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Histoire de l'Afrique Septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830) ( Volume I)

DE L'AFRIQUE SEPTENTRIONALE (continued 2)

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CHAPITRE VI

L'AFRIQUE PENDANT LES GUERRES CIVILES

89-46

Guerre entre Hiemsal et Yarbas.--Défaite des partisans de Marius en Afrique; mort de Yarbas.--Expéditions de Sertorius en Maurétanie.--Les pirates africains châtiés par Pompée.--Juba I successeur de Hiemsal.--Il se prononce pour le parti de Pompée.--Défaite de Curion et des Césariens par Juba.--Les Pompéiens se concentrent en Afrique après la bataille de Pharsale.--César débarque en Afrique.--Diversion de Sittius et des rois de Maurétanie.--Bataille de Thapsus, défaite des Pompiens.--Mort de Juba.--La Numidie orientale est réduite en province Romaine.--Chronologie des rois de Numidie.

Guerre entre Hiemsal II et Yarbas.--Dans la situation de vassalité où se trouvaient les rois numides vis-à-vis de Rome, il leur était difficile de ne pas prendre une part, plus ou moins directe, aux troubles qui l'agitaient. Marius, forcé de fuir, se réfugia en Afrique, comptant sur le secours du roi Hiemsal II, auprès duquel il avait envoyé son fils. Mais le Berbère voyait poindre la fortune de Sylla. Il se prononça pour celui-ci, et le fils de Marius, qu'il avait retenu comme prisonnier et qui n'était parvenu à s'échapper,--s'il faut en croire Plutarque,--que grâce à l'intérêt que lui portait une concubine de son hôte, ayant rejoint son père, lui apprit qu'il ne lui restait qu'à fuir. Marius qui avait été repoussé de Karthage par le proconsul Sextus, errait sur le rivage près de la limite de la Numidie; il put cependant prendre la mer, gagner les îles Kerkinna, échappant ainsi aux sicaires de Hiemsal. Il trouva ensuite un refuge chez Yarbas, qui s'était déclaré pour lui, et y passa sans doute l'hiver de l'année 88.

Bientôt Yarbas marcha contre son parent, le défit, et s'empara de son royaume. Ainsi le parti de Marius triomphait en Afrique, tandis qu'en Europe il n'éprouvait que des revers.

Défaite des partisans de Marius en Afrique. Mort de Yarbas.--La province africaine devint le refuge des partisans de Marius. Le préteur Hadrianus en avait expulsé Métellus et Crassus, qui essayaient en vain de rallier ce pays au parti des Optimates. Pour augmenter ses forces, Hadrianus voulut affranchir les esclaves; mais les marchands d'Utique se révoltèrent en masse et brûlèrent le préteur dans sa maison. Cependant l'Afrique resta fidèle au parti Marianien. Domitius Ahénobarbus, gendre de Cinna, y organisa la résistance. Un camp fut formé près d'Utique et bientôt, grâce aux renforts fournis par Yarbas, une vingtaine de mille hommes s'y trouvèrent réunis.

Mais Sylla, sans laisser à ses ennemis le temps de se reformer, chargea Cnéius Pompée d'une expédition en Afrique. Il lui confia à cet effet six légions qui partirent sur une flotte de cent vingt galères, suivies d'un grand nombre de bateaux de transport.

Débarqué heureusement en Afrique, le général romain marcha contre ses ennemis, qui l'attendaient dans une forte position, les attaqua en profitant du désordre causé par un orage, les défit, et enleva leur camp, avec leurs bagages et les éléphants du roi numide. D. Ahénobarbus tomba en combattant; quant à ses soldats, il en fut fait un grand carnage, puisque trois mille, seulement, d'entre eux purent s'échapper.

Expéditions de Sertorius en Maurétanie.--Tandis que la Numidie était le théâtre de ces guerres, Sertorius était chassé de l'Espagne par Annius, lieutenant de Sylla. Forcé de prendre la mer, il s'adjoignit à des pirates ciliciens et vint tenter un débarquement sur les côtes de la Maurétanie. Mais il fut reçu les armes à la main par les farouches montagnards de l'ouest et parvint, non sans peine, à se rembarquer. Il alla chercher un refuge dans les îles Fortunées (Canaries) et, de là, attendit une occasion plus favorable d'intervenir. Cette occasion ne tarda pas à se présenter. Un certain Ascalis, soutenu par une partie des corsaires ciliciens dont nous avons parlé, s'était mis en état de révolte contre le souverain maurétanien et s'était emparé de Tanger.

Sertorius débarqua de nouveau en Afrique avec ses soldats, et vint mettre le siège devant Tanger. Un corps de troupes romaines, sous le commandement de Paccianus (ou Pacciæcus), ayant été envoyé par Sylla au secours d'Ascalis, Sertorius lui offrit le combat, avant qu'il eût opéré sa jonction avec ce dernier, le défit et tua Paccianus; puis il enleva d'assaut Tanger et fit prisonnier le prétendant et sa famille (82). Encouragé par ce succès et appelé par les Lusitaniens, Sertorius réunit ses guerriers au nombre d'environ deux mille hommes, auxquels s'adjoignirent sept cents Berbères. Etant passé en Espagne, il reçut dans son armée le contingent des Lusitaniens et marcha contre les Romains. On sait qu'il se rendit bientôt maître de toute l'Espagne (78) et que sa puissance fut assez grande pour que Mithridate lui proposât une alliance; on sait aussi qu'il fallut toute la science et les efforts combinés de Métellus et de Pompée pour triompher de ce chef de partisans (72). Ce fait prouve que les incursions des Berbères de l'ouest en Espagne datent de loin.

En 67 Pompée, chargé par décret de mettre fin à cette situation insupportable, et ayant reçu à cet effet des forces considérables, divisa sa flotte en treize escadres, nettoya en quarante jours les rivages de l'Espagne et de l'Italie, accula les pirates dans la Méditerranée orientale, détruisit tous leurs navires, et força à la soumission ceux qui n'avaient pas péri.

En l'an 50 Hiemsal cessa de vivre. Son fils Juba lui succéda. C'était un homme d'un courage et d'une hardiesse remarquables; ses rapports avec les Romains l'avaient initié aux raffinements de la civilisation; mais son goût pour les choses de la guerre l'avait empêché de tomber dans la mollesse. Persuadé qu'il était appelé à jouer un grand rôle dans la querelle qui divisait alors le peuple romain, son premier soin, en prenant le pouvoir, fut d'organiser ses forces, non seulement au moyen de ses guerriers numides, mais encore en attirant à lui des aventuriers de toute race, qui, profitant de l'anarchie générale, s'étaient réunis en bandes et guerroyaient pour leur compte sur divers points. Ainsi préparé, il attendit, au cœur de son royaume, que le moment d'agir fût arrivé.

Aussitôt Curion sortit du camp avec une partie de ses gens et se porta sur la Medjerda (Bagradas), où il ne tarda pas à rencontrer l'avant-garde numide. Les prisonniers confirmant les précédents rapports, à savoir qu'il n'avait devant lui que Sabura, le général romain se lança imprudemment à la poursuite des guerriers indigènes qui, tantôt combattant, tantôt fuyant, l'attirèrent dans un terrain choisi, à portée des renforts de Juba. Les Césariens, harassés de fatigue, débandés, négligeant leurs précautions habituelles, car ils se croyaient sûrs de la victoire, se virent tout à coup entourés par de nouveaux et innombrables ennemis, parmi lesquels deux mille cavaliers espagnols et gaulois de la garde de Juba. Il ne leur restait qu'à vendre chèrement leur vie. Enflammés par l'exemple de Curion, qui refusa de fuir, ils combattirent avec la plus grande bravoure et furent tous exterminés. La tête du général romain fut apportée au prince berbère.

Rempli d'orgueil par ce succès, Juba entra solennellement à Utique et commença à faire rudement sentir son arrogance aux Pompéiens.

Les Pompéiens se concentrent en Afrique après la bataille de Pharsale.--Mais, tandis que l'Afrique était le théâtre de ces événements, le grand duel de César et de Pompée se terminait à Pharsale par la défaite de celui-ci, suivie bientôt de sa mort misérable (août-juin 48). Les débris des Pompéiens vinrent en Afrique se réfugier auprès de Varus et tenter de se reformer sous la protection de Juba.

César débarque en Afrique.--Ainsi, il ne suffisait pas à César d'avoir vaincu son rival à la suite d'une brillante campagne. Il fallait recommencer une nouvelle guerre contre son parti, sur un autre continent et avec des forces bien inférieures à celles de ses ennemis. César accepta les nécessités de la situation avec sa décision ordinaire. Retenu à Alexandrie par les vents contraires, il prit toutes les dispositions pour assurer la réussite de sa téméraire entreprise. Dans le but d'entraver le secours que Juba allait offrir aux Pompéiens, il le proclama, ainsi que nous l'avons dit, ennemi public, et accorda ses états aux deux rois de Maurétanie Bokkus et Bogud, comptant bien qu'ils attaqueraient la frontière occidentale de la Numidie et feraient ainsi une salutaire diversion.

Au commencement de l'an 46, César débarqua non loin d'Hadrumète (Sousa), après une périlleuse traversée dans laquelle sa flotte avait été dispersée. Il n'avait alors avec lui qu'environ cinq mille fantassins et cent cinquante cavaliers gaulois. C'est avec cette faible armée qu'il allait affronter, loin de tout secours, des forces combinées montant à soixante mille hommes, avec une nombreuse cavalerie et des éléphants. Heureusement pour le dictateur, ses ennemis ne surent pas tirer parti de leurs avantages. Leurs nombreux navires restèrent à l'ancre, au lien d'aller intercepter ses communications et empêcher l'arrivée de renforts. Scipion soumis aux caprices de Juba, se montra d'une faiblesse extrême et, pour plaire à ce prince, laissa ses soldats ravager la province d'Afrique, ce qui détacha de lui la population coloniale qui ne voulait à aucun prix subir la domination d'un Berbère. Enfin les opérations de guerre furent menées sans énergie ni cohésion.

Bientôt arriva Labiénus à la tête d'une armée de huit mille hommes, comprenant un grand nombre de cavaliers numides. César leur offrit aussitôt le combat, et, grâce à une liabile tactique, parvint à repousser ses ennemis. Malgré ce succès, sa situation était des plus critiques: Scipion arrivait avec huit légions et de nombreux cavaliers; il n'était plus qu'à trois journées, et derrière lui s'avançait le gros de l'armée de Juba, commandée par le prince berbère en personne. Bloqué, manquant de tout, César déploya, dans cette conjoncture critique, les ressources de son génie: construisant des machines de guerre, démolissant des galères pour avoir le bois nécessaire aux palissades, enfin nourrissant ses chevaux au moyen d'algues marines lavées dans l'eau douce. Heureusement Salluste, alors préteur, parvint à surprendre l'île de Kerkinna, où avaient été entassées de nombreuses provisions qui assurèrent le salut des Césariens.

A la réception de ces graves nouvelles, Juba dut faire rétrograder une partie de son armée pour s'opposer aux entreprises des envahisseurs et couvrir sa capitale. Mais bientôt un autre sujet d'inquiétude le força à porter ses regards vers le sud. Les Gétules, travaillés par les émissaires de César, s'étaient lancés sur sa frontière méridionale. Il fallut donc distraire encore de nouveaux soldats pour contenir les nomades sahariens. Ainsi Juba, menacé sur ses derrières et sur son flanc, fut contraint de suspendre son mouvement et de changer ses plans. Il n'est pas douteux que ces diversions assurèrent le salut de César.

Cédant enfin à des instances de plus en plus pressantes ou peut-être à des promesses précises, Juba laissa le commandement des opérations contre Sittius à son lieutenant Sabura, se porta vers l'est et établit son camp en arrière de celui de Scipion. Les soldats de César, effrayés de l'approche du prince numide dont la renommée avait considérablement exagéré les forces, furent surpris de constater que son armée n'était pas aussi puissante qu'on l'annonçait. Le dictateur, qui venait de recevoir du renfort, profita habilement de cette impression pour prendre l'offensive et attaquer Thapsus, ville construite sur une sorte de presqu'île. Par son ordre, l'isthme qui reliait cette ville à la terre fut coupé et toute communication se trouva interrompue entre les assiégés et les Pompéiens.

Déjà les Césariens avaient remporté quelques avantages sur terre et sur mer et repris confiance, d'autant plus que les rangs de leurs ennemis s'éclaircissaient par la désertion. La désaffection des populations s'accentuait chaque jour, et Juba, pour faire un exemple, était allé détruire la ville de Vacca (Badja), dont les habitants avaient offert leur soumission à César. Scipion ne pouvant plus persister dans son inaction, se porta au secours de Thapsus où il fut rejoint par Juba. Bientôt César, qui avait pris toutes ses dispositions pour l'offensive, fit attaquer ses ennemis coalisés. Les Césariens déployèrent la plus grande bravoure et forcèrent les Pompéiens à reculer. Les éléphants affolés contribuèrent au désordre et empêchèrent la cavalerie numide de donner. Le camp des Pompéiens et celui de Juba tombèrent successivement aux mains des vainqueurs. Quant à l'armée coalisée, naguère si nombreuse et si puissante, elle fuyait en désordre dans toutes les directions. Les Césariens firent des vaincus un carnage horrible: dix mille cadavres restèrent sur le champ de bataille.

Cette belle victoire assurait le succès de César. Les villes environnantes, Hadrumète, Thysdrus, qui étaient déjà pour lui, s'empressèrent de se rendre à ses officiers pendant que sa cavalerie marchait sur Utique. Caton essaya d'y organiser la résistance, mais, on l'a vu, les habitants de cette ville étaient pour César; aussi n'eut-il bientôt d'autre ressource pour échapper au vainqueur que de se donner la mort (avril 46).

Quant à Juba, échappé de la mêlée, il évita la poursuite des vainqueurs; en se cachant le jour et ne marchant que la nuit, il parvint à atteindre sa capitale Zama regia, où il avait laissé sa famille et où il espérait trouver un refuge. Mais les habitants, effrayés par les préparatifs de destruction générale qu'il avait faits avant son départ, en prévision d'une défaite possible, refusèrent de lui ouvrir les portes de leur cité: ni les prières ni les menaces ne purent les fléchir, et ils ne voulurent même pas laisser sortir la famille de leur roi. Il fallait, pour agir ainsi, qu'ils jugeassent sa cause bien compromise. Elle l'était en effet, car Sittius avait vaincu et tué Sabura; le roi berbère n'avait plus un asile.

Juba se décida alors à se retirer à sa maison de campagne avec le pompéien Pétréius et quelques serviteurs fidèles. Les Césariens, appelés par les gens de Zama, accouraient, et il ne restait au prince vaincu qu'à mourir. Il fit préparer un festin qu'il partagea avec Pétréius, puis tous deux engagèrent un combat singulier où ils devaient périr l'un et l'autre. Mais là encore la fortune fut contraire au prince numide: il triompha de Pétréius, sans avoir reçu de blessure mortelle et en fut réduit à se plonger lui-même son glaive dans le corps; enfin, comme la mort n'arrivait pas, il se fit achever par un esclave.

Ainsi finit le dernier roi de Numidie.

La partie orientale de ce royaume fut réduite en province romaine (46) sous le nom de Nouvelle Numidie ou d'Africa nova. César plaça Salluste à sa tête, avec le titre de proconsul. S'il faut s'en rapporter au témoignage de Dion Cassius et de Florus, l'historien de la guerre de Jugurtha, dans son court passage en Numidie, s'y rendit coupable de telles exactions qu'il fut traduit en justice et couvert de honte et d'infamie (Dion).

Les habitants de Zama, qui avaient si hardiment résisté à leur roi, furent affranchis d'impôts.

Juba laissait un fils. Le vainqueur l'épargna et l'envoya à Rome, où il reçut une brillante éducation. Nous le verrons plus tard jouer un rôle important dans l'histoire de l'Afrique.

Enfin Bogud I reçut, pour prix de son alliance, la partie occidentale de la Numidie.

