Conclusion
Reading edition
Dans le présent ouvrage, nous avons essayé de montrer que les méthodes de la géographie moderne, employées avec succès à propos de « régions » françaises, étaient susceptibles également de s’appliquer dans notre Afrique du Nord, sous la réserve des différences résultant d’un milieu entièrement autre ou de la pénurie de la documentation écrite. Au lecteur de dire si nous avons su réaliser notre intention. Nous croyons utile, en tout cas, de grouper en quelques pages terminales les traits essentiels du pays que nous venons d’étudier.
Embrassant tout l’intérieur tunisien autour du Kef, de Téboursouk, de Mactar et de Thala, le Haut-Tell est le prolongement véritable des districts algériens auxquels il confine à l’Ouest. Il s’arrête au Nord à la Medjerda et au couloir d’El-Aroussa-Bou-Arada-Fahs, tandis qu’au Sud et à l’Est, il est pour ainsi dire contrebuté par une ride montagneuse à laquelle son élévation relative et sa continuité également rares en Tunisie ont valu le titre de « dorsale tunisienne ». Au tiers méridional de celle-ci nous avons dès 1906 attribué le nom de Chaîne de Byzacène. Les deux tiers septentrionaux composent la Chaîne de Zeugitane, dont le tronçon Sud est seul en contact avec le Haut-Tell. Les deux alignements se lient par le massif de Mactar.
La région délimitée de la sorte s’offre à nous avec trois caractères principaux sur lesquels se greffent tous les autres. Située dans le Tell au contact de la Steppe, elle est un territoire de transition entre ces deux grandes zones géographiques. La considérons-nous en elle-même, nous y reconnaissons une contrée montueuse, coupée en son milieu par une bande déprimée. Nous constatons en même temps qu’elle est divisée en une série d’alvéoles dont chacune est pourvue d’une personnalité réelle.
Enoncer que ce pays est tellien serait une affirmation quelque peu vague si nous n’étions en mesure de préciser — pour la première fois depuis quatre-vingts ans que la France est en Afrique — la signification intime du mot Tell. Pour les indigènes, le tell est un genre de terrain. C’est « tout sol argileux recevant chaque année assez de pluie pour en être pénétré au point d’accumuler en lui des réserves aqueuses assurant constamment le complet développement normal des plantes annuelles, céréales et herbages. » La zone tellienne est donc « celle où par suite de la nature du sol et de la dose des précipitations, il y a majorité ou abondance de terrain tell. »
Le Tell porte en Tunisie le nom de Friguia, lequel n’est autre que le vieux vocable d’Africa. Et, comme celle-ci s’identifiait pour les Romains avec le territoire qui environnait plus ou moins Carthage, il est infiniment probable que dès l’antiquité l’Africa correspondait à une région agricole. Si cette suggestion est adoptée, il serait plausible de chercher une origine à ce terme dans le radical sémitique « fariqa » qui veut dire « être séparé ». L’Africa serait donc étymologiquement la contrée placée entre la mer et la Steppe et séparée par elles de tout autre pays cultivable. Vers la Méditerranée, la limite de la Friguia, c’est-à-dire du Tell, est fixe. Vers la Steppe, elle varie selon que les années sont plus ou moins sèches ou humides. Il faut donc concevoir la démarcation entre les deux, non comme une ligne, mais comme une bande variable où se mêlent des phénomènes telliens et des phénomènes steppiques. Une partie au moins de notre région est dans ce cas.
L’analyse de la façon dont s’y opère le passage du Tell à la Steppe nous amène, en effet, à distinguer dans le Haut-Tell deux grands compartiments de dimensions à peu près égales. L’un, celui du Nord, touche vers la Medjerda au plus mouillé des cantons tunisiens et se range sans contestation aucune en Friguia. L’autre, celui du Sud, accolé à la Steppe, n’est pas considéré comme Friguia par ses propres habitants.
