait ainsi: «Soldats d’Italie, manqueriez-vous de courage et de constance?» Dans cette même campagne, au moment d’entrer en Vénétie, ayant déjà conquis le Piémont et la Lombardie, après leur avoir fait miroiter le triomphe: «Vous rentrerez dans vos foyers, leur disait-il, et vos concitoyens, en vous montrant, diront: Il était de l’armée d’Italie!» En 1798, à la bataille des Pyramides: «Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent!» A Marengo, en 1800, lorsque, à la fin de la journée, il reprenait l’offensive: «Souvenez-vous que mon habitude est de coucher sur le champ de bataille!» En 1812, le matin de la bataille de la Moskowa, alors que le soleil, jusque-là caché par un épais brouillard, venait de se montrer: «Soldats, leur dit l’empereur, voilà le soleil d’Austerlitz.» En 1815, trois jours avant Waterloo, comme l’armée entrait en Belgique, il lançait une proclamation, la dernière, se terminant par ces mots: «Pour tout Français qui a du cœur, le moment est venu de vaincre ou de mourir!»—Citons encore ce fait de Nelson, à la bataille de Trafalgar (1805), au moment où le combat allait s’engager, communiquant par signaux à tous les navires de sa flotte ces simples mots devenus depuis si célèbres: «L’Angleterre compte qu’aujourd’hui, chacun fera son devoir!»
29, Tournay.—César, De Bello Gallico, II, 21.—Cette bataille, qu’il conviendrait mieux d’appeler de la Sambre, se livra sur le territoire des Nerviens, aux environs de Maubeuge, contre la Gaule du Nord (53). César fut surpris, pendant qu’il fortifiait son camp: les soldats attaqués se rallièrent aux premières enseignes venues, l’arrivée de l’arrière-garde rétablit le combat; la race et le nom des Nerviens y furent presque anéantis; de 60.000 h. en état de porter les armes, il en resta à peine 5.000.
36, D’autres.—Jadis un chef, embrassant du regard l’ensemble de ses troupes sur un champ de bataille, pouvait, de sa personne, se porter utilement d’un point à un autre; il n’en est plus ainsi, et, en général, moins il se déplace dans le courant de l’action, mieux cela vaut; renseigné, minute par minute, sur les mouvements de l’adversaire et les fluctuations du combat qu’il suit sur la carte, échappant par son éloignement aux impressions suggestives exagérées que causent toujours les événements dont on a le spectacle sous les yeux, il juge plus sainement et peut donner avec plus d’à-propos des ordres plus réfléchis.
652,
3, Sien.—Suétone, César, 55.—Les éd. ant. aj.: C’estoit le plus laborieux chef de guerre et le plus diligent qui fut onques.
5, Coche.—Plutarque, César, 12.—L’éd. de 88 porte: sa coche.
11, Passa.—Surpassa, surmonta.
11, Extremes.—Dans cette guerre, César fut souvent en danger par les embûches qu’on lui dressa, et son armée faillit périr par la disette (48).
13, Marseille.—La ville, qui avait promis sa neutralité à César, avait ouvert son port à la flotte de Pompée. Le siège fut long, et les assiégés, plusieurs fois battus, ne se rendirent qu’à la dernière extrémité, manquant de vivres, leurs remparts démantelés et plus aucun espoir d’être secourus (48).
14, Ægypte.—César y détrôna le jeune Ptolémée XII, tant pour le punir d’avoir donné son assentiment au meurtre de Pompée, qu’en raison des dissentiments qui s’étaient élevés entre ce prince et Cléopâtre, sa femme et sa sœur, dont les charmes l’avaient séduit et en faveur de laquelle il se déclara (48). Il le remplaça par son frère Ptolémée XIII, âgé de 11 ans, qu’épousa Cléopâtre au lieu et place de son frère aîné; elle-même avait 21 ans; ce second époux mourut quatre ans après.—Dans cette expédition d’Égypte qui se réduisit, comme action militaire, à la répression du soulèvement d’Alexandrie, devant laquelle César, poursuivant Pompée, s’était arrêté en apprenant la mort de son rival, et avait débarqué précédé de ses licteurs, ce que les Égyptiens avaient considéré comme une offense à la majesté de leur roi et qui leur avait fait prendre les armes, les Romains mirent le feu à plusieurs édifices, entre autres à cette célèbre bibliothèque des Ptolémée. 400.000 volumes furent brûlés. Reconstituée par la suite, elle fut à nouveau partiellement incendiée par accident sous Théodose le Grand et finalement anéantie en 638 de parti pris, par la barbarie des Musulmans, qui pendant des mois employèrent les innombrables et précieux volumes dont elle se composait à chauffer les bains publics.
16, Pharnaces.—Fils de Mithridate le Grand auquel il succéda à la suite d’une sédition militaire; avait espéré, à la faveur des guerres civiles des Romains, rentrer dans les conquêtes faites et perdues par son père. César en cinq jours et dans un combat de quatre heures anéantit ses espérances (47). C’est à cette occasion qu’il écrivit au Sénat ce compte rendu célèbre de ses opérations ne comprenant que trois mots: Veni, vidi, vici (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu), qui, lors de son triomphe, furent reproduits sur un tableau qui figurait au cortège.
17, Iuba.—A Thapsus, en 46. V. N. II, 648: Iuba.
18, Pompeius.—A Munda, en 46. L’aîné des fils de Pompée s’y trouvait seul; il périt dans sa fuite; cette bataille où César avait contre lui Labienus, son ancien lieutenant en Gaule, et qu’il faillit perdre, mit fin à la guerre civile et assura d’une manière décisive son triomphe.
26, Auaricum.—César, De Bello Gallico, VIII, 24.—Aujourd’hui Bourges; en 52, au début du soulèvement des Gaules provoqué par Vercingétorix.
31, Angleterre.—Suétone, César, 58.—L’expédition de César contre les peuples de la Grande-Bretagne (55), où par deux fois il franchit le détroit actuel du Pas de Calais, peut compter parmi celles témoignant le plus d’audace; on dit qu’il l’entreprit uniquement dans l’espoir d’y trouver des perles dont il était fort avide, comme aussi des pierres précieuses, des statues et des tableaux antiques. Ni l’une ni l’autre de ces descentes ne donnèrent de résultats sérieux; la première eut pour prétexte les secours prêtés aux Gaulois, la seconde que les conditions de paix n’avaient pas été remplies. César semble chaque fois s’être embarqué partie à Wissan, partie à Boulogne, et avoir débarqué à Kent près de Douvres, au N. de Douvres, à la pointe orientale du comté de Kent qui porte aujourd’hui le nom de North Foreland près de Ramsgate.
32, Gué.—Vraisemblablement la profondeur de l’eau près du rivage, qu’il fallait gagner en marchant plus ou moins dans la mer, les navires ne pouvant approcher assez près pour qu’il fût possible d’aborder autrement; du reste Suétone, César, 58, dit à ce propos: «Il ne passa en Bretagne qu’après avoir reconnu par lui-même le point de débarquement, l’itinéraire à suivre et les conditions d’accès.»