CHRONOLOGIE DES ROIS DE NUMIDIE. Sifax, (ou Syphax), roi des Massésyliens. . | vers 225 Gula, roi des Massyliens. . . . . . . . . . . . | av. J.-C. Massinissa, roi des Massésyliens. . . . . . . . | Vermina, roi des Massyliens . . . . . . . . . . | 201 Massinissa seul . . . . . . . . . . . . . . . . (?) Micipsa. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . | Gulussa. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . | 149 Manastabal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . | Micipsa seul. . . . . . . . . . . . . . . . . . vers 145 Adherbal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . | Hiemsal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . | vers 118 Jugurtha. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . | av. J.-C. Adherbal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . | Jugurtha. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . | 117 Jugurtha seul . . . . . . . . . . . . . . . . . 112 Gauda, Numidie propre. . . . . . . . . . . . . | Bokkus I, id occid. . . . . . . . . . . . . . . | 104 Hiemsal II, Numidie orientale. . . .. . . . . . | Yarbas id. centrale . . . . . . . . . . . . . . | (?) Masintha (?) sétifienne . . . . . . . . . . . . | Yarbas, Numidie orientale et centrale. | Masintha (?) sétifienne . . . . . . . . . . . . | 88 Hiemsal, Numidie orientale et centrale. | Masintha (?) sétifienne . . . . . . . . . . . . | 81 Juba I, Numidie orientale et centrale . . . . . | Masanassès, sétifienne. . . . . . . . . . . . . | 50

En 46, la Numidie orientale et centrale est réduite en province romaine. La sétifienne est réunie à la Maurétanie orientale.

CHAPITRE VII

LES DERNIERS ROIS BERBÈRES

46 avant J.-C.--43 après J.-C.

Les rois maurétaniens prennent parti dans les guerres civiles.--Arabion rentre en possession de la Sétifienne.--Lutte entre les partisans d'Antoine et ceux d'Octave.--Arabion se prononce pour Octave.--Arabion s'allie à Lélius lieutenant d'Antione; sa mort.--L'Afrique sous Lépide.--Bogud II est dépossédé de la Tingitane. Bokkus III réunit toute la Maurétanie sous son autorité.--La Berbérie l'entre sous l'autorité d'Octave.--Organisation de l'Afrique par Auguste.--Juba II roi de Numidie.--Juba roi de Maurétanie.--Révolte des Berbères.--Mort de Juba; Ptolémée lui succède.--Révolte des Tacfarinas.--Assassinat de Ptolémée.--Révolte d'Ædémon. La Maurétanic est réduite en province Romaine.--Division et organisation administrative de l'Afrique romaine.--Chronologie des rois de Maurétanie.

Les rois maurétaniens prennent parti dans les guerres civiles.--Après tant de secousses, la Berbérie ne recouvra pas encore la tranquillité qui lui aurait été si nécessaire pour panser ses plaies. Liée désormais au sort de Rome, elle devait ressentir le contre-coup de toutes les luttes que s'y livraient les partis. Le meurtre de César, les compétitions qui en furent la conséquence fournirent aux Africains de nouvelles occasions d'y participer.

Bogud I, fidèle à César, avait aidé le dictateur à écraser en Espagne les restes du parti pompéien (45). Il était logique, ou au moins conforme à l'usage, que Bokkus II se prononçât dans un sens opposé; aussi ses deux fils combattirent-ils à Munda pour Sextus et Cnéus Pompée.

Luttes entre les partisans d'Octave et ceux d'Antoine.--A la suite du partage effectué entre les triumvirs, l'Afrique était échue à Octave. La Numidie était alors gouvernée par Titus Sextius, tandis que l'ancienne province d'Afrique obéissait à Cornificius. Octave donna à Sextius le commandement des deux provinces réunies, et cet officier voulut prendre possession de la Proconsulaire, mais Cornificius refusa d'évacuer l'Afrique, en déclarant qu'il tenait son poste du sénat et qu'il n'avait cure de ce qui pouvait avoir été fait par les dictateurs. Bientôt la guerre éclata entre eux.

Cornificius, qui disposait des forces les plus considérables, envahit la Numidie nouvelle, tandis que Sextius, pour forcer l'ennemi à la retraite, allait hardiment s'emparer d'Hadrumète et des localités voisines. Cornificius, séparant ses forces, chargea son lieutenant Décimus Lélius d'assiéger Cirta, avec une partie de son armée, et confia le reste à P. Ventidius avec mission de repousser Sextius. Cette tactique parut devoir être couronnée de succès, car Sextius, s'étant laissé surprendre, fut battu et réduit à la fuite.

Arabion se prononce pour Octave.--Cependant Arabion, qui était sollicité par les deux gouverneurs de se prononcer pour chacun d'eux, gardait une attitude expectante afin de saisir le moment d'intervenir avec profit. Craignant, s'il laissait écraser Sextius, que son adversaire ne devînt trop redoutable, ou, peut-être, prévoyant le triomphe d'Octave, le prince berbère se déclara alors pour ce dernier, et entraîna avec lui les Sittiens. Cette nouvelle rendit la confiance à Sextius alors assiégé par ses ennemis: ayant enflammé le courage de ses soldats, il opéra une sortie heureuse et parvint à triompher de Ventidius, qui resta sur le champ de bataille.

La conséquence de ces événements fut la levée immédiate du siège de Cirta et la retraite de Lélius sur Utique, où se trouvait le camp de Cornificius. Arabion l'y poursuivit, tandis que Sextius arrivait de l'autre côté. Ainsi le partisan d'Antoine se trouvait pris entre deux ennemis; mais il disposait de forces considérables et aurait été en mesure de résister avec fruit, si la fortune ne s'était tournée si manifestement contre lui.

Lélius envoyé en reconnaissance se heurta contre le corps de Sextius, qui l'attaqua avec violence. Secondé par un habile mouvement d'Arabion, celui-ci parvint à le séparer du camp et à le contraindre à la retraite. La cavalerie du prince numide le força de chercher un refuge sur une montagne escarpée. Cornificius, voyant la position critique de son lieutenant, sort du camp pour aller à son secours. Pendant ce temps Arabion a détaché de son armée un corps d'hommes déterminés qui escaladent par surprise les retranchements du camp, et massacrent les soldats laissés à sa garde.

Cornificius, dans cette conjoncture critique, continue à pousser hardiment sa marche pour opérer sa jonction avec Lélius; mais celui-ci ne fait rien pour le seconder, de sorte qu'il reste seul exposé à l'attaque combinée de Sextius et d'Arabion. Bientôt, tous ses soldats tombent autour de lui, et lui-même trouve la mort du guerrier. Pendant ce temps, Lélius désespéré se perçait de son épée et ses soldais démoralisés n'essayaient pas de résister à leurs ennemis.

Toute l'Afrique romaine resta ainsi soumise à l'autorité de Sextius. En 43, après la réconciliation d'Octave et d'Antoine et la formation d'un nouveau triumvirat, Sextius fut sacrifié et remplacé par C, F. Fango. L'Afrique avait été conservée par Octave. Mais, à la suite de la bataille de Philippes, en 42, un nouveau partage intervint entre les triumvirs: Antoine reçut l'Orient et dans son lot se trouvèrent la Cyrénaïque et l'Afrique propre, tandis que la Numidie seule restait à César-Octavien, avec les régions de l'Occident.

Arabion s'allie à Sextius lieutenant d'Antoine. Sa mort.--La femme d'Antoine, Fulvie, qui selon l'expression de V. Paterculus n'avait de féminin que le corps, chargea Sextius resté en Afrique de s'emparer de la province échue à son mari. Fango, ne cédant qu'à la force, alla prendre le gouvernement de la Nouvelle Numidie; mais son administration ne l'avait pas rendu sympathique. Il trouva la population en armes, et bientôt une révolte générale éclata contre lui. Arabion et les Sittiens soutenaient les rebelles. Cependant Fango parvint à rétablir son autorité et Arabion, vaincu par lui, alla chercher un refuge auprès de Sextius.

Fango somma ce dernier de lui livrer le roi berbère et, sur son refus, envahit des cantons de l'ancienne province et y porta le ravage. Mais Sextius, secondé par Arabion et un grand nombre de Numides, ayant marché contre lui, le força à une prompte retraite. Sur ces entrefaites, Sextius fit assassiner perfidement Arabion. Les détails fournis par Dion Cassais et Appien, sur ce fait, sont contradictoires, et il est assez difficile de se rendre compte du motif de ce meurtre. Selon ces auteurs, Sextius aurait redouté la grande influence exercée sur les Berbères par Arabion et aurait agi sous la double impulsion de la jalousie et de la crainte.

Quoi qu'il en fût, ce meurtre détacha de Sextius tous les cavaliers numides, qui allèrent offrir leurs services à Fango et le poussèrent à attaquer de nouveau son rival. Mais, encore une fois, la victoire se prononça pour Sextius: Fango vaincu et mis en déroute se donna la mort. Zama, qui résistait encore, ne tarda pas à être réduite à la soumission. Ainsi Sextius resta maître de toute l'Afrique. Il ajouta sans doute à ses provinces l'ancien royaume d'Arabion, la Numidie sétifienne.

L'Afrique sous Lépide.--En l'an 40, Lépide, qui avait reçu l'Afrique pour son lot, vint, avec six légions détachées de l'armée d'Antoine, en prendre possession. Sextius lui remit sans opposition ses provinces, et durant quatre années, les deux Afriques obéirent à son administration. Les auteurs donnent fort peu de renseignements sur cette période. On sait seulement que Lépide retira à Karthage, la Junonia de Gracchus, ses privilèges de colonie romaine, et lui enleva même une partie de ses habitants qu'il déporta au loin. Quelle fut la cause de cette sévérité? Peut-être les colons de Karthage témoignèrent-ils des sentiments peu favorables au triumvir, peut-être celui-ci céda-t-il aux conseils des habitants d'Utique, dont la rivalité contre la colonie voisine était un héritage des siècles. La nouvelle Karthage était en effet devenue très florissante sous le consulat de Marc-Antoine. On est réduit à cet égard à des conjectures.

Bogud II est dépossédé de la Tingitane. Bokkus III réunit toute la Maurétanie sous son autorité.--L'année 40 avait vu la mort de Bokkus II, roi de la Tingitane, qui avait été remplacé par Bogud II, son fils. Héritier de la haine de son père contre Octave, Bogud céda aux instances de Lucius Antonius, alors proconsul en Espagne, et en 38, il passa dans la péninsule avec une armée, afin d'arracher cette province aux lieutenants d'Octave. Mais à peine avait-il quitté l'Afrique qu'une révolte éclatait dans sa capitale, à Tingis même.

En même temps, Bokkus III, roi de la Numidie orientale, profitait de son absence et des mauvaises dispositions de ses sujets pour envahir son royaume et occuper les principales villes.

Bokkus III réunit ainsi sous son autorité deux les Maurétanies et vit son usurpation ratifiée par Octave. Etabli à Yol (Cherchel), ce Berbère, vassal de Rome, régna assez paisiblement, ou plutôt obscurément, pendant plusieurs années. Il mourut en 33.

La Berbérie rentre sous l'autorité d'Octave.--En 36, Lépide appelé par Octave en Sicile pour coopérer à la guerre contre Sextus Pompée, quitta l'Afrique à la tête de douze légions. Mais bientôt des discussions s'élevèrent entre les deux triumvirs, et Lépide fut dépouillé de son autorité par Octave qui envoya en Afrique, pour le remplacer, Statilius Taurus. Les historiens parlent, mais sans donner de détails précis, des incursions des Musulames et des Gétules, populations établies sur la limite du désert, et des razzias qu'ils opéraient alors dans le Tel. Le nouveau gouverneur dut faire plusieurs expéditions contre ces pillards pour les forcer à rentrer dans leurs limites.

En l'an 33, Octave vint lui-même en Afrique et réunit les possessions de Bokkus au domaine du peuple romain.

Vers le même temps, Antoine, entièrement subjugué par les charmes de Cléopâtre, lui rendait la Cyrénaïque, et pour la dernière fois cette province était rattachée à l'empire d'Egypte. Mais trois ans plus tard (en 33), il se déclarait publiquement son époux et partageait ses provinces entre les enfants de sa femme. C'est ainsi que la jeune Cléopâtre Séléné, dont nous aurons bientôt à parler, reçut en dot la Cyrénaïque.

La longue rivalité d'Antoine et d'Octave se terminait, le 2 septembre 31, par la bataille d'Actium. Après sa défaite, le triumvir songea à s'appuyer sur les quatre légions qu'il avait laissées en Cyrénaïque à son lieutenant Scaurus; mais celui-ci les avait livrées, ainsi que le pays qu'il était chargé de défendre, à Gallus, officier d'Octavien. En vain Antoine essaya-t-il, à Parœtonium, de rappeler ses soldats à la fidélité; sa voix ne fut pas écoutée et, perdant tout espoir, il alla chercher auprès de Cléopâtre un trépas misérable.

Ainsi toute l'Afrique se trouva soumise à l'autorité d'Octave.

La IIIe légion (Augusta) fut chargée de tenir garnison en Afrique. Auguste plaça son quartier permanent à Theveste (Tebessa), au pied oriental de l'Aourès, à cheval sur les routes de la province de Karthage, de la Numidie et de la région des oasis et de la Tripolitaine. Elle protégeait aussi le pays colonisé contre les invasions des Gétules.

Il est assez difficile de dire quelle fut l'action du roi indigène sur le territoire de la colonie des Sittiens. Il est probable que, tout en exerçant sur lui son autorité gouvernementale, il lui laissa ses franchises communales et n'administra, à proprement parler, que la partie orientale de la Numidie, cette Africa nova que César avait érigée en province après sa victoire.

Que se passa-t-il en Numidie pendant les années qui suivirent l'élévation de Juba? Les auteurs sont muets sur ce point, et nous en sommes réduits à supposer que son règne fut tranquille. La nouvelle fonction qu'Auguste va confier au prince numide semble indiquer que son administration avait été paisible et heureuse.

Les deux Afriques ne formèrent qu'une seule province sous les ordres d'un gouverneur nommé par le Sénat. La IIIe légion (Augusta) y fut maintenue comme corps permanent d'occupation.

Révolte des Berbères.--Nous avons vu que les Gétules et les Musulames du désert ne cessaient de faire des incursions dans le Tel et que Taurus avait dû les repousser plusieurs fois par les armes. En l'an 29, L.A. Petus, et en 21, L.S. Atralinus, avaient poursuivi, jusque dans le désert, ces turbulents indigènes. Les succès de ces généraux leur avaient valu les honneurs du triomphe; mais bientôt de nouvelles razzias avaient été opérées par ces incorrigibles pillards.

Mais le nouveau proconsul L. Apronius, ayant pris la direction des opérations, l'attaque avec vigueur, le bat dans toutes les rencontres et le force à prendre encore la route du sud (20).

Bien que les honneurs du triomphe eussent été accordés à Apronius, il faut croire que ses succès n'avaient pas été bien décisifs, puisque, peu de temps après, Tacfarinas poussa l'audace jusqu'à proposer à Tibère un traité de paix, à la condition qu'on lui donnât des terres. Pour toute réponse, l'empereur nomma en l'an 21 Blæsus, proconsul d'Afrique, et, lui ayant fourni d'importants renforts (une partie de la IXe légion), le chargea d'anéantir la puissance du chef indigène. Ce fut, avec la plus grande habileté et une parfaite notion de cette sorte de guerre, que le général romain mena la campagne: ses forces, s'appuyant sur des postes fortifiés, furent divisées en plusieurs corps qui, durant un an, poursuivirent les rebelles sans relâche ni trêve. Battu chaque fois qu'il était rejoint, Tacfarinas dut encore s'enfoncer dans les profondeurs du désert, son refuge habituel. Il ne lui restait ni adhérents ni ressources d'aucune sorte, et l'on put à bon droit considérer la guerre comme finie. Tibère s'empressa de faire rentrer en Italie une partie des troupes (22). Blæsus reçut le titre d'imperator.

Mais Tacfarinas n'était pas homme à se laisser abattre ainsi. La mort du roi Juba lui fournit, sur ces entrefaites, un nouveau motif pour intriguer chez les indigènes et soulever les tribus de l'ouest. Soutenu par les Garamantes et par une foule d'aventuriers, encouragé par le départ de la IXe légion, il se lança de nouveau sur le Tel et se heurta au proconsul Dolabella, successeur de Blæsus. Profitant du petit nombre de ses ennemis, il glissa entre leurs cohortes et vint audacieusement mettre le siège devant Tubusuptus (Tiklat) dans la vallée du Sahel.

