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Au Pays des Moines (Noli me Tangere)

I Une réunion

Henri Lucas translation

C’était vers la fin du mois d’octobre; don Santiago de los Santos, plus connu sous le nom de Capitan Tiago, donnait un dîner et bien que, contre sa coutume, il ne l’eût annoncé que dans l’après-midi même, c’était déjà le thème de toutes les conversations, non seulement à Binondo, mais dans les autres faubourgs de Manille et jusque dans la ville. Capitan Tiago passait alors pour le propriétaire le plus fastueux et l’on savait que les portes de sa maison, comme celles de son pays, n’étaient fermées à personne qu’au commerce et à toute idée nouvelle ou audacieuse.

La nouvelle se répandit donc avec une rapidité électrique dans le monde des parasites, des oisifs et des bons à rien que Dieu créa, par un effet de sa bonté infinie, et multiplia si généreusement à Manille.

Le dîner se donnait dans une maison de la calle de Anloague et l’on pourrait encore la reconnaître, si toutefois les tremblements de terre ne l’ont pas ruinée. Nous ne croyons pas que son propriétaire l’ait fait démolir, Dieu ou la Nature se chargeant ordinairement ici de ce genre de travaux, ainsi que de quelques autres pour lesquels ils ont passé contrat avec notre gouvernement. D’un style commun dans le pays, cet édifice suffisamment grand était situé près d’un bras du Pasig, appelé aussi bouche de Binondo; comme toutes les rivières de Manille, ce rio entraîne les multiples détritus des bains, des égouts, des blanchisseries, des pêcheries; il sert aussi de moyen de transport et de communication et fournit même de l’eau potable, si tel est le gré du porteur d’eau chinois. A peine si, sur une distance d’environ un kilomètre, cette puissante artère du faubourg où le trafic est le plus important, le mouvement le plus actif, est dotée d’un pont de bois délabré d’un côté pendant six mois et infranchissable de l’autre le reste de l’année, ce dont, pendant la saison des chaleurs, les chevaux profitent pour sauter à l’eau, à la grande surprise du mortel distrait qui, dans la voiture, sommeillait tranquillement ou philosophait sur les progrès du siècle.

Si nous montons par cet escalier, nous entrons dans une large salle, appelée ici caida, qui cette nuit sert à la fois de salle à manger et de salon pour la musique. Au milieu, une longue table ornée profusément et luxueusement semble attendre le pique-assiettes et lui promettre les plus douces satisfactions en même temps qu’elle menace la timide jeune fille, la dalaga ingénue qui, pendant deux mortelles heures, devra subir la compagnie d’individus bizarres, dont le langage et la conversation ont d’ordinaire un caractère très particulier.

Elle ne reparut pas.

Soit que les images religieuses les incitassent à garder une dévote attitude, soit que les femmes des Philippines fissent exception, le côté féminin de l’assemblée restait silencieux; à peine entendait-on parfois le souffle d’un bâillement étouffé derrière l’éventail; à peine les jeunes filles murmuraient-elles quelques paroles, conversation banale se traînant mourante de monosyllabes en monosyllabes, semblable à ces bruits que l’on entend la nuit dans une maison et que causent les souris et les lézards. Les hommes, eux, étaient plus bruyants. Tandis que dans un coin quelques cadets parlaient avec animation, deux étrangers, vêtus de blanc, les mains croisées derrière le dos, parcouraient la salle d’un bout à l’autre comme font, sur le pont d’un navire, les passagers lassés du voyage. Le groupe le plus intéressant et le plus animé était formé de deux religieux, de deux paysans et d’un militaire, réunis autour d’une petite table sur laquelle étaient du vin et des biscuits anglais.

Le militaire, vieux lieutenant, haut de taille, la physionomie bourrue, semblait un duc d’Albe mis au rancart dans la hiérarchie de la garde civile; il parlait peu et d’un ton dur et bref. L’un des moines, jeune dominicain, beau, coquet, brillant comme la monture d’or de ses lunettes, affichait une gravité précoce; c’était le curé de Binondo. Quelques années auparavant, il avait été chanoine de Saint-Jean-de-Latran. Dialecticien consommé, jamais l’habile argumentateur B. de Luna n’avait pu l’embrouiller ni le surprendre; il s’échappait des distinguo comme une anguille des filets du pêcheur. Il parlait peu et semblait peser ses paroles.