35, Refusa.—César, De Bello civili, I, 72.
38, Ost.—Armée; du latin hostis (ennemi). Ce mot était, dans l’ancienne langue française, employé indifféremment pour désigner l’un et l’autre de deux adversaires: «Si l’ost savait ce que fait l’ost, disait un adage militaire de l’époque, l’ost déferait l’ost (Si l’un connaissait les projets de l’autre, le premier battrait le second).»
38, Necessité.—César fit, à diverses reprises, franchir des cours d’eau à son armée dans des conditions assez délicates, ses hommes ayant de l’eau jusqu’aux aisselles, notamment la Loire, en 51, lors de l’insurrection générale des Gaules, et la Sègre en Espagne, comme l’indique ici Montaigne, lors de ses opérations contre Afranius en 49. En ces circonstances, sa cavalerie, répartie de l’un et l’autre côté, était employée, en amont, à rompre le courant; en aval, à recueillir ceux qui auraient été entraînés.
654,
21, Bouclier.—César, De Bello Gallico, II, 25.—En l’an 53.
25, Presence.—Suétone, César, 58.
25, Dirrachium.—Suétone, César, 58; Plutarque, César, passim; Appien, Guerre civile, II; etc.
35, Siennes.—César franchit le Rubicon avec 5.000 fantassins et 3.000 cavaliers; il avait en Égypte 3.200 fantassins et 800 cavaliers; il n’amena en Afrique contre Scipion et Juba que 3.000 fantassins et quelques cavaliers.—A la bataille de Pharsale il perdit 200 hommes; Pompée, 15.000. A celle de Thapsus il en perdit 50; à celle de Munda, 1.000, et ses adversaires leur armée entière.
35, Gens-là.—Alexandre et César.
37, Disoit-il.—César.
656,
3, Bout.—Suétone, César, 62.
4, Alexia.—Ce siège, qui se termina par la prise de la ville et la reddition de Vercingétorix (52), mit fin au soulèvement général de la Gaule; il ne resta plus à faire rentrer dans l’ordre que quelques peuplades; la pacification complète se termina l’année suivante.
6, Cheuaux.—Dans ses Commentaires, VII, 64, César dit «huit mille chevaux»; c’est le nombre qu’il faut lire; il est probable que Montaigne avait écrit sur son manuscrit «huit à neuf mille», l’imprimeur aura lu «cent neuf mille.»
7, Maniacle.—Littéralement «furieuse»; ici, incroyable, merveilleuse. Dans l’ancien français, maniacle et maniaque étaient synonymes; ce dernier seul est resté.
12, Tigranocerta.—Tandis que Lucullus, avec 15 à 20.000 hommes, assiégeait Tigranocerte sa capitale, Tigrane roi d’Arménie vint la secourir traînant avec lui une armée de 250.000. Lucullus, malgré son infériorité numérique, marcha contre eux; les barbares s’enfuirent sans presque soutenir le choc et perdirent 100.000 h.; Lucullus n’aurait eu que cinq morts et cent blessés; peu après, il était maître de la ville (69).
20, Est.—Les éd. ant. aj.: rare et.
19, Confusion.—César, De Bello Gallico, VII, 71.
28, Secours.—Xénophon s’exprime ainsi: «Ce n’est ni le nombre, ni la force qui donnent la victoire; elle est acquise à ceux qui, avec l’aide des dieux, attaquent avec le plus de fermeté d’âme.»—C’est là une vérité relative, à l’appui de laquelle on peut citer de nombreuses batailles dans l’antiquité, alors que le combat corps à corps jouait un rôle presque exclusif et toujours prédominant, où des résultats inouïs ont été obtenus avec des forces absolument disproportionnées. Mais l’invention des armes à feu et leurs perfectionnements incessants, leur accroissement en portée, en justesse et en vitesse, ont réduit à néant l’influence de la force physique des combattants et augmenté celle du nombre dans une très notable proportion. Aujourd’hui, où la question est souvent aux trois quarts résolue quand on est encore hors de vue et bien avant que le feu soit ouvert, et où la victoire est à peu près décidée sans que parfois on se soit abordé sur le point décisif, même avec des effectifs en présence atteignant des centaines de mille hommes de part et d’autre, le nombre joue un rôle considérable en facilitant les mouvements enveloppants. Toutefois il n’est pas plus que jadis le seul facteur du succès; le moral des troupes, l’initiative, l’habileté manœuvrière des chefs, surtout chez le général et ses principaux lieutenants, peuvent, encore comme par le passé, donner la victoire à une armée numériquement inférieure, si elle ne se cantonne pas dans une passivité continue et, par sa mobilité et ses propres attaques exécutées en temps opportun, s’applique à contenir et à déjouer les mouvements et les attaques de l’adversaire.
30, Tamburlan.—Tamerlan, appelé aussi Timour et dont le véritable nom est Timour-Leng; né à Samarcande, dans le Turkestan, il conquit ce qui aujourd’hui constitue la Perse, l’Afghanistan, la partie N. de l’Hindoustan et l’Asie Mineure; il marchait sur la Chine, quand il mourut. Sanguinaire et fanatique, il incendia Delhi, Damas, Bagdad et nombre d’autres villes; devant Delhi, il fit égorger 100.000 captifs; à Bagdad, il érigea un obélisque avec 90.000 têtes coupées.
32, Confusion.—A Ancyre (Asie Mineure), en 1402. Un million de combattants se choquèrent en cette journée; la bataille dura trois jours et deux nuits; 240.000 h., dit-on, furent tués sur le terrain même. Des deux adversaires, l’un, Tamerlan, était manchot et boiteux par suite de blessures reçues à la main et au pied, l’autre était borgne.
34, Baster.—Suffire à un habile général.—C’était vrai jadis, et Turenne dans son admirable campagne d’Alsace de 1675, Bonaparte dans celle non moins remarquable de 1796 en Italie, l’ont bien montré; mais avec le principe de la nation armée et la puissance de l’armement actuel, les petites armées où le chef exerçait une action prédominante et pouvait conduire les choses à son gré, ne sont plus. Le général placé aujourd’hui à la tête d’une armée de plusieurs centaines de mille combattants, se mouvant sur une étendue de 80 à 100 kilomètres et même davantage, livrant bataille sur un front de plusieurs lieues, n’est plus, malgré le télégraphe, aussi maître que jadis de les faire se mouvoir à son gré et avec une rapidité suffisante, et une fois l’action générale engagée, les combats partiels dont elle se compose sont si multipliés, se livrent à de telles distances et sont d’une importance telle, que son intervention, quelque grand que soit son génie, peut être impuissante ou tardive. Aux temps anciens et au moyen âge, on a bien vu des masses aussi considérables en présence, mais, outre que les non-combattants s’y trouvaient dans une proportion énormément plus considérable, le défaut d’organisation, le combat corps à corps qui était seul pratiqué, la courte portée et la puissance bien moindre des armes de jet, ne permettaient guère de manœuvrer et le nombre perdait par là beaucoup de son importance.