Campé au sein de la Régence, presque à la même distance des deux bassins de la Méditerranée, le Haut-Tell est sous la dépendance climatique des effluves émanées de tous deux. La majorité des pluies lui vient cependant du Nord-Ouest, surtout dans la portion friguienne qui reçoit presque toujours 400mm d’eau, ce qui la rend très apte aux céréales. Ce chiffre est moins fréquemment atteint dans le secteur méridional où le vent de Nord-Ouest se mue plus d’une fois en vent de montagne, djebeli anhydre et froid qui joue un grand rôle dans la dessication de la surface du sol. Les plaines de ce secteur (Bermajna, Tajmout, Foussana), et certains de ses plateaux comme le Zelfane, se conduisent assez habituellement comme des morceaux de Steppe. La culture de l’orge et surtout celle du blé y est plus aléatoire qu’au Nord et l’hectare y tolère une moindre quantité de semence. L’alfa tend à en chasser le diss, graminée franchement tellienne. Les deux armoises et le harmel y foisonnent comme dans la Steppe. La population y est moins dense. Les gens y préfèrent l’élevage à l’agriculture et y vivent en conséquence sous des tentes plutôt que dans des maisons. Les villages indigènes sont rares. En revanche, cette moitié non friguienne est par excellence la région minière, surtout dans l’aire de drainage du moyen Mellègue et du Sarrath.
Marche tellienne, le Haut-Tell est le premier pays que rencontrent les Steppiens lorsque de mauvaises conditions climatiques les obligent en été, eux et leur cheptel, à quitter momentanément leur patrie, en quête de travail ou d’herbages. Limitrophe de la Steppe, le Haut-Tell déverse sur celle-ci pas mal de ses animaux et de ses habitants lorsque le froid ou la neige menacent la vie du bétail. Notre région est donc le théâtre de phénomènes de transhumance alternative dont l’examen est des plus instructifs et qui donnent la raison de bien des habitats actuels de tribus ou de fractions de tribus.
Si, à beaucoup d’égards, s’impose la distinction entre zone friguienne et zone non friguienne, à d’autres points de vue, le Haut-Tell jouit d’une homogénéité indéniable qui explique pourquoi les Steppiens l’inscrivent tout entier en Friguia. Son altitude générale est forte par comparaison avec celle du reste de la Régence dont il est la portion la plus élevée (700m en moyenne) et dont il possède le modeste géant avec le Djebel-Chambi (1.544m). Rien d’étonnant donc à ce qu’en hiver beaucoup de précipitations s’y résolvent en neige. L’été n’y est pas aussi sec qu’ailleurs. Maints orages d’après-midi, fournisseurs éventuels de grèle, y rafraîchissent l’atmosphère. A Mactar, bien des saisons chaudes n’enregistrent pas plus de 35°. Si les plaines sont plus insolées, le Français retrouve sur les sraouate des températures d’Europe, qui ne mettent pas obstacle à son établissement.
La forêt est par endroits très belle, tant vers la chaîne de Byzacène que plus au Nord. Son élément dominant est le pin d’Alep en qui nous saluons l’arbre caractéristique du Haut-Tell. District le plus central de la Tunisie, ce dernier en est aussi le principal nœud hydrographique. Outre le Mellègue, la Tessa et la Siliana, affluents de droite de la Medjerda, il voit s’élancer de son sein l’Oued-Miliane qui expire dans la mer près de Tunis, les branches supérieures des oueds Zéroud et Merguellil qui vont finir dans le lac Kelbia non loin de Kairouan et le début de l’Oued-Baïech qui aboutit dans les Chotts après avoir défilé devant Gafsa. Ni très riches en eaux courantes comme ceux du Tell Septentrional, ni trop indigents comme ceux de Steppe, les oueds du Haut-Tell offrent une série d’exemples typiques du régime à éclipses qui est celui des rivières de notre Berbérie.