Un des paysans, petit homme à barbe noire, n’avait de remarquable que le nez qui, à en juger par ses dimensions, ne devait pas lui appartenir en entier; l’autre, jeune homme blond, paraissait récemment arrivé dans le pays. Le franciscain discutait assez vivement avec lui.

—Vous verrez, disait-il, quand vous serez ici depuis quelques mois, vous vous convaincrez que gouverner à Madrid et être aux Philippines, cela fait deux.

—Mais...

—Mais cela prouve seulement...

—Attendez, attendez, ne soyez pas si pressé! Eh bien! celui qui me remplaça, bien qu’il ait été beaucoup plus sévère et qu’il ait presque doublé la dîme de la paroisse, eut un cortège plus nombreux encore, plus de larmes et plus de musique.

—Mais, vous me permettrez...

—Bien plus, je suis resté vingt ans dans le pueblo de San Diego; il y a seulement quelques mois que je l’ai... quitté (ici, la figure du moine s’assombrit quelque peu). En vingt ans on connaît un pueblo. San Diego avait six mille âmes; comme je confessais tous ces gens-là, je connaissais chaque habitant comme si je l’avais enfanté et allaité, je savais de quel pied boitait celui-ci, comment bouillait la marmite de celui-là, quel était l’amoureux de cette dalaga, quelle chute avait faite une telle et avec qui, etc., etc. Santiago, le maître de la maison, en est témoin; il a beaucoup de biens à San Diego et c’est là que nous avons fait connaissance. Eh bien, vous allez voir ce que c’est que l’Indien: quand je suis parti, c’est à peine si quelques vieilles femmes et quelques franciscains m’accompagnèrent... après vingt ans!

—Mais je ne trouve pas que tout ceci ait rien à voir avec la libre vente des tabacs! répondit le jeune homme blond profitant d’une pause, pendant laquelle le franciscain prenait un verre de Xérès.

Fr. Dámaso, surpris, manqua de laisser tomber le verre. Il regarda fixement le jeune homme puis s’écria, l’air fort étonné:

—Comment? comment? mais c’est clair comme la lumière! Ne voyez-vous pas, mon fils, que c’est une preuve palpable que les réformes projetées par les ministres sont absurdes?

Ce fut au tour du jeune homme à rester perplexe. Le lieutenant fronça les sourcils, le petit brun remua la tête sans que l’on pût savoir s’il approuvait ou non Fr. Dámaso qui se contentait de les regarder tous, jouissant de sa victoire.

—Croyez-vous...? put enfin lui demander son contradicteur, très sérieux, en l’interrogeant du regard.

—Comment, si j’y crois? comme à l’Evangile! l’Indien est si indolent!

—Ah! pardonnez-moi si je vous interromps, reprit le jeune homme d’une voix plus basse en approchant sa chaise. Vous avez dit un mot qui appelle tout mon intérêt: existe-t-elle véritablement, de naissance, cette indolence des naturels, ou bien, ainsi que le dit un voyageur étranger, n’est-elle qu’une excuse à la nôtre propre, à notre état arriéré, à notre système colonial? Ce voyageur parlait d’autres colonies dont les habitants sont de même race...

—Bah! Jalousies que tout cela! demandez au señor Laruja qui, lui aussi, connaît bien le pays, demandez-lui si l’ignorance et la paresse des Indiens ne sont pas sans égales!

—En effet, s’empressa de confirmer le petit brun ainsi pris à témoin, nulle part vous ne trouverez d’hommes plus nonchalants que ces Indiens.

—Ni plus vicieux, ni plus ingrats.

—Ni plus mal élevés.

Le jeune blond regarda autour de lui avec inquiétude.

—Messieurs, dit-il à voix basse, il me semble que nous sommes chez des Indiens et que ces demoiselles...

—Ce que vous appelez tinola, ne serait-ce point, par hasard, le fruit d’une certaine espèce de lotus qui fait perdre la mémoire à ceux qui en mangent?

