Notes
Reading edition
(Vie du duc d'Épernon, tom. II.)
(D'Estrées, Mém. de la Rég., p. 89.)
Il n'y a pas d'apparence que la demande que faisoient les évêques et archevêques, un moment rendus à leurs véritables libertés, fût favorablement accueillie par ce même pouvoir temporel qui tendoit sans cesse à accroître ses usurpations; mais elle fut d'abord violemment combattue par cette opposition politiquement calviniste, dont les parlementaires avoient depuis long-temps répandu les maximes dans le troisième ordre qu'ils dirigeoient à leur gré. Ce fut donc le tiers-état qui s'opposa surtout à l'admission de ce concile, lequel fut rejeté, quant à la discipline, et à qui l'on voulut bien faire la faveur singulière de l'admettre, quant au dogme. Quels étoient les principaux meneurs de cette opposition du tiers-état? Écoutons l'abbé Fleury parlant à l'époque où il étoit désabusé de toutes ces dangereuses doctrines: «Ce furent, dit-il, des jurisconsultes profanes ou libertins qui, tout en faisant sonner le plus haut les libertés, y ont porté de rudes atteintes en poussant les droits du roi jusqu'à l'excès; qui inclinoient aux maximes des hérétiques modernes, et en exagérant les droits du roi et ceux des juges laïques ses officiers, ont fourni l'un des motifs qui empêchèrent la réception du concile de Trente.» (Sur les libertés de l'Église gallic., Opusc., p. 81.)
On remarque que parmi plus de trente gentilshommes qui l'accompagnoient, aucun d'eux ne mit l'épée à la main, à l'exception de Saint-Georges, qui depuis fut capitaine des gardes du cardinal de Richelieu; mais, voyant que les autres l'abandonnoient, il fut forcé de se retirer.
Quoiqu'on ne puisse justifier ce ministre de quelques abus de pouvoir dans le haut rang où la faveur l'avoit placé, il faut bien se garder de croire que ce fût un aussi méchant homme que l'a dépeint cette multitude de libelles, de déclarations, de remontrances, publiés alors par ses ennemis. Le maréchal d'Estrées, qui s'étoit jeté dans le parti des princes, et qui sans doute prit part d'abord à toutes ces calomnies, s'étonne, dans ses mémoires, des excès auxquels on s'étoit porté contre lui, et lui rend ainsi un témoignage qui ne sauroit être suspect: «Quand je fais réflexion, dit-il, sur les circonstances de la mort du maréchal d'Ancre, je ne la puis attribuer qu'à sa mauvaise destinée, ayant été conseillée par un homme qui avoit les inclinations fort douces; et comme il étoit lui-même naturellement bienfaisant et qu'il avoit désobligé fort peu de personnes, il falloit que ce fût son étoile ou la nature des affaires qui eussent soulevé tant de monde contre lui.»
(Jaillot.)
(Lebeuf.)
Aux quatre angles du dôme, dans quatre médaillons, sont les quatre Évangélistes, accompagnés d'anges portant également des inscriptions dans des cartels. Sur les arcades des neuf chapelles, dont trois sont sous le dôme et six dans la nef, des figures allégoriques présentent les divers attributs de la Vierge, tels que la Patience, la Pauvreté, l'Humilité, l'Innocence, la Virginité, la Prudence, la Justice, la Piété, etc., etc.
Dans la partie inférieure, la reine Anne d'Autriche est représentée conduite par sainte Anne et par saint Louis au pied du trône de l'Éternel, et lui offrant le plan du dôme qu'elle vient de construire. Vers le point le plus élevé de la voûte la vue se perd dans les espaces infinis des cieux.
Il y avoit encore dans cette même rue, et près de Saint-Jean-de-Latran, un autre collége nommé le collége de Tonnerre. Un acte de 1406 nous apprend qu'il avoit été fondé par l'abbé et par les religieux de Saint-Jean-en-Vallée. Quant à son nom, il le devoit à l'abbé lui-même, lequel se nommoit Richard de Tonnerre. On ignore en quel temps ce collége a cessé d'exister.
La chapelle existe encore, ainsi que les bâtiments; ils sont occupés par des particuliers.
Le collége de Notre-Dame, dit des Dix-Huit.
———— des Bons-Enfants.
———— du Trésorier.
———— des Cholets.
———— de Bayeux.
———— de Laon.
———— de Presle.
———— de Narbonne.
———— de Cornouaille.
———— d'Arras.
———— de Tréguier.
———— de Bourgogne.
———— de l'Ave-Maria.
———— d'Autun.
———— de Cambrai.