37, Vercingentorix.—Arverne de naissance (les Arvernes avaient pour territoire à peu près l’Auvergne actuelle), Vercingétorix souleva la Gaule centrale que César venait de soumettre et se fit nommer généralissime (53). César accourant aussitôt, après avoir échoué devant Gergovie, capitale des Arvernes (située proche l’emplacement actuel de Clermont-Ferrand), le battit en plusieurs rencontres, s’empara d’Avaricum, sa principale place d’armes, l’enferma dans Alésia et le contraignit à se rendre (52). Jeté dans un cachot à Rome, Vercingétorix y demeura six ans et, après avoir orné le triomphe du vainqueur, fut étranglé (47). Vercingétorix était chez les Gaulois, non un nom propre, mais un titre de commandement qui pourrait se traduire par généralissime; on ignore comment s’appelait le chef arverne connu sous ce nom et vaincu à Alésia.
39, Alexia.—César, De Bello Gallico, VII, 8.
658,
3, Consideré.—Retenu, réfléchi, réservé, prudent; d’où inconsidéré, étourdi.
3, Appius.—Suétone, César, 60.
4, Estimant.—Les éd. ant. aj.: dict Suetone.
12, Appetit.—Montaigne a dit précisément le contraire, liv. II, ch. 33, II, 634.
18, Ariouistus.—Venu en Gaule comme allié des Séquanes (peuple qui habitait le territoire de l’anc. Franche-Comté), Arioviste voulut s’opposer aux conquêtes de César après avoir feint d’être l’ami des Romains, mais il fut complètement battu, en 58, près de Vesontio (auj. Besançon).
23, Foy.—César, De Bello Gallico, I, 46.
27, Ennemis.—Suétone, César, 68.
30, Guerre.—Les histoires grecques et romaines contiennent de nombreux récits des prouesses que les nageurs ou plongeurs ont exécutées dans l’antiquité.
33, Alexandre.—Tout comme Alexandre du reste, César était aussi un excellent cavalier. V. I, 530.
660,
2, Cotte d’armes.—Signifie ici son manteau de général, riche casaque qui se mettait comme signe distinctif, par-dessus la cuirasse; du reste les éd. ant. à 88 portent acoustrement, au lieu de «cotte d’armes», qui se dit plus généralement d’une sorte de blouse faite de petits anneaux de fer entrelacés, d’où son nom de «cotte de mailles».—En ce qui concerne les tablettes, Voltaire conteste le fait: «Outre que César n’en parle pas dans ses Commentaires, dit-il, quand on se jette à la mer des papiers à la main, on les mouille»; et, quant à la cotte d’armes, Dion dit au contraire: «César jeta son manteau de pourpre qui pouvait l’empêcher de nager; les Égyptiens s’en emparant, s’en firent un trophée.»
3, L’aage.—Suétone, César, 64.—En 48. V. N. II, 652: Ægypte. Il attaquait un pont dans Alexandrie, quand une brusque sortie de l’ennemi le contraignit à se jeter dans une barque; il avait alors 53 ans.
4, Creance.—N’inspira tant de confiance.
5, Centeniers.—Centurions, chefs d’une troupe de cent hommes.
8, Necessiteux.—Suétone, César, 68.
8, Chastillon.—Plus connu sous le nom d’amiral de Coligny; jouit dès le début d’une grande faveur à la cour et fut élevé en 1552 à la dignité d’amiral; mais las des intrigues qui se menaient autour de lui, il ne tarda pas à résigner tous ses emplois et à se retirer dans ses terres. En 1562, lors des guerres de religion, il fut fait lieutenant-général par le parti protestant; comme tel, prit part à la bataille de Dreux, au combat indécis de S.-Denis, aux batailles de Jarnac et de Montcontour qui furent fatales à son parti. Après la paix de S.-Germain (1570), il revint à la cour où il fut des plus choyés et en 1572 une des premières et la plus illustre victime de la S.-Barthélemy. Il était d’un caractère grave, doux et bienveillant, général assez habile, mais malheureux.
11, L’accompagnoient.—Les Français de son armée, c’étaient les protestants; les étrangers étaient les contingents allemands au service de ce parti.
18, Prenoient.—En 725; Carthage employait des mercenaires dans ses armées en présence desquelles on était, d’où cette qualification appliquée en la circonstance dans l’armée romaine à ceux qui ne firent pas ce sacrifice aux difficultés du moment.
21, Tancer.—Suétone, César, 68.—Dans les nombreuses actions de guerre qu’il engagea, César n’éprouva que deux échecs, du reste bien vite et glorieusement réparés: l’un devant Gergovie en Gaule, l’autre à Dyrrachium.
21, Legions.—L’effectif de la légion romaine a varié de trois à six mille fantassins et trois cents cavaliers; la cohorte en était une fraction qui comprenait cinq cents hommes.
24, Flesches.—Suétone, César, 68; César, De Bello civili, III, 53.
24, Scæua.—César, De Bello civili, III, 53; Florus, IV, 2; Valère Maxime, III, 3, 23; Suétone, César, 68.
29, Party.—Suétone, César, 68.
34, Propre.—En 48.—Plutarque, César, 5.
35, Salone.—César, De Bello civili, III, 9.—En 49, pendant les opérations autour de Dyrrachium.
37, Aduint.—Les éd. ant. aj.: et extraordinaire.
662,
2, Engins.—Machines de guerre.
4, Cordes.—Les femmes de Carthage firent de même, lors du siège de cette ville par Scipion Émilien.
CHAPITRE XXXV.
18, Sçait.
«Et si je sais compter, Il en est jusqu’à trois que je pourrais citer.» Boileau.
664,
8, Dolent.—Citation dont les termes sont légèrement altérés, sans que le sens soit modifié.
8, Rechigner.—Air renfrogné; rechigner, dit Nicot, c’est user de paroles et de regards mal gracieux et vient de ce que c’est faire en quelque sorte comme un chien mécontent.
9, Dispenserons.—Permettrions, accepterions; dispenser signifiait autrefois permettre. Nicot.
16, Voix.—«Femme rit quand elle peut et pleure quand elle veut.» Proverbe.
21, Payement.—C.-à-d.: Cette cérémonieuse contenance est bien moins pour le mort que pour les vivants; elle a plus pour objet d’acquérir que de payer.
30, Pline le ieune.—Epist. VI, 24.
666,
20, Faux.—Le milieu.
26, Riches.—Var. des éd. ant.: de grand lieu, au lieu de: «riches».
27, Arria.—Le récit qui suit est en entier extrait de Pline le Jeune, Epist. 111, 16.
28, Consulaire.—Qui avait été consul.
32, Plusieurs.—Cecina Pœtus se tua dans les circonstances que rapporte ici Montaigne (43); Thraseas Pœtus son gendre, illustre par sa vertu et son courage, fut un des représentants de la faible opposition sénatoriale qui osait désapprouver Néron; il sortit du Sénat, pour ne pas entendre l’apologie du meurtre d’Agrippine faite par Sénèque. Accusé sous de frivoles prétextes, il fut condamné à mourir et s’ouvrit les veines; sa femme, imitant l’exemple de sa mère, ne voulait pas lui survivre. Thraseas la pria instamment de se laisser vivre pour Fannia leur fille (66).