Dolabella, dans cette conjoncture, voulant éviter que les tribus de l'ouest et du sud (Musulames et Gétules) ne vinssent se joindre au rebelle, les terrifia en mettant à mort leurs chefs; puis il fit garder la ligne du sud par des postes et réclama au roi Ptolémée une armée de secours afin de cerner Tacfarinas. Lorsqu'il sait que les divisions maurélaniennes sont en marche, il se jette sur Tacfarinas et le force à lever le siège de Tubusuptus. Le Berbère veut fuir vers le sud, mais les issues sont gardées; il se porte vers l'ouest poursuivi l'épée dans les reins par Dolabella qui l'atteint à Auzia (Aumale), surprend son camp par une attaque de nuit et le tue, ainsi que tous ses adhérents (24).

Assassinat de Ptolémée.--A la suite de cette guerre, dans laquelle Ptolémée avait coopéré si efficacement à réduire le rebelle, un sénateur fut désigné pour porter au roi de Maurétanie le bâton d'ivoire et la toge brodée, présents du Sénat, et de le saluer du titre de roi, d'allié et d'ami.

Révolte d'Ædémon. La Maurétanie est réduite en province romaine.--La nouvelle de l'assassinat du roi Ptolémée causa la plus grande émotion en Afrique. L'affranchi Ædemon saisit ce prétexte pour lever l'étendard de la révolte. Les Maures et même les Gétules le soutinrent, et il fallut plusieurs expéditions pour le réduire. L'empereur Claude se laissa décerner le triomphe pour les victoires de ses lieutenants.

Hasidius Géta termina la conquête de la Maurétanie occidentale en rejetant dans le désert les débris des troupes d'un certain Salabus, roi des Maures, dernier adhérent d'Ædémon.

Division et organisation administrative de l'Afrique romaine.--En l'an 42, il fut procédé, par ordre de Claude, à une nouvelle division des provinces africaines. Les anciennes demeurèrent placées sous l'autorité du Sénat. Voici quelle fut la répartition:

1° Cyrénaïque avec la Crète, régies par un proconsul.

2° Province proconsulaire d'Afrique, subdivisée en Byzacène et Zeugitane, formée de la Tripolitaine et de la Tunisie actuelles, régie par un proconsul résidant à Karthage.

3° Numidie, régie par un légat impérial ou par le proconsul de la province d'Afrique.

4° Maurétanie césarienne, s'étendant de Sétif à la Moulouia.

5° Et Maurélanie Tingitane, de la Moulouia à l'Océan.

Ces deux dernières provinces, faisant partie du domaine de l'empereur, furent régies par de simples chevaliers, avec le titre de procurateurs (procuratores augusti), ne relevant que de l'empereur et ayant des pouvoirs très étendus. Elles reçurent comme garnison des troupes de second ordre.

Le pouvoir des proconsuls dans leurs provinces était, pour ainsi dire, illimité. Le pays, réduit en province romaine, perdait ses anciennes institutions, et le personnage chargé d'appliquer le senatus-consulte qui ordonnait cette incorporation élaborait un ensemble de lois spéciales à la nouvelle province. Il était, généralement, tenu grand compte des institutions locales. Quelquefois une commission de sénateurs l'assistait dans ce travail. Chaque proconsul, en arrivant dans son commandement--et l'on sait que la durée de ses pouvoirs n'était que d'un an--publiait un nouvel édit par lequel il pouvait modifier, selon son caprice, la loi fondamentale. Il réunissait dans ses mains tous les pouvoirs militaire, administratif et judiciaire. A. Thierry a dit à ce sujet: «un arbitraire presque illimité pesait sur la vie comme sur la fortune des provinciaux.»

Sous l'empire, cette situation se modifia. Nous avons vu Auguste placer Juba II, comme roi, à la tête de la Numidie qui venait d'être pressurée par ses gouverneurs. Enfin Caligula décapita la puissance des proconsuls en leur retirant le commandement militaire. L'action de l'empereur se fit dès lors sentir directement dans les provinces, qui cessèrent d'être pressurées aussi violemment par la métropole. Nous n'allons pas tarder à voir celle d'Afrique exercer à son tour une grande influence sur la capitale.

Ces fonctionnaires principaux avaient sous leurs ordres un grand nombre d'agents de toute sorte.

Dans certaines provinces, l'assemblée (concilium) était annuelle: c'était le cas de celle d'Afrique. Des délégués des cités y prenaient part et, après la célébration des rites du culte de l'empereur, le concilium s'occupait de questions administratives et de vœux à présenter dans l'intérêt de la province. Ses membres exerçaient un contrôle sur l'administration de leur gouverneur et avaient le droit de le mettre en accusation.

Les provinces, comme les cités, se choisissaient des patrons, personnages influents, chargés de défendre leurs droits dans la métropole.

Les villes étaient divisées en plusieurs catégories:

1° Les colonies romaines, dont les citoyens jouissaient de tous les droits et privilèges du citoyen romain, notamment de l'exemption du tribut.

2° Les municipes, dont les habitants, tout en profitant de la plupart des privilèges du citoyen romain, n'avaient pas le droit de suffrage.

3° Les colonies latines, dont les habitants avaient le droit d'acquérir et de transmettre la propriété quiritaire (jus commercii), mais qui ne possédaient pas le jus connubii, conférant la puissance paternelle sur les enfants. Leurs magistrats, à l'expiration de leur charge, étaient capables du droit de cité romain.

Il y avait encore les villes alliées, les villes libres et les villes exemptes d'impôts.

Les cités avaient, en général, la libre disposition de leurs revenus, sous la direction d'une assemblée de magistrats municipaux: la curie ou ordo decurionum, composée de notables qui conféraient, à l'élection, les honneurs ou fonctions dont ils disposaient. Le candidat, pour s'assurer leurs suffrages, était obligé de verser des sommes considérables dans la caisse municipale, et de promettre des fêtes et des travaux. Une fois élu, il supportait une partie des dépenses de la cité et était pécuniairement responsable de la rentrée de l'impôt. Il arriva un temps où ces honneurs, autrefois si recherchés, furent refusés et fuis par les citoyens, qui les considéraient, à bon droit, comme une cause de ruine.

Les terres ayant appartenu aux princes indigènes et celles qui provenaient de séquestre, avaient été incorporées au domaine du peuple romain. Le reste des terres était généralement laissé aux indigènes, mais à titre de simple occupation et à charge de payer une redevance représentative du fermage.

Les obligations des provinciaux étaient de quatre sortes: l'impôt personnel, l'impôt foncier, les douanes et droits régaliens, et les réquisitions.

La province devait fournir le blé nécessaire à la nourriture des armées et des matelots employés à sa garde, procurer les logements nécessaires pour les soldats et même équiper parfois des auxiliaires.

Quant à la condition des personnes, elle était la même que dans le reste des conquêtes romaines. Le citoyen romain, qu'il provînt, soit des municipes d'Italie, soit des colonies romaines, était au sommet de l'échelle. Il recevait des concessions de terres qu'il faisait cultiver par l'esclave ou par le paysan. Les soldats étaient également pourvus de concessions, mais ils formaient des colonies purement militaires, où les civils ne pénétraient pas.

La condition de l'esclave était particulièrement dure; ceux nés sur le domaine étaient un peu moins maltraités que ceux achetés.

Chronologie des rois de Maurétanie.--Bokkus Ier règne sur les deux Maurétanies vers l'an 106 av. J.-C.

Vers l'an 80, ses deux fils lui succèdent et se partagent son royaume.

Bokkus II reçoit la Maurétanie orientale.

Bogud Ier, la Maurétanie occidentale, augmentée de la Sétifienne, en 46.

En 44, Bokkus III succède à son père Bogud Ier. La même année il perd la Sétifienne, qui est reprise par Arabion.

En 40, Bogud II succède à son père Bokkus II.

En 38, Bokkus III reste seul maître des deux Maurétanies. Il meurt en 33.

La Maurétanie reste jusqu'en 25 sans roi.

Juba II est nommé roi de Maurétanie en 25, et règne jusqu'en 23 ap. J.-C.

Ptolémée règne de 23 à 40.

CHAPITRE VIII

L'AFRIQUE SOUS L'AUTORITÉ ROMAINE

43-297

État de l'Afrique au ier siècle; productions, commerce, relations.--État des populations.--Les gouverneurs d'Afrique prennent part aux guerres civiles.--L'Afrique sous Vespasien.--Insurrection des Juifs de la Cyrénaïque.--Expéditions en Tripolitaine et dans l'extrême sud.--L'Afrique sous Trajan.--Nouvelle révolte des Juifs.--L'Afrique sous Hadrien; insurrection des Maures.--Nouvelles révoltes sous Antonin, Marc-Aurèle et Commode, 138-190.--Les empereurs africains: Septime Sévère.--Progrès de la religion chrétienne en Afrique; premières persécutions.--Caracalla, son édit d'émancipation.--Macrin et Elagabal.--Alexandre Sévère.--Les Gordiens; révolte, de Capellien et de Sabianus.--Période d'anarchie; révoltes en Afrique.--Persécutions contre les chrétiens.--Période des trente tyrans.--Dioclétien; révolte des Quinquégentiens.--Nouvelles divisions géographiques de l'Afrique.

État de l'Afrique au ier siècle; productions, commerce, relations.--Ainsi l'autorité romaine régnait sans conteste sur toute l'Afrique du nord, la Berbérie, de l'Egypte à l'Océan. Il avait fallu près de deux siècles et demi (232 ans) au peuple-roi pour effectuer cette conquête; mais nous avons vu avec quelle prudence, par quelle suite de transitions habilement ménagées, il y était arrivé.

Au moment où la Berbérie entre dans une ère nouvelle, il convient de se rendre bien compte de sa situation matérielle et de l'état de ses populations.

Tous les empereurs prirent des mesures afin d'assurer les arrivages d'Afrique, Claude accorda des immunités particulières pour encourager les importations de blé, Néron exempta de tout impôt les navires servant au transport du blé. Commode créa la flotte d'Afrique, affectée spécialement à cet usage, et ses successeurs perfectionnèrent cette institution. Un préfet de l'Annone, résidant en Afrique, fut chargé d'assurer les approvisionnements.

Après le blé, l'huile était une des principales branches d'exportation, mais, de même que l'huile faite actuellement par nos Kabiles, elle était de qualité inférieure, et sa mauvaise odeur la dépréciait beaucoup, de sorte qu'on ne l'employait guère que dans les gymnases.

Au premier rang des villes de commerce brillait Karthage, la métropole punique, relevée de ses ruines et toujours la reine de l'Afrique par sa magnificence et sa civilisation. Dans son port, les vaisseaux venus de tous les points de la Méditerranée se pressaient pour charger les grains, les bois précieux, la poudre d'or, l'ivoire, les marbres, les bêtes féroces, les chevaux numides, les nègres. Une population punique importante dominait dans cette ville, elle y avait conservé ses mœurs, sa langue et sa religion. Le temple d'Astarté (Tanit), divinité phénicienne admise par les Romains dans leur Panthéon, sous le nom de Juno Cœlestis, avait été reconstruit avec une nouvelle splendeur; nous verrons plus tard un empereur donner une consécration officielle à ce culte barbare dont les divinités exigeaient des sacrifices humains.

Dans la Numidie et la Maurétanie, les principaux ports de commerce étaient Igilgilis (Djidjelli), Saldœ, Yol-Césarée, Siga (à l'embouchure de la Tafna) et Tingis. Il existait, entre les ports de l'ouest et l'Espagne, et même jusqu'en Gaule, des relations suivies qui avaient amené des alliances de famille. Nous avons vu que Juba II était magistrat municipal de Carthagène.

État des populations.--Examinons maintenant ce que devenait le peuple indigène en présence de la colonisation romaine. La vieille race berbère commençait à subir une transformation; diminuée par les guerres incessantes où elle prodiguait son sang avec tant de générosité, elle était refoulée par la colonisation romaine et commençait à s'assimiler ou à disparaître dans la province d'Afrique ou la Numidie. Mais dans toute la Maurétanie et certains massifs montagneux, comme le Mons ferratus (la grande Kabilie), elle se conservait intacte et se préparait à de nouvelles luttes. Sur la ligne des hauts plateaux, se pressaient les tribus gétules, toujours prêtes à envahir le Tel pour le piller et autant que possible s'y fixer. On a pu constater cette tendance des tribus du désert, par la demande de terres faite par Tacfarinas à Tibère. Nous les verrons s'avancer continuellement, par un mouvement lent et irrésistible, pour s'étendre sur les restes des vieilles tribus berbères et les remplacer à mesure que la puissance romaine s'affaiblira.

A la nouvelle de la mort d'Othon, L. Albinus essaya de se déclarer indépendant à son tour. Il avait sous ses ordres dix cohortes et cinq ailes de cavalerie, sans compter les auxiliaires. C'étaient des forces imposantes, avec l'appui desquelles il pouvait espérer le succès; mais au moment où il se préparait à passer dans la Tingitane, pour, de là, envahir l'Espagne, le gouverneur de cette province le fit assassiner, et ses troupes se prononcèrent pour Vitellius, qui ne jouit pas longtemps du pouvoir et succomba à son tour en décembre 69.

L'Afrique sous Vespasien.--Enfin Vespasien resta seul maître du pouvoir. C'était aussi un ancien proconsul d'Afrique, et il s'était fait remarquer dans son commandement par une honnêteté bien rare pour l'époque. On raconte même que les habitants d'Hadrumète, irrités de sa parcimonie dans les fêtes, l'assaillirent un jour en lui lançant des raves à la tête.

Lucius Pison était alors proconsul d'Afrique; il se tenait sagement à l'écart des factions et cependant on le soupçonnait d'être partisan de Vitellius, parce que beaucoup de Vitelliens s'étaient réfugiés dans sa province. Ce parti avait encore de nombreux adhérents en Gaule et l'on craignait que Pison ne fit alliance avec eux, ce qui aurait eu pour conséquence immédiate la famine. Le légat qui commandait les troupes, Valérius Festus, cédant à son ambition, exploita perfidement cette situation en peignant, dans ses rapports, la révolte comme imminente. Un certain Papirius, qui avait déjà pris part au meurtre de Macer, arrive en Afrique dans le but de tuer le proconsul. Pison prévenu le fait mettre à mort et adresse une proclamation au peuple. Mais bientôt les soldats auxiliaires dépêchés par Festus pénétrent dans sa demeure et demandent le proconsul. Un esclave déclare qu'il est Pison et tombe sous leurs coups. Ce dévouement ne sauve pas son maître, qui est reconnu par le procurateur B. Massa et mis à mort.

Ainsi délivré de son rival, Festus alla au camp, fit mettre à mort les soldats sur la fidélité desquels il avait des doutes et récompensa les autres. Puis il se rendit dans l'est afin de faire cesser les luttes qui divisaient les colons de Leptis et d'Oea (Tripoli). Ceux-ci, appuyés par les Garamantes, avaient mis au pillage Leptis et ses environs (70).

Pour châtier les Garamantes, Festus les poursuivit jusque dans leur pays, et afin de mieux les surprendre il passa par les défilés des montagnes, chemin difficile et peu usité, mais plus court. La Phazanie qui n'avait pas revu les aigles romaines depuis l'expédition de Balbus, fut de nouveau contrainte à la soumission et au paiement d'un tribut.

Insurrection des Juifs de la Cyrénaïque.--Un certain Jonathas ayant fait partie de ces zélateurs, ou sicaires, dont les excès avaient attiré de si grands malheurs à leur nation, vint se réfugier à Cyrène. Ayant réuni autour de lui environ deux mille misérables de son espèce, il alla camper au désert en proclamant son intention de réformer la religion juive. Catullus prêteur de Libye, appelé par les orthodoxes juifs, arriva à la tête de ses troupes et, ayant cerné les rebelles, les massacra presque tous. Jonathas, le promoteur du mouvement, avait pu s'échapper, mais il fut arrêté et comme le préteur voulait le faire périr il prétendit qu'il avait des révélations importantes à lui faire sur l'origine de la conspiration. Catullus qui, au dire de l'historien Flavien Josèphe, était un homme corrompu, comprit le parti qu'il pouvait tirer de son prisonnier; se faisant désigner par lui les juifs les plus riches, il les mit à mort et s'empara de leur fortune. La plus grande terreur pesa sur cette population qui vit périr en peu de temps trois mille de ses principaux citoyens.

Après cette exécution, Catullus se rendit à Rome en emmenant le délateur et un certain nombre d'israélites notables d'Alexandrie, parmi lesquels Josèphe lui-même, désignés comme chefs du complot. Mais Vespasien, éclairé par son fils Titus, ne s'y trompa point. Il rendit aussitôt la liberté aux prisonniers à l'exception de Jonathas qu'il fit brûler vif.