———— de Justice.
———— de Roissi.
———— de Maître-Gervais.
———— de Dainville.
———— de Fortet.
———— de Chanac.
———— de Reims.
———— de Séez.
———— du Mans.
———— de Sainte-Barbe.
———— de Grand-Mont.
Ce seroit encore une grande erreur de croire que la loi romaine ne fit que des bourgeois, des prêtres et des plébéïens. Elle faisoit aussi des familles nobles, puisque, par diverses dispositions de son code, elle faisoit des familles militaires, et que ces dispositions ne furent point abrogées. Mais comme les circonstances n'étoient plus les mêmes, que la situation des peuples avoit plus de fixité et de tranquillité que dans ces temps désastreux, où l'empire penchant vers sa ruine et se trouvant entamé et déchiré de toutes parts, tous grands et petits étoient indistinctement forcés de prendre les armes; ceux qui n'appartenoient pas aux familles militaires rentrèrent naturellement dans l'ordre civil d'où ils étoient momentanément sortis, et ces familles, les seules où l'on eût le privilége d'être soldat en naissant, continuèrent seules de suivre leur ancienne profession et furent aussi les seules qui transmirent ce droit et cette obligation à leurs enfants.
2o. Les culs-de-sac des Ursulines et des Feuillantines: c'étoient deux passages qui conduisoient aux monastères de ces religieuses. Le premier est entré dans la nouvelle rue des Ursulines, l'autre est détruit sans qu'il en reste aucune trace.
3o. La rue des Marionnettes. Elle étoit ouverte en face du passage des Carmélites, et aboutissoit à la rue de l'Arbalète. On la trouve dans les censiers de Sainte-Geneviève sous les noms du Mariollet et du Marjollet. Jaillot pense que ce nom lui vient d'un marmouzet placé sur la porte d'une grande maison qui servoit de boucherie. Ce marmouzet étoit appelé la Tête-Noire. Les jardins de cette maison, composés de cinq arpents, entrèrent dans le territoire des Feuillantines; la rue fut fermée, et la partie qui donnoit dans celle de l'Arbalète fut accordée par la ville aux filles de la Providence. (Il ne reste plus de vestiges de cette rue.)
4o. Le cul-de-sac ou passage des Carmélites, qui se prolongeoit ci-devant jusque dans la rue d'Enfer.
6o. Enfin la ruelle Saint-Jacques-du-Haut-Pas, qui traversoit de la rue du Faubourg dans celle d'Enfer: ce passage se fermoit la nuit par deux portes grillées.
À côté de ce cul-de-sac on a percé une rue nouvelle qui aboutit au boulevard. Elle se nomme rue Le Clerc.
Il y avoit aussi deux autres rues, changées depuis en cul-de-sac. La première se nommoit anciennement Saint-Séverin, des Poteries-des-Vignes et de la Corne. Sa situation entre les murs de plusieurs communautés et des rues désertes en ayant rendu le passage extrêmement dangereux, on la fit fermer, et elle prit alors le nom de cul-de-sac de Coupe-Gorge. Plusieurs accidents qui y arrivèrent encore depuis ce changement déterminèrent enfin à la détruire tout-à-fait, et le terrain en fut donné à ceux dont les jardins y aboutissoient. Ce cul-de-sac s'étendoit autrefois jusqu'à la rue des Marionnettes, et comprenoit la rue du Puits-de-la-Ville, qui avoit été en partie cédée aux filles de la Providence.
Le second cul-de-sac, qui formoit une rue, laquelle aboutissoit à la précédente, existe encore, et se nomme le cul-de-sac des Vignes. Cette rue traversoit celle des Postes, et s'étendoit du côté opposé jusqu'à la rue Neuve-Sainte-Geneviève. Elle devoit son nom au clos de vignes sur lequel elle avoit été ouverte. Cependant on lit dans un terrier de Sainte-Geneviève, de 1603, qu'auparavant on l'appeloit rue Saint-Étienne, Neuve-Saint-Étienne, clos des Poteries; et qu'alors il y avoit un cimetière destiné aux pestiférés.
487: Ibid.
La figure de Jeanne de Comines est en albâtre, et couchée, les mains jointes, sur son tombeau. On remarque déjà un progrès sensible dans l'exécution de cette figure. Quoiqu'elle ait encore beaucoup de la roideur gothique, cependant plusieurs parties de la draperie sont d'une imitation vraie et d'un assez bon style. La tête présente avec beaucoup de naturel le portrait d'une personne morte. On voit enfin, dans toute cette sculpture, la simplicité naïve qui précède toujours les beaux temps de l'art, et semble les préparer. (Déposé aux Petits-Augustins, avec une partie des arabesques qui décoroient cette chapelle.)