Tout en étant très montueuse, notre région ne manque pas de plaines dont les plus fertiles (Khalled, Krib, Rhorfa, Sers, plaines du Kef et de Lorbeus, Abida, Zouarine), sont ramassées au milieu même du Haut-Tell selon une diagonale Sud-Ouest-Nord-Est. Ce large corridor a une très grande importance. C’est par là que se sont enfoncées dans l’intérieur, de Carthage vers Tébessa et de Tunis vers les Kalaats, les voies romaines et les chemins de fer. C’est là qu’aboutit le commerce de toute la région, là que sont les gros marchés. Les bourgades les plus notoires de la contrée, à savoir le Kef et Téboursouk, se sont bâties sur sa lisière. Politiquement, cette zone, siège de tribus arabes et ouverte vers la capitale, fut toujours gouvernementale depuis le XVIIe siècle. Elle forma avec la bande montagneuse, mais pas trop difficile, du Nord du Haut-Tell, un pays makhzen, le Bled-Et-Trouk, tandis que la bande montagneuse très compliquée du midi était un pays berbère et indiscipliné, le Bled-El-Arab.
A Ebba-Ksour, dans la plaine de Zouarine, s’amorce un couloir perpendiculaire qui s’avance au Sud vers Sbiba et Sbeïtla par Rohia en scindant la chaîne de Byzacène du massif de Mactar, créant ainsi un hiatus de premier ordre dans la dorsale tunisienne. Par cette brêche, marchandises et gens de la Steppe ont de tout temps afflué pour se diriger de Zouarine vers Tunis. D’autres cols, Khanguet-Bou-Laaba, Foum-Zelga, Drija, etc., percent la dorsale où, à l’extrémité du Haut-Tell, entre le Djouggar et le massif du Zaghouan, baille le Foum-El-Kharrouba qui ne le cède en rien comme valeur au couloir de Rohia, car il relie Kairouan à la capitale.
Non seulement cette bande centrale, mais encore les deux bandes montagneuses qui l’encadrent, sont orientées du Sud-Ouest au Nord-Est, et il en est de même de la majorité des éléments de toutes trois. C’est d’ailleurs l’allure la plus ordinaire chez les plissements de la Régence. Néanmoins, quelques fronces se campent en travers et coupent orthogonalement leurs rivales. Il en résulte un amalgame de dômes et de cuvettes. Parmi les uns, les dômes aptiens s’érigent en blocs plus ou moins isolés veinés de fer, tandis que l’éocène inférieur se carre en tables calcaires (Kalaats) surmontant des couches phosphatées. Dômes et cuvettes déterminent une structure en damier où des cases disparates, placées côte à côte à des étages inégaux, se rangent en quatre catégories fondamentales : le djebel, la forêt, le sra et la plaine.
Le sra n’est autre chose qu’une vaste surface de terrain tell, juchée à une certaine altitude. C’est là qu’il y a le plus d’herbe, le plus de bovins et que la population est le plus dense, là aussi que réussiront le mieux les colons. Cette notion du sra est essentielle. Les hauts plateaux et les hautes vallées où les céréales procurent presque toujours des récoltes satisfaisantes sont des sraouate. Il échet donc de ne pas les confondre avec les hauts plateaux et hautes vallées où est aléatoire la culture de l’orge et du blé et dont la manière d’être trahit l’emprise de la Steppe. En conséquence, le terme de Hauts Plateaux est à écarter d’une manière absolue de la nomenclature puisqu’il englobe des districts qui n’ont de commun que la disposition orographique, ce qui, en l’espèce, est secondaire.
Sur les 14.250 km. carrés du Haut-Tell, 2.500 sont occupés par les plaines alluviales (17,5 %) et 1.200 par les sraouate (8,4 %). C’est le lot cultivable. Environ 5.300 km. carrés (37,1 %) appartiennent aux djebels nus ou ne correspondent à rien de précis. Piqués de romarin ou de petites plantes ligneuses, semés de champs çà et là, ils sont le bled vague et indéterminé dont le rôle est de constituer des parcours pour les troupeaux. Quant à la forêt et à la brousse, elles embrassent à elles deux 5.250 km. carrés (36,8 %), c’est-à-dire plus du tiers du Haut-Tell, proportion qui met ce dernier sur le pied des pays les mieux dotés comme couverture forestière et qui affirme son caractère tellien.