Expéditions en Tripolitaine et dans l'extrême sud.--Après la mort de Vespasien et le court règne de Titus, l'empire échut à Domitien. Sous son règne, de nouvelles expéditions furent faites au sud de la Tripolitaine. Septimius Flaccus, chef des troupes de cette province, se rendit à Garama, puis à Audjela, et de là jusqu'en Ethiopie.

L'Afrique sous Trajan.--Après le court règne de Nerva, Trajan fut investi du pouvoir suprême (28 janvier 98).

Trajan était alors retenu en Orient par la guerre contre les Parthes, qui nécessitait l'emploi de toutes ses forces. Ainsi les populations de la Cyrénaïque abandonnées à elles-mêmes, étaient sans force pour résister aux rebelles, dont le nombre était considérable. Alliés aux révoltés d'Egypte, les juifs se livrèrent à tous les excès. Cependant Marcius Turbo, ayant reçu de l'empereur l'ordre de marcher contre les rebelles, arriva de Libye avec des forces importantes, tant en infanterie qu'en cavalerie et même une division navale. Mais c'était une véritable guerre à entreprendre et il fallut toute l'habileté de ce général pour triompher de cette révolte qui se prolongea jusqu'à l'avènement d'Hadrien. La répression que les juifs s'étaient ainsi attirée fut sévère, et il est probable qu'à cette occasion un grand nombre d'entre eux émigrèrent dans l'ouest et se mêlèrent à la population indigène de la Berbérie.

L'Afrique sous Hadrien. Insurrections des Maures.--En 117, commença le beau règne d'Hadrien. Un soulèvement général des Maures concorde avec son élévation. C'est à la voix d'un Berbère latinisé du nom de Lusius Quiétus que les indigènes prennent les armes. Ce chef avait été chargé de conduire à Trajan un corps de troupes maures, et il s'était tellement distingué, dans la guerre contre les Parthes et dans celle de Judée, que l'empereur lui avait donné le gouvernement de la Palestine. Rappelé en Afrique, il renia la fidélité dont il avait donné des preuves si éclatantes, pour entraîner ses compatriotes à la révolte.

Marcius Turbo appelé de la Cyrénaïque, et nommé proconsul d'Afrique, reçut la difficile mission de réduire cette révolte qui avait pris des proportions générales. Quiétus fut mis à mort; mais Turbo ne triompha des rebelles qu'avec beaucoup de peine. Pour le récompenser de ses services, il reçut des honneurs particuliers et fut ensuite nommé gouverneur de la Dacie.

On est porté à supposer que ce prince sépara la Numidie de la proconsulaire, et envoya à celle-ci un légat impérial, tandis que l'ancienne Afrique restait sous l'autorité administrative du proconsul.

Progrès de la religion chrétienne en Afrique; premières persécutions.--La religion chrétienne s'était introduite dans les villes de l'Afrique à peu près en même temps qu'en Italie. La Cyrénaïque fut une des premières contrées où les apôtres allèrent prêcher la nouvelle doctrine. Dès l'an 40, saint Marc qui était juif cyrénéen, vint dans son pays faire des prosélytes, jusque vers 61, époque où il alla à Alexandrie, fonder diverses paroisses. Devenu chef de cette église, il n'oublia pas sa patrie, y revint plusieurs fois et y institua, dit-on, les premiers évêques.

Dans le reste de l'Afrique, le christianisme pénétra avec moins d'éclat; néanmoins le nombre des adeptes de la nouvelle religion ne tarda pas à devenir considérable. On sait quel était l'esprit de ces premiers chrétiens: la vieille société devait disparaître pour faire place au règne du Christ. Ce n'était rien moins qu'une profonde révolution sociale qui se préparait et, si les Romains s'étaient montrés très tolérants pour les dieux des peuples qu'ils avaient conquis, ils ne pouvaient recevoir dans leur panthéon celui qui disait: «Mon royaume n'est pas de ce monde», et qui prêchait l'égalité absolue de tous les hommes. L'empereur, souverain pontife, divinisé après sa mort, était directement attaqué, de même que l'état social reposant sur l'esclavage. Enfin les chrétiens refusaient le service militaire. Il n'est donc pas surprenant que le pouvoir cherchât à s'opposer aux progrès de pareils adversaires. Les empereurs le firent d'abord avec la plus grande modération. Domitien, se servant de la loi qui avait été édictée au sujet des druides, prit les premières mesures contre ceux qui christianisaient ou judaïsaient, car, dans le principe, on confondit les adeptes des deux religions. Ses successeurs, ne voyant pas le danger d'une secte qui ne faisait de prosélytes que parmi les petites gens, ne furent pas plus sévères. Mais la population des villes, moins tolérante, commença à faire des exécutions sommaires sur lesquelles on ferma les yeux.

Sous les règnes d'Antonin et de Marc-Aurèle, la religion chrétienne fit de grands progrès. Les néophytes, loin d'être terrifiés par les mauvais traitements, recherchaient le martyre. La crédulité publique, les révélations arrachées aux esclaves par la torture, étaient cause qu'on les chargeait de tous les crimes et jusqu'alors c'était plutôt la vindicte publique que le représentant de la loi qui les châtiait.

Septime Sévère fit poursuivre avec rigueur les chrétiens d'Afrique. Quiconque refusait de sacrifier aux dieux et de rendre hommage au génie de l'empereur, était puni de mort. En l'an 200, douze chrétiens, sept hommes et cinq femmes, ayant été amenés à Saturnin, proconsul de la province d'Afrique, subirent le martyre. On les considère comme les douze premiers confesseurs de l'église d'Afrique. Peu après avait lieu à Karthage le supplice de sainte Perpétue et de sainte Félicité. Les chrétiens, dès lors, se mirent à chercher le martyre avec avidité et l'on vit des épouses résister aux larmes de leur famille, repousser leurs enfants, répondre aux exhortations, aux conseils du représentant de l'autorité par des provocations, et ne chercher qu'à apaiser leur soif de souffrance et de tourments.

Tertullien avait vu le jour à Karthage en 160. Il était, à l'époque de la mort de Sévère, dans toute la force de son talent. Comme tant d'autres, c'est la vue de la constance des martyrs au milieu des supplices qui l'avait attiré vers la religion chrétienne. Ainsi les persécutions allaient directement contre leur but.

Caracalla. Son édit d'émancipation.--Caracalla continua les travaux commencés en Afrique par son père; aussi ce prince fut-il cher aux Africains, qui ont inscrit sur la pierre le témoignage de leur reconnaissance. Le pays continua alors de jouir d'une tranquillité dont il avait si grand besoin.

En réalité cette mesure n'avait de libéral que l'apparence: son but était de se procurer de l'argent et des hommes, en étendant l'impôt à tous et en supprimant les exemptions.

Macrin et Elagabal.--Macrin, le troisième empereur africain, était né à Yol-Césarée. C'était un avocat que son audace et son succès portèrent au poste de préfet du prétoire. Le meurtrier de Caracalla fut d'abord bien accueilli par le sénat (217), mais bientôt on apprit qu'Elagabal, grand-prêtre du soleil à Edesse, âgé seulement de 17 ans, avait été proclamé par les soldats à l'instigation de Julia Mœsa, sœur de l'impératrice Julia Domna. Ayant essayé de lutter contre son compétiteur, Macrin périt avec son fils Diadumène à Chalcédoine (avril 218). Dans son règne aussi court qu'agité, il avait trouvé le temps de réduire sensiblement les impôts.

En prenant le pouvoir, le nouvel empereur s'était attribué les noms de Marc-Aurèle Antonin. Après un court règne de cinq ans, il fut à son tour mis à mort par les soldats. Une révolte avait eu lieu dans la Césarienne peu de temps auparavant (222).

En 229, Marcus Antonius Gordianus avait été nommé par le sénat proconsul d'Afrique, avec son fils comme légat. Pendant sept années, ses pouvoirs lui furent prorogés, et l'Afrique vécut tranquille sous son autorité.

Les Gordiens. Révolte de Capellien et de Sabinianus.--Mais en 235, Sévère tomba sous le poignard du Goth Maximin, et aussitôt l'anarchie reparut dans le monde romain. L'Afrique saisit cette occasion de produire un empereur. Des citoyens de Karthage, irrités par la dureté et les violences d'un intendant du fisc, le mirent à mort et, pour s'assurer l'impunité, soulevèrent la province et proclamèrent empereur le vieux Gordien, leur gouverneur, alors âgé de quatre vingts ans.

Les soldats de la IIIe légion ratifièrent ce choix et, malgré la résistance du proconsul, lui conférèrent le pouvoir, à Thysdrus, en lui laissant son fils comme lieutenant. Des députés furent alors envoyés au Sénat qui approuva l'élection et déclara Maximin ennemi public (237). A cette nouvelle, le sénateur Capellien qui gouvernait la Maurétanie et, disposant de forces importantes, était chargé de garder les limites, se déclara pour Maximin. En même temps Gordien, avec lequel il avait eu des démêlés, prononçait sa destitution.

Bientôt Capellien envahit la Numidie à la tête de troupes aguerries depuis longtemps par les luttes incessantes qu'elles soutenaient contre les Maures. Pendant ce temps, les Gordiens réunissaient et armaient à la hâte des adhérents nombreux, mais indisciplinés, et se portaient bravement à la rencontre de l'ennemi. La bataille eut lieu en avant de Karthage, elle se termina bientôt par le triomphe de Capellien et la mort du jeune Gordien. Pour ne pas tomber entre les mains de son ennemi, le vieil empereur se donna la mort en s'étranglant avec sa ceinture, six semaines après son élévation.

Sur ces entrefaites, Maximin fut assassiné par les soldats lassés de ses cruautés (238). Le sénat, malgré la mort des Gordiens, avait persisté dans son refus de reconnaître Maximin: deux sénateurs avaient été élus empereurs et on leur avait adjoint comme césar, un petit-fils de Gordien Ier, âgé de 13 ans. Après s'être défaits de Maximin, les prétoriens mirent à mort les deux fantômes d'empereurs et proclamèrent à leur place le jeune Gordien, sous le nom de Gordien III.

Que devint l'Afrique pendant ces guerres civiles? L'histoire ne nous le dit pas, et nous en sommes réduits aux conjectures. Il est probable que la restauration de la famille de Gordien fut bien accueillie dans la Proconsulaire. On ignore le sort de Capellien, mais il n'est pas téméraire de conjecturer qu'il fut mis à mort. En 240 un certain Sabinianus, proconsul d'Afrique, suivant son exemple, se proclama empereur et voulut soulever sa province. Le præses de la Maurétanie restait fidèle à Gordien. L'usurpateur marcha contre lui et obtint d'abord quelques succès; mais, l'empereur ayant envoyé du renfort en Maurétanie, le præses reprit l'offensive, chassa devant lui les envahisseurs, et vint, à son tour, mettre le siège devant Karthage. Les habitants de cette ville, pour obtenir leur pardon, livrèrent Sabinianus aux troupes fidèles.

Période d'anarchie. Révoltes en Afrique.--A l'époque que nous avons atteinte, les empereurs se succèdent au pouvoir avec une rapidité qui démontre à quel état d'anarchie l'empire est tombé.

L'arabe Philippe, brigand de grands chemins, parvenu à l'emploi de préfet du prétoire, tue Gordien III et se fait proclamer à sa place (244); Decius (249), Gallus (251), le maure Emilien (253), passent successivement au pouvoir et périssent tous sous les coups des soldats. En 253, Valérien ancien chef de la IIIe légion, s'empare de l'autorité et la conserve pendant quelques années, mais en 260, il est fait prisonnier par Sapor, roi des Perses.

Que pouvait faire l'Afrique pendant cette anarchie? Le silence de l'histoire est suppléé ici par les inscriptions relevées en Algérie. Les tribus indigènes, particulièrement celles qui occupaient la région montagneuse comprise entre Cirta, Sétif, Rusucurru (Dellis) et la mer en profitèrent pour attaquer les colonisations latines. Les maures du sud-ouest paraissent les avoir soutenues. En 260 un officier du nom de Q. Gargilius, chef de la cohorte des cavaliers auxiliaires maures cantonnés à Auzia (Aumale), prend et met à mort un rebelle du nom de Faraxen, chef des Fraxiniens. Après ce succès, Gargilius se met en marche vers l'est pour rejoindre le légat de la Numidie qui accourt avec les troupes disponibles, niais il tombe dans une embuscade dressée par les Babares et périt en combattant.

Persécutions contre les chrétiens.--Malgré les persécutions, la religion chrétienne faisait de rapides progrès en Afrique. Dans la Cyrénaïque surtout, un clergé organisé relevait directement du pape. L'édit de Decius, rendu en 250, organisa d'une manière régulière la persécution contre ceux qui refusaient de sacrifier aux Dieux. C'est à la suite de cette mesure que saint Denis d'Alexandrie fut exilé dans une petite bourgade de la Cyrénaïque. Valérien prescrivit de nouvelles rigueurs contre les chrétiens et, comme un certain nombre de tribus de la Proconsulaire avait embrassé le nouveau culte, ce fut une cause de plus de troubles en Afrique et de résistance au pouvoir central. Les pasteurs, décorés du nom d'évêques, se réunirent plus d'une fois en conciles pour traiter des points de doctrine, car déjà des hérésies se produisaient et souvent le clergé africain était en lutte avec ses chefs spirituels. Saint Cyprien qui, à Karthage, avait recueilli l'héritage de Tertullien, était en butte aux haines de la populace.

En 254 à Lambèse, et en 255 à Karthage, se réunirent deux conciles d'évêques de la Numidie et de la Maurétanie, auxquels assistèrent, pour le premier, soixante et onze, et, pour le second, quatre-vingt-cinq membres. Plusieurs fois saint Cyprien avait failli être jeté aux bêtes; sous Valérien il trouva le martyre ainsi qu'un certain nombre d'évêques.

Période des trente tyrans.--Après la chute de Valérien, avait commencé le règne de Gallien et la période dite des trente tyrans. L'Afrique ne pouvait se dispenser d'avoir le sien. En 265 le proconsul Vibius Passienus et F. Pomponianus «duc de la frontière libyque,» allèrent chercher dans ses terres un ancien tribun, nommé Celsus, et l'ayant revêtu du manteau de pourpre de la déesse Tanit à Karthage, le proclamèrent Auguste. Quelques jours après, le tyran était mis à mort par la populace, qui l'avait élevé, et son cadavre livré en pâture aux chiens.

Vers la même époque, un parti de Franks, après avoir ravagé la Gaule et l'Espagne, fit une descente en Maurétanie: c'était un prélude à l'invasion Vandale.

Vers 275, des Franks, faits prisonniers par Probus, et transportés par lui en Asie-Mineure, parvinrent à s'échapper sur quelques navires. En passant devant les côtes de la Maurétanie césarienne, ils y firent une descente et mirent tout au pillage. Il fallut un envoi de troupes de Karthage pour les forcer à reprendre la mer. Ils traversèrent le détroit et rentrèrent chez eux par l'embouchure du Rhin.

Lorsque Probus eut été proclamé empereur, l'Afrique, au lieu de se souvenir de ses services, soutint son compétiteur Florien. Sous le règne de son successeur Carus (282), eut lieu le premier partage du monde romain. L'Afrique, avec le reste de l'occident, fut donnée à Carus.

Dioclétien. Révolte des Quinquegentiens.--Dioclétien parvenu au trône en 284, essaya en vain de gouverner seul: deux années plus tard, il s'associa Maximien Hercule, auquel il donna en apanage l'Italie, l'Afrique et l'Hispanie. Mais ce n'était pas encore assez de deux maîtres pour gouverner le monde romain dans l'état de désagrégation où il se trouvait, et sous la pression générale des barbares qui l'entouraient. Afin d'arrêter le débordement, les deux augustes s'adjoignirent deux césars, Galere et Constance Chlore. Il fallut partager l'empire en quatre parties. Maximien conserva l'Afrique, moins peut-être la Tingitane. La Cyrénaïque et la Libye échurent à Dioclétien qui avait l'Orient pour lot.

Le moment était trop opportun pour que l'Afrique le laissât échapper, et du reste la révolte était pour ainsi dire à l'état permanent dans la Maurétanie. Dès 288, la grande confédération des Quinquégentiens était en pleine insurrection. Le præses de la Césarienne, Aurélius Litua, obtint contre eux quelques avantages et les contraignit à une soumission éphémère.

