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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 3)

Reading edition

LES CARMÉLITES.

L'église de ce couvent étoit riche en monuments des arts, et au nombre de celles que les curieux et les étrangers visitoient avec le plus d'empressement.

CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE DES CARMÉLITES.

TABLEAUX.

La nef et le sanctuaire étoient ornés de douze tableaux, placés sous chaque vitrage, et dans l'ordre suivant:

À gauche, à partir de l'autel, 1o Jésus-Christ ressuscité, apparoissant aux trois femmes; par Laurent de La Hire;

2o Jésus-Christ dans le désert servi par les anges; par Le Brun;

3o Jésus-Christ sur le bord du puits de Jacob, s'entretenant avec la Samaritaine, par Stella;

4o L'Entrée triomphante de Jésus-Christ dans Jérusalem; par Laurent de La Hire;

5o Jésus-Christ chez Simon le Pharisien, par Le Brun;

6o Le Miracle des cinq pains, par Stella.

À droite, également à partir de l'autel, 1o l'Adoration des Bergers;

2o La Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres;

3o L'Assomption de la Vierge;

4o L'Adoration des Mages;

5o La Présentation au temple;

6o La Résurrection du Lazare.

Le second, le troisième et le sixième de ces tableaux étoient de Philippe de Champagne, les trois autres avoient été exécutés dans l'école de ce peintre.

Sur les panneaux de cette même chapelle, plusieurs tableaux de l'école de ce peintre.

Dans la chapelle de Sainte-Thérèse, le songe de saint Joseph; par Philippe de Champagne.

Sur les lambris, la vie entière de ce saint, par Jean-Baptiste de Champagne, son neveu.

Sur l'autel, une sainte Thérèse, sans nom d'auteur.

Dans la troisième chapelle, sainte Geneviève, par Le Brun.

Sur les lambris, plusieurs traits de la vie de cette sainte, par Verdier.

En face du chœur des religieuses, l'Annonciation, par Le Guide.

Les voûtes étoient enrichies d'une grande quantité de peintures à fresque, par Philippe de Champagne. On y remarquoit, entre autres, un Christ placé entre la Vierge et saint Jean, qui paroissoit être sur un plan perpendiculaire, quoiqu'il fût horizontal. Le trait de ce morceau avoit été donné, dit-on, à Champagne par un mathématicien très-habile, nommé Desargues.

Sur une petite porte en dehors de l'église, on voyoit une Annonciation peinte en grisaille, et attribuée au même peintre.

SCULPTURES.

Sur le même autel, deux anges en bronze, par Perlan.

Sur la grille qui séparoit la nef du sanctuaire, un Christ de bronze doré, regardé comme un des plus beaux ouvrages de Jacques Sarrasin.

Sur l'entablement d'une tribune placée au-dessus de la porte d'entrée, saint Michel foudroyant le démon, sculpture exécutée d'après les dessins du peintre Stella.

SÉPULTURES.

Dans cette église avoient été inhumés:

Marguerite Tricot, femme de Louis Lavocat, dame d'atours de la princesse de Condé, morte en 1651.

François Vautier, premier médecin du roi, mort en 1652.

Pierre de Bullion, abbé de Saint-Faron, mort en 1659.

Julie d'Angennes, duchesse de Montausier, morte en 1671.

Trois filles de Henri-Charles de Lorraine et de Marie de Brancas-Villars, nées jumelles, et mortes presqu'en naissant en 1671.

Le duc de Montausier, mort en 1690.

Édouard le Camus, prêtre, l'un des bienfaiteurs de cette maison, mort en 1674.

Antoine de Varillas, historiographe de France, mort en 1696.

Le cœur du maréchal de Turenne, le cœur d'Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti.

Quoique les Carmélites eussent été établies et fixées à Notre-Dame-des-Champs, on ne leur en donna cependant pas les revenus. Le titre de prieuré subsista jusqu'en 1671, qu'il fut réuni, avec les biens qui en dépendoient, au séminaire d'Orléans.

C'est dans ce monastère que Louise-Françoise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière, se retira, lorsque l'heureuse inconstance de Louis XIV, qu'elle avoit si tendrement aimé, lui eut rendu le séjour de la cour insupportable; et c'est là que, sous le nom de sœur Louise de la Miséricorde, elle se livra, pendant trente-six ans, à toutes les austérités de la règle et de la pénitence. Elle y mourut en 1710.

L'ABBAYE ROYALE DU VAL-DE-GRÂCE.

Les colonnes du premier portique sont accompagnées de deux niches contenant les statues de saint Benoît et de sainte Scholastique, toutes les deux en marbre. Sur la frise on lisoit cette inscription:

Jesu nascenti Virginique matri.

Les deux niches se trouvent répétées dans le second ordre, mais sans statues.

Le dôme, d'une belle proportion, est, à l'extérieur, couvert de lames de plomb avec des plates-bandes dorées. Un campanille le surmonte: il est entouré d'une balustrade de fer, et porte un globe de métal, sur lequel s'élève une croix, qui fait le couronnement de tout l'ouvrage.

Dans l'arc du fond opposé à la nef se présente le grand autel, exécuté sur les dessins de Gabriel Le Duc. Il est décoré de six grandes colonnes torses en marbre, revêtues de bronze, et fait à l'imitation de celui de Saint-Pierre de Rome, ce qui fut ensuite répété dans toutes les églises où l'on voulut déployer une grande richesse de décoration. Au-dessus se dessine un entablement couronné d'un baldaquin, et sur chaque colonne sont des anges portant des encensoirs; d'autres anges plus petits semblent se jouer dans les festons qui lient ensemble toutes les parties de ce couronnement. Ils tiennent des cartels où sont écrits quelques versets du Gloria in excelsis. Les anges, le baldaquin et tous les autres ornements sont dorés au mat ou d'or bruni.

CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE DU VAL-DE-GRÂCE.

TABLEAUX.

Au-dessus de la porte de l'église, une descente de croix; par Lucas de Leyde.

Dans la chapelle du Saint-Sacrement, plusieurs tableaux dont les sujets ne sont pas indiqués; par Philippe et Jean-Baptiste de Champagne.

SCULPTURES.

Dans les niches du portail, les statues en marbre de saint Benoît et de sainte Scholastique; par François Anguier.

Sous le baldaquin du grand autel, une crèche en marbre, composée des trois figures, l'Enfant-Jésus, la sainte Vierge et saint Joseph, grandes comme nature. Ce groupe, exécuté par le même sculpteur, passe pour un de ses meilleurs ouvrages.

Derrière cette figure, un tabernacle en forme de niche, soutenu par douze petites colonnes, et orné d'un bas-relief représentant une descente de croix; par le même.

Une quantité innombrable de reliquaires d'or et d'argent, et de riches ornements donnés à ce monastère par la reine Anne d'Autriche, parmi lesquels on distinguoit un soleil d'or émaillé et enrichi de pierreries, d'un prix très-considérable.

SÉPULTURES.

Outre les cœurs des princes de la famille royale déposés dans cette église, et dont le nombre s'élevoit, en 1780, à plus de quarante, elle contenoit les restes de plusieurs autres personnages considérables, savoir:

Dans les murailles de la vieille église, les entrailles d'Honorat de Beauvilliers, comte de Saint-Agnan, mort en 1662.

Dans le cloître, du côté du chapitre:

Les entrailles de Marie de Luxembourg, duchesse de Mercœur, morte en 1623.

Le corps de Jeanne de l'Escouet, veuve de Charles de Beurges, seigneur de Seury, etc., morte en 1631.

Le cœur de Philippine de Beurges, leur fille, morte en 1636.

Le cœur de César du Cambout, marquis de Coislin, etc., tué au siége d'Aire en 1641.

Le corps de Bénédicte de Gonzague, abbesse d'Avenay, morte en 1637.

Le corps de Constance de Blé d'Uxelles, abbesse de Saint-Menou, morte en 1648.

Le corps de la princesse Bénédicte, duchesse de Brunswick, mère de la princesse Amélie Wilhelmine, femme de l'empereur Joseph Ier, morte en 1730.

Indépendamment de cette faveur particulière accordée au monastère du Val-de-Grâce, de recevoir en dépôt une partie des restes mortels de la famille royale, cette maison avoit obtenu de Louis XIV des armes écartelées de France et d'Autriche, surmontées d'une couronne fermée, avec permission de les faire sculpter ou peindre tant au dehors qu'au dedans de ses bâtiments, même de les faire graver pour servir de scel au monastère et à l'ordre entier. Les lettres-patentes expédiées à ce sujet sont de 1664. D'autres lettres-patentes de la même année accordèrent à ces religieuses le droit de franchise en faveur des artisans, qui occupoient des maisons qu'elles avoient fait construire sur un emplacement de quatre cent soixante-douze toises, qu'elles avoient nommé cour Saint-Benoît. Ces priviléges étoient les mêmes que ceux dont jouissoient les gens de métier établis dans le fief de Saint-Jean-de-Latran, auquel cet établissement étoit contigu.

LES FILLES SAINTE-AGATHE.

LES CAPUCINS.

CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE.

Deux tableaux représentant, l'un la Présentation au Temple, l'autre l'Annonciation; par Lebrun.

L'HOSPICE SAINT-JACQUES-DU-HAUT-PAS.

Cet hospice, destiné à recevoir des malades, avoit été construit, peu d'années avant la révolution, par les soins de M. Cochin, curé de la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Il contenoit dix-huit lits pour les femmes et seize pour les hommes. Les sœurs de la Charité, qui en avoient la direction, y recevoient en outre des pensionnaires infirmes, lesquels pouvoient être admis dans cette maison au nombre de vingt à vingt-cinq.

L'OBSERVATOIRE ROYAL.

L'observatoire est un des monuments qui attestent avec le plus d'éclat le goût de Louis XIV pour tout ce qui, dans les sciences et les arts, avoit de la grandeur et de l'utilité. Parmi les savants et les grands artistes en tous genres que ses caresses et ses libéralités alloient chercher dans toutes les parties de l'Europe, le célèbre Jean-Dominique Cassini, le premier astronome de son temps, fut un de ceux qu'il désira le plus d'attirer dans ses états. En même temps qu'il faisoit négocier auprès de lui pour le déterminer à quitter l'Italie, ce prince ordonna que l'on choisît un lieu propre à la construction d'un édifice où l'on pût commodément faire toutes les observations astronomiques. Claude Perrault donna les dessins, et dirigea les travaux de ce monument, dont les fondations furent posées au mois d'août 1667, et qui fut achevé en 1672. Sa construction est faite avec un très-grand soin, et avec ce luxe d'appareil que l'on remarque au péristyle du Louvre, bâti par le même architecte.

L'échelle de ce bâtiment est grande, et son aspect imposant: la simplicité de son ordonnance et des membres d'architecture qui en forment les détails, les dimensions élevées de ses murs et de ses ouvertures, tout annonce un édifice public du premier ordre sur un terrain néanmoins assez resserré.

Les fondations furent difficiles à établir, à cause de la profondeur des carrières sur lesquelles on vouloit les asseoir; et ce ne fut qu'en les comblant de massifs considérables que l'on parvint à donner à ce monument l'extrême solidité, qui en est une des qualités les plus remarquables. Sa construction est toute en pierres posées par assises réglées, et qui règnent au pourtour de l'édifice; on n'y a employé ni fer ni bois: tous les planchers, tous les escaliers y sont voûtés en pierres, et appareillés avec le soin le plus recherché. Une plate-forme couvroit originairement tout l'édifice, et permettoit d'en parcourir le sommet; mais les eaux ayant pénétré la terrasse et endommagé les voûtes, il fallut refaire en entier la couverture, pour empêcher la dégradation totale du monument, ce qui fut exécuté en 1787. Cette couverture est maintenant divisée en plusieurs parties de comble, et entourée d'un mur d'appui. De là on peut contempler la voûte du ciel dans toute l'étendue de l'horizon.