Ces quatre genres de cases sont éparpillés d’une façon à peu près égale dans les deux compartiments du Haut-Tell, et, comme chacun de ces types ne comprend d’un seul tenant que des surfaces plutôt médiocres, leur ensemble se traduit par une véritable mosaïque. Si le climat extrêmement instable de la Tunisie ne consent pas d’y parler de moyennes, le sectionnement du Haut-Tell en cent petites alvéoles ajoute encore aux causes de variabilité pluviale ou calorique à bref délai ou à courte distance. Notre région est donc un excellent champ d’étude de ce phénomène dont la répercussion est si grande dans notre Afrique du Nord sur les productions du sol et le moral de l’homme. Non seulement en matière de précipitations ou de température, mais encore en ce qui concerne la nature géologique, les capacités agricoles ou minières et les habitants, plus d’un de ces cantons forme un petit monde à part, hanté par une population d’origine spéciale (Ouartane, Ouargha, etc.). A presque tous les égards, le Haut-Tell présente donc des contrastes rapides d’un point à un autre.
De ce pays, en somme encore assez bien doué, notamment dans la zone friguienne, le Protectorat français a changé les conditions sociales séculaires. Avant 1881, les indigènes, distribués en groupes ethniques rivaux, vivaient en zmalas dans les plaines et dans la zone non friguienne. Là où il y avait des villages, ceux-ci témoignaient de l’insécurité régnante par leur assiette établie en des positions d’accès dangereux ou malaisé. Quelques-uns s’assimilaient à des nids d’aigle. Parmi eux, le Kef, centre militaire, administratif et religieux, faisait presque seul figure de ville.
Notre occupation a garanti la tranquillité et la stabilité politique. Dès lors, les cadres des populations, jusque là exclusivement basés sur la communauté de sang, ont été remplacés par une organisation territoriale. Devenus superflus, les modes de groupement provoqués par le souci de l’intégrité de l’existence quotidienne ont tendu à s’effacer. Les zmalas ont disparu, les kalaats se sont vidées. Sur leurs aires incommodes, les décherats ont dû se borner à subsister. Le Kef ou Téboursouk mêmes, après un élan passager, demeurent stationnaires. Si les indigènes ont doublé en nombre depuis trente ans, ce sont les campagnes qui ont profité de cet accroissement.
Tandis que les anciens centres périclitaient ou ne se maintenaient qu’avec peine, surgissaient d’autres bourgades sous le stimulant de besoins nouveaux : villages administratifs comme Mactar ou nés des nécessités de l’exploitation d’un chemin de fer comme Gafour, et surtout villages ayant comme noyau un marché (Ebba-Ksour, le Sers et Siliana) ou une mine (Zrissa, Kalaat-Senane ou Kalaat-Djerda). Ces créations récentes diffèrent des décherats à plus d’un titre. Moins bien dotées en eau potable, elles ont l’inappréciable avantage au point de vue moderne d’être sur des voies de communication faciles. Les villages de marchés paraissent voués à un certain avenir, car ils se dressent dans des districts fertiles et à des nœuds de routes ; ils ont dans le pays de profondes racines. Ebba-Ksour, principalement, semble appelé à une brillante destinée. Pour le moment, ils sont éclipsés par les villages miniers, plus précaires, mais dont quelques-uns évoquent un peu les villes champignons d’Amérique. Kalaat-Djerda, encore dans les limbes il y a huit ans, a aujourd’hui plus d’habitants que le bi-millénaire Téboursouk.
