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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 404 — QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 3)

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À l'égard de celui de Saint-Martin-du-Mont, il ne tarda pas à prendre le nom de son fondateur: car, dans tous les actes de l'abbaye de Sainte-Geneviève qui le concernent, il n'est indiqué, dès le quatorzième siècle, que sous le titre de collége du Plessis. La modicité de ses revenus occasionna une diminution successive de ses boursiers; mais quoiqu'il se soutînt encore par la réputation que lui avoit acquise sa discipline et le mérite de ses professeurs, ses bâtiments menaçoient ruine au commencement du dix-septième siècle, et l'établissement étoit loin d'avoir en lui-même des ressources suffisantes pour les réparer, lorsque des circonstances heureuses vinrent tout à coup les lui procurer. Le cardinal de Richelieu avoit eu besoin de l'emplacement du collége de Calvi pour la construction de l'église de Sorbonne. L'équité ne permettoit pas de le détruire sans le remplacer; aussi ce ministre ordonna-t-il, par son testament, qu'il seroit bâti un autre collége sur le terrain enclavé entre les rues de Sorbonne, des Noyers et des Maçons; mais les dépenses énormes qu'auroit entraînées l'exécution d'un semblable projet en firent changer les dispositions. En conséquence il fut convenu que les héritiers du cardinal feroient unir un collége à la maison de Sorbonne, et qu'ils paieroient une certaine somme pour les bâtiments ou réparations qu'on seroit obligé d'y faire. On jeta les yeux sur celui du Plessis, non, comme l'ont pensé quelques auteurs, à cause de la conformité de son nom avec celui du cardinal[404], mais parce qu'alors l'abbaye de Marmoutier étoit possédée par un neveu de cette Éminence (Amador Jean-Baptiste de Vignerod), et qu'on espéroit avoir plus facilement son consentement que celui de tout autre. Il céda en effet, sans aucune difficulté, son droit de supériorité sur ce collége à la maison de Sorbonne, ainsi que tous les biens et revenus qui en dépendoient, réservant seulement la collation des bourses, dont deux seroient à la présentation de l'évêque d'Évreux, et deux à celle de l'évêque de Saint-Malo. Par l'acte passé à cet effet en 1646, la maison de Sorbonne fut tenue d'entretenir à ses frais les bâtiments, et de faire instruire les boursiers sous la direction et l'administration d'un principal et d'un procureur, qui seroient docteurs ou bacheliers. C'est depuis cette époque que ce collége fut appelé du Plessis-Sorbonne. Il soutint d'ailleurs jusqu'à la fin son ancienne renommée, et il n'en étoit aucun dans toute l'Université où la discipline scolastique fût mieux observée, et qui eût produit un plus grand nombre d'élèves distingués.

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