Vers le même temps, l'usurpateur Julien cessait de vivre; cependant la révolte persista encore dans les Syrtes, et ce fut en vain que l'empereur essaya de la réduire.

Nouvelles divisions géographiques de l'Afrique.--Sous le règne de Dioclétien, les divisions administratives de l'empire furent modifiées et il en fut ainsi notamment en Afrique. On suppose que ces remaniements ont été effectués par Maximien, après sa victoire sur les Quinquégentiens (297). Morcelli les place en 297, à la même date que la reconstitution générale de l'empire. Il est probable que la confédération des cinq républiques cirtéennes, (Cuicul (Djemila) avait été ajoutée aux quatre précédentes), fut dissoute un peu auparavant, car il n'en est plus fait mention depuis l'époque d'Alexandre Sévère. La séparation de la Numidie en territoire militaire et territoire civil, fournit naturellement l'occasion de faire cesser une anomalie qui ne pouvait être que préjudiciable au bon ordre, dans une époque aussi troublée.

La Maurétanie orientale fut divisée en deux parties: celle de l'est avec Sitifis pour chef-lieu, reçut le nom de Sitifienne; celle de l'ouest conservant Césarée, comme siège du gouverneur, continua à être appelée Césarienne.

Dès lors, l'Afrique fut divisée de la manière suivante:

1° Cyrénaïque, ayant un gouverneur particulier, rattachée au diocèse d'Orient.

2° Diocèse d'Afrique comprenant:

La Tripolitaine depuis la Cyrénaïque jusqu'au Triton.

La Bysacène ou Valérie, du Triton jusqu'à Horréa.

L'Afrique propre, d'Horréa à Tabarka.

La Numidie divisée elle-même en Numidie cirtéenne (avec Cirta), et Numidie militaire avec Lambèse, comme chef-lieu, de Tabarka à l'Amsaga.

La Maurétanie sétifienne, de l'Amsaga à Saldæ.

Et la Maurétanie césarienne de Saldæ à la Malua (Moulouïa).

3° Et la Maurétanie Tingitane, rattachée au diocèse d'Espagne, et commandée par un comes Tingitanæ, relevant directement du magister peditum (sorte de ministre de la guerre) de Rome. Son administration civile était confiée à un præses obéissant au vicaire d'Espagne. Le manque de communication terrestre entre la Tingitane et la Césarienne, ses relations constantes avec l'Hispanie, si proches, expliquent ce rattachement à l'Europe.

CHAPITRE IX

L'AFRIQUE SOUS L'AUTORITÉ ROMAINE (Suite).

297-415.

État de l'Afrique à la fin du iiie siècle.--Grandes persécutions contre les chrétiens.--Tyrannie de Galère en Afrique.--Constantin et Maxence, usurpation d'Alexandre.--Triomphe de Maxence en Afrique; ses dévastations.--Triomphe de Constantin.--Cessation des persécutions contre les chrétiens; les Donatistes; schisme d'Arius.--Organisation administrative et militaire de l'Afrique par Constantin.--Puissance des Dunatistes. Les Circoncellions.--Les fils de Constantin; persécution des Donatistes par Constant.--Constance et Julien; excès des Donatistes.--Exactions du comte Romanus.--Révolte de Firmus.--Pacification générale.--L'Afrique sous Gratien, Valentinien II et Théodose.--Révolte de Gildon.--Chute de Gildon.--L'Afrique sous Honorius.

État de l'Afrique à la fin du iiie siècle.--Nous avons vu dans le chapitre qui précède, combien les révoltes des indigènes rendaient précaire la situation de la colonisation africaine. Quatre siècles et demi s'étaient écoulés depuis la chute de Karthage, et les Romains avaient effectué leur conquête avec la plus grande prudence, ménageant les transitions et n'avançant que méthodiquement. Ils avaient fait des efforts considérables pour coloniser l'Afrique et avaient pu croire un instant au succès; mais sous les règnes les plus brillants, les révoltes des Berbères avaient démontré la précarité de celle occupation et, malgré le déploiement d'un appareil militaire formidable pour l'époque, la puissance de l'empereur avait été insultée par les sauvages africains.

Cette situation, dont le danger déjà pressenti allait se démontrer par des faits, était la conséquence d'une erreur ou d'un oubli des maîtres du monde, dans leur tentative de colonisation. Ils n'avaient pas assez tenu compte de la race indigène et, se contentant de la refouler dans les plaines livrées aux colons, ils l'avaient laissée se concentrer, se renforcer au milieu d'eux, dans de vastes contrées comme le pays des Quinquégentiens et le massif de l'Aourès. Ils voyaient bien aussi les tribus nomades du sud se masser sur la ligne du désert, mais ils se contentaient de renforcer leurs postes ou de les reporter plus au sud.

Certes, dans les plaines et le Tel de l'Afrique propre et de l'ancienne Numidie, la vieille race indigène avait disparu ou s'était assimilée. La langue, la littérature et les institutions de Rome avaient été adoptées par ces Berbères. Ceux-là n'étaient pas à craindre; mais, tout autour d'eux, la race africaine se reconstituait et était prête à entrer en lutte. L'anarchie, prélude du démembrement de l'empire, les luttes religieuses, dont l'Afrique était sur le point de devenir le théâtre, allaient servir merveilleusement la reconstitution de la nationalité africaine et permettre aux nouvelles tribus berbères de s'étendre en couche épaisse sur les restes des anciennes. Il y a là un enseignement que les colonisateurs actuels de l'Afrique feront bien de ne pas perdre de vue, car ce fait prouve une fois de plus que, si la conquête est facile, il n'en est pas de même de la colonisation et que, tant que la race autochthone reste à peu près intacte, l'établissement des étrangers au milieu d'elle est précaire.

Le triomphe de la nouvelle religion était proche. Le trône des empereurs en était ébranlé sur sa base, car le christianisme, à son début, était la négation de tout pouvoir temporel. Depuis l'exécution des édits de Décius et de Valérien, la persécution, tout en continuant, avait subi une certaine modération. Dioclétien n'était pas porté aux mesures extrêmes contre les chrétiens; mais Galère ne voyait le salut de l'empire que dans l'extinction de la religion nouvelle et il suppliait l'empereur de prendre les mesures les plus énergiques. Enfin, en 303, Dioclétien, cédant aux instances de son césar, promulgua l'édit de persécution connu sous le nom d'édit de Nicomédie. Les mesures prescrites étaient terribles: destruction des églises et des livres et ustensiles du culte; mise hors la loi de tous les chrétiens dont les biens devaient être saisis et qui devaient, eux-mêmes, être jetés en prison ou livrés au bourreau.

Cet édit fut immédiatement exécuté, sauf dans la partie du diocèse d'Occident qui était soumise au césar Constance Chlore, c'est-à-dire la Gaule, la Bretagne, l'Espagne et la Tingitane. Dans tout le reste de l'empire, les persécuteurs se mirent à l'œuvre. En Afrique, ils déployèrent un grand zèle. A Cirta, un certain Munatius Félix, flamine perpétuel, se fit remarquer par son ardeur et sa violence. Généralement les chrétiens restèrent fermes dans leur foi et des prêtres subirent le martyre plutôt que de remettre aux persécuteurs leurs vases et leurs livres qu'ils avaient cachés; mais un grand nombre faiblirent, renièrent leur foi et livrèrent leur dépôt sacré. L'église de Cirta se signala par sa faiblesse: son évêque Paulus se soumit à tout ce qu'on exigea de lui.

Constantin et Maxence. Usurpation d'Alexandre.--A la mort de Constance Chlore, survenue le 25 juillet 306, les troupes proclamèrent auguste son fils Constantin. De son côté, Galère donna le titre d'auguste à Sévère.

Peu de temps après, Maxence, fils de Maximien Hercule et gendre de Galère, ayant gagné l'appui du préfet du prétoire Anulinus, prit aussi la pourpre et fut acclamé par les soldats (28 octobre 306).

En Afrique, Anulinus avait comme lieutenant un certain Alexandre, qui avait d'abord reçu le titre de comte et, après le départ du proconsul, avait été élevé aux fonctions de vicaire d'Afrique (mars 306). Il reçut probablement la mission de proclamer l'autorité de Maxence, dans les provinces africaines; mais, nous l'avons dit, les troupes tenaient pour Galère. Elle refusèrent de reconnaître l'usurpateur et prirent le chemin de l'Orient, afin de rejoindre, à Alexandrie, le lieutenant de leur maître. On ne sait au juste quel obstacle elles rencontrèrent sur leur route, toujours est-il qu'elles furent forcées de rentrer à Karthage, où elle retrouvèrent leur chef Alexandre. A quel prince obéissait alors l'Afrique, nul ne peut le dire et il est fort probable qu'elle était dans un état voisin de l'anarchie. Cependant Maxence devait y avoir des partisans.

Sur ces entrefaites, Galère étant mort, les troupes exploitèrent habilement un bruit, vrai ou faux, d'après lequel Maxence, doutant de la fidélité d'Alexandre, aurait envoyé des émissaires pour le tuer. Bon gré mal gré, elles le proclamèrent empereur. Alexandre dont l'origine est incertaine, mais qu'on désigne généralement comme un paysan pannonien, était alors un vieillard affaibli par l'âge au moral et au physique, incapable de résistance autant que d'initiative. Il se laissa ainsi porter au pouvoir, mais il ne sut rien faire pour l'affermir et le conserver (308).

Triomphe de Maxence en Afrique. Ses dévastations.--Cependant Maxence, après avoir défait et mis à mort Sévère, s'était emparé de Rome et de toute d'Italie. Absorbé par le soin d'asseoir sa puissance, il ne pouvait, s'occuper de l'Afrique. Alexandre régnait tranquillement à Karthage; toutes les provinces avaient fini par reconnaître son autorité, mais il ne paraît pas qu'il ait su gagner l'affection des populations.

Cirta, comme Karthage, fut entièrement saccagée, puis brûlée par les vainqueurs. Maxence fit cruellement expier à l'Afrique ce qu'il appelait son manque de fidélité: un grand nombre de cités furent livrées aux flammes; les principaux citoyens se virent poursuivis, dépouillés de leurs biens; beaucoup d'entre eux périrent dans les tortures, car toutes les haines, toutes les rivalités purent exercer librement leurs vengeances, et le pays gémit sous la plus épouvantable terreur. Les campagnes, même, n'échappèrent pas à la fureur du vainqueur qui se fit livrer les réserves de grain et porta la dévastation partout.

Triomphe de Constantin.--Après avoir ainsi assouvi sa vengeance, Maxence s'appliqua à retirer de l'Afrique tout ce que la contrée pouvait lui fournir en hommes et en argent, afin d'être en mesure de résister à son compétiteur Constantin. En 312, la lutte commença entre les deux empereurs et se termina bientôt par la défaite de Maxence devant Rome. Malgré la supériorité de son armée, où les Berbères étaient en grand nombre, il fut entièrement vaincu par son compétiteur et se noya dans le Tibre (28 octobre).

La chute de Maxence fut accueillie en Afrique avec la plus grande joie; on dit que Constantin envoya la tête du tyran à Karthage qui avait tant eu à se plaindre de lui. Le vainqueur s'appliqua de toutes ses forces à panser les plaies de la Berbérie: il envoya des secours en argent, diminua les impôts, rendit les biens confisqués à leurs propriétaires, et fit relever les cités détruites.

Cirta, reconstruite pas ses ordres, reçut son nom et nous l'appellerons à l'avenir Constantine. Par ces mesures il mérita la reconnaissance de ce pays si maltraité par ses prédécesseurs.

Cessation des persécutions contre les chrétiens. Les Donatistes. Schisme d'Arius.--A partir de l'année 305, les persécutions s'étaient ralenties; selon le témoignage d'Eusèbe et de saint Optat, Maxence les fit immédiatement cesser, dès son avènement. Le triomphe de la religion nouvelle était proche, mais, avant même qu'il fût assuré, des divisions se produisaient dans son sein et il allait en résulter de bien graves événements.

Au mois de mars 305, l'évêque de Cirta, Paulus, étant mort, un concile se réunit dans cette ville, chez un particulier, car les églises étaient détruites, pour lui donner un successeur. Dix évêques de Numidie y prirent part. A peine la séance était-elle ouverte, que des discussions s'élevèrent entre les membres: on reprocha à un certain nombre d'entre eux d'avoir faibli pendant les persécutions et d'avoir remis les livres et vases sacrés. Pour la première fois l'épithète de «traditeurs» fut lancée. Un certain Purpurius, que nous retrouverons plus tard, montra dans l'assemblée une grande violence. Sylvain avait été proposé pour le siège épiscopal, mais il était traditeur; grâce à l'appui de la populace il fut élu, tandis que les hommes les plus pieux et les plus éminents étaient enfermés dans le «cimetière des martyrs.» Ce fait qui semblerait de peu d'importance, fut le point de départ de la déplorable scission qui se produisit dans l'église d'Afrique.

Le concile rendit alors une sentence de condamnation contre Cécilien, fondée sur les trois points suivants: 1° il avait refusé de se rendre à leur réunion; 2° il avait été sacré par des traditeurs; 3° il aurait, lors des persécutions, empêché des fidèles de secourir les martyrs. Or ces deux derniers chefs n'étaient rien moins que prouvés et, dans le groupe des évêques qui s'érigeaient ainsi en juges, plusieurs s'étaient reconnus eux-mêmes traditeurs. Pour compléter leur œuvre, ils déclarèrent le siège de Karthage vacant et y élevèrent un certain Majorin, simple lecteur. Une intrigante, du nom de Lucilla, ennemie personnelle de Cécilien, avait, par ses instances et son argent, contribué à ce résultat.

Ainsi fut consommée la scission de l'église d'Afrique, au moment même où sa cause triomphait. L'irritation réciproque des deux partis devint extrême et amena des conflits journaliers.

Constantin tenait essentiellement à la pacification de l'Afrique; bien qu'inclinant vers le christianisme, il ménagea les adhérents de l'ancien culte et fit même ériger un temple en l'honneur de la famille flavienne. Il apprit donc avec peine les divisions de l'église d'Afrique et écrivit au proconsul Anulinus, pour qu'il tâchât de les faire cesser. Dans ces instructions il semble pencher pour le parti de Cécilien. Mais les Donatistes, ainsi les appelait-on déjà, n'étaient pas gens à s'incliner devant des conseils ou même des menaces; ils adressèrent à l'empereur une supplique dans laquelle ils entassèrent toutes les accusations contre leur ennemi.

En présence de cette réclamation, Constantin ordonna la comparution des deux parties devant un conseil d'évêques, et convoqua à ce concile un grand nombre de prélats de la Gaule et de l'Italie. Tous se réunirent à Rome, en octobre 313, sous la présidence du pape Miltiade. Cécilien et Majorin accompagnés de clercs et de témoins, se présentèrent à ce concile qui est dit de Latran, et fournirent leurs explications tant sur les griefs reprochés par eux à leur adversaire, que sur ce qui leur était imputé. On devine ce que purent être de tels débats. Après bien des jours d'audience, le concile rendit une sentence par laquelle il reconnaissait Cécilien innocent et validait son ordination. Il disposait en outre que les prêtres ordonnés par Majorin continueraient à exercer leur ministère et que si, dans une localité, il se trouvait deux prêtres ordonnés l'un par Cécilien, l'autre par Majorin, le plus ancien serait conservé et l'autre placé ailleurs. Quant à Donat, on le condamnait comme «auteur de tout le mal et coupable de grands crimes».

A la suite de cette décision, Cécilien fut retenu provisoirement en Italie, et Donat obtint la permission de rentrer en Numidie, sous la promesse qu'il ne reparaîtrait plus à Karthage. Des commissaires ecclésiastiques furent envoyés en Afrique pour notifier cette décision au clergé et faire une enquête qui confirma l'innocence de Cécilien. Celui-ci rentra peu après à Karthage. Donat, de son côté, ne tarda pas à y paraître, au mépris de son serment. Les luttes recommencèrent alors avec une nouvelle violence. Elien, proconsul, chargé d'informer par l'empereur, conclut encore contre les Donatistes.