Six pièces, de formes différentes, composent la distribution intérieure, et ont leurs ouvertures exposées aux différents points du ciel. Cependant, malgré les pompeux éloges donnés à ce monument par la plupart de nos historiens, on est forcé de l'avouer, sous le rapport de convenance, aucun édifice n'étoit moins propre à sa destination. Il a fallu construire en dehors, et attenant à ce bâtiment colossal, ainsi que sur la plate-forme, de petits cabinets pour y placer les instruments destinés aux travaux habituels des physiciens et des astronomes. Tout ce faîte extérieur ne contenoit pas une seule petite pièce commode où l'on pût faire sûrement et tranquillement une série d'observations; et ce n'est guère que depuis quelques années qu'on a su en rendre l'intérieur habitable, et même le pourvoir de tous instruments nécessaires pour les travaux des astronomes.

Cassini avoit fait tracer sur le plancher de l'une des tours un planisphère terrestre de vingt-sept pieds de diamètre: depuis long-temps on ne l'y voit plus. On avoit aussi pratiqué dans toutes les voûtes, au centre du bâtiment, des ouvertures de trois pieds de diamètre, et correspondant entre elles depuis la couverture jusqu'au fond des caves souterraines pratiquées sous l'édifice; la première intention étoit de s'en servir pour des observations astronomiques; mais on y a éprouvé des difficultés qui ont forcé d'y renoncer: elles n'ont été utiles qu'à mesurer les degrés d'accélération de la chute des corps, et à faire la vérification des grands baromètres.

Ces ouvertures pénètrent jusqu'au fond de ces caves au travers d'un escalier fait en vis, et composé de trois cent soixante marches, ce qui forme en tout, depuis le sommet, un puits de vingt-huit toises de profondeur. Ces caves servent à faire des expériences sur les congélations et les réfrigérations, à déterminer les divers degrés de l'humidité, du sec, du chaud, du froid. Elles s'étendent fort au loin dans les carrières voisines, et ont des parties où l'eau se pétrifie. Plus de cinquante rues percées dans des carrières y forment une espèce de labyrinthe. Partie de ces caves est revêtue de maçonnerie, d'autres sont simplement taillées dans le tuf.

La plupart des salles de cet édifice offrent cette particularité remarquable, qu'une personne parlant très-bas près de l'un des murs, ses paroles parviennent à l'oreille d'une autre personne placée près du mur opposé, sans que ceux qui occupent le milieu de la pièce puissent rien entendre de ce qu'elles disent. Ce phénomène d'acoustique, qui dépend de la forme elliptique des voûtes, est trop connu maintenant pour que nous croyions devoir l'expliquer. Sous la voûte de la salle du nord, un aéromètre indique la force des vents; cette salle est ornée de peintures représentant les saisons et les signes du zodiaque: on y voit aussi les portraits des plus célèbres astronomes.

La façade de l'Observatoire, du côté du septentrion, est couronnée d'un fronton où sont sculptées les armes du roi. L'avant-corps de celle du midi offre deux trophées astronomiques, et ce sont les seuls ornements de sculpture qu'il y ait sur ce monument.

Une machine, dite cuvette de jauge, donne la mesure de l'eau pluviale qui tombe chaque année.

COLLÉGES, ÉCOLES, SÉMINAIRES.

Écoles de Médecine (rue de la Bûcherie.)

La première chapelle, achevée en 1502, fut démolie en 1529, et remplacée par une autre, qu'on transféra encore, en 1695, dans un endroit différent.

Collége de Picardie (rue du Fouare).

On comptoit autrefois dans cette rue quatre écoles pour les quatre nations de l'Université; et c'est pourquoi, dans plusieurs titres du treizième siècle, elle est appelée de l'École et des Écoliers. La nation de Picardie est la seule qui continua d'y demeurer jusque vers la fin du siècle dernier. En 1487, elle avoit obtenu la permission d'y faire construire une chapelle, qui fut dédiée, en 1506, sous l'invocation de la sainte Vierge, de saint Nicolas et de sainte Catherine.

Saint Guillaume Berruyer, que la nation de France honoroit comme son patron, étoit celui d'une chapelle qu'il y avoit autrefois dans cette rue. Il y a bien de l'apparence que c'étoit la chapelle des écoles de cette nation: elle ne subsiste plus depuis long-temps.

Collége de Cornouaille (rue du Plâtre).

Un principal de ce collége, nommé Duponton, y fonda deux autres bourses en 1443; et en 1709 il y en eut encore une dernière, que l'on dut aux libéralités de M. Valot, conseiller au parlement et chanoine de Notre-Dame. Ce collége fut réuni, en 1763, à celui de Louis-le-Grand.

Collége de Lisieux (rue Saint-Jean-de-Beauvais).

La chapelle de ce collége fut bâtie des deniers de l'abbé de Fescamp, sous l'invocation de saint Sébastien. La nomination des bourses appartenoit à ses successeurs et aux évêques de Lisieux. Le principal et le procureur étoient élus par les boursiers théologiens, le premier à vie, le second pour un an.

Collége des Lombards (rue des Carmes).

Ce collége fut peu à peu abandonné, et deux causes y contribuèrent: d'un côté, la modicité des bourses, insuffisantes pour procurer aux élèves les besoins de première nécessité, dégoûta les Italiens de s'expatrier; de l'autre, les Universités nombreuses qui se formèrent dans leur propre pays leur procurèrent des ressources assez grandes pour qu'ils ne fussent plus obligés d'aller chercher l'instruction chez une nation étrangère. Les bâtiments qu'ils avoient occupés tomboient en ruines, et alloient devenir tout-à-fait inhabitables, lorsque deux prêtres irlandois, le sieur Maginn et Kelli, formèrent le dessein de les faire réparer en faveur des prêtres et des étudiants de leur nation.

Dès l'année 1623, Louis XIII avoit permis aux Irlandois de recevoir des legs et des donations dont l'objet devoit être de leur procurer la facilité de faire leurs études à Paris. Louis XIV avoit confirmé cette permission en 1672, en y ajoutant celle d'acheter une maison qui pût leur servir d'hospice. Celle dont ils firent l'acquisition étoit située rue d'Enfer, et ils y ont demeuré jusqu'en 1685. Ce fut pendant cet intervalle que les sieurs Maginn et Kelli jetèrent les yeux sur le collége des Lombards, espérant en faire une habitation plus commode pour leurs compatriotes; mais les trois proviseurs, qui l'habitoient encore, refusèrent d'abord de leur en céder la propriété, et se contentèrent de nommer onze Irlandois aux bourses vacantes depuis plusieurs années. Cette nomination fut confirmée en 1677; mais comme il étoit à craindre que ces nouveaux boursiers ne fussent inquiétés par des Italiens qui auroient pu venir réclamer leurs anciens droits, MM. Maginn et Kelli proposèrent de faire réédifier ce collége à leurs frais, sous la condition qu'ils en seroient proviseurs leur vie durant, et que ces places seroient toujours occupées à l'avenir par des sujets de leur nation; proposition qui fut acceptée, et que de nouvelles lettres-patentes confirmèrent en 1681. La reconstruction de ce collége fut exécutée en conséquence de cette transaction; et M. Maginn lui légua en outre 2,500 livres de rente.

Malgré tous ces arrangements, il y eut, le 22 mars 1696, un acte d'association des boursiers irlandois à ceux du collége des Grassins. Un arrêt du parlement les renvoya, en 1710, au collége des Lombards. Toutefois cette association n'avoit eu lieu que pour les étudiants seulement, et ne comprenoit point ceux qui, après avoir fini leurs études, faisoient les préparations nécessaires pour pouvoir remplir dignement les fonctions de missionnaires en Irlande. Cette distinction fut consacrée par un autre arrêt du 20 mars 1728; ainsi cette maison devoit être à la fois considérée comme un séminaire et un collége: c'étoient deux communautés réunies.

On y comptoit, en 1776, cent prêtres et environ soixante clercs étudiants, dont le plus petit nombre payoit une très-modique pension: la charité des fidèles faisoit le reste. À cette époque les clercs irlandois furent transférés dans la rue du Cheval-Vert, comme nous le dirons ci-après.

CURIOSITÉS DE LA CHAPELLE.

Sur le maître-autel, un tableau représentant une Assomption; par Jeaurat.

Ce collége étoit possesseur d'une petite bibliothèque.

Collége de Dormans-Beauvais (rue Saint-Jean-de-Beauvais).

Ce collége doit sa fondation à Jean de Dormans, cardinal, évêque de Beauvais et chancelier. Il acheta, en 1365, les maisons que le collége de Laon avoit d'abord occupées, et cinq ans après y établit un maître, un sous-maître, un procureur et douze boursiers, nés dans la paroisse de Dormans en Champagne, ou, à leur défaut, dans le diocèse de Soissons. En 1371 et 1372, il fonda successivement douze nouvelles bourses, parmi lesquelles trois furent destinées à des écoliers pris dans les villages de Buisseul et d'Athis, au diocèse de Reims, et une quatrième à un religieux prêtre de l'abbaye de Saint-Jean-des-Vignes. La chapelle, dont Charles V voulut bien poser la première pierre, fut construite aux frais de Miles de Dormans, neveu du fondateur, et dédiée, en 1380, sous l'invocation de saint Jean l'Évangéliste. Il y fonda quatre chapelains et deux clercs. Nos historiens parlent d'un nouveau chapelain et de cinq autres boursiers, fondés à diverses époques par différents particuliers.

La collation de toutes les places avoit été réservée au frère et au neveu du fondateur: l'abbé de Saint-Jean-des-Vignes éleva à ce sujet quelques contestations, qui furent terminées par un concordat, homologué en 1389, qui, laissant la collation de la bourse du religieux de Saint-Jean-des-Vignes à l'abbé, transportoit à la cour du parlement tous les droits du fondateur après la mort de Guillaume de Dormans, son neveu. Depuis, le premier président et deux commissaires de cette cour ont toujours eu l'administration de ce collége.

Vers le commencement du seizième siècle, les professeurs qui enseignoient dans les écoles de la rue du Fouare s'étant retirés dans les colléges, celui de Beauvais tint des écoles publiques, et s'unit par la suite (en 1597) au collége de Presle, pour l'exercice des classes, ce qui subsista jusqu'en 1699, que cet exercice entier resta au seul collége de Beauvais. Depuis, les arrangements qui devoient incorporer le collége de Lisieux à celui de Louis-le-Grand n'ayant pu avoir leur entier effet, le collége de Beauvais fut choisi pour prendre la place que l'autre y devoit occuper, et les maisons qui lui appartenoient furent données au collége de Lisieux.

CURIOSITÉS DE LA CHAPELLE.

TABLEAUX.

Sur le maître-autel, saint Jean l'Évangéliste dans l'île de Pathmos; par Lebrun.

TOMBEAUX ET SÉPULTURES.

Au milieu du chœur, deux statues en cuivre sur un tombeau de marbre représentant Miles de Dormans, évêque de Meaux et archevêque de Sens, mort en 1405; et un autre évêque inconnu.

Six statues en pierre, représentant:

Jean de Dormans, chancelier de l'église de Beauvais, mort en 1380.

Bernard de Dormans, chambellan de Charles V, mort en 1381.

Renaud de Dormans, chanoine de Paris, maître des requêtes de l'hôtel, etc., mort en 1380.

Jeanne Baube, femme de Guillaume de Dormans, et mère des trois personnages dont nous venons de parler, morte en 1405.

Jeanne de Dormans sa fille, mariée à Pierre de Rochefort et à Philibert de Paillart, morte en 1407.

Plusieurs savants et saints personnages ont professé dans ce collége. Saint François Xavier y donna des leçons de philosophie en 1531. Le cardinal Arnauld d'Ossat fut aussi du nombre de ses professeurs; et dans le siècle dernier l'administration en fut successivement remplie par deux hommes très-recommandables, le célèbre M. Rollin et M. Coffin.

Collége de Presles (rue des Carmes).

Le collége de Presles, fondé pour de pauvres écoliers du diocèse de Soissons, étoit composé de treize boursiers et de deux chapelains choisis parmi eux. Les chapelains devoient être nommés par les boursiers, et ceux-ci par la communauté. En 1704 on réduisit le nombre des boursiers à huit; et en 1763 ce collége fut réuni à celui de l'Université.

Collége de Tréguier (place Cambrai).