668,
15, Sçauriez.—«Ne savez-vous pas, fait dire Martial à Porcie fille de Caton d’Utique, qu’on ne peut empêcher personne de mourir; je croyais que mon père vous l’avait appris?» V. N. II, 430: Premier.
29, Instant.—Var. des éd. ant.: Cela dit, au lieu de: «Et en mesme instant».
39, Riche.—Il est incontestable que les trois mots mis par Pline dans la bouche d’Arria, en disent beaucoup plus, dans leur concise simplicité, que la phrase étudiée que lui prête Martial.
44, Crainte.—Var. des éd. ant.: en quoy il estoit de suyure son conseil, au lieu de: «de la suyure en mourant».
670,
2, Paulina.—Tacite, Ann., XV, 61 et 64.
2, Ieune.—L’éd. de 80 porte: belle, ieune.
4, Seneque.—Fut d’abord orateur, puis s’adonna à la philosophie; accusé d’intrigues criminelles avec la fille de Germanicus, il fut exilé en Corse et il y demeura huit ans; rentré en grâce, il fut choisi comme précepteur de Néron. Lorsque, parvenu à l’empire, celui-ci donna carrière à sa mauvaise nature, Sénèque essaya de s’y soustraire en sollicitant sa retraite; l’empereur s’y opposa par hypocrisie, puis ne voyant en lui qu’un censeur incommode, il feignit de le trouver compromis dans la conspiration de Pison et lui envoya l’ordre de se donner la mort, ce qu’il fit en se faisant ouvrir les veines et témoignant d’un calme absolu, ce dont Montaigne nous donne ici un récit complet (68). On a reproché à Sénèque les richesses considérables acquises pendant qu’il était en crédit, l’approbation qu’il a donnée à l’empoisonnement de Britannicus et l’apologie qu’il a faite du meurtre d’Agrippine. On a de lui des écrits philosophiques et de nombreuses lettres à Lucilius; partout il y prêche la morale la plus austère et le mépris de la mort; Montaigne leur a fait de très fréquents emprunts; son style est brillant, élégant, quoique un peu affété. Sénèque semble né à Rome; on le donne parfois comme étant de Cordoue, d’où était son père venu à l’âge de 15 ans à Rome, où il a vécu et où il est mort.
13, Estriuoit.—Refusait de se soumettre.
672,
18, Beauté.—Var. des éd. ant.: noblesse, au lieu de: «beauté».
20, Vieillesse.—L’éd. de 80 ajoutait: (car il auoit lors enuiron cent quatorze ans); il en avait en réalité soixante-cinq.
30, Elle.—La poison; le mot, du temps de Montaigne, était féminin; aujourd’hui encore, on le fait tel dans le langage trivial.
37, Fascheuse.—Var. des éd. ant. à 88: lourde, au lieu de: «fascheuse».
674,
6, Commun.—C’est du reste de la réalité, à laquelle n’atteint jamais la fiction, que les auteurs, se bornant à modifier certains détails et parant le tout avec plus ou moins de talent, tirent généralement le fond des ouvrages qui leur font le plus honneur; l’imagination serait impuissante à concevoir l’infinité des situations que nécessite la production littéraire qui va sans cesse croissant; et c’est en serrant au plus près la vie réelle, ses incidents et ses accidents, qu’ils captivent le plus notre intérêt.
15, De ce.—Les éd. ant. portent: ou comme Arioste a rangé en vne suite, ce; au lieu de: «de ce».
22, Lucilius.—Epist. 104.
NOTES.
TROISIÈME VOLUME.
LIVRE SECOND (Suite).
CHAPITRE XXXVI.
10,
21, Aueugle.—Ce qui ne veut pas dire qu’il était aveugle-né; croire qu’Homère est né aveugle, dit Velleius Paterculus, c’est être soi-même aveugle et privé de tout sens et surtout de bon sens.
21, Auant que.—Les éd. ant. aj.: les arts et.
12,
17, Elle est.—Les éd. ant. aj.: foible et.
23, Imiter.—Ce jugement sur Homère a été formulé par Velleius Paterculus, I, 5.
23, Aristote.—Poétique, 24.
24, Substantiels.—Les éd. ant. aj.: et massifs.
26, Coffret.—Pline, Hist. nat., VII, 9.—A la bataille d’Issus, tout le camp de Darius, qui traînait avec lui sa famille, sa cour, des richesses considérables, et où régnait un luxe inouï, était tombé aux mains du vainqueur.
28, Militaires.—Plutarque, Alexandre, 2.
29, Cleomenes.—Plutarque, Apophth. des Lacédémoniens.
32, Plutarque.—Dans son traité Du trop parler, 5.
37, Point.—Plutarque, Alcibiade, 3.
42, Qu’il est.—Plutarque, Apophth. des rois, art. Hiéron.
43, Philosophes.—Cicéron, Tusc., I, 32.
46, Helene.—Fille de Jupiter et de Léda, femme de Tyndare roi de Sparte, était sœur de Castor et de Pollux, ainsi que de Clytemnestre femme d’Agamemnon. Elle épousa Ménélas, qui succéda à Tyndare comme roi de Sparte et dont elle eut une fille Hermione. Elle fut enlevée par Pâris, fils de Priam, roi de Troie, ce qui détermina la guerre de ce nom, entre les Grecs et Troie. Après la prise de cette ville qu’Hélène livra perfidement aux Grecs pour rentrer en grâce auprès de son époux, celui-ci la ramena à Sparte. Ménélas mort, elle dut quitter Sparte et se retira à Rhodes où Polixo, femme de Tlépolème qui avait péri au siège de Troie, la fit pendre.
47, Iamais.—Montaigne semble avoir des doutes que le siège de Troie ait jamais eu lieu.
14,
5, Troyens.—Les Romains se réclamaient, par la descendance d’Énée, d’une prétendue origine troyenne; cette origine a été également revendiquée par les Vénètes; on a même été jusqu’à l’établir pour les Francs.
7, Moy.—Cette lettre a toujours passé pour apocryphe.—En citant ce passage, Bayle dit: «Voilà comment des maux chimériques, forgés par des poètes, ont servi d’apologie à des maux réels»; forgés par des poètes, par d’autres ou par nous-mêmes; cette réflexion est bien juste.
12, Athenæ.—Vers grec cité par Aulu-Gelle, III, 11, et reproduit en latin.—La même incertitude règne sur le lieu de naissance de quelques illustrations semblables: Christophe Colomb est revendiqué par Gênes, Savone, Nervi, Cogoletto, Cuecaro et Calvi. Huit villes se sont disputé l’honneur d’avoir vu naître Cervantès: Madrid, Tolède, Séville, Lucana, Esquivias, Alcazar de San Juan, Consnegra et Alcala de Hénarès.—On ne connaît pas avec certitude où est né Charlemagne.