Constantin avait montré dans toute cette affaire une très grande modération; mais, quand tous les degrés de juridiction eurent été épuisés, il prescrivit à Celsus, son vicaire en Afrique, de traiter avec sévérité toute tentative de rébellion de la part des Donatistes. Ceux-ci se virent donc bientôt l'objet d'une nouvelle persécution dans laquelle les plus marquants d'entre eux furent bannis. Mais leurs partisans étaient très nombreux, surtout dans l'intérieur, et ils gardèrent souvent par la force leurs positions.

Tandis que cette scission se produisait en Numidie, un schisme dont le succès devait être encore plus grand prenait naissance en Cyrénaïque. Vers 320, le Libyen Arius se séparait de l'église orthodoxe, par suite de divergences sur des points d'appréciation relativement à la trinité. Là encore, l'empereur intervenait et essayait de faire entendre sa voix pour ramener la pacification dans l'Église; mais le schisme arien était fait.

Organisation administrative et militaire de l'Afrique par Constantin.--En 323, Constantin attaqua brusquement son rival, l'empereur d'Orient Licinius, le vainquit, et le fit mettre à mort. Resté ainsi seul maître de l'empire, il s'appliqua à rétablir l'unité de commandement et à régulariser l'administration des provinces. L'empire fut divisé en quatre grandes préfectures.

L'Afrique, contenant la Tripolitaine, la Byzacène, la Numidie et les Maurétanies, sétifienne et césarienne, fît partie de la préfecture d'Italie, et fut placée, pour l'administration civile, sous l'autorité du préfet du prétoire de cette préfecture.

La Tingitane, rattachée à la préfecture des Gaules, était sous l'autorité du préfet du prétoire des Gaules.

La Cyrénaïque dépendit de la préfecture d'Orient.

Le préfet du prétoire d'Italie était représenté en Afrique:

1° Par un proconsul d'Afrique, qui administrait par deux légats la proconsulaire;

2° Par le vicaire d'Afrique, qui administrait par deux consulaires la Byzacène et la Numidie, et par trois præses la Tripolitaine, la Sétifienne et la Césarienne.

Le préfet des Gaules était représenté dans la Tingitane par un præses.

Le Comte des largesses sacrées avait la direction de tout ce qui se rapporte aux finances; et le Comte des choses privées était le directeur et administrateur des domaines. Ces deux personnages, qui portaient le titre d'illustres, avaient un certain nombre de délégués en Afrique.

«L'armée et les choses militaires relevaient du magister peditum, sorte de ministre de la guerre, résidant aussi à Rome, et représenté en Afrique par deux ducs et deux comtes: les ducs de Maurétanie césarienne et de Tripolitaine et les comtes d'Afrique et de Tingitane.

«Le comte d'Afrique avait sous ses ordres seize préposés des limites, qui commandaient les troupes placées sur la frontière, plus les corps mobiles.

«Le comte de la Tingitane avait sous son commandement un préfet de cavalerie et cinq tribuns de cohortes, plus des corps mobiles.

«Le duc de la Césarienne avait huit préposés des limites. Il était aussi præses et, pour cette partie de ses fonctions, devait dépendre du vicaire d'Afrique.

«Le duc de la Tripolitaine avait douze préposés et deux camps où étaient, sans doute, les troupes destinées à tenir la campagne.

Sous le Bas-Empire, l'organisation des assemblées provinciales fut modifiée; le culte de l'empereur ayant disparu, leurs attributions religieuses cessèrent et le concilium devint une assemblée purement administrative, chargée d'éclairer les préfets et de leur fournir un appui moral, car il n'avait aucun droit exécutif. La centralisation établie par Constantin fit cesser l'autonomie des provinces. L'empereur voulut tout diriger du fond de son palais et c'est dans ce but que les fonctions furent multipliées. Des curiosi, inspecteurs plus ou moins occultes, furent chargés de surveiller les fonctionnaires et de rendre compte de leurs moindres actes au chef suprême; en même temps les cités reçurent des defensores, dont la mission était de protéger les citoyens contre l'injustice et la tyrannie des agents du prince.

Puissance des Donatistes.--Les Circoncellions.--Vers 321, les Donatistes avaient obtenu le rappel de leurs exilés, et il se produisit une sorte d'apaisement. En 326, Cécilien étant mort fut remplacé par Refus: de leur côté, les Donatistes élirent Donat, homonyme de l'évêque des Cases-Noires, comme successeur de Majorin. Peu après, les nouveaux élus réunissaient à Karthage un concile auquel deux cent soixante-dix évêques prirent part et où, grâce à des concessions mutuelles, on put consolider la trêve.

A côté des Donatistes modérés, qui essayaient de chercher un modus vivendi avec les autres chrétiens, se trouvaient les zélés, les purs. Réunis en bandes obéissant à un chef, ils se mirent à parcourir le pays dans le but, disaient-ils, de faire reconnaître la sainteté de leur foi. Leur cri de ralliement était Laudes Deo (Louanges à Dieu!), et il fut bientôt redouté comme un signal de pillage et de mort. Faisant profession de mépriser les biens de la terre et de vivre dans la continence, ils ne tardèrent pas à ériger la destruction en principe. Ils n'ont du reste rien à perdre, car la plupart sont des esclaves fugitifs, des malheureux ruinés par les guerres civiles ou les exactions du fisc. Ils prétendent établir l'égalité en détruissant les biens et faire le salut des riches en les ruinant.

Les fils de Constantin.--Persécution des Donatistes par Constant.--A la mort de Constantin (337), l'empire se trouva fractionné en cinq parties; mais bientôt ses trois fils Constantin II, Constant et Constance, restèrent, par suite du meurtre de leurs deux cousins, seuls maîtres du pouvoir. Un nouveau partage fut alors opéré entre eux (338). L'Afrique demeura pendant plusieurs années un sujet de contestation entre Constant et Constantin, et les deux frères en vinrent plusieurs fois aux mains. La mort de Constantin (340) mit fin à la lutte en assurant le triomphe de Constant.

Ce prince fanatique tyrannisa d'abord les païens, puis, des dissensions nouvelles s'étant produites en Afrique entre les Donatistes et les orthodoxes, il envoya deux officiers, Paul et Macaire, pour mettre fin à ces troubles. A peine étaient-ils arrivés à Karthage que les Donatistes se soulevèrent de toutes parts. Aidés par les Circoncellions, ils osèrent tenir tête aux armées de l'empereur. Mais bientôt ils furent vaincus et réduits à la fuite, et la persécution commença; les évêques compromis furent exilés ou mis à mort. Le principal résultat de ces violences fut d'augmenter le nombre des Circoncellions et de redoubler leur fureur, au grand préjudice de la colonisation.

Constance et Julien.--Excès des Donatistes.--En 350, Constant fut mis à mort par Magnence, comte des Gaules, qui s'empara de son trône et étendit son autorité sur l'Afrique. Deux ans plus tard les troupes de Constance prenaient possession de l'Afrique au nom de leur maître. Elles passèrent ensuite en Espagne, de là en Gaule et vinrent à Lyon écraser l'armée de Magnence, qui périt dans la bataille. Ainsi Constance resta seul maître de l'empire. On sait qu'il s'érigea en protecteur de l'arianisme.

En 366, nouvelle incursion des Asturiens. L'empereur envoya un tribun nommé Pallade pour faire une enquête sur les lieux, mais cet agent se laissa corrompre et déclara que les plaintes n'étaient pas fondées. Pour Romanus, c'était le triomphe, l'impunité assurée; aussi se livra-t-il, sans retenue, à une prévarication effrénée. Une nouvelle plainte des victimes ayant eu le même résultat que la précédente, l'empereur ordonna la mise à mort des réclamants, convaincus de calomnie. Un ancien præses de la Tripolitaine, nommé Rurice, qui avait cherché à faire triompher la vérité, fut englobé dans l'accusation et exécuté à Sitifis.

Révolte de Firmus.--Sur ces entrefaites, un des plus puissants chefs des Quinquégentiens vint à mourir en laissant plusieurs fils, Firmus, Gildon, Mascizel, Dius (ou Duis), Salmacès et Zamma. Ce dernier était fort lié avec Romanus, et, comme son frère aîné, Firmus, craignait d'être victime d'une spoliation, il fit assassiner Zamma. C'était s'exposer à la vengeance certaine du comte; aussi, après avoir essayé en vain de se disculper auprès du pouvoir central, Firmus comprit-il qu'il ne lui restait de salut que dans la révolte. Ces fils de Nubel étaient tous empreints de civilisation latine, plusieurs d'entre eux étaient chrétiens.

En 372, Firmus lève l'étendard de l'insurrection dans les montagnes du Djerdjera. Les Maurétanies le soutiennent; les Donatistes lui fournissent leur appui; les aventuriers, les gens ruinés, tous ceux qui recherchent le désordre, des soldats, on dit même une légion entière, viennent se joindre à lui. Firmus disposant d'une vingtaine de mille hommes se met aussitôt en campagne; un évêque de Rusagus, bourgade sur la frontière de la Césarienne, lui ouvre les portes de la ville. Les Firmianiens, continuant leur marche vers l'ouest, assiègent Césarée, s'en rendent maîtres et réduisent en cendres cette belle ville. Romanus essaie en vain de lutter; il est défait et la révolte gagne la Numidie. Les soldats proclamèrent alors Firmus roi; un tribun lui posa le diadème.

À la réception de ces graves nouvelles, l'empereur d'occident envoya en toute hâte des troupes en Afrique sous le commandement du comte Théodose, maître de la cavalerie. Débarqué à Igilgili (Djidjelli), cet habile générai gagna Sitifis et convoqua toutes ses troupes dans un poste des environs nommé Panchariana, d'où il devait commencer les opérations (373). Il avait été rejoint, tout en arrivant, par un corps d'auxiliaires indigènes, commandé par Gildon, frère de Firmus.

Après avoir obtenu ce résultat, Théodose se rendit à Césarée et employa ses légions à relever cette ville de ses ruines. Dans cette localité, il fit mourir sous les verges ou décapiter les soldats qui étaient passés au service du rebelle.

Ainsi finit cette révolte qui avait duré trois ans.

Pacification générale.--Après avoir obtenu la pacification générale des tribus soulevées, Théodose s'appliqua, par une série de sages mesures, à rétablir la marche de l'administration et à faire oublier les maux causés par Romanus. Les complices des exactions de ce dernier furent sévèrement punis.

La révolte de Firmus permit aux Romains de mesurer tout le terrain qu'ils avaient perdu en Afrique. En laissant autour de leurs colonies, si romanisées qu'elles fussent, des tribus indigènes intactes, non assimilées, ils avaient en quelque sorte préparé pour l'avenir la ruine de leur colonisation. La levée de boucliers à laquelle la rébellion de Firmus avait servi de prétexte, était le premier acte du drame. Les Donatistes y avaient joué un rôle trop actif pour ne pas porter la peine de la défaite. En 378, les édits qui les condamnaient furent remis en vigueur et exécutés strictement.

L'Afrique sous Gratien, Valentinien II et Théodose.--Le monde romain, assailli de tous côtés par les barbares, était dans une situation des plus critiques, et Gratien n'avait ni l'énergie ni les talents qui auraient été nécessaires dans un tel moment. Son frère, Valentinien II, empereur d'Orient, était un enfant en bas âge. Pour soulager ses épaules d'un tel fardeau, Gratien s'associa le général Théodose, fils du comte Théodose, qui avait été mis à mort par ses ordres, et l'envoya défendre les frontières de l'empire. Peu après, Maxime était proclamé par ses soldats dans les Gaules (383). Gratien, ayant marché contre lui, fut vaincu et tué par l'usurpateur, près de Lyon. On dit que sa défaite fut due à la défection de sa cavalerie maure.

Théodose, forcé de reconnaître l'usurpateur, obtint cependant que l'Italie et l'Afrique fussent attribuées à Valentinien II. Mais Maxime ne pouvait se contenter d'une position si secondaire. En 387, il attaqua Valentinien et l'expulsa de l'Afrique. L'année suivante, il était à son tour vaincu par Théodose qui, après l'avoir tué, remit Valentinien II en possession de l'Afrique. Enfin, en 392, Valentinien ayant été assassiné, le trône impérial resta à Théodose.

Mais à cette époque, les empereurs ne vivaient pas longtemps. Théodose mourut en 395 et l'empire échut à ses deux fils Arcadius et Honorius. Ce dernier, âgé de onze ans, eut l'Occident avec l'Afrique.

Révolte de Gildon.--Pendant ces compétitions, que pouvait faire l'Afrique, sinon se lancer de nouveau dans la révolte? Nous avons vu qu'à l'arrivée du comte Théodose en Maurétanie, Gildon, frère de Firmus, s'était mis à sa disposition et lui avait amené des renforts. On avait été content de ses services et il était resté sans doute en relations intimes avec la famille de ce général. Aussi, lorsque le fils du comte Théodose eut été associé à l'empire, il songea à être utile à Gildon et lui fit donner, en 387, le commandement des troupes d'Afrique avec le titre de grand maître des deux milices. Résidant à Karthage auprès du proconsul Probinus, il joignit à la puissance dont il était revêtu l'honneur de s'allier à la famille de Théodose, en donnant sa fille à un des neveux de celui-ci.

Dès lors, l'orgueil du prince indigène ne connut plus de bornes, et le pays commença à sentir le poids de sa tyrannie, car l'autorité du proconsul était effacée par la sienne. Cependant, lors de la révolte d'Eugène dans les Gaules, il refusa les propositions qui lui furent faites par cet usurpateur (394); mais, d'autre part, il ne montra pas grand zèle pour l'empereur et se dispensa d'envoyer les secours qu'il lui réclamait.

La mort de Théodose le décida à lever le masque, et, pour déclarer ses intentions, il retint dans le port de Karthage les blés destinés à l'alimentation de Rome (395). Cette fois, la guerre est inévitable, car la disette ne permet plus de faiblesses. Gildon est déclaré ennemi public, et Stilicon, ministre d'Honorius, se disposa à le combattre.

Chute de Gildon.--C'est à Mascizel, brûlant du désir de la vengeance, que Stilicon donna le commandement de l'expédition. En 398, ce chef débarqua en Afrique avec cinq mille légionnaires (Gaulois, Germains et auxiliaires) et marcha contre son frère qui l'attendait à la tête d'un rassemblement de soixante-dix mille guerriers, mal armés et demi-nus. Parvenu auprès de Theveste, il se trouva isolé au milieu de montagnes escarpées et entouré de ses innombrables ennemis.

Après cette inexplicable défaite, Gildon, abandonné de tous, parvint à atteindre le littoral et à prendre la mer; il voulait gagner Constantinople; mais les vents contraires le rejetèrent sur la côte d'Afrique. Arrêté à Tabarka, il fut conduit à son frère qui l'accabla de reproches et le jeta en prison en attendant l'heure de son supplice. Gildon l'évita en s'étranglant de ses propres mains. Il avait gouverné l'Afrique pendant douze ans.

Mascizel, qui venait de rétablir si heureusement la paix en Afrique, et d'assurer la subsistance de l'Italie, se rendit à Milan, afin d'obtenir la récompense de ses services, c'est-à-dire sans doute la position de son frère. Mais Stilicon venait de se convaincre par la révolte de Gildon du peu de confiance que l'on pouvait accorder aux Africains; il se débarrassa du solliciteur en le faisant noyer sous ses yeux.

L'Afrique sous Honorius.--L'Afrique, qui depuis un an relevait de l'empire d'Orient, fut rattachée à celui d'Occident; puis on envoya à Karthage un proconsul qui réunit au fisc tous les domaines de la succession de Nubel et de Gildon. Ces biens étaient considérables et l'on dut nommer un fonctionnaire spécial pour les administrer.

La chute de Gildon fut suivie de persécutions contre ceux qui avaient pris part à sa révolte, et, comme ils étaient presque tous donatistes, ces représailles prirent la forme d'une nouvelle persécution attisée par les évèques orthodoxes. Quiconque était soupçonné d'avoir eu de la sympathie pour les rebelles se voyait dépouillé de ses biens et chassé du pays, trop heureux s'il échappait au supplice. L'évêque Optatus de Thamugas, qui avait été un des principaux auxiliaires de Gildon, fut jeté en prison et y périt. Cette terreur dura dix ans. Ce fut pour les Circoncellions une occasion de recommencer leurs désordres.

En 399, Honorius promulgua un édit par lequel il prohibait d'une façon absolue le culte des idoles. L'exécution de cette mesure rencontra en Afrique une vive opposition, car les païens y étaient encore nombreux. Le temple de Tanit à Karthage, qui avait été fermé par ordre de Théodose, fut affecté au culte chrétien, mais comme les idolâtres continuaient à y faire leurs sacrifices, on se décida à le démolir.