Une inscription qu'on lisoit sur la porte de ce collége portoit qu'il avoit été fondé en 1400, et Sauval, ainsi que ses copistes, avoient adopté cette date, qui ne pouvoit être que celle d'une reconstruction, car il est certain qu'il doit son origine à Guillaume de Coatmohan, grand-chantre de l'église de Tréguier, qui, par son testament du 20 avril 1325, le fonda pour huit boursiers, pris dans sa famille ou dans le diocèse de Tréguier. Les statuts que l'on fit pour ce collége en 1411 lui donnèrent de la réputation, et déterminèrent Olivier Doujon, docteur en droit, à y fonder, l'année suivante, six bourses nouvelles. Enfin, en 1575, ce collége fut considérablement augmenté par l'union qui lui fut faite du collége de Karembert. Celui-ci, qui portoit aussi le nom de Laon, parce qu'il avoit été crée pour des sujets de ce diocèse, étoit situé près de Saint-Hilaire. Du reste, nous ignorons par qui et à quelle époque il avoit été établi. Un M. de Kergroades, qui paroît avoir été parent du fondateur, et dont le consentement fut nécessaire pour opérer cette union, ne le donna qu'en se réservant la nomination des deux seules bourses qui y subsistoient encore. Ceci dura jusqu'en 1610, que le roi fit acheter le collége de Tréguier, pour élever le collége Royal sur son emplacement.

Le collége de Cambrai ou des Trois-Évêques (même place).

La maison et les jardins que Guillaume d'Auxonne avoit laissés étoient plus que suffisants pour loger les boursiers; on prit sur les biens des autres fondateurs ce qui étoit nécessaire pour fournir à leur subsistance, ce qui produisit un fonds de 200 liv. de rente. On voit par les statuts que ce collége étoit composé d'un maître, d'un chapelain faisant l'office de procureur, et de sept boursiers. Ceux-ci étoient à la nomination du chancelier de l'église de Paris, auquel le chapelain, nommé lui-même par les anciens boursiers, les présentoit.

En 1612, le roi ayant voulu faire l'acquisition du collége de Cambrai pour la construction des bâtiments du collége Royal, les commissaires de sa majesté passèrent un acte portant qu'après l'achèvement de cet édifice, le principal et les boursiers du collége détruit y seroient logés; que la chapelle qu'on y bâtiroit deviendroit leur propriété; qu'il seroit fait un fonds de 1000 liv. de rente pour leurs dommages et intérêts; enfin qu'on n'abattroit les constructions que jusqu'à la grande porte, de manière qu'ils pussent continuer à y loger jusqu'à ce que le bâtiment qu'on leur destinoit fût en état de les recevoir. Cette portion d'édifice fut conservée plus long-temps qu'on ne l'avoit cru, parce qu'alors le collége Royal ne fut pas fini, et les boursiers de celui de Cambrai ne cessèrent point d'y demeurer jusqu'à leur réunion au collége de Louis-le-Grand.

Deux professeurs de la faculté de droit et le professeur de droit françois, dont la chaire avoit été fondée en 1680 par Louis XIV, donnèrent des leçons dans le collége de Cambrai jusqu'à la construction des nouvelles écoles près de Sainte-Geneviève.

Collége-Royal (même place).

François Ier avoit fondé les chaires royales pour les savants les plus célèbres, sans aucune distinction de régnicoles et d'étrangers; et vu le sage parti qu'il avoit pris de consulter sans cesse, dans l'exécution de son projet, les hommes distingués dans les sciences et les lettres qui remplissoient sa cour, il avoit été assez heureux pour ne faire que de très-bons choix. Ses successeurs n'y portèrent pas sans doute la même attention, et plus d'une fois des hommes médiocres usurpèrent dans cet illustre corps des places qui n'appartenoient qu'au vrai mérite; cependant la succession des maîtres y présente plus de noms célèbres que dans aucun autre corps littéraire; et l'on peut assurer qu'il n'en est aucun qui, à nombre égal, ait produit autant d'ouvrages sur toutes les parties des connoissances humaines. Henri II y fonda une nouvelle chaire d'éloquence latine; Charles IX, une de philosophie grecque et latine, et une de chirurgie; Henri III, une de langue arabe. Ce monarque avoit pris solennellement l'engagement de mettre à exécution le projet de François Ier relativement à la construction des bâtiments où devoient se réunir les professeurs, et à la dotation du nouveau collége; mais les guerres civiles et les malheurs dans lesquels elles le jetèrent, le réduisirent bientôt à ne pouvoir plus même payer les gages de ces professeurs. Leur fidélité n'en fut point ébranlée, et pendant tous les orages de la ligue, ils restèrent invariablement attachés à ce prince et à son successeur Henri IV, qui en fut instruit, et qui se déclara leur plus zélé protecteur. Le duc de Sulli partagea ces sentiments de bienveillance de son maître; et ce fut à sa sollicitation et à celle du cardinal du Perron, que ce prince prit la résolution de faire enfin construire les logements et les écoles qui leur étoient nécessaires. Il fut décidé qu'on abattroit le collége de Tréguier qui menaçoit ruine, et que sur cet emplacement on feroit élever un bâtiment de trente-trois toises de long sur vingt de large. On devoit y pratiquer quatre grandes salles, et disposer l'étage supérieur pour y placer la bibliothèque royale de Fontainebleau. Il étoit même question d'y établir une imprimerie, des ateliers pour les artistes, et de doter cette maison de dix mille écus de rente. La mort funeste de ce grand roi suspendit l'exécution d'un projet aussi magnifique, mais ne le détruisit pas entièrement. Trois mois après, Louis XIII, accompagné de la reine sa mère, vint poser la première pierre de la seule aile de ce bâtiment qui alors ait été entièrement achevée; c'étoit celle qui avoit été destinée pour loger la bibliothèque. Les troubles de la régence ayant bientôt fait cesser les travaux, on y pratiqua trois salles, qui servirent d'écoles aux professeurs; mais ils n'eurent ni logements ni augmentation de gages.

Henri IV avoit fondé dans ce collége une chaire d'anatomie et de botanique; Louis XIII en créa une seconde de langue arabe et une de droit canon; Louis XIV y ajouta une chaire de langue syriaque, une seconde de droit canon, et une de droit françois. C'est à quoi se bornèrent les bienfaits de ce monarque, protecteur magnifique des sciences et des lettres, mais qui probablement ne sentit pas de quelle importance étoit le seul établissement où les jeunes gens, après le cours ordinaire des études, pussent trouver des guides sûrs pour se perfectionner dans tout genre de science ou de littérature auquel ils voudroient se livrer. Cependant la situation des professeurs devenoit de jour en jour plus fâcheuse: réduits, vers la fin de ce règne, à un petit nombre d'auditeurs, brouillés depuis long-temps avec l'Université, qui répandoit contre eux de fâcheuses impressions dans l'esprit des élèves, mal payés de modiques appointements qui n'étoient plus en rapport avec les besoins de la vie, ils étoient sur le point d'abandonner leurs travaux, lorsqu'à l'avénement de Louis XV, le duc de La Vrillière, qui avoit alors la direction de ce collége, proposa au conseil un plan qui fut adopté, et empêcha la ruine d'un établissement si utile et si important. Il consistoit à faire rentrer dans le sein de l'Université les professeurs royaux, qui n'auroient jamais dû en être séparés, et par conséquent à leur donner une part dans le produit des messageries affecté aux besoins de cette compagnie. L'exécution de ce plan ranima les exercices du collége Royal; et quelques changements utiles dans la destination de plusieurs chaires qui étoient doubles ou triples dans des genres d'enseignements peu suivis, même tout-à-fait abandonnés, donnèrent le moyen d'y faire professer de nouvelles branches de science et de littérature, sans charger le trésor de dépenses nouvelles, de manière qu'il y eut dans le collége Royal, outre l'inspecteur chargé de veiller à la discipline, vingt professeurs, dont les attributions furent fixées, par un arrêt du conseil de 1773, dans l'ordre suivant:

Une chaire pour l'hébreu et le syriaque.

Une —— pour l'arabe.

Une —— pour le turc et le persan.

Une —— pour le grec.

Une —— pour l'éloquence latine.

Une —— pour la poésie.

Une —— pour la littérature françoise.

Une —— pour la géométrie.

Une —— pour l'astronomie.

Une —— pour la mécanique.

Une —— pour la physique.

Une —— pour la médecine pratique.

Une —— pour la physique expérimentale.

Une —— pour l'anatomie.

Une —— pour la chimie.

Une —— pour l'hist. naturelle.

Une —— pour le droit canon.

Une —— pour le droit de la nature et des gens.

Une —— pour l'histoire et la morale.

Une —— pour les mathématiques, fondée par Ramus.

Collége du Plessis-Sorbonne (rue Saint-Jacques).

S'étant ensuite fait religieux dans cet ordre, auquel il avoit témoigné une affection si particulière, Geoffroi profita de la faculté qu'il s'étoit réservée par l'acte de fondation, et soumit les deux colléges à l'abbé de Marmoutier, qui depuis en fut le seul administrateur; puis, par son testament, réduisit à vingt-cinq bourses les quarante qu'il avoit d'abord fondées. Ce collége de Marmoutier subsista jusqu'en 1637, que la réforme introduite dans cette abbaye le rendit inutile. Les bâtiments en furent vendus aux Jésuites en 1641, pour accroître le collége de Louis-le-Grand.

Le collége de Louis-le-Grand (même rue).

Sans perdre de temps à discuter divers petits faits relatifs à la fondation de ce collége, et sur lesquels nos historiens ne sont pas d'accord, nous dirons simplement que l'institut des Jésuites, auquel on en doit l'établissement, ayant été approuvé, en 1540 et 1549, par deux bulles de Paul III, S. Ignace de Loyola, fondateur de la Société de Jésus, envoya sur-le-champ quelques-uns de ses disciples à Paris. Plusieurs personnes prétendent que, dès 1540, ils demeuroient au collége du Trésorier, et en 1542 à celui des Lombards. La première de ces deux assertions paroît dépouillée de preuves; quant au collége des Lombards, ils ne tardèrent pas à le quitter pour aller loger dans l'hôtel de Clermont, qui appartenoit au cardinal du Prat. Cette Éminence mit à les servir un vif intérêt, leur procura, avec le logement, une honnête subsistance, et, ce qui n'étoit pas moins important pour eux, la protection du cardinal de Lorraine. Ce fut par les soins de celui-ci qu'ils obtinrent, en 1551, des lettres-patentes par lesquelles Henri II permettoit leur établissement, mais à Paris seulement. Les oppositions de l'évêque, du parlement et de l'université suspendirent l'effet de cette faveur; soutenus par les Guises, qui gouvernoient entièrement Catherine de Médicis et son fils François II, les Jésuites se voyoient sur le point de triompher de ces obstacles, lorsque la mort du jeune monarque vint leur susciter des obstacles nouveaux. Malgré les différentes lettres de jussion adressées au parlement par Charles IX, la cour jugea qu'avant de les vérifier il étoit à propos de renvoyer les Jésuites devant l'assemblée générale du clergé, qui se tint à Poissi en 1561, pour y faire approuver leur institut. C'est là qu'ils furent enfin admis en France sous certaines conditions, à titre de société et de collége; et comme le parlement ne consentit à l'enregistrement qu'en 1562, c'est cette dernière date qu'on peut regarder comme celle du véritable établissement légal des Jésuites à Paris; celui de leur collége est encore postérieur, quoique Dubreul et ceux qui l'ont suivi en marquent l'institution en 1550.

TABLEAUX.

Sur le maître-autel, trois tableaux, représentant, l'un, Jésus-Christ au milieu des docteurs; les deux autres, saint Charlemagne et saint Louis; par Restout.

Collége des Cholets (rue des Cholets).

Nos historiens, qui varient beaucoup entre eux sur la date de la fondation de ce collége, s'accordent tous à dire que le cardinal Jean Cholet, légat en France, avoit légué, par son testament, en 1289, une somme de 6000 liv., pour fournir aux frais de la croisade publiée contre Pierre d'Aragon; qu'étant mort le 2 août 1292, et la guerre étant terminée, ses exécuteurs testamentaires employèrent cette somme à l'établissement d'un collége. Il est assez difficile de croire qu'en 1289 Jean Cholet ait destiné une somme quelconque au succès d'une expédition contre un prince qui étoit mort quatre ans avant la date de ce testament; quoi qu'il en soit, une partie de ses biens fut effectivement employée à cette fondation. Jean de Bulles, archidiacre du Grand-Caux dans l'église de Rouen, et l'un des exécuteurs du testament de cette Éminence, offrit la maison où il demeuroit, vis-à-vis la chapelle Saint-Symphorien, et même en céda gratuitement la moitié, ce qui lui mérita d'être considéré comme second fondateur de ce collége. Il faut, suivant Jaillot, fixer cet événement à l'année 1291. On joignit bientôt à cette première acquisition celle d'une maison voisine, et les droits d'indemnité en furent payés à l'abbaye Sainte-Geneviève en 1295, seconde date qui a induit en erreur le plus grand nombre de ceux qui ont parlé de cette fondation.