13, Alexandre le Grand.—Fils de Philippe et d’Olympias, eut Aristote pour précepteur et monta sur le trône en 336. Dès son début, il soumit la Grèce qui, se fiant sur sa jeunesse, avait cru pouvoir secouer le joug que son père lui avait imposé, et détruisit Thèbes de fond en comble. Puis, se faisant nommer généralissime des Grecs contre les Perses, il franchit l’Hellespont avec 30.000 hommes et 5.000 chevaux; défit sur les bords du Granique (334) l’armée de Darius roi des Perses et soumit l’Asie Mineure; l’année suivante il le vainquit lui-même à Issus en Cilicie (333), et y fit prisonnière sa famille qu’il traita avec générosité; acheva la soumission de la Syrie, de l’Égypte où il fit bâtir Alexandrie, et pénétra jusqu’en Libye où il se fit déclarer fils de Jupiter, par l’oracle d’Ammon. A son retour, il remporta une nouvelle victoire sur Darius (331), qui fut bientôt suivie de la mort de ce roi et le rendit maître de toute la Perse. Poursuivant ses conquêtes, il attaqua les Scythes, les Indiens, défit le roi Porus qu’il traita avec magnanimité et s’avança jusqu’à l’Indus. Ses soldats refusant de le suivre plus loin, il revint à Babylone où il mourut d’une fièvre aiguë (323), usé qu’il était par les débauches et les excès de toutes sortes.—A sa mort, son corps, après avoir été embaumé et exposé pendant sept jours, fut placé dans un cercueil d’or et transporté, suivant le désir qu’il en avait manifesté, à Alexandrie (Égypte). Sur le chariot qui effectuait le transport et qui était traîné par 64 mulets, attelés à quatre timons, se présentant 8 de front, sur une égale profondeur, s’élevait une chambre sépulcrale monumentale où abondaient l’or, la pourpre et les pierreries. César et Auguste se firent ouvrir son tombeau, et sur sa tête ce dernier plaça une couronne d’or; l’empereur Septime Sévère en interdit l’accès; et, depuis, on ignore ce qu’il est devenu.
31, Possession.—Alexandre ne désigna personne pour lui succéder, se contentant de léguer sa couronne au plus digne. Son empire fut partagé entre ses généraux et ce partage fut la source de guerres longues et sanglantes. Perdiccas, auquel en mourant il avait remis son anneau royal, se considérant de ce fait comme appelé à régner sur l’ensemble, effectua le partage sans rien se réserver pour lui-même en particulier: Séleucus reçut la Syrie et la haute Asie; Ptolémée, l’Égypte; Antigone, l’Asie Mineure; Eumène, la Cappadoce et la Paphlagonie; Lysimaque, la Thrace; Antipater, la Macédoine et la Grèce. Quelques-uns, comme Séleucus et Ptolémée, firent souche et leurs dynasties régnèrent jusqu’au moment où, deux ou trois siècles après, leurs états devinrent simples provinces romaines.
32, Temperance.—Ce mot est à prendre ici dans le sens de modération, bien qu’Alexandre n’ait guère été plus modéré que tempérant.
34, Reproche.—Les éd. ant. à 88 aj.: que la colere.
38, Thebes.—Certaines éditions postérieures ajoutent: et de Persepolis.—Pour ce qui est de la ruine de Thèbes, V. N. I, 22: Esclaues. Celle de Persépolis, que Montaigne eût également pu citer, eut lieu dans les conditions suivantes: Dans le cours d’une orgie et sous l’influence de l’ivresse et à l’incitation de Thaïs, courtisane athénienne, Alexandre, quittant la salle du festin, portant lui-même une torche enflammée, alla mettre le feu au palais des rois de Perse; ce palais, dont les ruines subsistent encore, construit en bois de cèdre, passait pour la huitième merveille du monde (331).
38, Menander.—Commandant d’une forteresse en Perse, ne voulut pas y demeurer quand Alexandre se proposa de passer dans les Indes; irrité de son refus, ce prince le tua de sa propre main.
39, Hephestion.—Favori d’Alexandre, compagnon de ses travaux et de ses plaisirs, atteint de maladie, mourut du fait de sa propre imprudence; Alexandre fut si affecté de cette mort, qu’il fit, dit Plutarque, mettre en croix le médecin qui le soignait. Arrien conteste le fait.
39, Persiens.—Après la bataille d’Issus, où les pertes des Perses s’élevèrent, dit-on, à cent mille hommes.
40, Indiens.—Ces Indiens, guerriers de profession, se mettaient à la solde des peuplades voisines et les servaient avec fidélité et courage; ils avaient fait souvent du mal à Alexandre qui, les tenant assiégés dans une ville d’abord difficile, leur offrit une capitulation honorable pour les amener à en sortir; comme ils se retiraient, il les surprit dans leur marche et les fit tous passer par le fil de l’épée (330).
16,
1, Cosseïens.—Pour se distraire du chagrin que lui causait la mort d’Héphestion, Alexandre, dit Plutarque, partit en guerre, comme on va à une partie de chasse, contre les Cosséiens qu’il extermina, sans distinction de sexe, ni d’âge, n’épargnant même pas les petits enfants: holocauste, dit son entourage, à la mémoire d’Héphestion (327).
2, Clytus.—Quinte-Curce, X, 5.—Clitus était frère de la nourrice d’Alexandre, l’avait suivi dans toutes ses expéditions et lui avait sauvé la vie au passage du Granique. Dans un festin, le roi, échauffé par le vin, et irrité de ce qu’il mettait les exploits de son père au-dessus des siens, le tua (326). Revenu à lui, il le pleura et lui fit faire des funérailles magnifiques; mais ce qui contribua le plus à calmer sa douleur et ses remords, c’est que la veille du meurtre, l’ayant vu en songe vêtu d’une robe noire, assis au milieu des enfants de Parménion qui tous étaient morts, le divin Aristandre lui rappela ce songe, comme un indice certain que c’était là un événement réglé par le destin; et que, d’autre part, le philosophe Anaxagoras s’évertua à lui prêcher que toutes les actions des princes sont justes et légitimes, et qu’il se devait à lui-même de ne pas se laisser maîtriser par une vaine opinion.
5, Vices.—Si Alexandre a pu mériter d’être jugé ainsi au début, il n’en a pas été de même plus tard, quand la nature s’éveillant en lui et la prospérité l’enivrant, ses passions ont pris le dessus. Dès lors, il se plongea dans la débauche et sa vie ne fut plus qu’une suite ininterrompue de désordres de tous genres qui scandalisèrent ses anciens sujets. Tite-Live et Athénée le jugent beaucoup moins favorablement que Montaigne qui, comme Plutarque et Quinte-Curce ses historiens, se montre fort indulgent à son égard. C’est chez ce dernier qu’on trouve le récit curieux de son attitude vis-à-vis de Bagoas, cet eunuque mignon de Darius, qui servit de même aux plaisirs de son vainqueur, lequel en plein théâtre lui prodiguait les baisers les plus lascifs; Tite-Live, qui ne s’est occupé de lui qu’incidemment, estime qu’il n’eût pas triomphé des Romains aussi facilement qu’il a subjugué les nations orientales.
9, Indes.—Ses troupes refusant de le suivre au delà du Gange, Alexandre revint sur ses pas. Mais, pour laisser dans ces contrées une haute idée de son nom, il fit, dit Plutarque, forger des armes plus grandes, des mangeoires pour chevaux plus hautes, des mors plus pesants que d’ordinaire, et les abandonna, les faisant semer çà et là.