Cependant l'invasion des peuples du Nord achevait de se répandre sur l'Europe. Dans les premières années duve siècle, les Vandales, les Alains et les Suèves, poussés par les Huns, partis de la Pannonie, traversent la Germanie, culbutent les Franks, pénètrent en Gaule et, continuant leur marche à travers les Pyrénées, s'arrêtent en Espagne. En 409, ils opèrent entre eux un premier partage du pays. Dans le cours de la même année, les Goths, conduits par Alaric, s'emparaient de Rome. Assiégé par eux dans Ravenne, Honorius était obligé d'appeler à son secours l'empereur d'Orient, son neveu Théodose II.

Pendant ce temps, les Austrusiens et les Maxyes mettaient la Tripolitaine au pillage; le commandant militaire qui avait licencié une partie de ses troupes pour s'approprier leur solde, s'empressa de prendre la mer en laissant les populations se défendre comme elles le pourraient.

En 413, Héraclien qui s'était emparé des biens des émigrants réfugiés en Afrique pour fuir les Goths, se déclara indépendant et commença sa révolte en retenant les blés. Bientôt il passa en Italie à la tête d'une armée considérable, mais il fut entièrement défait près d'Orticoli; après quoi il chercha un refuge à Karthage où il ne trouva que la mort.

CHAPITRE X

PÉRIODE VANDALE

415-531

Le christianisme en Afrique au commencement du ve siècle.--Boniface gouverneur d'Afrique; il traite avec les Vandales.--Les Vandales envahissent l'Afrique.--Lutte de Boniface contre les Vandales.--Fondation de l'empire vandale.--Nouveau traité de Genséric avec l'empire; organisation de l'Afrique Vandale.--Mort de Valenthinien III; pillage de Rome par Genséric--Suite des guerres des Vandales.--Apogée de la puissance de Genséric; sa mort.--Règne de Hunéric; persécutions contre les catholiques.--Révolte des Berbères.--Cruautés de Hunéric.--Concile de Karthage; mort de Hunéric.--Règne de Goudamond.--Règne de Trasamond.--Règne de Hildéric.--Révoltes des Berbères; usurpation de Gélimer.

Nous avons vu à quels excès s'étaient portés les Donatistes et les orthodoxes les uns contre les autres, suivant leurs alternatives de succès ou de revers. La rage des Circoncellions fut surtout funeste à la colonisation romaine, car elle détruisit cette forte occupation des campagnes qui était le plus grand obstacle à l'expansion des indigènes; les fermes étant brûlées et les colons assassinés, les campagnes furent toutes prêtes à recevoir de nouveaux occupants. L'histoire n'offre peut-être pas d'autre exemple de l'esprit de destruction animant ces sectaires, véritables nihilistes qui se tuaient les uns les autres, quand ils avaient fait le vide autour d'eux et qu'il ne restait personne à frapper.

En 410, Honorius, cédant à la pression des prêtres qui l'entouraient, rendit un nouvel édit contre les Donatistes. Mais leur nombre était trop grand en Afrique et l'empereur n'avait pas la force matérielle nécessaire pour faire exécuter ses ordres. Il voulut alors essayer de la conviction et réunit le 16 mai 411, à Karthage, un concile auquel prirent part deux cent quatre-vingt-six évêques dont la moitié étaient schismatiques, sous la présidence du tribun et notaire Flavius Marcellin. Les Donatistes furent encore vaincus dans ce combat. Ils en appelèrent de la sentence, mais l'empereur leur répondit par un nouvel édit leur retirant toutes les faveurs qu'ils avaient pu obtenir précédemment, et prescrivant contre eux les mesures les plus sévères. Contraints encore une fois de rentrer dans l'ombre, ils attendirent l'occasion de se venger.

Boniface gouverneur d'Afrique. Il traite avec les Vandales.--Le 14 août 423, Honorius cessait de vivre, en laissant comme héritier au trône un jeune neveu, alors en exil à Constantinople, avec sa mère la docte Placidie. Aussitôt, celle-ci le fit reconnaître comme empereur d'Occident par les troupes; mais ce ne fut qu'après bien des vicissitudes qu'il fut proclamé à Ravenne sous le nom de Valentinien III. Comme il n'était âgé que de six ans, Placidie s'attribua, avec la régence, le titre d'Augusta et prit en main la direction des affaires.