Ce collége avoit été fondé seulement pour seize boursiers théologiens; mais les exécuteurs testamentaires étant morts, le cardinal Le Moine, qui leur fut substitué, confirma les statuts, ajouta quatre boursiers dont l'emploi étoit de célébrer l'office divin, et fit acheter une maison adjacente pour y placer vingt boursiers grammairiens. Tous ces boursiers devoient être pris dans les diocèses d'Amiens et de Beauvais.

Collége et communauté de Sainte-Barbe (rue de Reims).

Il arriva, en 1556, que Robert Dugast, aussi docteur régent en droit canon, ayant acquis les quatre cinquièmes de cette maison, forma le projet d'y établir un collége régulier. Par l'acte de cette fondation, daté de cette même année, il institua un principal, un chapelain et un procureur, tous les trois prêtres ou sur le point de l'être, et qui devoient être des diocèses d'Évreux, de Rouen, de Paris ou d'Autun. La nomination des boursiers, qui étoient au nombre de quatre, fut réservée au plus ancien conseiller-clerc du parlement, au chancelier de l'église et université de Paris, et au doyen des professeurs en droit. Les biens qu'il affecta à cet établissement furent amortis par des lettres de Henri II, données dans la même année 1556.

Ce fut vers ce temps-là que se forma la communauté annexée depuis à ce collége. Un docteur de Sorbonne, nommé Germain Gillot, avoit sacrifié une partie considérable de sa fortune pour fournir à la subsistance d'un certain nombre d'étudiants qu'il faisoit élever dans différents colléges. M. Thomas Durieux, aussi docteur de Sorbonne, l'un des élèves de M. Gillot, et son successeur dans cet acte de charité, voyant l'Université devenir propriétaire de la plus grande partie du collége de Sainte-Barbe, profita de cette occasion pour en louer les bâtiments, ainsi que ceux qui étoient restés à ce collége, et y rassembla en 1588 tout son petit troupeau sous le nom de Communauté de Sainte-Barbe. Depuis, ayant été nommé principal du collége du Plessis, cet homme respectable se trouva dans une situation à donner des soins encore plus assidus à ses enfants d'adoption, qui venoient prendre des leçons dans ce collége, et qui n'ont point cessé d'y être reçus jusque dans les derniers temps.

L'institution de Sainte-Barbe se faisoit tellement remarquer par la sévérité de sa discipline et par le succès de ses études, que, dans le siècle dernier, elle attira l'attention du monarque. Louis XV voulant en 1730 donner à ce collége des marques éclatantes d'une protection spéciale, daigna s'attribuer la nomination à la supériorité, qu'il réunit avec la principalité du collége du Plessis, sous l'inspection particulière de l'archevêque de Paris. Au moment de la révolution, la communauté de Sainte-Barbe étoit encore composée, indépendamment des anciens boursiers, de trente-six théologiens, auxquels étoient attachés un supérieur local et trois maîtres chargés des conférences; de quarante-huit philosophes, sous un supérieur local et quatre maîtres; enfin de cent douze humanistes, conduits par douze maîtres particuliers.

Saint Ignace de Loyola, qu'on nommoit alors Inigo, avoit fait ses études dans ce collége. On y a vu professer plusieurs hommes célèbres, entre autres, Jean-François Fernel, premier médecin de Henri II, et George Buchanan, poëte et historien.

Le collége de Coqueret (rue Chartière).

Collége de Reims (rue des Sept-Voies).

Ce collége de Rhétel n'étoit ni voisin de celui de Reims, ni contigu, comme l'ont dit plusieurs auteurs: il étoit situé dans la rue des Poirées. Gaultier de Launoi l'avoit créé pour les écoliers du Rhételois, et Jeanne de Bresle y avoit fondé depuis quatre bourses pour des écoliers du comté de Porcien. Lors de l'union, presque tout le revenu de ce collége étoit dissipé; alors il n'y avoit même plus de boursiers.

Cette union soutint pendant quelque temps le collége de Reims, dont l'administration supérieure passa entre les mains de l'archevêque. Toutefois il tomba successivement dans un état si misérable, qu'en 1699 il étoit déjà sans boursiers, et qu'en 1720 il n'y restoit que deux officiers. M. le cardinal de Mailli, archevêque de Reims, entreprit alors de le rétablir, et chargea de ce soin M. Le Gendre, chanoine de Notre-Dame, qui dressa des statuts, établit dans ce collége un principal, un chapelain, et trouva le moyen d'y réunir huit boursiers pris dans les lieux désignés par les fondateurs. En 1745 on en reconstruisit la façade, et en 1763 il fut réuni à celui de l'Université.

Collége de la Merci (même rue).

Collége de Fortet (même rue).

Ceux-ci offrirent au chapitre Notre-Dame la commission de remplir la volonté du testateur: le chapitre l'accepta, et ne trouvant pas la maison léguée propre à établir un collége, il acquit, en 1397, de M. de Listenoi, seigneur de Montaigu, une maison qu'il possédoit rue des Sept-Voies, et la fit disposer telle qu'elle devoit être pour une semblable institution. On nomma le principal, les boursiers, et on leur donna des statuts le 10 avril de la même année.

Collége de Montaigu (même rue).

Il est redevable de sa fondation à la maison des Aycelin, plus connue sous le nom de Montaigu, illustre par son ancienneté et par les dignités qui furent la preuve et la récompense de ses services. Gilles Aycelin, archevêque de Rouen et garde des sceaux, en fut le premier fondateur. Propriétaire de plusieurs maisons dans les rues des Sept-Voies et de Saint-Symphorien, il chargea, par son testament du 13 décembre 1314, Albert Aycelin, évêque de Clermont, son héritier, de loger de pauvres écoliers dans une partie de ces bâtiments, et de louer ou de vendre les autres pour fournir à leur subsistance.

Cette fondation, portée dans le testament du cardinal de Laon, daté du 7 novembre 1387, fut d'abord attaquée par Louis Aycelin de Montaigu de Listenoi son neveu; mais il ne tarda pas à se rétracter, ce qu'il fit à la sollicitation de son oncle maternel, Bernard de La Tour, évêque de Langres, et du cardinal de Thérouenne, et consentit à l'exécution des volontés du testateur, sous la condition que ce collége porteroit le nom de Montaigu, que les armes de cette maison seroient placées sur la porte principale, et que les boursiers, suivant l'intention du cardinal de Laon, seroient pris, de préférence, dans le diocèse de cette ville.

Les statuts, dressés en 1402 par Philippe de Montaigu, évêque d'Évreux et de Laon, et l'un des exécuteurs testamentaires du cardinal, soumirent ce collége à l'autorité du chapitre de Notre-Dame, et d'un des descendants du fondateur; mais, soit que l'inspection en eût été négligée, soit que la modicité des revenus n'eût pas permis de faire les dépenses nécessaires pour les réparations, avant la fin du siècle les bâtiments menaçoient, pour la seconde fois, d'une ruine prochaine, et il ne restoit plus aucune ressource pour les réparer.

Ces boursiers devoient faire un corps séparé de ceux qui formoient le collége: car Jean Standonc n'avoit voulu créer cette communauté qu'en faveur des pauvres; et en effet les réglements qu'il fit annoncent l'extrême pauvreté et la vie austère de ceux qui la composoient. Dans les commencements, ils alloient aux Chartreux recevoir avec les indigents le pain que ces religieux faisoient distribuer à la porte de leur monastère; la nourriture qu'on leur donna ensuite consistoit en pain, légumes, œufs ou harengs, le tout en très-petite quantité. Ils ne mangeoient jamais de viande, ne buvoient point de vin. Leur habillement se composoit d'une cape de drap brun très-grossier, fermée par devant, et d'un camail fermé devant et derrière; ce qui les fit appeler les pauvres capettes de Montaigu.

Il paroît, par les réglements, qu'il y avoit alors dans cette communauté quatre-vingt-quatre pauvres écoliers, en l'honneur des douze apôtres et des soixante-douze disciples, de plus le maître, appelé le père ou ministre des pauvres, le procureur et deux correcteurs. Ces officiers devoient être présentés par le prieur des Chartreux, et constitués par le grand-pénitencier de l'église de Paris.

L'austérité de ces statuts fut adoucie depuis, principalement par un nouveau réglement homologué au parlement en 1744, en vertu duquel les boursiers furent dispensés de réciter certains offices, et obtinrent la permission de faire gras à midi seulement: le soir, ils ne prenoient qu'une collation très-frugale.

Le collége d'Hubant ou de l'Ave-Maria (rue de la Montagne-Sainte-Geneviève).

Ce collége fut fondé, en 1336, par Jean de Hubant, conseiller du roi, dans une maison qu'il avoit achetée du monarque lui-même dès 1327. Il y établit et fonda quatre bourses en faveur de quatre pauvres étudiants, affectant à leur entretien une maison située rue des Poirées, une autre sise au cloître Sainte-Geneviève, et la troisième partie des dîmes du territoire de Sormillier. L'abbé, le prieur de Sainte-Geneviève et le grand-maître du collége de Navarre furent nommés pour faire exécuter cette fondation.

Jaillot pense qu'elle fut faite dans la maison de la rue Sainte-Geneviève, où ce collége resta établi jusqu'au moment de sa réunion. Cependant le censier de Sainte-Geneviève de 1380 n'en parle point à l'article de cette rue; mais à celui de la rue des Almandiers on lit: «Les écoliers de Hubant, pour leur maison à l'Image-Notre-Dame......... tenant d'un côté à Jean de Chevreuse, d'autre, au jardin du comte de Blois.» On voit par le même censier qu'ils avoient deux autres maisons joignant celle-ci, et une troisième vis-à-vis. Quant au nom de l'Image-Notre-Dame que portoit celle que nous venons de citer, il lui fut donné parce qu'au-dessus de la porte il y avoit une figure de la Vierge, aux pieds de laquelle étoient écrits ces deux premiers mots de la salutation angélique, Ave Maria; cette inscription ne tarda pas à devenir le nom du collége, et fit presque oublier celui du fondateur.

Ce collége avoit été réuni à celui de l'Université.

Collége des Grassins (rue des Amandiers).

Il doit son origine à M. Pierre Grassin, sieur d'Ablon, conseiller au parlement: ce magistrat laissa, par son testament du 16 octobre 1569, une somme de 30,000 livres, laquelle devoit être employée selon la disposition de M. Thierri Grassin, son frère et son exécuteur testamentaire, et par le conseil de M. Le Cirier, évêque d'Avranches, à fonder un collége de pauvres; ou s'il le trouvoit plus convenable, à bâtir sur l'eau une maison pour les pauvres malades. En cas que son fils vînt à mourir sans enfants, la somme destinée à cette fondation devoit être doublée. Celui-ci ne survécut pas long-temps à son père, et augmenta la fondation de 1200 liv. L'exécuteur testamentaire, Thierri Grassin, s'étant décidé à faire bâtir un collége, acheta, le 26 avril 1571, de M. de Mesmes, une partie de l'hôtel d'Albret, consistant en une grande maison et deux petites contiguës à la première. Les 1er et 15 mai suivants, il acheta encore quatre autres maisons voisines. À ces acquisitions, qui remplissoient les intentions des fondateurs, il ajouta ses propres bienfaits, et acheva de consolider cet établissement en lui léguant sa bibliothèque, et environ 3,000 livres de rente.

Les bâtiments de ce collége ne furent achevés qu'en 1574, quoique la première acquisition pût en faire remonter l'origine jusqu'en 1571, date qu'a donnée de préférence l'abbé Lebeuf. La chapelle fut bénite en 1578, sous l'invocation de la Vierge.