10, Fortune.—Voir sur les faits qui précèdent: Plutarque, Alexandre, 18, 19, 22, etc.;—Quinte-Curce, IX, 3; X, 4, 5, etc.;—Diodore de Sicile, XVII, 95.
13, Hommes.—Annibal, d’après Tite-Live, donnait le pas à Alexandre sur tous autres, parce qu’avec une poignée d’hommes, il avait triomphé d’innombrables ennemis, et qu’il avait atteint les régions extrêmes qu’il était donné à l’homme de pouvoir atteindre. V. N. II, 622: Hannibal.
15, Miracle.—Les éd. ant. à 88 aj.: car on tient entre autres choses que sa sueur produisoit une tres douce et souafue odeur, ce que Montaigne a déjà dit dans son chapitre des senteurs, I, 574.
23, Medailles.—Trébellius Pollion, Trig. tyrann., 14.—On a eu la même opinion, après saint Louis, sur les pièces de monnaie à son effigie.
18,
1, Epaminondas.—S’était d’abord adonné à l’étude des lettres et de la philosophie. Lié avec Pélopidas, il l’aida à délivrer Thèbes des Lacédémoniens qui s’en étaient emparés par trahison. Nommé général lors de la guerre qui s’ensuivit, il fut vainqueur à Leuctres (371), et releva Messène de ses ruines pour l’opposer à Lacédémone. Postérieurement, il obtint plusieurs avantages sur Alexandre, tyran de Phères; puis, la guerre ayant repris contre les Lacédémoniens, il les battit à nouveau à Mantinée, mais y fut blessé mortellement (363). Épaminondas donna l’exemple de toutes les vertus; il n’avait pas moins de frugalité et de désintéressement que de génie et de courage. V. N. I, 344: Reng.
13, Eux.—Diodore de Sicile, XV, 88; Pausanias, VIII, 13, etc. C’est aussi le jugement de Cicéron, De Orat., III, 34; Tusc., I, 2; il est vrai qu’ailleurs, Acad., II, 1, il en dit autant de Thémistocle.
16, Luy.—Plutarque, De l’Esprit familier de Socrate, 23.
20, Partie.—Les éd. ant. aj.: qui est de la vertu et.
23, Cestuy-cy.—Épaminondas.
25, Parangon.—En comparaison. Ce mot s’employait aussi dans le sens de modèle: «O dame illustre, ô parangon d’honneur!» Marot.
20,
18, Leuctres.—Plutarque, Coriolan, 2; et dans le traité où il entreprend de prouver Qu’on ne saurait vivre joyeusement selon la doctrine d’Épicure, 13.
19, Beaucoup.—Coucher de beaucoup, c’est exagérer, se vanter.—Ce mot «coucher» était à l’époque fréquemment employé et présentait des acceptions très diverses suivant la nature du complément qui l’accompagnait: «coucher de peu», c’était faire bon marché de, faire le modeste; «coucher gros», mettre gros jeu sur une carte par exemple; «coucher par écrit» se dit encore dans le langage familier. Regnier a dit: «Ne couche de rien moins que l’immortalité», c.-à-d. ne vise, n’aspire à rien moins qu’à l’immortalité.
20, Tant.—L’éd. de 88 aj.: vtile et.
22, Cause.—Plutarque, De l’Esprit familier de Socrate, 4.
25, L’espargner.—Id., ibid., 17.
22,
2, Luy.—Diodore de Sicile, XX, 88; Cornélius Népos, Épaminondas, 10; Justin, VI, 8; etc.
CHAPITRE XXXVII.
3, Pieces.—C’est son livre même que Montaigne désigne de la sorte.
9, Oster.—Cependant, précisément dans ce chapitre (pag. 26), a été supprimé et remplacé par quelques mots, un assez long passage qui se trouvait dans l’édition de 1588.
18, Conuersation.—C.-à-d. une vie qui se prolonge jusque dans la vieillesse ne se passe...
30, Membre.—Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux aj.: mais c’estoient vaines propositions.
24,
7, Mæcenas.—S’était lié avec Auguste, alors que celui-ci étudiait en Grèce. Il l’accompagna dans toutes ses guerres et, quand il devint empereur, se contenta d’être son ami et refusa toutes charges et honneurs. Il ne se servit de son crédit que pour le porter à la clémence et surtout favoriser les gens de lettres: Virgile, Horace, Properce étaient ses amis et ses protégés; lui-même avait composé quelques poésies, dont il ne reste que quelques fragments.
11, Bene est.—Vers de Mécène conservés par Sénèque et que La Fontaine a traduits ainsi dans sa fable La Mort et le malheureux:
«... Qu’on me rende impotent, Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme Je vive, c’est assez: je suis plus que content.»
17, Stoïcien.—Ou plutôt «le cynique». Est le fondateur de cette école: il était disciple de Socrate et fut le maître de Diogène. Il faisait consister le souverain bien dans la vertu qu’il plaçait dans le mépris des richesses, des grandeurs et de la volupté; c’est lui qui, le premier, prit la besace et le bâton de mendiant comme symbole de la philosophie.—Ce trait est rapporté par Diogène Laerce, VI, 18.
38, Essayé.—Éprouvé.
26,
6, Accointer.—Me familiariser avec la mort.
13, Opter.—La pensée exprimée par ce vers de Martial a été souvent reproduite:
«Las d’espérer et de me plaindre Des Muses, des grands et du sort, «Être satisfait de son sort, Quel qu’il soit, ne jamais s’en plaindre, C’est ici que j’attends la mort, Sans la désirer ni la craindre.» Meynard.
Et regarder venir la mort Sans la désirer ni la craindre.» Bussy-Rabutin.
Madame de Tracy l’a développée: «La vraie philosophie c’est de préférer ce qu’on a, et de voir toutes choses du bon côté; de même le vrai christianisme consiste à faire à tous les êtres animés, bêtes et gens, le plus de bien possible et à attendre la mort sans crainte, comme sans impatience.»—Quinault l’a résumée ainsi:
«Faites choix de l’indifférence, Elle assure un sort plus heureux.»
20, Gestes.—Au lieu de: «Qu’elle laisse... gestes» (l. 18 à 20), les éd. ant. portent: comme si elle dressoit les hommes aux actes d’vne comedie, ou comme s’il estoit en sa iurisdiction, d’empescher les mouuements et alterations que nous sommes naturellement contraincts de receuoir: qu’elle empesche donq Socrates de rougir d’affection, ou de honte, de cligner les yeux à la menace d’vn coup, de trembler et de suer aux secousses de la fiebure: la peincture de la Poesie, qui est libre et volontaire, n’ose priuer des larmes mesmes, les personnes qu’elle veut representer accomplies et parfaictes.
E se n’afflige tanto, Che si morde le man, morde le labbia, Sparge le guancie di conticuo pianto,
elle deburoit laisser cette charge à ceulx, qui font profession de reigler nostre maintien et nos mines.—Traduction de la citation: «Son affliction est telle qu’il se mord les mains, qu’il se mord les lèvres et que sa joue est sans cesse inondée de pleurs» (Auteur inconnu).