—Depuis quatre jours, répondit le jeune homme un peu piqué.

—Venez-vous comme employé?

—Non, señor, je voyage pour mon compte personnel, afin d’étudier le pays.

—Quel oiseau rare! s’écria Fr. Dámaso, en le regardant avec curiosité. Venir ici, de soi-même et pour des vétilles! Quel phénomène! Alors qu’il y a tant de livres... et qu’il suffit d’avoir deux doigts d’intelligence.

—Votre Révérence disait, Fr. Dámaso, interrompit brusquement le dominicain en changeant la conversation, qu’elle avait été pendant vingt ans au pueblo de San Diego et qu’elle l’avait quitté... Votre Révérence n’était-elle point satisfaite de ce pueblo?

A cette demande, faite d’un ton très naturel et presque indifférent, Fr. Dámaso devint subitement sérieux, sa joie s’était envolée.

—Non! grogna-t-il sèchement, et il se laissa tomber lourdement contre le dossier de son fauteuil.

Le dominicain poursuivit d’un ton plus indifférent encore:

—Ce doit être une grande douleur de quitter un pueblo après vingt ans de séjour, alors qu’on le connaît comme sa poche. Moi, j’ai regretté Camiling où cependant je n’étais resté que quelques mois... Mais les supérieurs agissaient pour le bien de la Communauté qui sera toujours le mien propre.

Pour la première fois dans cette soirée, Fr. Dámaso parut très préoccupé. Tout à coup, il donna un coup de poing sur le bras de son fauteuil et s’écria avec force:

—Ou il y a une Religion ou il n’y en a pas; donc, ou les curés sont libres ou ils ne le sont pas! Le pays se perd, il est déjà perdu!

Et son fauteuil reçut un second coup de poing.

Tout le monde, surpris, se retourna vers le groupe; le dominicain leva la tête pour regarder sous ses lunettes. Les deux étrangers qui se promenaient s’arrêtèrent un moment, se regardèrent, se sourirent et continuèrent leur promenade.

—Il est de mauvaise humeur parce que vous ne l’avez pas traité de Révérence! murmura le señor Laruja à l’oreille du jeune homme blond.

—Que veut dire Votre Révérence? Qu’y a-t-il? demandèrent à la fois, avec des tons de voix différents, le lieutenant et le dominicain.

—Tous les malheurs viennent de là! Le gouvernement soutient les mécréants contre les ministres de Dieu! continua le franciscain en levant ses poings robustes.

—Que voulez-vous dire? demanda de nouveau le lieutenant aux sourcils froncés, se levant à demi.

—Ce que je veux dire? répéta Fr. Dámaso élevant encore la voix et dévisageant le lieutenant. Je le dis ce que je veux dire. Oui, moi, je dis que lorsque le curé débarrasse son cimetière de la carcasse d’un mécréant, personne, pas même le roi, n’a le droit de s’en mêler et encore moins de le punir. Et un général de rien, un petit général de malheur...

—Père, Son Excellence est vice-roi! cria le militaire, se levant tout à fait.

—Quelle excellence, quel vice-roi?... répondit le franciscain se levant à son tour. En d’autres temps on l’aurait jeté en bas des escaliers, comme l’ont fait une fois les Congrégations avec l’impie gouverneur Bustamente. C’étaient là des temps où l’on avait la foi!

—Je vous avertis que je ne permets pas... Son Excellence représente S. M. le Roi!

—Quel est ce roi? Pour nous, il n’y a qu’un seul roi, le roi légitime...

—Halte! commanda le lieutenant, comme s’il s’adressait à ses troupes; ou vous allez retirer ce que vous avez dit, ou demain même j’en ferai part à Son Excellence.

—Allez-y tout de suite, allez, répondit d’un ton sarcastique Fr. Dámaso; et il s’approchait de lui les poings fermés. Croyez-vous que parce que je porte l’habit de moine je ne sois point un homme? Allez, je vous prête ma voiture!