En 1696 on transporta, comme nous l'avons déjà dit, dans ce collége la fondation faite quelques années auparavant dans celui des Lombards, en faveur des pauvres étudiants irlandois. Ils y restèrent jusqu'en 1710, qu'un arrêt du parlement les fit retourner dans leur premier domicile.

CURIOSITÉS DE LA CHAPELLE.

TABLEAUX.

Sur le maître-autel, Notre Seigneur bénissant des petits enfants; par Hallé.

Sur la porte de la sacristie, la Résurrection du fils de la veuve de Naïm; par Simon Vouet.

Vis-à-vis, le Départ de Tobie; par Lebrun.

Le collége des Grassins étoit de plein exercice.

Écoles de droit (place Sainte-Geneviève).

On sait que les Francs, devenus maîtres de cette partie des Gaules à laquelle ils ont donné leur nom, continuèrent de s'y gouverner par leurs lois et leurs coutumes, laissant aux peuples conquis les lois sous lesquelles ils avoient vécu depuis la conquête de Jules-César.

Quant aux conquérants, ils vivoient sous le régime de leurs propres lois, lois également très-nombreuses et très-variées, mais qui néanmoins, sous les noms divers de Salique, Gombette, ou Ripuaire, présentent toutes ce caractère commun à la jurisprudence de ces peuples barbares, qu'il y a composition pour toute espèce de violation de la loi, c'est-à-dire que tout délit, de quelque nature qu'il puisse être, y est évalué et amendable en argent.

Charlemagne n'osa point toucher à ce code que les Francs considéroient comme le titre le plus précieux de leur noblesse et la sauve-garde de leurs libertés. Tous ses efforts tendirent seulement à le rendre moins imparfait; et tel fut l'objet de ses fameux capitulaires, qui ne présentent point, ainsi que plusieurs l'ont pensé, une législation nouvelle, les premiers n'étant en grande partie que des recueils d'interprétations des anciennes lois, et, comme s'exprime l'archevêque Hincmar, d'arrêts rendus sur contestations en matières de lois. On y trouve aussi des explications et des répétitions de lois déjà établies, des réglements de police, des dispositions temporaires sur l'administration de l'état, etc. Ce n'est que dans le dernier que l'on voit enfin paroître des lois nouvelles et la réformation de celles qui les avoient précédées.

Cependant les lois Théodosiennes, promulguées en 438, avoient été augmentées dans le siècle suivant par Justinien Ier. Il y joignit d'abord, en 534, les décisions des jurisconsultes sur diverses matières de législation; en 541, il y ajouta les nouvelles constitutions publiées sous son règne; et cette compilation nouvelle, devenue la loi écrite de tous les peuples soumis à son autorité, fut connue sous le nom de Pandectes ou Digeste.

Ce n'est point ici le lieu d'examiner si ce fut un bien ou un mal pour la chrétienté que l'adoption qui s'y fit des maximes de cette jurisprudence romaine, née au sein du paganisme, développée et perfectionnée sous le despotisme militaire d'empereurs, dont ceux-là même qui étoient chrétiens entendoient mal l'esprit et la politique du christianisme: nous dirons seulement que l'enthousiasme fut grand en France pour le code Justinien; on s'empressa de l'étudier, et cette étude du droit civil romain devint si générale, que l'Université en conçut des alarmes. Ainsi que nous l'avons déjà dit, les ecclésiastiques étant presque les seuls qui, dans le moyen âge, s'adonnassent aux lettres, et eussent quelque teinture des sciences, on craignit que cette étude, plus recherchée et par conséquent plus lucrative, ne les détournât de celle du droit canon, que cette compagnie considéroit avec raison comme beaucoup plus importante; et, pour en arrêter les progrès, elle crut nécessaire de réclamer l'autorité des papes et des conciles. Celui de Tours, tenu en 1163, se contenta d'interdire cette étude aux gens d'église; mais Honorius III alla plus loin, et défendit d'enseigner le droit civil à qui que ce fût, sous les peines civiles et canoniques les plus sévères.

Si l'on en croit Rigord, les défenses de ce pape ne furent pas exactement observées. Du reste, quoiqu'elles ne s'étendissent point sur le droit canon, et que ses professeurs fussent dès-lors agrégés à l'Université, on ne trouve point qu'ils eussent encore de lieu affecté pour donner leurs leçons. Ce n'est que vers la fin du quatorzième siècle qu'il est fait mention d'écoles de droit situées rue Saint-Jean-de-Beauvais. Sauval dit qu'elles furent établies, en 1384, par Gilbert et Philippe-Ponce, au lieu même où depuis logea Robert Étienne. Si cette anecdote est vraie, il en faut conclure que ces écoles ont été transportées depuis de l'autre côté de la rue: car la maison qu'elles occupoient encore dans le siècle dernier étoit située vis-à-vis celle de ce célèbre imprimeur. Du Breul s'est contenté de dire qu'il y avoit de grandes et de petites écoles, et qu'en 1464 le bâtiment fut réparé de bonnes murailles, dont la toise ne coûtoit que 16 sous. Jaillot ajoute qu'en 1495 il avoit été augmenté de deux masures et d'un jardin, qu'on acheta du chapitre Saint-Benoît.

Comme les actes qui font mention de ces écoles ne disent point positivement qu'on y enseignât le droit civil, il est probable que la défense faite par le Saint-Siége continuoit d'y être observée, et qu'on n'y enseignoit que le droit canon. Toutefois cette défense n'étoit que pour la ville de Paris seulement; et les élèves, après avoir pris dans cette ville leurs degrés dans cette dernière science, alloient étudier le droit civil dans les provinces, où cette étude étoit sinon autorisée, du moins tolérée. En 1563 et 1568, on voit le parlement permettre de professer à Paris le droit civil, et cette permission cesser dès 1572; enfin Louis XIV, par son édit du mois d'avril 1679, ordonna que les leçons publiques du droit romain seroient rétablies, et l'année suivante, ce monarque voulut qu'à l'avenir il y eût un professeur en droit françois dans chaque université.

Cette faculté, la seconde de l'Université, étoit composée de six professeurs en droit civil et canonique, d'un professeur en droit françois et de douze docteurs agrégés. Ils continuèrent à occuper les écoles de la rue Saint-Jean-de-Beauvais jusque vers la fin du dix-huitième siècle; mais ces écoles, qui d'ailleurs étoient très-incommodes, menaçant ruine de toutes parts, on prit la résolution d'en construire de nouvelles, et sur un plan plus digne d'une si grande institution. Elles furent élevées au côté gauche de la grande place ouverte devant la nouvelle église Sainte-Geneviève, et sur les dessins de Soufflot. C'est un grand bâtiment de très-belle apparence, dont la façade est ornée de quatre colonnes ioniques, qui soutiennent un fronton triangulaire, portant dans son tympan les armes du roi. L'architecte, par une innovation qui ne doit pas sembler heureuse, a jugé à propos de donner la forme d'une courbe rentrée à toute la façade de ce monument.

CURIOSITÉS DES ÉCOLES DE DROIT.

TABLEAUX.

Dans la grand'salle, au premier, le portrait en pied de Louis XV, revêtu de ses habits royaux.

Dans la salle des examens, le grand plan de Paris; par l'abbé de La Grive.

SCULPTURES.

Le buste en marbre de M. de Trudaine, et les portraits de plusieurs autres magistrats.

Le séminaire des Clercs irlandois (rue du Cheval-Vert).

Jean Lée, prêtre irlandois échappé à la persécution de la reine Élisabeth, étant venu se réfugier à Paris avec six écoliers de sa nation, fut reçu avec eux au collége de Montaigu; ceci arriva en 1578. Le nombre de ces réfugiés s'étant bientôt augmenté, on les transféra au collége de Navarre, qu'ils quittèrent encore pour aller occuper une maison qu'avoit louée pour eux, au faubourg Saint-Germain, le président l'Escalopier. Nous avons dit comment, en 1677, ils furent établis avec les prêtres irlandois au collége des Lombards, où ils restèrent jusqu'en 1776, époque à laquelle ils vinrent occuper, rue du Cheval-Vert, une maison plus commode, qu'ils durent au zèle et à la libéralité de leur supérieur, M. l'abbé Kelly.

Le but de cet établissement étoit de former à l'état ecclésiastique de jeunes Irlandois, pour les mettre en état de faire ensuite des missions dans leur pays.

La communauté des Eudistes (rue des Postes).

La plupart de nos historiens de Paris ont oublié de parler de cette communauté, dont l'existence n'est pas même indiquée sur la plus grande partie des plans. C'étoit une congrégation de prêtres séculiers instituée sous le nom de Jésus et de Marie par le P. Eudes, dont nous avons déjà parlé. Il en avoit puisé l'esprit et conçu le dessein dans la congrégation de l'Oratoire, dont il étoit membre, et destina ces prêtres à diriger les séminaires et à faire des missions. Son projet reçut sa première exécution à Caen, où il fut autorisé par des lettres-patentes données en 1643.

La double utilité de cet institut engagea quelques personnes pieuses à appeler les Eudistes à Paris; et M. de Harlai approuva, en 1651, la donation qu'on leur fit de la moitié d'une maison située près de l'église Saint-Josse qu'ils desservirent pendant quelque temps, et dont l'un d'eux fut même nommé curé. Mais cette maison ayant été vendue, ils acquirent en 1703 celle dont nous parlons, et dans laquelle ils demeurèrent jusque dans les derniers temps. Toutefois leur intention ne fut d'abord que de s'en servir comme d'un hospice: car on les voit, depuis cette époque, établis dans la cour du palais, et chargés de desservir la basse Sainte-Chapelle.

Ce ne fut qu'en 1727 qu'ils vinrent habiter la rue des Postes, et que le concours des deux puissances leur procura enfin un établissement permanent. Un décret de l'archevêque de Paris du 28 juillet 1773 les y maintint sous le titre de communauté et de séminaire pour les jeunes gens de cette congrégation; et il leur fut permis en conséquence d'acquérir jusqu'à 6,000 livres de rente.

Le maître-autel de la chapelle étoit décoré d'un Christ; sans nom d'auteur.

Séminaire Anglois (même rue).

Ce séminaire fut établi en 1684 par quelques prêtres anglois, sous le nom et l'invocation de saint Grégoire-le-Grand. Les lettres-patentes données à cet effet par Louis XIV sont datées de cette année, et portent la permission d'établir une communauté d'ecclésiastiques séculiers anglois. L'archevêque de Paris y joignit son consentement en 1685.

La chapelle de ce séminaire, extrêmement petite, n'offroit rien de remarquable.

Séminaire du Saint-Esprit et de l'Immaculée Conception (même rue).

Cet institut doit son existence à M. Claude-François Poullart des Places, prêtre du diocèse de Rennes. Convaincu que le manque de ressources empêchoit souvent de jeunes étudiants d'entrer dans les séminaires, et de suivre leur vocation, ce pieux ecclésiastique en aida d'abord quelques-uns, et conçut ensuite le projet de les réunir en communauté. Cet établissement, dont la charité et l'humilité étoient la base, et auquel plusieurs personnes respectables s'empressèrent de coopérer, fut formé en 1703 rue Neuve-Sainte-Geneviève. M. Poullart voulut qu'on ne reçût dans son séminaire que des jeunes gens capables d'étudier en philosophie ou en théologie; et qu'après le temps destiné à cette étude ils pussent encore résider deux ans dans cette maison, pour se préparer complètement aux fonctions du sacerdoce. Du reste il exigea qu'ils ne prissent aucun degré, qu'ils renonçassent à l'espoir des dignités ecclésiastiques, qu'ils se bornassent à servir dans les pauvres paroisses, dans les postes déserts ou abandonnés, pour lesquels les évêques ne trouvoient presque point de sujets, enfin à faire des missions tant dans le royaume que dans nos colonies.

Cet établissement parut si utile, qu'il ne tarda pas à obtenir de puissantes protections: le clergé, assemblé en 1723, lui assigna une pension. Il en obtint une autre du roi en 1726, avec des lettres de confirmation. Placé d'abord, comme nous venons de le dire, rue Neuve-Sainte-Geneviève, il fut transféré en 1731 dans la rue des Postes, au moyen d'un legs de 40,000 livres que M. Charles Le Baigue, prêtre habitué de Saint-Médard, avoit fait à ce séminaire par son testament du 17 septembre 1723. Avec cette somme ils achetèrent d'abord une maison à laquelle ils firent depuis des réparations et des augmentations considérables. La première pierre des bâtiments neufs fut posée en 1769 par M. de Sartine.