20, Condonne.—Accorde, permette, du latin condonare qui a même sens.
22, Voyelle.—Qui se décèle par la voix, par des plaintes, des gémissements.
29, Instruire.—Les éd. ant. aj.: qu’elle luy ordonne ses pas et le tienne en bride et en office.
35, En accidens.—Précédé dans l’éd. de 88 par: Voyla sa charge: du dehors, il importe peu et.
37, Corps.—Les éd. ant. port.: C’est bien assez que nous soyons tels, que auons nous accoustumé en nos pensées et actions principales: quant au corps, s’il, au lieu de: «Si le corps».
38, Tourneboule.—Qu’il se tourne et se retourne comme une boule.
28,
5, Epicurus.—Diogène Laerce, X, 18.
8, Cæstibus.—Cestes: gantelets garnis de fer ou de plomb, dont se servaient les athlètes dans les combats du pugilat.
12, Assaux.—Les éd. ant. aj.: de la douleur.
19, Desespoir.—Les éd. ant. aj.: et à la rage.
22, Refert.—Vers du Philoctète d’Attius, cités deux fois par Cicéron, De Finibus, II, 29 et Tusc., II, 14.
30, Cicero.—De Divinat., II, 69.
32, Desgarcent.—Mot forgé par Montaigne pour exprimer que les douleurs de la pierre ne le portaient à rêver qu’il avait commerce avec une femme, comme il était arrivé à l’individu dont parle Cicéron.
33, Vreteres.—Canaux qui mettent en communication les reins et la vessie.
34, Ordinaire.—Les éd. ant. aj.: ie deuise, ie ris, i’estudie, sans esmotion et alteration.
36, Preparer.—Les éd. ant. aj.: par estude et.
30,
1, Essayé.—Je me suis cependant mis à l’essai, à l’épreuve.
8, Santé.—Les éd. ant. aj.: et pure de douleurs.
13, Presomption.—Socrate disait d’Antisthène affectant de ne porter que des vêtements dépenaillés, qu’il apercevait sa vanité au travers des trous de son manteau.—«L’excès de modestie est un raffinement d’orgueil.» Pascal.—«La simplicité affectée est une imposture délicate.»—«L’orgueil est égal chez tous les hommes; il n’y a de différence qu’aux moyens et à la manière de le mettre à jour.» La Rochefoucauld.
32, Cartilage.—Pline, Hist. nat., VII, 12.
34, Illegitime.—Plutarque, dans son traité De ceux dont Dieu diffère la punition, 19, ne dit pas qu’on ait jamais tenu pour illégitimes ceux qui ne portaient pas l’empreinte d’un fer de lance sur le corps; il remarque au contraire qu’après avoir disparu, cette empreinte avait reparu dans cette même famille après un assez long intervalle de temps.
36, Ressemblance.—C’est ce qu’Hérodote, VI, 180, raconte d’un peuple de Libye.
32,
15, Mere.—Le père de Montaigne paraît avoir eu dix enfants, dont les deux aînés seraient morts en bas âge, peut-être avant la naissance de Michel, de telle sorte que, né le troisième après cinq années de mariage, il se trouva être l’aîné de quatre frères et trois sœurs qui parvinrent à âge d’homme. V. N. I, 114: Frere.
38, Deux.—Ramon Eyquem, son bisaïeul, mort en 1478.
41, Sept.—Les éd. ant. port.: six.
34,
10, Empeschement.—Les éd. ant. port.: rengregement de mal.
13, Quatre.—Ces quatre frères étaient: Pierre, le père de Montaigne, qui était l’aîné. Thomas, que l’on appelait M. de S.-Michel, parce qu’il était curé de cette paroisse où se trouvait sis le château de Montaigne; il mourut jeune. Pierre minor, dit Seigneur de Gaviac; il succéda aux emplois ecclésiastiques de son frère Thomas et devint chanoine de S.-André et de S.-Seurin de Bordeaux et curé de Lahontan, localité dont il est question plus loin, page 60. Enfin Raymond, Seigneur de Dussaguet, avocat au parlement de Bordeaux.
16, Mal.—Et cela lui réussit si mal.
19, Dyspathie.—Aversion; le mot est emprunté du grec, nous disons aujourd’hui antipathie.
25, Consideration.—Préjugé.
29, Epicurus.—Cicéron, Tusc., V, 33; Diogène Laerce, X, 129.
35, Iniurieuse.—Les éd. ant. port.: ne peut auoir ny grace, ny faueur, au lieu de: «nous vient... à estre iniurieuse».
40, Secours.—Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux port.: de s’ayder de ces nobles, au lieu de: «d’appeler à son secours».
36,
2, Chere.—Les éd. ant. port.: espineuse.
6, Certain.—Les éd. ant. aj.: Mais ie dy que ce qui s’en void en practique, il y a grand dangier que ce soit pure imposture, i’en crois leurs confraires Fiorauanti et Paracelse.
8, Refforts.—Raifort; sorte de rave sauvage de goût très prononcé.
9, Sené.—Arbrisseau des pays chauds, dont les valves des fleurs sont purgatives.
11, Solon.—C’est Plutarque qui le lui fait dire dans le Banquet des sept Sages, 19.
14, Vberté.—Fertilité; du latin ubertas qui a même signification.
15, Arondes.—Hirondelles; cet ancien nom de l’hirondelle se retrouve encore dans «queue d’aronde», à la fois terme de charpentier et de fortification.
19, Pastissage.—Mélange informe, espèce de salmigondis ou de macédoine.
25, Designe.—Prescrit, ordonne.
26, Estime.—Montaigne raconte dans son Voyage que, se trouvant, pour sa santé, aux bains «della Villa» près de Lucques, en 1581, il laissa échapper cette exclamation: «La vaine chose que la medecine!» Ce qui suit prouve que ce mot partait du fond de l’âme; et pour le confirmer dans son idée, plusieurs fois, rapporte-t-il encore, il fut appelé à Rome à des consultations de médecins; à l’une, entre autres, le malade était résolu de s’en tenir à sa décision; et il ajoute: «J’en riois en moi-même.» Le Clerc.
37, Ordonnances.—Les éd. ant. port.: drogues.
38,
1, Point.—Je ne me fais pas un sujet de frayeur, je ne souffre pas d’être sans médecin;—c’est le sens propre de «passionner» qui ne se dit plus aujourd’hui qu’au sens figuré.
13, Censeur.—Pline, d’où cette assertion semble tirée, émet en effet que les médecins ne furent reçus à Rome que six cents ans après la fondation de cette ville; mais pour ce qui est de leur expulsion, il dit expressément qu’elle n’eut lieu que longtemps après la mort de Caton.
18, Plutarque.—Vie de Caton le Censeur, 12.
19, Pline.—Hist. nat., XXV, 8.
20, Herodote.—Liv. IV, ch. 187.—Hippocrate dit à peu près la même chose des Scythes.
40,
2, Platon.—Dans le Timée.