«J'aurai fait soutenir un siége aux Augustins!»
Ce qu'il est impossible d'entendre si l'on ne connoît l'anecdote suivante, publiée par M. Brossette.
«Les Augustins de ce couvent nommoient, tous les deux ans, en chapitre, trois de leurs religieux bacheliers, pour faire leur licence en Sorbonne, où ils avoient trois places fondées à cet effet. En 1658, le P. Célestin Villiers, prieur de ce couvent, voulant favoriser quelques bacheliers, en fit nommer neuf pour les licences suivantes. Ceux qui s'en virent exclus par cette élection prématurée se pourvurent au parlement, qui ordonna que l'on feroit une autre nomination en présence de quelques-uns de ses membres qu'il désigna: les religieux refusèrent d'obéir; et la cour se vit obligée d'employer la force pour faire exécuter son arrêt. Tous les archers furent mandés; on investit leur maison, et l'on essaya d'en enfoncer les portes; mais ce fut inutilement, parce que ces pères, prévoyant ce qui alloit arriver, les avoient fait murer. Les archers se virent donc forcés de tenter d'autres moyens, et tandis que les uns montoient sur les toits des maisons voisines pour tâcher de pénétrer dans le couvent, d'autres travailloient à faire une ouverture dans les murailles du jardin, du côté de la rue Christine. Alors les Augustins, qui avoient fait provision d'armes de toute espèce, sonnèrent le tocsin, se mirent en défense, et commencèrent à tirer d'en bas sur les assiégeants. Ceux-ci tirèrent à leur tour sur les moines, dont deux furent tués et plusieurs blessés. Cependant la brèche étant devenue praticable, ces pères, dans un danger aussi imminent, osèrent y apporter le saint Sacrement, espérant que l'aspect de cet objet vénérable glaceroit tout à coup le courage des assiégeants; mais voyant qu'on n'en continuoit pas moins de tirer sur eux, ils demandèrent à capituler; et l'on donna des otages de part et d'autre. Le premier article de la capitulation portoit qu'ils auroient la vie sauve, à condition qu'ils abandonneroient la brèche, et ouvriroient leurs portes. Les commissaires du parlement étant entrés dans le monastère, firent sur-le-champ arrêter et conduire à la Conciergerie onze religieux. Mais vingt-sept jours après, le cardinal Mazarin, ennemi du parlement, les fit mettre en liberté, et reconduire à leur couvent dans les carrosses du roi. Leurs confrères allèrent les recevoir en procession, des palmes à la main, chantant le Te Deum et sonnant toutes les cloches.
«Ci-dessous gisent Léger du Moussel et Olivier Bourgeois, jadis clercs-écoliers, étudiants en l'Université de Paris, exécutés à la justice du roi notre sire, par le prévôt de Paris, l'an 1407, le vingt-sixième jour d'octobre, pour certains cas à eux imposés; lesquels, à la poursuite de l'Université, furent restitués et amenés au parvis Notre-Dame, et rendus à l'évêque de Paris, comme clercs, et au recteur et député de l'Université, comme suppôts d'icelle, à très-grande solennité, et de là en ce lieu-ci furent amenés, pour être mis en sépulture, l'an 1408, le seizième jour de mai, et furent lesdits prévôts et son lieutenant démis de leurs offices, à ladite poursuite, comme plus à plein appert par lettres-patentes et instruments sur ce cas. Priez Dieu qu'il leur pardonne leurs péchés. Amen.»
Ces deux écoliers étoient coupables de meurtres et de vols sur le grand chemin. Le prévôt de Paris, Guillaume de Tignonville, les fit arrêter. L'Université les réclama, prétendant que cette affaire devoit être portée devant la justice ecclésiastique. Le prévôt, sans s'embarrasser de ces oppositions, fit pendre les deux criminels. L'Université cessa aussitôt tous ses exercices; et pendant plus de quatre mois il n'y eut dans Paris ni leçons ni sermons, pas même le jour de Pâques. Comme le conseil du roi ne se laissoit point ébranler, elle protesta qu'elle abandonneroit le royaume, et iroit s'établir dans les pays étrangers, où l'on respecteroit ses priviléges: cette menace fit impression. Le prévôt fut condamné à détacher du gibet les deux écoliers. Après les avoir baisés sur la bouche, il les fit mettre sur un chariot couvert de drap noir, et marcha à la suite accompagné de ses sergents et archers, des curés de Paris et des religieux. Ils furent ainsi conduits, comme le dit l'inscription, d'abord au parvis Notre-Dame, de là aux Mathurins, où le recteur les reçut de ses mains, et les fit inhumer honorablement. Le prévôt de Paris fut destitué de sa charge; mais ayant été nommé par le roi premier président de la chambre des comptes, moyennant le pardon qu'il vint demander à l'Université, il obtint qu'elle ne s'opposeroit point à son installation. (Sainte-Foix.)