Le Haut-Tell est la fraction de la Régence la plus riche en fer, et, comme phosphates, il vient juste après la région de Gafsa. C’est donc au premier chef un pays minier. Fer et phosphate se rencontrent précisément dans la zone non friguienne qui rachète ainsi son infériorité agricole. Ce sont les mines qui ont motivé l’avancée du rail au sein du Haut-Tell à quelques 250 km. de la mer. C’est à elles qu’est due l’arrivée d’un contingent non négligeable d’européens (7.000 en 1911), lesquels sont pour les deux tiers étrangers et surtout italiens.
Depuis trente ans, les emblavements des indigènes ont doublé comme la population elle-même. Mais, vu la forte proportion dans le Haut-Tell des terres non cultivables, il faut pour accroître la production recourir à de meilleures méthodes et demander davantage à un même terrain. Or, les indigènes ont plus de penchant au dry far niente qu’au dry farming. L’emploi des systèmes culturaux perfectionnés repose donc sur la colonisation qui sera le guide et l’initiatrice de nos protégés. Ceux-ci étant au nombre de 245.000 en 1911 n’ont qu’une densité de 17,5 au km. carré. Il y a donc place à côté d’eux pour beaucoup de Français (2.160 en 1911). Le climat étant propice, la réussite de nos compatriotes ne fait pas de doute, surtout en Friguia. Seul, le manque de terres achetables entrave actuellement leur afflux. Quant aux indigènes, en attendant qu’ils soient à même d’améliorer leurs procédés en ce qui concerne les céréales, ils tourneront utilement leur attention vers la défense de leur cheptel contre les frimas et les disettes, notamment dans le secteur non friguien. Dans tout l’ensemble du Haut-Tell, ils pourront tirer plus de profit d’un élevage mieux compris et imprimer quelque impulsion aux industries qui en dérivent. Les burnous fabriqués au Kef n’ont-ils pas dans toute la Régence une excellente réputation ?
Nous avons eu la bonne fortune de parcourir et d’étudier le Haut-Tell avant 1906, c’est-à-dire avant que le chemin de fer et les mines n’y aient introduit des modifications qui ne sont pas toutes en harmonie absolue avec sa nature intime. Certes, l’action administrative, celle des colons ou des industriels pourra pallier dans une certaine mesure les aléas du régime pluvial ou remédier aux faibles capacités apparentes de tel ou tel canton. Autant, par exemple, la région du moyen Mellègue était pauvre en décherats, autant elle abonde maintenant en villages miniers. Par suite, a déjà été atténué, et le sera encore plus à l’avenir, le contraste entre les plaines et les sraouate ou entre la zone friguienne et celle non comprise en Friguia, mais qui, suffisamment modifiée, pourra peut-être un jour mériter d’y être classée. Les parties vagues du bled ou du moins certaines d’entre elles finiront par rentrer dans l’une ou l’autre des catégories franches. Néanmoins, il sied de ne jamais perdre de vue ce que quelques-unes des innovations qu’on apporte peuvent avoir de précaire ou d’artificiel.
La physionomie d’une région neuve où soudain se déploie l’activité moderne est comme un visage de femme sur lequel on étendrait un fard précieux. Certains linéaments sont accentués, d’autres, au contraire, dissimulés. Vienne à s’écailler le placage, tel ou tel des traits primitifs reparaît et étonne celui qui, sous le masque séduisant et fragile, avait oublié la réalité fondamentale.
L’œuvre accomplie dans le Haut-Tell au cours de ces six derniers lustres est considérable. Elle sera d’autant plus solide que des vues d’ensemble domineront davantage les tendances parfois étroites ou fragmentaires des administrations techniques ou des compagnies. En montrant en plein jour le caractère géographique du Haut-Tell, puisse notre ouvrage servir l’intérêt général en facilitant la réalisation des possibilités qui émanent de l’essence même du pays.
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Carte economique du Haut-Tell Dressée par Ch. Monchicourt