3, Appartiennent.—Dont nous avons la disposition.—Ces trois modes de perturbations intestines sont les vomitifs, les purgations et la saignée.
7, Harpades.—Combats; coups de harpon ou de griffes.—Se harper, c’est lutter à qui mieux mieux, corps à corps, se prenant aux cheveux, se mordant, mettant tout en jeu pour se faire le plus de mal possible.
10, Infiable.—Incertain, sur lequel on ne peut compter.
14, Dihore.—Expression employée jadis dans le Languedoc et qui peut se traduire par «Holà!» ou encore: «Alerte, à l’aide, au secours»;—était employée couramment dans cette région, alors dans son premier sens, par les laboureurs, les charretiers pour presser la marche de leurs bêtes.
15, Impiteux.—Impitoyable, sans pitié.
21, Entraine.—Imitation de ce vers de Sénèque, Epist. 107: «Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (Le destin mène qui s’y prête et contraint qui résiste).» Ce que Fénelon a rendu sous cette autre forme: «L’homme s’agite, Dieu le mène.»
27, Tué.—Pline l’Ancien, qui vivait avant Adrien, cite une épitaphe exactement conçue dans les mêmes termes: «Le trop grand nombre de médecins qui l’ont assisté, l’a tué.»—Dans une de ses comédies, Casimir Delavigne exprime la même idée, en parodiant le vers si connu de Corneille et l’appliquant à un malade auquel plusieurs médecins ont apporté leurs soins: «Que vouliez-vous qu’il fît contre trois?—Qu’il mourût.»
28, Diogenes.—Diogène Laerce, VI, 62.
29, Autresfois.—«Parlons franchement, Docteur, dit un jour, en plaisantant, Frédéric II de Prusse à son médecin. Combien avez-vous tué d’hommes pendant votre vie?—Sire, répondit celui-ci, à peu près trois cent mille de moins que Votre Majesté.»—«Diaulus était médecin, maintenant il est croque-mort; il n’a pas changé de métier.» Martial.—«Tu tuais les hommes étant médecin; gladiateur, tu les tues encore.» Martial.
29, Nicocles.—Le mot de Nicoclès se trouve dans le ch. 46 de la Collection des moines Antonius et Maximus; cette épigramme a souvent été répétée.
33, Faute.—Les éd. ant. à 88 port.: heur, que leur erreur et leurs fautes sont soudain mises sous terre et enseuelies, au lieu de: «heur... faute».
37, Moy.—Les éd. ant. port.: query à moy, au lieu de: «query moy».
39, Subiects.—C.-à-d. les médecins s’en font honneur auprès de ceux qui se sont mis entre leurs mains.
42,
15, Morfondement.—Ce que nous appelons aujourd’hui un chaud et froid, une affection causée par un froid subit, vous surprenant ayant chaud.
21, Propos.—De la République, III.
27, Conte.—Dans sa fable Le malade et le médecin.—Les éd. ant. à 88 port.: ce me semble.
40, Propres.—Les Chinois, les Japonais paient, dit-on, leurs médecins, tant par journée de bonne santé; et, quand ils sont malades, ils sont soignés gratis. La chose n’est pas aussi paradoxale qu’elle en a l’air au premier abord; c’est l’analogue de ce qui se pratiquait il y a un demi-siècle en France, et qui se pratique peut-être encore dans les campagnes, où l’on contractait abonnement avec le médecin; c’est également ce qui se passe dans les sociétés de secours mutuels. Ce mode a disparu dans les grandes villes depuis que les médecins ont mis leurs soins à des prix tellement exorbitants que, pour échapper à leurs exigences souvent peu en rapport avec leur science (les plus modestes ne sont pas les moins bons), beaucoup de personnes de condition aisée cherchent à se faire admettre dans les hôpitaux. On se plaint qu’en agissant ainsi, elles volent les pauvres pour lesquels ces établissements ont été créés; c’est la nécessité qui les y oblige: elles n’ont d’autre moyen de se procurer des soins dont elles soient sûres, et d’échapper ainsi à l’ignorance des uns et aux prix exagérés des autres. «Les anciens ne voulaient pas surtout que la vie des hommes fût au prix d’un énorme salaire»; mais déjà du temps de Pline qui écrivait ainsi, les médecins étaient parfois payés des prix excessifs, effet de la civilisation qui, augmentant le bien-être physique, fait que chacun tient davantage à la vie. D’après lui, Erasistrate aurait reçu cent talents (575.000 fr.) pour avoir guéri le roi Antiochus et il en cite plusieurs qui en ont laissé plus de mille à leurs héritiers, après en avoir dépensé autant durant leur vie. Aujourd’hui on a également tendance à l’exagération, et quand on leur parle de tarif, les princes de la science répondent en concédant le paiement de leurs honoraires au prorata du revenu représenté par le prix du loyer. Si encore ils étaient tenus de garantir la guérison ou seulement du soulagement!
44,
1, Æsculapius.—Avait appris la médecine du centaure Chiron. Non content de guérir les malades, il ressuscitait même les morts; c’est ainsi qu’il rendit la vie à Hippolyte, fils de Thésée, qui, repoussant les obsessions de Phèdre sa belle-mère, accusé par elle auprès de Thésée d’avoir voulu la séduire, sur la demande, adressée par son père à Neptune, de le venger, avait été déchiré par un monstre marin. Jupiter, irrité de l’audace d’Esculape, le foudroya, à la prière de Pluton, dieu des enfers, dont l’empire, s’il eût eu des imitateurs, eût couru risque de devenir désert.
2, Hypolitus.—Les éd. ant. et l’ex. de Bord. port. à tort Heleine, au lieu de «Hypolitus».
6, Stygias.—Du Styx. Ce fleuve faisait sept fois le tour des enfers; ses eaux étaient glacées et vénéneuses; c’est par lui que les dieux avaient coutume de jurer et leur serment alors était irrévocable; s’ils y manquaient, ils étaient déchus pendant neuf ans de leur divinité.
9, Mon.—Vraiment oui, puisqu’il peut impunément...—Expression elliptique d’usage fréquent du temps de Montaigne, mise pour: «C’est mon avis».—Cette réponse de Nicoclès se trouve dans le ch. 146 de la Collection des moines Antonius et Maximus.
18, Cassam.—En citant ce vers, Cicéron l’explique, ajoutant: «au lieu de dire comme tout le monde, «un limaçon» ou plutôt fort probablement «un bouillon de limaçons».
20, Fanatiques.—Les éd. ant. et l’ex. de Bord. port.: fantastiques.
46,
2, Contestations.—Pline, Hist. nat., XXIX, 1.
22, Hierophilus.—Celse, préface du Ier livre.—Hiérophile fut le créateur de l’anatomie; on dit qu’il poussa l’amour de la science jusqu’à disséquer des corps de criminels vivants.
23, Erasistratus.—Erasistrate s’est adonné à l’anatomie; a été le chef de l’école des Méthodistes qui, procédant d’après des méthodes déterminées, était opposée à celle des Empiriques, qui s’appuyaient exclusivement sur l’expérience; son école a jusqu’à Galien joui d’une grande célébrité.