Marie, reine de France, femme de Philippe, fils de saint Louis, morte en 1321.
Jeanne, reine de France et de Navarre, femme de Philippe-le-Bel, fondatrice du collége de Navarre, morte en 1304. (Au-dessous de son tombeau étoit le monument d'un prince et d'une princesse, tenant chacun un cœur dans leurs mains, et sans épitaphe.)
Jeanne, reine de France et de Navarre, morte en 1329. Le cœur de Philippe-le-Long, son époux, mort en 1321.
Le cœur de Jeanne, reine de France et de Navarre, femme de Charles-le-Bel, morte en 1370.
Le cœur de Blanche de France, fille de Philippe-le-Long, morte religieuse de Longchamp en 1358.
Mahaut, fille du comte de Saint-Paul, femme de Charles, comte de Valois, fils de Philippe-le-Hardi, morte en 1358. (Près de Mahaut étoit une autre princesse en habit de religieuse, et sans épitaphe.)
Madame Ainznée, fille du roi de Castille. (Le reste de l'épitaphe étoit rompu.)
Blanche de France, fille de saint Louis, femme de..... (Le reste de l'épitaphe étoit aussi rompu; mais c'étoit sans doute la princesse Blanche qui épousa Ferdinand de La Cerda, fils d'Alphonse X, roi de Castille, car l'autre princesse Blanche, également fille de saint Louis, ne fut point mariée.)
Louis de Valois, fils de Charles, comte de Valois et de Mahaut, mort en 1329.
Un prince, un chevalier, une dame, un comte et une comtesse, sans épitaphe.
Louis Amnez, fils de Robert, comte de Flandre, mort en 1522.
Pierre de Bretagne, fils de Jean duc de Bretagne, et de Blanche, fille de Thibaut roi de Navarre.
Charles, comte d'Étampes, frère de Jeanne, reine de France et de Navarre, mort en 1336.
L'aventure des Cordeliers a un caractère encore plus singulier: ils refusoient également la réforme que des Cordeliers observantins, placés dans leur maison, vouloient leur donner, lorsque le cardinal jugea à propos de leur envoyer deux évêques qui avoient déjà été chargés de la réforme des Jacobins. Avertis de leur visite, ces religieux exposent le saint Sacrement sur l'autel, et commencent à chanter des psaumes, des hymnes, des cantiques, fatiguent les deux prélats, qui d'abord n'osent les interrompre, redoublent leurs chants lorsque ceux-ci veulent leur imposer silence, et les forcent enfin à sortir de leur église. Les réformateurs revinrent le lendemain, accompagnés du prévôt de Paris, de plusieurs autres magistrats et de cent archers, avec ordre de chasser les Cordeliers, s'ils faisoient la moindre résistance. On les trouva, comme la veille, rassemblés dans leur église, où ils essayèrent encore de recommencer leurs chants scandaleux; mais on les fit taire, et la réforme se fit. Ils obtinrent seulement qu'elle ne fût point faite par les Cordeliers observantins, mais par dix-huit Cordeliers pris dans divers couvents. Dans le siècle suivant, où ils eurent encore besoin d'être rappelés à l'observation de leur règle, on tenta vainement de faire entrer chez eux des Récollets. Ils s'y refusèrent obstinément, et les obligèrent à se retirer en se réformant eux-mêmes.
La première, fondée en 1532 par Ulrich Gering, célèbre imprimeur allemand, étoit connue sous le titre de chaire de lecteur.
La deuxième et la troisième, fondées en 1596 par Henri IV, avoient pour objet, l'une la théologie contemplative, l'autre la théologie positive.
La quatrième, fondée en 1606 par M. de Pellejai, conseiller au parlement, étoit destinée à l'interprétation de l'écriture sainte.
La cinquième, pour les cas de conscience, étoit due à M. de Rouan, principal du collége des Trésoriers, et avoit été établie en 1612.
La sixième, qui traitoit des controverses, avoit été fondée en 1616 par Louis XIII.
La septième, consacrée à l'interprétation du texte hébreux de l'écriture, avoit pour fondateur le duc d'Orléans, qui l'avoit créée en 1751.