CURIOSITÉS DE LA CHAPELLE.

SCULPTURES.

Sur la porte extérieure, un bas-relief représentant des missionnaires qui instruisent des nègres; par Duret.

Dans l'intérieur, deux autres bas-reliefs; par le même.

Dans la salle des exercices, une Assomption; par Adam cadet.

Une salle pratiquée au-dessus de la nef contenoit la bibliothèque.

Cette maison étoit chargée de fournir les missionnaires des colonies de Cayenne et du Sénégal.

Collége de Pharmacie et jardin des Apothicaires, (rue de l'Arbalète).

Nous avons fait mention, dans le quartier précédent, d'un hôpital institué par le sieur Houel, dans la maison connue sous le nom de Sainte-Valère, et des événements qui en changèrent peu à peu la destination; on a vu que le jardin qu'il avoit formé vis-à-vis cet établissement et destiné à la culture des plantes médicinales, avoit été conservé: les apothicaires et les épiciers, qui, dans le dix-septième siècle, ne formoient encore qu'une seule communauté, acquirent, en 1626, la propriété de ce jardin, et le 2 décembre de la même année achetèrent la maison située rue de l'Arbalète, ce qui leur procura les moyens d'ouvrir leur entrée principale sur cette rue, et d'y faire construire le bâtiment qui existe encore aujourd'hui. Les pharmaciens devinrent ensuite les seuls maîtres de l'établissement, qui fut érigé en collége. Une inscription en lettres d'or sur une table de marbre noir apprenoit que cette érection avoit été faite en 1777.

CURIOSITÉS.

TABLEAUX.

Dans la grande salle, au-dessus de la porte, Louis XIV donnant le poids marchand au corps des épiciers; sans nom d'auteur.

Sur la cheminée, Hélène et Ménélas arrivant en Égypte; et recevant du roi de cette contrée plusieurs plantes médicinales; par Vouet.

Les portraits en médaillons de MM. Rouelle frères, chimistes renommés.

Au pourtour de la salle, les portraits des anciens gardes de la communauté des épiciers et apothicaires.

SCULPTURES.

Entre deux croisées de la même salle, le buste de M. Le Noir.

École des Savoyards (rue Saint-Étienne-des-Grès).

À ces leçons, les charitables instituteurs voulurent bien ajouter des prix pour entretenir l'émulation. La première distribution s'en fit rue Saint-Étienne-des-Grès, dans la chapelle de l'ancien collége de Lisieux. La charité des gens de bien qui habitoient ces divers quartiers fournissoit abondamment à ces dépenses. Bientôt on jugea qu'il étoit possible d'étendre les bienfaits de cette institution sur les pauvres enfants des diverses provinces du royaume; on y reçut des Auvergnats, des Limousins, des Normands, des Gascons, etc., etc., ce qui rendit les catéchismes plus nombreux, et donna lieu d'établir une nouvelle école dans la paroisse de la Magdeleine au faubourg Saint-Honoré.

HÔTELS.

Hôtel de Bourgogne (rue des Sept-Voies).

Cet hôtel, dont la plus grande partie servit à former le collége de Reims, appartenoit, dans le treizième siècle, aux ducs de Bourgogne. Il fut uni à la couronne, ainsi que leur duché, sous le règne du roi Jean; mais ce prince jugea à propos de se réserver l'hôtel, lors de l'investiture qu'il donna à son fils Philippe-le-Hardi des domaines et de la souveraineté de ce duché. Charles V son frère lui rendit cette habitation en 1364. On trouve que dix ans auparavant elle étoit occupée par les religieuses de Poissi, que la guerre avoit obligées de venir chercher un asile à Paris. En 1402, Philippe donna cet hôtel à son troisième fils Philippe, comte de Nevers et de Rhétel, qui le vendit aux écoliers de Reims en 1412.

Hôtel d'Albret (même rue).

Cet hôtel, dont une très-petite portion fit le collége de la Merci, appartenoit anciennement aux comtes de Blois. Il subsiste encore à côté du collége de la Merci une partie de cette maison, laquelle a retenu le nom de cour d'Albret.

Petit-Bourbon (rue du Faubourg-Saint-Jacques).

Nous avons dit à l'article du Val-de-Grâce qu'on en transféra les religieuses dans une maison appelée le Petit-Bourbon. Elle se nommoit auparavant le fief ou le séjour de Valois, nom qu'elle devoit à Charles de Valois, fils de Philippe-le-Hardi, auquel elle appartenoit au commencement du quatorzième siècle. Depuis elle passa dans la maison de Bourbon; et au seizième siècle elle faisoit partie des propriétés du connétable de Bourbon, sur lequel elle fut confisquée, avec tous ses autres biens. Louise de Savoie, ayant obtenu la permission d'aliéner ces biens jusqu'à la concurrence de 12,000 livres de rente, donna, en 1528, le séjour de Bourbon à Jean Chapelain, son médecin. Ses descendants le vendirent aux religieuses du Val-de-Grâce.

Autres hôtels.

Dans ce même quartier étoient situés les hôtels suivants, qui tous ont été détruits, et sur lesquels nous n'avons pu nous procurer aucun détail.

Hôtel des évêques de Nevers, rue des Amandiers.

—— des abbés de Pontigni, rue des Anglois.

—— de Jean Gannai, chancelier de France, rue de l'Arbalète.

—— des abbés de Saint-Benoît-sur-Loire, rue de la Grande et de la Petite-Bretonnerie.

—— de Vezelai, du Mont Saint-Michel[439], rue des Cholets.

—— des évêques d'Auxerre, de Coutances, du Mans, de Senlis, de Langres, de Châlons[440].

—— des abbés de Saint-Jean-des-Vignes, rue Saint-Jacques, près la chapelle Saint-Yves.

—— des évêques de Nevers en 1380, rue Judas.

—— de Marli-le-Châtel, rue des Sept-Voies.

FONTAINES.

Fontaine Saint-Benoît ou de la place Cambray.

Cette fontaine, située à l'entrée de la place Cambray et vis-à-vis l'église Saint-Benoît, a été construite vers l'an 1624.

Fontaine de Sainte-Geneviève.

Cette fontaine est située dans la partie la plus élevée de la montagne.

Fontaine du Pot-de-Fer.

Elle s'élève au coin de la rue Moufetard et de celle dont elle a pris le nom.

Fontaine des Carmélites.

Elle a été construite dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques et à l'entrée du couvent dont elle porte le nom.

Ces quatre fontaines reçoivent leurs eaux de l'aqueduc d'Arcueil.

Porte Saint-Jacques.

Cette porte étoit située à l'extrémité de la rue du même nom, près du carrefour auquel aboutissent les rues du Faubourg-Saint-Jacques, Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-Jacques.

BARRIÈRES.

Il n'y a que deux barrières dans toute l'étendue de ce quartier:

La barrière de la Santé.

La barrière Saint-Jacques[442].

RUES ET PLACES DU QUARTIER SAINT-BENOÎT.

Rue des Amandiers. Elle aboutit d'un côté à la rue des Sept-Voies, et de l'autre à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève; dès le treizième siècle elle portoit ce nom, dont on n'a pu découvrir l'étymologie. On disoit également rue des Almandiers, de l'Allemandier et des Amandiers.

Rue de Biron. Cette rue, qui donne d'un côté rue du Faubourg-Saint-Jacques, de l'autre dans celle de la Santé, étoit encore sans nom en 1772. Elle a pris depuis celui qu'elle porte aujourd'hui.

Place Cambrai. Elle fut ouverte, au commencement du dix-septième siècle, sur une partie de la rue Saint-Jean-de-Latran, qui s'étendoit jusqu'à la rue Saint-Jacques, et sur un terrain qui servoit anciennement de cimetière. On le nommoit le Grand Cimetière, le Cimetière de Cambrai, le Cimetière de l'Acacias; le Cimetière du Corps-de-garde. Ces différents noms venoient de la terre de Cambrai, ainsi appelée parce que la maison de l'évêque de Cambrai, convertie depuis en collége, y étoit située; d'un acacia qu'on y avoit planté, et d'un corps-de-garde voisin.

Rue des Carmes. Elle aboutit d'un côté à la rue des Noyers, et de l'autre à celle du mont Saint-Hilaire. Comme elle a été ouverte, ainsi que celle de Saint-Jean-de-Beauvais, sur le clos Bruneau, on lui en a souvent donné le nom. Elle portoit aussi celui de Saint-Hilaire, parce qu'elle aboutissoit à cette église, et c'est ainsi qu'elle est dénommée dans des actes de 1317 et 1372. Son dernier nom lui vient du couvent des Carmes qui y étoit situé.

Rue des Charbonniers. Elle fait la continuation de la rue de l'Arbalète, et aboutit à celle des Bourguignons. Son nom lui vient d'un lieu voisin dit les Charbonniers, dont il est question plusieurs fois dans le terrier du roi de 1540.

Rue des Cholets. Cette rue donne d'un côté dans la rue Saint-Étienne-des-Grés, de l'autre dans celle de Reims, et doit son nom au collége qu'on y a bâti. Auparavant on la nommoit Saint-Symphorien et Saint-Symphorien-des-Vignes. Cette dernière dénomination venoit de ce que le carré que forme cette rue avec celle de Reims, des Sept-Voies et de Saint-Étienne-des-Grés, étoit un clos planté de vignes. On la trouve aussi indiquée sous les noms de petite rue Sainte-Barbe et de rue des Vignes.

Rue d'Écosse. Elle aboutit d'un côté à la rue du Mont-Saint-Hilaire, et de l'autre à celle du Four. Guillot n'en fait point mention, quoiqu'elle existât déjà de son temps. En 1313 on la nommoit rue au Chauderon, de l'enseigne d'une maison qui subsistoit encore en 1636; mais, dès le seizième siècle, on l'appeloit rue d'Écosse. Robert dit qu'elle a porté le nom de rue des Trois-Crémaillères.

Rue Saint-Étienne-des-Grés. Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Jacques, de l'autre sur la Place-Sainte-Geneviève. Dès 1230, elle est désignée sous ce nom dont nous avons fait connoître l'étymologie en parlant de l'église qui le lui a donné.

Rue de la Vieille-Estrapade. Elle est située entre la Place-de-Fourci et celle de l'Estrapade; et cette dernière place qui lui a donné ce nom, l'avoit reçu parce que, pendant long-temps, on y avoit fait subir aux soldats le supplice de l'estrapade, dont l'appareil fut depuis transporté au marché aux chevaux. Avant cette époque, cette rue se nommoit rue des Fossés-Saint-Marceau, ayant été ouverte sur les fossés de la ville.

Les anciens titres prouvent que la rue du Fouare étoit fermée à ses deux extrémités; et l'on croit que c'étoit pour empêcher le passage des voitures, dont le bruit auroit pu incommoder et distraire les étudiants.

Rue du Four. Elle donne d'un côté dans la rue des Sept-Voies, de l'autre dans celle d'Écosse, dont elle n'est pas même distinguée sur les anciens plans. Cependant le cartulaire de Sainte-Geneviève de 1248 en fait mention sous le nom de Vicus et de ruella Furni; Guillot la nomme du Petit-Four, qu'on appelle le Petit-Four-Saint-Ylaire. On lui avoit donné ce nom parce que le four banal, qui appartenoit à l'église Saint-Hilaire, y étoit situé.

Rue et place de Fourci. Elles sont situées entre la rue de la Vieille-Estrapade et celle des Fossés-Saint-Victor. Sur la plupart de nos plans cette rue n'est pas distinguée de celle des Fossés-Saint-Marceau ou Vieille-Estrapade. Elle doit son nom à M. Henri de Fourci, président aux enquêtes et prévôt des marchands, qui, en exécution d'un arrêt du conseil du 17 avril 1685, fit combler les fossés et aplanir le terrain, beaucoup plus escarpé alors qu'il ne l'est aujourd'hui.

