Note 384 — QUARTIER SAINT BENOIT. (continued 3)
Reading edition
Nous avons déjà dit que ce fut au milieu du treizième siècle que les facultés composant le corps de l'Université se formèrent en compagnies distinctes, et eurent des écoles spécialement affectées à leurs études particulières. La théologie dut les siennes à Robert Sorbon; les professeurs de droit établirent les leurs au clos Bruneau (rue Saint-Jean-de-Beauvais), et la faculté des arts resta rue du Fouare. Comme il n'existe aucun acte qui indique alors un établissement particulier pour l'école de médecine, on peut croire qu'elle demeura encore unie à cette dernière faculté dans les anciennes écoles de cette même rue, et rien ne prouve en effet qu'elle ait changé de domicile jusqu'à l'année 1454, que, dans une assemblée tenue près des bénitiers de Notre-Dame, elle résolut d'établir une école où tous ses cours publics seroient réunis. On ne voit point que ce projet ait alors reçu son exécution; mais dans une seconde assemblée tenue en 1469 il fut décidé, qu'on achèteroit, rue de la Bûcherie, une maison appartenant aux Chartreux, et voisine d'une autre dont la faculté étoit déjà propriétaire. L'acquisition fut faite en 1472; mais la disposition des lieux s'opéra lentement, et ce ne fut qu'en 1505 qu'on y tint les écoles. L'achat successif de terrains et de maisons circonvoisines procura à la faculté les moyens de faire pratiquer tous les logements nécessaires, et d'avoir un jardin où l'on cultiva les plantes médicinales. L'amphithéâtre fut établi en 1617 dans une maison contiguë à ce jardin, et qui faisoit le coin de la rue du Fouare et de celle de la Bûcherie, et subsista ainsi jusqu'en 1744, que la faculté, voyant qu'il tomboit en ruine, en fit construire un nouveau[384]. Cette dernière salle, de forme ronde, est terminée par une coupole; son pourtour est garni de gradins où se placent les étudiants; huit colonnes doriques y soutiennent une corniche sur laquelle règne un balcon.