La scène devenait comique, par bonheur le dominicain intervint:

—Señores, dit-il, d’un ton d’autorité, avec cette voix nasillarde qui sied si bien aux moines; on ne doit pas confondre les choses ni chercher des offenses où il n’y en a pas. Nous devons distinguer dans les paroles de Fr. Dámaso, celles de l’homme et celles du prêtre. Celles de celui-ci, comme telles, per se, ne peuvent jamais offenser puisqu’elles proviennent de la vérité absolue. Dans celles de l’homme il convient de faire une sous-distinction: celles qu’il dit ab irato, celles qu’il dit ex ore, mais non pas in corde, et celles qu’il dit in corde. Ces dernières sont les seules qui puissent offenser et encore, cela dépend: si déjà elles étaient préméditées in mente pour un motif quelconque ou si seulement elles surviennent per accidens, dans la chaleur de la conversation; s’il y a...

—Mais moi, par accidens et par mi, je sais à quoi m’en tenir, père Sibyla! interrompit le militaire qui se voyait embrouillé dans le tas de distinctions et craignait que de subtilités en subtilités, il ne fut prouvé que c’était lui le coupable. Je connais les causes de cet éclat et Votre Révérence va les distinguer. Pendant une absence du P. Dámaso, son vicaire à San Diego enterra un homme très honorable... oui, señor, très honorable, je l’ai reçu plusieurs fois chez moi et il fut également mon hôte. Qu’il ne se soit jamais confessé, c’est possible, mais quoi! moi non plus je ne vais pas à confesse; quant à s’être suicidé, c’est là un mensonge et une calomnie. Un homme comme lui, qui a un fils en qui reposent tout son amour et toutes ses espérances, un homme qui croit en Dieu, qui connaît ses devoirs envers le monde, un homme honorable et juste ne se suicide pas. Cela, je l’affirme. Quant au reste, je me tais, Votre Révérence peut m’en savoir gré.

Et tournant les épaules au franciscain il ajouta:

—A son retour au pueblo, ce prêtre, après avoir maltraité le pauvre vicaire, fit déterrer le cadavre que l’on jeta hors du cimetière pour l’enfouir je ne sais où. Le peuple de San Diego fut assez lâche pour ne pas protester. Il est vrai que la chose resta presque ignorée, le défunt n’avait pas de parents et son fils unique était en Europe. Mais Son Excellence a su ce qui s’était passé et, obéissant à la droiture de son cœur, elle a demandé une punition... Le P. Dámaso fut transféré dans un autre pueblo, meilleur encore. C’est tout. Maintenant, Votre Révérence peut faire ses distinctions.

Ceci dit, il s’éloigna du groupe.

—Je regrette beaucoup d’avoir touché sans le savoir une question si délicate, insinua le P. Sibyla, d’un air contrarié. Mais enfin, si vous avez gagné au changement de pueblo...

—Il ne s’agit pas de gagner... Et ce qui se perd dans les déménagements... et les papiers... et les... et ce qu’on égare? interrompit en balbutiant Fr. Dámaso qui pouvait à grand’peine contenir sa colère.

Peu à peu, la réunion recouvra sa tranquillité primitive.

Diverses autres personnes étaient arrivées, parmi lesquelles un vieil espagnol, boiteux, de physionomie douce et inoffensive, appuyé au bras d’une vieille indigène, affublée de boucles, de frisettes, très fardée et habillée à l’européenne.

C’étaient le docteur de Espadaña et sa femme, la doctora Doña Victorina. Ils prirent place avec le groupe que nous connaissons et furent salués amicalement.

Des journalistes, des boutiquiers, allaient, venaient, échangeaient des saluts, sans savoir que faire.

—Pouvez-vous me dire, señor Laruja, quel est le maître de la maison? demanda le jeune blond. Je ne lui ai pas encore été présenté.

—On dit qu’il est sorti: je ne l’ai pas vu.

—Les présentations ne sont pas nécessaires ici, intervint Fr. Dámaso. Santiago est de bonne composition.

—Il n’a pas inventé la poudre, ajouta Laruja.

—Comment, vous aussi, señor de Laruja! reprocha mielleusement Da. Victorina, tout en s’éventant. Comment le pauvre homme aurait-il inventé la poudre puisque, si ce que l’on dit est vrai, les Chinois en fabriquaient déjà il y a plusieurs siècles?