Carré Sainte-Geneviève. On appelle ainsi la place qui étoit devant les églises de Sainte-Geneviève et de-Saint-Étienne-du-Mont. Elle avoit été formée d'une partie de l'ancien cloître, qui fut donnée à cens en 1355 pour y bâtir les maisons qu'on y voit aujourd'hui. Ce cloître étoit fermé par des portes au bout des rues des Sept-Voies, des Amandiers et des Prêtres.

Place Sainte-Geneviève. La construction de la nouvelle église Sainte-Geneviève a donné naissance à cette nouvelle place, formée de la destruction des rues de la Grande et de la Petite-Bretonnerie, et de la démolition de plusieurs édifices.

Rue Jacinthe. Elle traverse de la rue Galande dans celle des Trois-Portes. Elle a même été long-temps confondue avec cette dernière sur les plans et dans les censiers de Sainte-Geneviève. On l'a aussi appelée ruelle Augustin.

Rue des Fossés-Saint-Jacques. Cette rue, qui commence à l'endroit où étoit l'ancienne porte qui sépare la ville des faubourgs, aboutit à l'Estrapade. Son nom vient des fossés sur lesquels elle a été bâtie.

Rue Saint-Jean-de-Latran. Elle aboutissoit d'un côté au haut de la rue Saint-Jean-de-Beauvais, de l'autre à la place Cambrai. On l'appeloit anciennement rue de l'Hôpital, à cause des Hospitaliers qui s'y établirent au douzième siècle. C'est par la même raison qu'au quatorzième elle étoit désignée sous les noms de rue Saint-Jean-de-l'Hôpital, Saint-Jean-de-Jérusalem et enfin Saint-Jean-de-Latran.

Rue Judas. Elle traverse de la rue des Carmes à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève. Ce nom est ancien; les cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et 1248 indiquent déjà cette rue, vicus Jude. On peut présumer qu'il y demeuroit des Juifs au douzième siècle.

Rue-Saint-Julien-le-Pauvre. Elle aboutit d'un côté à la rue Galande, de l'autre à celle de la Bûcherie. Ce seroit une des plus anciennes de Paris, si, dès l'origine, on avoit donné ce nom au chemin qui conduisoit à l'église Saint-Julien; mais il n'y avoit, dans ces temps reculés, que quelques maisons éparses de ce côté, qui depuis, s'étant multipliées et rapprochées, ont enfin formé la rue dont nous parlons.

Rue des Lionnois. Elle aboutit d'un côté à la rue des Charbonniers, et de l'autre à celle de Lourcine. Cette rue fut percée au commencement du dix-septième siècle.

Rue des Prêtres. Elle traverse de la rue Bordet au carré Sainte-Geneviève. En 1248 on l'appeloit vicus Monasterii. Guillot la nomme petite ruellette Saint-Geneviève. On la trouve aussi sous le nom de rue du Moutier. Enfin on l'a nommée rue des Prêtres, et ces deux noms sont relatifs à l'église où elle conduit, et aux prêtres qui s'y sont logés.

Rue-du-Puits-de-la-Ville. Elle est depuis long-temps fermée à ses deux extrémités. Nous venons de dire que c'étoit la continuation de la rue de la Poterie et de celle des Vignes. Elle devoit ce nom à un regard pour les eaux qu'on y avoit pratiqué.

Rue de Reims. Elle aboutit d'un côté à la rue des Sept-Voies, de l'autre à celle des Cholets. On l'appeloit, au commencement du treizième siècle, rue au duc de Bourgogne; et on la trouve encore désignée sous le même titre dans le censier de Sainte-Geneviève de 1540.

Rue de la Santé. Elle commence au champ des Capucins, et aboutit à la barrière. On ne la connoissoit autrefois que sous le nom de chemin de Gentilli. Elle doit celui qu'elle porte aujourd'hui à l'hôpital qui y étoit situé.

MONUMENTS NOUVEAUX

Et réparations faites aux anciens monuments depuis 1789.

Église Sainte-Geneviève. Ce monument sacré, dont les révolutionnaires avoient fait le temple de la déesse Raison et les catacombes de leurs grands hommes, vient enfin d'être rendu à sa destination primitive. Les emblèmes hideux dont ses murs étoient couverts ont été effacés; la croix brille sur le sommet de son dôme et décore son fronton.

Dans l'intérieur elle ne présente encore que des murs entièrement nus et des autels dépouillés d'ornements: espérons qu'on reconnoîtra qu'il est impossible de la laisser long-temps encore dans un tel état sans manquer à toutes les convenances. Cette église est maintenant desservie par les prêtres des missions de France.

Église Saint-Étienne-du-Mont. Cette église a été décorée de deux nouveaux tableaux: la lapidation de saint Étienne, par M. Abel Pujol, très-beau morceau, qui a commencé sa réputation; un tableau de M. Grenier, représentant un des actes de la vie de sainte Geneviève. L'un et l'autre ont été donnés par la ville à cette église, en 1819.

Le Séminaire Saint-Magloire. On a démoli l'église, augmenté les bâtiments destinés aux sourds-muets, et élargi le passage qui communique avec la rue d'Enfer, pour y pratiquer une rue nouvelle.

Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Cette église a obtenu de la munificence de la ville un nouveau tableau représentant un Christ au tombeau. Le dessin en est médiocre; mais la manière dont il est peint rappelle la grande école des peintres italiens, que son auteur paroît vouloir imiter. Ce tableau a été donné en 1819.

L'Observatoire. En avant de ce bâtiment, ont été construits deux pavillons qui servent de logement au concierge. De l'un à l'autre de ces pavillons règne une grille de fer qui sert d'entrée; et une avenue plantée d'arbres se prolonge depuis cette grille jusqu'à celle du jardin du Luxembourg.

Collége de Henri IV. Il a été placé dans les bâtiments de Sainte-Geneviève, auxquels on a ajouté de nouvelles constructions, principalement du côté de la rue Clovis.

Filles de la Présentation de Notre-Dame. Les bâtiments de cette communauté qui, depuis quelques années, ont été considérablement augmentés, sont occupés par le nouveau collége de Sainte-Barbe, aujourd'hui l'un des plus florissants de l'Université.

Marché des Carmes. Sur le terrain qu'occupoient l'église et le couvent de ces religieux, on a élevé un nouveau marché destiné à remplacer l'ancien marché de la place Maubert.

Ce monument forme un carré long, percé de grandes arcades, dont trois sont ouvertes sur chaque face, et servent d'entrée. On en compte extérieurement treize sur les grands côtés, onze sur les petits; intérieurement sept sur cinq, formant également un carré long qui sert de cour, et au milieu duquel on a élevé une fontaine. La composition en est simple: un bassin circulaire reçoit l'eau d'un socle carré sur lequel on a sculpté en creux deux navires antiques, deux cornes d'abondance, des guirlandes de fruits, des caducées. Sur l'une des faces est écrit le mot Abondance, sur l'autre le mot Commerce. Un double Hermès offrant deux têtes qui supportent un panier de fruits, couronne cette composition.

Au-dessus des arcades ont été pratiquées des ouvertures carrées-longues pour aérer le bâtiment. Le toit, qui a peu d'élévation, est couvert de tuiles rondes; l'ensemble de cette construction a le caractère qu'il doit avoir: c'est un très-beau morceau d'architecture.

RUES NOUVELLES.

Rue Cassini. Voyez rue Maillet.

Rue Clovis. Elle est percée sur une partie du terrain qu'occupoit l'ancienne église Sainte-Geneviève.

Rue Jean-Hubert. Voyez rue des Chiens.

Rue Leclerc. Voyez rue de l'Observatoire.

Rue Méchin. Voyez rue des Capucins.

Rue d'Ulm. Elle commence à la rue de la Vieille-Estrapade, et aboutit à celle des Ursulines.

Rue des Ursulines. Elle a été formée de l'ancien cul-de-sac qui portoit le même nom; et s'ouvrant sur la rue du Faubourg Saint-Jacques, elle vient aboutir à la rue d'Ulm, avec laquelle elle forme un équerre.

Rue du Val-de-Grâce. Elle est percée en face du portail de l'église de ce couvent, et communique de la rue du Faubourg-Saint-Jacques à la rue d'Enfer.