—Un franciscain, c’est bien cela. Il aura été missionnaire en Chine ce Fr. Savalls, répliqua la dame qui n’abandonnait pas ainsi son idée.

—Schwartz, voulez-vous dire, señora, reprit Fr. Sibyla, sans la regarder.

—Je ne sais pas; Fr. Dámaso a dit Savalls, je n’ai fait que répéter!

—C’est au quatorzième siècle et non au septième, ajouta le dominicain d’un ton pédant, comme pour mortifier l’orgueil de Fr. Dámaso.

—Bah! un siècle de plus ou de moins n’en fait pas un dominicain.

—Que Votre Révérence ne se fâche pas, dit le P. Sibyla en souriant. S’il l’a inventée, tant mieux; il a ainsi épargné cette peine à ses frères.

—Et vous dites, P. Sibyla, que ce fut au quatorzième siècle? demanda avec grand intérêt Da. Victorina. Avant ou après Jésus-Christ?

Heureusement pour celui à qui cette question était posée, deux personnes entrèrent dans la salle.

Notes in this chapter

Note 1 · Carreaux de faïence colorés.—N. des T.Note 2 · Un autre tableau semblable existe au couvent d’Antipolo.—N. de l’Ed. esp.Note 3 · Bâton à pompons que portent les gobernadorcillos, petits gouverneurs ou chefs de pueblos (villages), et qui est l’insigne des représentants Note 4 · Feuilles de bétel recouvertes de chaux éteinte et enroulées autour d’un morceau de noix de bonga (Areca Catechu L.) On se sert, non de chauxNote 5 · Mendieta, personnage populaire à Manille, concierge de l’Hôtel-de-Ville, impresario de théâtres enfantins, directeur de chevaux de bois, etcNote 6 · Platano, fruit des palmiers du genre platano. Morisqueta, riz cuit à l’eau qui forme la base de la nourriture des indigènes.—N. des T.Note 7 · Bals populaires.—N. des T.Note 8 · Ragoût.—N. des T.Note 9 · Savalls, célèbre chef de bande carliste, renommé pour sa férocité, que l’ignorance monastique de Fr. Dámaso confond avec Schwartz.—N. des T.Note 10 · Chevas, autre chef de bande, même confusion.—N. des T.Note 11 · Jeu de mot intraduisible, chino qui signifie chinois étant parfois, et par extension, employé dans le sens de niais.—N. des T.Note 12 · La maison de Capitan Tiago est un peu basse et de lignes assez incorrectes. Un large escalier de balustres verts, tapissé de distance en disNote 13 · Par contraste avec ces préparatifs mondains, les tableaux bariolés qui pendent aux murailles représentent des sujets religieux: le PurgatoirNote 14 · La salle était éclairée par des lustres brillants se reflétant dans de larges miroirs. Sur une estrade en bois de pin était un superbe pianoNote 15 · La foule des invités remplissait presque la salle, les hommes étaient séparés des femmes comme dans les églises catholiques et les synagogueNote 16 · L’autre moine, par contre, parlait beaucoup et gesticulait plus encore. Bien que ses cheveux commençassent à grisonner, il paraissait avoir Note 17 · —Moi, par exemple, continua le Frère Dámaso, en élevant la voix pour ne pas laisser la parole à son contradicteur, moi qui compte déjà vingtNote 18 · —Bah! vous êtes trop craintif! Santiago ne se considère pas comme indien. Et puis, il n’est pas là; d’ailleurs, quand il y serait, tant pis Note 19 · —Ni lotus, ni loterie! reprit en riant Fr. Dámaso, ne cherchez pas si loin. La tinola est un gulai8 de poule et de citrouille. Depuis quand Note 20 · —Les Chinois? Etes-vous folle? s’écria Fr. Dámaso. Allez donc, c’est un franciscain qui l’a inventée, un de mon ordre, Fr. Savalls9, je croiNote 21 · —Bien! Savalls ou Chevas10, c’est la même chose. Pour une lettre on n’est pas Chino11, répliqua le franciscain avec humeur.
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