Notes in this chapter

Note 1 · : Ces deux hôtels sont compris aujourd'hui dans le collége de Montaigu.Note 2 · : Le collége de Sainte-Barbe a été bâti sur l'emplacement de cet hôtel.Note 3 · : Cette dernière se nomme maintenant barrière d'Arcueil.Note 4 · La maison qu'habitoient ces religieuses avoit été autrefois un prieuré que les anciens titres nomment indifféremment Notre-Dame-des-Vignes eNote 5 · L'abbé Lebeuf en a conclu que ce lieu avoit été d'abord occupé par un oratoire de Saint-Michel, qu'avoit ensuite remplacé la chapelle de NotNote 6 · L'établissement du collége de Marmoutier, fait au commencement du quatorzième siècle, et dont nous aurons bientôt occasion de parler, diminuNote 7 · Dans la chapelle de la Magdeleine, un tableau représentant cette célèbre pécheresse, par Le Brun[358].Note 8 · Sur l'attique du maître-autel, magnifiquement décoré de colonnes de marbre avec chapiteaux et modillons de bronze doré[359], un grand bas-reNote 9 · Sur le tabernacle, exécuté en orfèvrerie, et auquel on avoit donné la forme de l'arche d'alliance, un bas-relief représentant l'AnnonciationNote 10 · Dans la chapelle de la Magdeleine, la statue en marbre du cardinal de Bérulle, par Jacques Sarrasin[361]. Le piédestal étoit orné de deux baNote 11 · Philippe Hecquet, docteur en médecine de la faculté de Paris, mort en 1737[363].Note 12 · C'étoit un monastère de filles de la réforme de Saint-Benoît, originairement situé dans une vallée près de Bièvre-le-Châtel, ce qui lui avoiNote 13 · Toutefois, malgré l'affection particulière que Anne d'Autriche avoit conçue pour cette maison, elle ne put, dans ces premiers temps, lui en Note 14 · Le célèbre architecte François Mansard fournit les dessins de ce grand édifice, et fut chargé de son exécution, qu'il conduisit jusqu'à neufNote 15 · Les édifices qui composent l'abbaye du Val-de-Grâce consistent principalement en plusieurs grands corps de logis et une belle église, surmonNote 16 · L'intérieur de ce monument, lequel présente une longueur de vingt-cinq toises dans œuvre, non compris la chapelle du Saint-Sacrement[368], sNote 17 · Dans l'enfilade de la croisée du dôme, sur la droite, se trouve la chapelle Sainte-Anne, dans laquelle étoient déposés les cœurs des princesNote 18 · La grande voûte de la nef, l'intérieur des arcs-doubleaux qui soutiennent le dôme, sont enrichis d'une foule de sculptures, ornements d'archNote 19 · Telle est l'église du Val-de-Grâce, dont le portique, avec ses deux ordres, son double fronton, ses enroulements, son dôme entouré de consolNote 20 · La reine Anne d'Autriche, toujours occupée du bien-être de ses filles adoptives[374], avoit déjà augmenté le terrain de leur monastère par lNote 21 · Cette communauté, qui avoit adopté la règle de Cîteaux, étoit aussi connue sous le nom de filles de la Trappe ou du Silence. Les religieusesNote 22 · Nous avons déjà parlé de l'origine et de l'établissement de ces religieux à Paris[377]. Godefroy de La Tour leur ayant légué, en 1613, par sNote 23 · Ce petit édifice, qui existe encore, construit sur les dessins de M. Vieilh, architecte, se compose d'un corps de logis et de deux pavillonsNote 24 · La masse principale du plan est un carré auquel on a ajouté des tours octogones sur deux angles, et un avant-corps sur une des faces. Ce carNote 25 · On ne peut douter qu'il n'y ait eu des médecins à Paris dès le commencement de la monarchie; mais il n'est pas facile de déterminer l'époqueNote 26 · Sous le règne de Philippe-Auguste les médecins étoient déjà reçus dans les nations académiques qui formoient l'Université; mais on ne voit pNote 27 · Nous avons déjà dit que ce fut au milieu du treizième siècle que les facultés composant le corps de l'Université se formèrent en compagnies Note 28 · Quelques années avant la révolution, les écoles avoient été transportées rue Saint-Jean-de-Beauvais, aux anciennes Écoles de Droit; mais lesNote 29 · La première fondation de ce collége fut faite en 1317[386], et non en 1380, comme plusieurs l'ont avancé, par Galeran Nicolas ou Nicolaï ditNote 30 · Il doit, suivant tous nos historiens[389], son origine à Gui de Harcour, évêque de Lisieux, qui laissa pour cet effet 1000 livres par son teNote 31 · Comme le terrain qu'occupoient les bâtiments de ce collége entroit dans le dessin de la place qui devoit être ouverte devant la nouvelle églNote 32 · On trouve aussi ce collége sous le nom de collége de Tournai ou d'Italie. Tous nos historiens s'accordent à lui reconnoître quatre fondateurNote 33 · Quelques années auparavant, les bâtiments du collége des Lombards avoient été réparés, et la chapelle avoit été reconstruite par la libéraliNote 34 · Yde de Dormans, sa seconde fille, mariée à Robert de Nesle, morte en 1379[395].Note 35 · Nous avons déjà parlé de la fondation de ce collége à l'article du collége de Laon[396]. Nous avons dit comment les boursiers de ces deux étNote 36 · Il faut rectifier ce qui a été dit de ce collége par la plupart des historiens de Paris, qui le présentent comme ayant eu à la fois trois foNote 37 · On a déjà pu voir dans cet ouvrage à quel dessein et dans quelles circonstances François Ier fonda cet établissement si digne d'un grand monNote 38 · Sur les nouveaux fonds accordés au collége Royal, on avoit trouvé le moyen de distraire une somme suffisante pour la réparation des construcNote 39 · Ce collége doit son nom à Geoffroi du Plessis, notaire apostolique et secrétaire de Philippe-le-Long. Il le fonda, en 1317[401], pour quaranNote 40 · Quelque temps après, Geoffroi du Plessis fonda le collége de Marmoutier à côté de celui de Saint-Martin; et quoi qu'en aient dit Du Breul etNote 41 · À l'égard de celui de Saint-Martin-du-Mont, il ne tarda pas à prendre le nom de son fondateur: car, dans tous les actes de l'abbaye de SaintNote 42 · Dans les derniers temps, les bourses, réduites au nombre de dix, et extrêmement médiocres, étoient à la nomination du roi[405].Note 43 · Le projet du cardinal du Prat avoit toujours été de procurer à ces pères un collége à Paris; et ce fut dans cette intention qu'à sa mort, arNote 44 · Ce collége s'est successivement agrandi par l'acquisition d'une ruelle et de quelques autres maisons, mais principalement par celle du colléNote 45 · Les jésuites continuèrent de professer dans ce collége, rivalisant de zèle et de succès avec les plus célèbres institutions de l'Université,Note 46 · Le temporel de ce collége étoit régi par une administration dont les membres, nommés par le roi, avoient pour président le grand-aumônier[40Note 47 · Quoique le cardinal eût nommé quatre chapelains, cependant il n'y avoit point de chapelle dans ce collége, et l'office se faisoit dans celleNote 48 · Ce sont deux établissements différents formés dans le même lieu, mais dans des temps divers. Plusieurs de nos historiens se sont trompés surNote 49 · Il paroît certain qu'il y eut dans ce collége un plein exercice, lequel y subsista jusqu'à ces temps malheureux de nos guerres de religion, Note 50 · Il y a une telle obscurité répandue sur l'origine de ce collége, qu'il étoit impossible d'assurer même qu'il ait jamais existé. Du Breul[414Note 51 · Ce collége doit son origine à Gui de Roye, archevêque de Reims, qui en ordonna la fondation par son testament, en 1409, année de sa mort[416Note 52 · Presque tous nos historiens ont placé l'érection de ce collége en 1520. Jaillot lui donne cinq ans de plus d'ancienneté. Il dit que Nicolas Note 53 · Pierre Fortet, chanoine de l'église de Paris, avoit ordonné, par son testament du 12 août 1391, la fondation d'un collége où il y auroit un Note 54 · Aux bourses fondées originairement dans ce collége plusieurs particuliers en ajoutèrent successivement onze nouvelles. Dès l'an 1560 les bâtNote 55 · La chapelle étoit sous l'invocation de saint Geraud, en son vivant seigneur d'Aurillac[422].Note 56 · L'évêque de Clermont se conforma aux volontés de son oncle, et soutint cet établissement jusqu'à sa mort, arrivée en 1328. Gilles et Pierre Note 57 · Tel étoit l'état déplorable de ce collége, auquel, dit un historien[424], il restoit à peine 11 sous de rente, lorsque le chapitre Notre-DamNote 58 · Le collége de Montaigu s'augmenta depuis considérablement par les libéralités de plusieurs personnes, et par les acquisitions que ces dons lNote 59 · La fondation primitive du collége des Grassins avoit été faite pour un principal, un chapelain, six grands boursiers et douze petits: vers lNote 60 · C'est un préjugé généralement reçu que tous ces peuples vivoient sous la loi romaine: cependant nous apprenons, d'un écrivain presque contemNote 61 · Toutefois au milieu de ces lois conservées aux vaincus, celles que l'empereur Théodose avoit rassemblées au cinquième siècle, et qui se compNote 62 · Toutefois, il ne faut pas croire que le monarque promulguât ces lois nouvelles de sa propre et seule volonté, et selon son bon plaisir: ce nNote 63 · Cette collection, négligée dans l'Orient même, aussitôt après la mort de Justinien[431], perdue dans la suite des temps, et entièrement oublNote 64 · Après une messe solennelle, célébrée à Sainte-Geneviève le 24 novembre 1772, et un discours public prononcé par l'un des professeurs, la facNote 65 · La chapelle, bâtie sur les dessins de M. Bellanger, architecte, est d'une grande simplicité. Au-dessus une grande salle servoit de bibliothèNote 66 · La façade de ces bâtiments avoit été construite sur les dessins de M. Chalgrin; il étoit aussi l'architecte de la chapelle, dont l'intérieurNote 67 · Il y avoit dans ce collége six professeurs, qui, pendant les trois mois d'été, y donnoient des leçons publiques sur la chimie, la botanique Note 68 · Cette maison possédoit un très-joli cabinet d'histoire naturelle, un laboratoire de chimie, une bibliothèque, etc. Elle étoit aussi décorée Note 69 · Cette école de charité, établie en 1732, étoit due au zèle et à la charité de M. l'abbé de Pontbriand. S'étant avisé un jour d'interroger suNote 70 · Elle fut construite lors de l'enceinte de Philippe-Auguste, et abattue en 1684[441].Note 71 · Rue des Anglois. Elle traverse de la rue Galande dans celle des Noyers, et étoit connue sous ce nom dès le treizième siècle. Sauval insinue Note 72 · Rue de l'Arbalète. Elle aboutit d'un côté à la rue Moufetard, de l'autre, à celle des Charbonniers. On lit dans les titres de Saint-GenevièvNote 73 · Rue du Cimetière-Saint-Benoît. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à la rue Fromentel, et doit son nom au cimetière SaNote 74 · Rue des Bourguignons. Cette rue, qui donne d'un bout dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, et de l'autre dans celle de Lourcine, étoit anciNote 75 · Rue de la Grande et de la Petite-Bretonnerie. Ces deux rues parallèles se réunissoient l'une à l'autre, et avoient leur entrée par la rue SaNote 76 · Rue de la Bûcherie. Elle commence à la rue du Petit-Pont, et finit à celle du Pavé-de-la-Place-Maubert. Sauval dit qu'elle devoit son nom à Note 77 · Rue des Capucins[453]. Ce n'étoit, au siècle dernier, qu'un chemin qui conduisait de la rue du Faubourg-Saint-Jacques à celle de la Santé. ONote 78 · Rue du Carneau. C'est une ruelle qui descend de la rue de la Bûcherie à la rivière, et que presque tous nos plans ont figurée sans lui donneNote 79 · Rue Chartière. Elle aboutissoit d'un côté à la rue du Puits-Certain, de l'autre à celle de Reims. Sauval dit qu'en 1300 elle s'appeloit de lNote 80 · Rue du Cheval-Vert[457]. Elle traverse de la rue des Postes à celle de la Vieille-Estrapade. Si l'on en excepte un seul plan, celui de NolinNote 81 · Rue des Chiens. Elle aboutit d'un côté à la rue des Sept-Voies, et de l'autre à celle des Cholets. Sauval[458] et ses copistes prétendent quNote 82 · Rue du Fouare. Elle aboutit d'un côté à la rue Galande, de l'autre à celle de la Bûcherie. Ce nom est une altération de celui de feurre, c'eNote 83 · Rue Fromentel. Elle aboutit d'un côté à la rue du Mont-Saint-Hilaire, vis-à-vis le Puits-Certain, et de l'autre à celle du Cimetière-Saint-BNote 84 · Rue Galande. Elle commence au carrefour Saint-Séverin, et aboutit à la place Maubert. Ce nom est visiblement une altération de celui de GarlNote 85 · Rue Neuve-Sainte-Geneviève. Elle aboutit d'un côté à la place de Fourci, de l'autre à la rue des Postes. Elle doit ce nom au clos de Sainte-Note 86 · Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Nous avons déjà parlé de cette rue au quartier de la place Maubert. La petite partie qui dépend de celuNote 87 · Cul-de-sac Gloriette. Il dépendoit de ce quartier, quoiqu'il fût situé à l'extrémité de la rue de la Huchette, comprise dans le quartier SaiNote 88 · Rue du Mont-Saint-Hilaire ou du Puits-Certain. Cette rue donne d'un côté dans les rues Saint-Jean-de-Beauvais et Chartière, de l'autre dans Note 89 · Rue Saint-Jacques. Elle commence au coin des rues Saint-Séverin et Galande, et finit à l'ancienne porte, au coin des rues Saint-Hyacinthe etNote 90 · Rue du Faubourg-Saint-Jacques. Elle fait la continuation de la rue Saint-Jacques depuis les rues Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-JacquesNote 91 · Rue Jean-de-Beauvais. Elle aboutit d'un côté à la rue des Noyers, de l'autre à celles de Saint-Jean-de-Latran et du Mont-Saint-Hilaire. SansNote 92 · Rue des Lavandières. Cette rue donne d'un côté dans la rue des Noyers, et aboutit de l'autre à la place Maubert. Elle devoit son nom aux lavNote 93 · Rue Maillet[475]. Cette rue, ouverte depuis 1780, donne d'un côté dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, de l'autre dans celle d'Enfer.Note 94 · Rue des Noyers. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à la place Maubert. Le nom qu'elle porte lui fut donné à cause de Note 95 · Rue de l'Observatoire[478]. Elle règne le long de l'enceinte dans laquelle on a construit le monument auquel elle doit sa dénomination. Ce nNote 96 · Rue du Plâtre. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à celle des Anglois, et doit son nom à une plâtrière qu'on y avoit Note 97 · Rue du Petit-Pont. Elle commence au Petit-Châtelet, et finit au bout des rues Galande et Saint-Séverin. Quoiqu'elle portât très-anciennementNote 98 · Rue des Trois-Portes. Elle aboutit d'un côté à la rue des Rats, de l'autre à celle du Pavé-de-la-Place-Maubert. Elle portoit ce nom dès le tNote 99 · Rue des Postes. Elle commence à l'Estrapade, et finit à la rue de l'Arbalète. Son premier nom étoit rue des Poteries; et l'étymologie de ce Note 100 · Rue du Pot-de-Fer. Elle traverse de la rue des Postes dans la rue Moufetard. Le terrier de Sainte-Geneviève de 1603 l'appelle rue du Bon PuiNote 101 · Rue des Poules. Elle aboutit à la Vieille-Estrapade et à la rue du Puits-qui-Parle. Elle fut nommée ainsi en 1605[485]; auparavant on l'appeNote 102 · Rue du Puits-qui-Parle. Elle aboutit d'un côté à la rue Neuve-Sainte-Geneviève, et de l'autre à celle des Postes. On lui a donné le nom qu'eNote 103 · Rue des Sept-Voies. Cette rue donne d'un côté dans la rue Saint-Étienne-des-Grés, et de l'autre dans celle du Mont-Saint-Hilaire; dès le dou
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