Les Vandales envahissent l'Afrique.--Les Vandales, après avoir été écrasés par les Goths et rejetés dans les montagnes de la Galice (416-8), avaient, à la suite du départ de leurs ennemis, reconquis l'Andalousie, battu les Alains, et établi leur prépondérance sur l'Espagne, malgré les efforts des Romains, aidés des Goths (422). Au moyen de vaisseaux, trouvés, dit-on, à Carthagène, ils n'avaient pas tardé à sillonner la Méditerranée et ils avaient pu jeter des regards sur cette Afrique, objet de convoitise pour les Barbares. C'est ce qui explique la facilité avec laquelle la proposition de Boniface avait été acceptée.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 101: (retour) Sur un affluent de la Medjerda, en Tunisie.Note 2 · Note 102: (retour) Florus, Hist. Rom.Note 3 · Yarbas avait pris la fuite avec les débris de ses Numides et tâchait de gagner sa retraite, lorsqu'il se heurta contre un corps de cavaliersNote 4 · Pompée, qui avait envahi la Numidie, empêcha les Berbères de porter secours à leur roi. Forcé de se rendre à Gauda, Yarbas fut mis à mort. HNote 5 · Note 103: (retour) Duruy, Hist. des Romains, t. II, p. 779.Note 6 · Les pirates africains chatiés par Pompée.--Nous avons vu plus haut des pirates s'associer à Sertorius pour faire une expédition en Maurusie.Note 7 · Note 104: (retour) Boissière, p. 169.Note 8 · En 59, lors du premier triumvirat, Pompée obtint dans son lot l'Afrique; il fit administrer cette province par des lieutenants et conserva dNote 9 · Note 105: (retour) D'après M. Poulle, loc. cit.Note 10 · Juba I, successeur de Hiemsal II. Il se prononce pour le parti de Pompée.--Après les événements qui avaient rendu à Hiemsal II son royaume, Note 11 · Note 106: (retour) Les vestiges de ce camp se voient encore à Porto Farina.Note 12 · Défaite de Curion et des Césariens par Juba.--L'occasion ne tarda pas à se présenter. Après que César eut enlevé l'Italie aux Pompéiens, AttNote 13 · Dès que la nouvelle de cette défaite parvint au camp cornélien, les soldats furent pris d'une véritable panique, que le préteur M. Rufus futNote 14 · Note 108: (retour) Mommsen, Hist. Rom., t. VII, p. 128.Note 15 · Métellus Scipion, beau-père de Pompée, Labiénus et autres chefs du parti pompéien, et enfin Caton, arrivé le dernier, après avoir mis la CyrNote 16 · Note 109: (retour) Monastir, selon M. Guérin.Note 17 · Note 110: (retour) Lemta, au sud du golfe de Hammamet, selon le même.Note 18 · Cependant César, après avoir en vain essayé de se rendre maître d'Hadrumète, soit par la force, soit en achetant Considius qui défendait cetNote 19 · Note 112: (retour) Hirtius, De bell. afr.Note 20 · Diversion de Sittius et des rois de Maurétanie.--Sur ces entrefaites, un certain P. Sittius, chef d'une bande d'aventuriers, avec lequel CésNote 21 · Marchant résolument sur Cirta, Sittius parvint sans empêchement sous les remparts de cette ville, l'enleva après un siège de peu de jours 11Note 22 · Note 113: (retour) Ras Dimas, au sud du golfe de Hammamet.Note 23 · Note 114: (retour) El Djem.Note 24 · Note 115: (retour) Cf. Hirtius.Note 25 · Bataille de Thapsus, défaite des Pompéiens.--Cependant César, après s'être solidement établi dans ses retranchements, avait cherché à s'étenNote 26 · Note 116: (retour) Florus, Hist. Rom.Note 27 · Mort de Juba; la Numidie orientale est réduite en province romaine.--Après la bataille de Thapsus, les chefs pompéiens qui échappèrent au feNote 28 · Note 117: (retour) Selon M. Poulle (Maurétanie Sétifienne, p. 86), la colonie des Sittiens ou Cirtésiens s'étendit assez loin au sud-est et Note 29 · Il restait quelqu'un à récompenser: Sittius, dont la coopération avait été si décisive. César lui donna, ainsi qu'à ses compagnons, les terrNote 30 · Note 118: (retour) Poulle, Maurétanie Sétifienne, p. 94 et passim.Note 31 · Note 119: (retour) Poulle loc. cit. Nous suivons entièrement son récit, car il est impossible de mieux résumer cet épisode de l'histoire de Note 32 · Arabion rentre en possession de la Sétifienne.--Nous avons vu que le prince berbère Arabion, fils de Masanassès, après avoir été dépossédé dNote 33 · «Arabion était actif, entreprenant, astucieux comme un Numide, doué de qualités guerrières, avide de pouvoir 119.» Il n'est pas douteux qu'iNote 34 · Note 120: (retour) Poulle, Maurétanie, p. 99. Appien, de bell. civ., lib. IV. Dion Cassius, lib. XLVII.Note 35 · «La journée avait été bonne pour Arabion; il avait donné une province à Sextius et conquis le pardon de son ancienne hostilité contre César;Note 36 · Note 121: (retour) Agrippa, entre les mains de qui il était tombé, lui fit trancher la tête (31).Note 37 · Rappelé en Afrique par ces graves événements, Bogud trouva tous les ports fermés et fut repoussé partout où il se présenta. Son absence lui Note 38 · Note 122: (retour) Appien, Punic. 136. Suétone, Aug., 47.Note 39 · Karthage avait été privée par Lépide de ses privilèges de colonie romaine et même dépeuplée en partie. Octave s'attacha à rendre à la coloniNote 40 · Note 123: (retour) Poulle, Maurétanie, p. 102.Note 41 · Note 124: (retour) La date de cette nomination est incertaine.Note 42 · Organisation de l'Afrique par Auguste.--Octave avait conservé sous son autorité directe les Maurétanies depuis la mort de Bokkus et tenté d'Note 43 · Après la mort d'Antoine et de Cléopâtre, leurs enfants furent recueillis par Octave qui les traita avec les plus grands égards. Parmi eux seNote 44 · Note 125: (retour) Hist. des Romains par Duruy, t. IV, p. 2.Note 45 · Resté maître incontesté du pouvoir, Octave s'était sérieusement occupé de l'organisation des provinces. Dans les dernières années de la répuNote 46 · Note 126: (retour) De la Blanchère: De rege Juba, regis Jubæ filio, Paris 1883.Note 47 · Note 127: (retour) Dion Cassius, 1. LI, ch. xv.Note 48 · Note 128: (retour) Auton, c. VII.Note 49 · Juba II, roi de Numidie.--Vers le même temps, c'est-à-dire entre l'an 29 et l'an 25, Auguste plaça Juba II à la tête de la Numidie, non commNote 50 · Nous avons vu qu'après la mort de son père, le jeune Juba avait été élevé à Rome avec le plus grand soin, sous l'œil de César. Les maîtres lNote 51 · Note 129: (retour) Ou 25, selon Dion, LIII, 26.Note 52 · Note 130: (retour) M. Poulie, loc. cit., penche pour la première de ces localités et nous croyons qu'il a raison.Note 53 · Note 131: (retour) Berbrugger, Dernière dynastie mauritanienne, (Revue africaine, Nº 26, p. 82 et suiv.).Note 54 · Note 132: (retour) Pline, cité par Berbrugger.Note 55 · Juba, roi de Maurétanie.--Nous avons vu qu'après la mort de Bokkus le trône de Maurétanie était demeuré vacant. En l'an 17 129, Auguste, renNote 56 · Dans sa nouvelle capitale, à laquelle il donna le nom de Césarée, pour complaire à son protecteur, Juba put s'adonner tout entier à ses chèrNote 57 · Mais ses travaux scientifiques ne le détournaient pas des soins de son gouvernement. Il aurait, paraît-il, fait explorer les îles Fortunées Note 58 · Note 134: (retour) Ibid., Hist. nat., V, 3.Note 59 · Note 135: (retour) Florus, l. IV, c. 12. Tacite, Ann., passim. D. Cassius, lib. LV et suiv. P. Orose, lib. VI. V. Paterculus, II.Note 60 · Dans la Tripolitaine, le rivage des Syrtes était infesté par les pirates Nasamons, qui oubliaient la sévère leçon donnée à leurs pères par PNote 61 · Cependant les Gétules étaient toujours en état de révolte, et de nouvelles incursions ayant coïncidé avec l'élévation de Juba au trône de NuNote 62 · Note 136: (retour) Num. de l'Afr. anc.Note 63 · Note 137: (retour) Monumentun commune regiæ gentis Mauritaniæ, d'après Pomponius Mela.Note 64 · Note 138: (retour) Masqueray, Compte rendu de la thèse de M. de la Blanchère.; Voir aussi cette thèse intitulée De rege Juba, régis Jubs filNote 65 · Mort de Juba II; Ptolémée lui succède.--Après cette secousse qui, peut-être, se fit sentir principalement vers l'est, le règne de Juba s'achNote 66 · Cléopâtre Séléné mourut vers l'an 6 (de J.-C.) et fut enterrée dans le magnifique mausolée que Juba avait fait élever à l'est de sa capitaleNote 67 · Vers l'an 22 ou 23 (de J.-C), Juba lui-même cessa de vivre et fut placé auprès de son épouse dans le mausolée. Il laissait un fils, PtoléméeNote 68 · Note 139: (retour) C'est ce qui est établi par Ragot Sahara, 2e partie, p. 74.Note 69 · Note 140: (retour) Près de Lambèse, selon le même auteur.Note 70 · Révolte de Tacfarinas.--Depuis quelques années, un Berbère du nom de Tacfarinas avait relevé l'étendard de la révolte dans la Gétulie. DéserNote 71 · L'année suivante, Tacfarinas, après avoir mis à profit son temps pour former ses guerriers à la discipline en les habituant à combattre à laNote 72 · Note 141: (retour) Tacite, Annales, 1. II, ch. lii.Note 73 · Note 142: (retour) Mommsen, Hist. Rom.Note 74 · Note 143: (retour) Ils étaient tous deux petits-fils d'Antonia, fille de Marc-Antoine.Note 75 · Telle fut la fin de ce remarquable chef de partisans dont l'activité, l'audace et la ténacité causèrent tant de soucis aux Romains. Cette réNote 76 · La révolte qui venait de causer de si grandes difficultés aux Romains décida l'empereur à fortifier la Numidie en la détachant de la provincNote 77 · Le règne de Ptolémée se continua sans que rien de saillant se produisit, lorsqu'en l'an 39, il fut pour son malheur appelé à Rome, par son cNote 78 · Note 144: (retour) Pline, I. V, 14. Dion Cass., LX, 9.Note 79 · Note 145: (retour) Ce fait a été péremptoirement démontré par MM. Berbrugger Rev. afr., t. p. 30; Général Creuly Ann. de la soc. arch. de CoNote 80 · Cependant la révolte n'était pas éteinte. En l'an 41, le préteur Suétonius Paullinus poursuivit les rebelles jusque dans l'ouest, pénétra auNote 81 · La Maurétanie fut réduite en province romaine vers l'an 42, ou peut-être un peu plus tard, lorsque la dernière résistance eut été écrasée. QNote 82 · Note 146: (retour) V. Dion, LX, 9, et Tacite, Ann.Note 83 · Jusqu'au règne de Caligula, le proconsul qui gouvernait la province ou les provinces d'Afrique était en même temps le chef des troupes: la nNote 84 · Les provinces étaient donc regardées comme les domaines et les propriétés du peuple romain 147. Les publicains et les banquiers qui accompagNote 85 · A côté des proconsuls étaient des légats impériaux, officiers chargés de diverses fonctions militaires et administratives et qui, bien que sNote 86 · Note 150: (retour) Hist. des Romains, t. V, p. 360.Note 87 · Note 151: (retour) Voir l'intéressant travail de M. Pallu de Lessert, dans le Bulletin des Antiquités africaines de M. Poinssot, année 1884.Note 88 · L'autorité religieuse de la province était confiée à un sacerdos provinciae africae. «Élu parmi les personnes les plus considérées et les plNote 89 · La confédération des quatre colonies cirtéennes (Cirta, Mileu, Rusicade et Chullu), ancien domaine de Siltius, jouissait, pour toute chose, Note 90 · Note 153: (retour) Duruy, Hist. des Romains, t. II, p. 177 et suiv.Note 91 · L'impôt foncier, payable en nature ou en argent, devait représenter en général le dizième de la récolte 152. L'Afrique rachetait en général Note 92 · Ces charges étaient du reste assez variables selon les localités. Ainsi, la plupart des villes de l'Afrique karthaginoise payaient la capitaNote 93 · Note 154: (retour) Lacroix, Revue africaine, N° 79, p. 23.Note 94 · Le colon ou paysan, bien qu'il ne fût pas esclave, était généralement attaché à la glèbe. «Un certain nombre de gens du peuple était assignéNote 95 · Note 155: (retour) Hase, Sur l'établissement Romain (Rev. afr., p. 301).Note 96 · Note 156: (retour) F. Lacroix, Afrique ancienne (Rev. afr., N° 73, p. 18).Note 97 · L'Afrique propre, la première occupée, est couverte de colonies latines; «les notables des villes recevaient avec reconnaissance le droit deNote 98 · Note 158: (retour) Cf. Hirtius, Bell. afr., Pline, Hérodote, Strabon, Appien, Bell. civ., Suétone, Varron, Dion Cassius, Spartien, Tacite.Note 99 · Les fruits, surtout le raisin, les dattes et les figues, les oignons, le sylphium, la thapsie, diverses sortes de jonc, les bois de l'Atlas,Note 100 · Note 159: (retour) Duruy, Hist. des Romains, t. IV; p. 88.Note 101 · La Cyrénaïque fournissait en quantité les blés, l'huile et les vins. «Derrière cette province passait la route commerciale qui unissait l'esNote 102 · Note 160: (retour) Mommsen, Histoire Romaine, t. V, trad. par M. Pallu de Lessert.Note 103 · Note 161: (retour) A la suite de la prise de Jérusalem par Ptolémée Soter, vers 320 av. J.-C. V. Josèphe, contra Appio, II, 4, cité par M. CNote 104 · Note 162: (retour) Passage reproduit par d'Avezac dans l'Afrique ancienne, p. 124.Note 105 · Ces Berbères, établis au delà de la limite de l'occupation romaine, reconnaissaient en général la suzeraineté du peuple-roi, particulièremenNote 106 · En Cyrénaïque, la population n'avait pas subi de grandes modifications. Les Juifs, déportés autrefois de Palestine dans cette province 161, Note 107 · Note 163: (retour) Tacite, Ann.., lib. II, cap. xcvii.Note 108 · Note 164: (retour) Il avait reçu cette fonction de Claude et la garda deux ans.Note 109 · Note 165: (retour) Il tomba sous les coups du procurateur de la Maurétanie tingitane, Trébonius Garucianus.Note 110 · Les Gouverneurs d'Afrique prennent part aux guerres civiles.--Après quelques années de tranquillité, l'Afrique ressentit le contre-coup de lNote 111 · Le 9 juin 68, Néron terminait sa triste carrière et était remplacé par Galba, ancien proconsul d'Afrique 164. Un de ses premiers soins fut dNote 112 · Note 166: (retour) Zonare, Ann., 1. XI.Note 113 · Note 167: (retour) Probablement l'oasis actuelle d'Asben. V. Vivien de Saint-Martin, Le Nord de l'Afrique, p. 231.Note 114 · Note 168: (retour) Sahara, p. 191.Note 115 · Quelque temps après les Nasamons s'étant révoltés et ayant massacré les collecteurs d'impôts, le même général marcha contre eux et après difNote 116 · Julius Maternus, chargé du commandement de cette expédition, arriva dans le pays des Garamantes où le roi de cette contrée se joignit à lui Note 117 · La réussite de cette aventureuse entreprise, dans un pays inconnu, est vraiment surprenante, et nous sommes en droit de nous demander avec MNote 118 · Note 169: (retour) Ibid., p. 192.Note 119 · Note 170: (retour) Déjà en l'an 63 (av. J.-C.) la Cyrénaïque avait été défendue devant le Sénat et c'est la grande voix de Cicéron qui avaitNote 120 · Ce prince guerrier employa largement l'élément berbère dans ses campagnes lointaines. En Afrique, il reporta l'occupation militaire, qui n'aNote 121 · Pendant que l'empereur guerroyait au loin, l'Afrique demeurait livrée aux exactions de ses gouverneurs. Le proconsul Marius Priscus, secondéNote 122 · Note 171: (retour) Dion Cassius.Note 123 · Nouvelle révolte des Juifs.--A la fin du règne de Trajan (en l'an 115), les Juifs de la Cyrénaïque, devenus très nombreux depuis la destructNote 124 · Note 172: (retour) Une inscription récemment découverte à Rapidi, Sour Djouâb, confirme ce fait. Voir Comptes rendus de l'Académie des InscrNote 125 · Note 173: (retour) Duruy, Hist. des Romains, t. V, p. 54 et suiv.Note 126 · En 122 une nouvelle insurrection de la Maurétanie décida l'empereur à passer en Afrique 172. Après avoir apaisé la révolte, Hadrien visita lNote 127 · En 125, l'empereur voyageur visita la Proconsulaire. Un certain nombre de villes furent élevées par lui au rang de colonies et il concéda deNote 128 · Note 174: (retour) Spartien, Hadrian. XXII.Note 129 · Hadrien vint sans doute une troisième fois en Afrique (vers 129). Les documents à cet égard manquent de précision. Dans tous les cas, il s'oNote 130 · Note 175: (retour) Loc. cit., p. 194.Note 131 · Note 176: (retour) Jul. Capitolin.Note 132 · Note 177: (retour) Numidie et Maurétanie, p. 180.Note 133 · Note 178: (retour) Lampride; Commode, ch. IX et suiv.Note 134 · Nouvelles révoltes sous Antonin, Marc-Aurèle et Commode (138-190).--Antonin succéda à Hadrien en 138. Les Maures en profitèrent pour envahirNote 135 · Sous le règne de Marc-Aurèle, nouvelle insurrection des Maures Maziques et Baquates, du Rif, qui vont porter le ravage jusqu'en Espagne. «NiNote 136 · En 188, les Maures étaient de nouveau en état de révolte. L'empereur Commode parla d'aller les combattre en personne; mais après avoir obtenNote 137 · Note 179: (retour) Le Docteur Barth en a retrouvé les traces.Note 138 · Note 180: (retour) Hérodien.Note 139 · Les empereurs africains. Septime Sévère.--Septime Sévère, natif de Leptis magna, dans la Tripolitaine, fut, en 193, proclamé empereur par leNote 140 · Sévère montra constamment pour l'Afrique une grande prédilection. Il y fit exécuter des travaux considérables dont de nombreuses inscriptionNote 141 · Note 181: (retour) Duruy, Hist. des Romains.Note 142 · Trajan inscrivit dans le code le crime de christianiser. «S'ils sont accusés et convaincus,--écrivit-il à ses gouverneurs,--punissez-les.» LNote 143 · Note 182: (retour) Poulle, loc. cit., p. 115.Note 144 · Par son édit de 216, l'empereur accorda le titre de citoyen à tous les habitants libres des provinces romaines; il ne resta donc plus en priNote 145 · Note 184: (retour) Voir les Comptes-rendus de cette Académie.Note 146 · Bassien-Elagabal était fils de Socuzis, ancien légat de la IIIe légion, et gouverneur de Numidie; aussi avait-il beaucoup de partisans en AfNote 147 · Note 185: (retour) Ragot, p. 200.Note 148 · Alexandre Sévère.--L'arrivée au pouvoir d'Alexandre Sévère mit fin à l'anarchie que venait de traverser l'empire et qui n'était que le préluNote 149 · Note 186: (retour) Hérodien, Hist., 1. VIII.Note 150 · Note 187: (retour) Ragot, p. 205. Cela est constaté par une inscription trouvée à Gemellæ, et d'où il résulte que cette légion fut rétablie Note 151 · Capellien s'empara de Karthage, mit cette ville au pillage et commit en Afrique les plus grandes cruautés 186. Il suivait en cela les ordresNote 152 · Note 188: (retour) Poulle, Maurétanie, p. 119-120. Berbrugger, Époques militaires de la grande Kabylie, p. 212.Note 153 · Vers le même temps, ou peu après, les Babares habitant le massif du Babor, soutenus par quatre chefs berbères, envahirent les environs de MiNote 154 · Note 189: (retour) Aurélius Victor.Note 155 · Note 190: (retour) Vopiscus, Hist. de Probus, cap. IX.Note 156 · Note 191: (retour) V. Recueil de la Soc. arch. de Constantine, 1854-1855.Note 157 · En 268, Claude II succède à Gallien, et est à son tour remplacé par Aurélien (270). On devine ce que pouvaient faire les indigènes de l'AfriNote 158 · Le général Probus, après avoir rétabli la paix dans la Marmarique insurgée, arriva dans la Proconsulaire, vers 270, avec le titre de chef deNote 159 · Note 192: (retour) Eutrope, 1. VIII, 5, 6. Mammertin, III, 17. P. Orose, 1. IX, 14. Aurel. Victor, ch. XXXIX. On ignore l'endroit où ces triNote 160 · Mais bientôt les Quinquégentiens reprennent les armes et portent le ravage dans la Numidie. Le mouvement se propage à l'est. Un certain JuliNote 161 · Note 193: (retour) Pallu de Lessert, loc. cit., p. 81.Note 162 · Ces provinces étaient administrées civilement par des præses relevant du vicaire d'Afrique. Le commandement militaire était confié au comte Note 163 · Note 194: (retour) Berbrugger, Revue africaine, N° 51, p. 193.Note 164 · Note 196: (retour) V. Actes de saint Maximilien de Théveste (12 mars 295).Note 165 · Grandes persécutions contre les chrétiens.--Les persécutions exercées contre les chrétiens semblaient n'avoir d'autre résultat que de fortifNote 166 · Des bas-fonds populaires où le christianisme avait d'abord pris racine, il s'élevait et pénétrait l'administration et l'armée. Un jour c'étaNote 167 · Note 197: (retour) Voir l'intéressante dissertation de M. Poulie à ce sujet dans l'Annuaire de la Société arch. de Constantine, 1876-77, pp.Note 168 · Cette persécution n'était que le prélude de violences plus grandes encore. Il ne suffisait pas d'avoir détruit les églises et les objets extNote 169 · Note 198: (retour) Poulle, loc, cit., p. 481.Note 170 · Tyrannie de Galère en Afrique.--En 305, Dioclétien et Maximien Hercule abdiquèrent au profit des deux césars Constance Chlore et Galère, lesNote 171 · Note 199: (retour) Voir, pour la révolte d'Alexandre: Aur. Victor, Épitome, Eutrope, Épit.; Zosime. Tillemont, Hist. des empereurs, etc. NouNote 172 · En 311, Maxence pouvant détacher quelques troupes, les plaça sous le commandement du préfet du prétoire, Rufus Volusianus, et du général ZénNote 173 · Note 200: (retour) Emplacement inconnu au nord de l'Aourès.Note 174 · Quelque temps après, en 311 mourait l'évêque de Karthage Mensurius, qui avait su résister avec autant de fermeté que de prudence aux violencNote 175 · Mais ceux-ci ayant réclamé le jugement d'un nouveau concile, l'empereur voulut bien faire convoquer les évêques à Arles, pour le mois d'aoûtNote 176 · Note 203: (retour) L'Afrique septentrionale après le partage du monde romain, par Berbrugger, travail extrait de la Notice des dignités, de Note 177 · Note 204: (retour) Les Assemblées provinciales et le culte provincial, par M. Pallu de Lessert, passim.Note 178 · «Les troupes, on le voit, étaient divisées en deux classes: les troupes mobiles et celles qui gardaient en permanence la frontière 203.»Note 179 · Le concilium provincial conserva le droit de présenter des vœux et des doléances à l'empereur; sa réunion était l'occasion de fêtes et de réNote 180 · On sera peut-être étonné du grand nombre d'évêques se trouvant alors en Afrique, mais il faut considérer ces prélats comme de simples curés.Note 181 · Ainsi les deux églises vivaient côte à côte et essayaient de se tolérer, mais, comme nous l'avons dit, les Donatistes tenaient en maints endNote 182 · Ces bandes, qui rappellent celles de la Jacquerie, s'attaquèrent d'abord aux fermes isolées; c'est pourquoi les gens qui en faisaient partieNote 183 · Note 209: (retour) Poulle (Soc. arch.), 1878, pp. 414, 415.--Voir aussi Rev. afr. t. IV, pp. 137, 138, et Ammien Marcellin, 1. XXI, parag. 7Note 184 · Note 210: (retour) Zembia, dans la Medjana.Note 185 · En 360, Julien, ayant été proclamé à Lutèce et reconnu par l'Italie, chercha à gagner l'Afrique à sa cause, mais ne put parvenir à la détachNote 186 · L'année suivante, la mort de Constance laissa Julien seul au pouvoir. Il se vengea alors de l'Afrique en accordant ses faveurs aux DonatisteNote 187 · Du reste les Donatistes ne tardèrent pas à voir des schismes se produire dans leur sein. Le plus important fut celui de Rogatus, évêque de CNote 188 · Note 213: (retour) Ammien Marcelin, 1. XXVII et suiv.Note 189 · Exactions du comte Romanus.--A la fin de 363, sous Jovien, et ensuite, dans les premiers temps du règne de Valentinien, une tribu indigène dNote 190 · Note 214: (retour) Tiklat en Kabylie.Note 191 · Le prince indigène, comprenant que la situation était changée, essaya de traiter avec Théodose, et lui fit offrir sa soumission; mais le génNote 192 · Encore une fois, Firmus fit implorer la paix par l'intermédiaire de prêtres chrétiens, et Théodose la lui accorda. Le prince berbère remit aNote 193 · Note 217: (retour) Aïoun Bessem, au nord d'Aumale.Note 194 · Sur ces entrefaites, ayant appris que Firmus cherchait de nouveau à soulever les tribus, il se remit en campagne et battit les Maziques et lNote 195 · Ayant pu, dans sa déroute, gagner le fort de Castellum Audiense 217, il y rallia son armée et s'y retrancha. Il punit ses soldats avec la deNote 196 · Note 219: (retour) Orose, Hist., 1. VII, ch. xxxiii.Note 197 · Mais le comte Théodose avait de nombreux ennemis qui le dénoncèrent à l'empereur Gratien, presque un enfant, successeur de son père, ValentiNote 198 · Note 220: (retour) Orose, 1. VII, ch. xxxiii.Note 199 · Dans cette conjoncture, Gildon appelle à lui le peuple indigène en se déclarant restaurateur de son indépendance. Il comble les Donatistes dNote 200 · Note 221: (retour) Zosime, Hist., 1. V. Orose, 1. VII.Note 201 · Gildon est au milieu de ses cavaliers Maures et Gétules et de ses montagnards berbères; en voyant les faibles forces que son frère ose lui oNote 202 · Note 222: (retour) Lebeau, Histoire du Bas-Empire, l. XXVIII.Note 203 · Dans cette conjoncture, l'Afrique resta fidèle à l'empereur et continua à assurer la subsistance de l'Italie. Les Goths firent plusieurs tenNote 204 · Note 223: (retour) C'est l'opinion d'un homme dont on ne contestera ni la compétence ni le catholicisme, M. Lacroix. «Il ne faut pas se dissNote 205 · Note 224: (retour) Lib. XXII, cap. v.Note 206 · Note 225: (retour) Sermon 273.Note 207 · Le christianisme en Afrique au commencement du ve siècle.--Avant d'entreprendre le récit des événements qui vont faire entrer l'histoire de Note 208 · Note 226: (retour) Actuellement Souk-Ahras.Note 209 · Note 227: (retour) Medaourouch.Note 210 · Quelques nobles figures nous reposent dans ce sombre tableau. La plus belle est celle de saint Augustin, né à Thagaste 226; il étudia d'aborNote 211 · Note 228: (retour) Tobua, dans le Hodna.Note 212 · Le général Boniface, qui s'était distingué dans une longue carrière militaire, dont une partie passée en Maurétanie comme préposé des limiteNote 213 · Note 229: (retour) Selon M. Creuly (Annuaire de la Soc. arch. de Constantine, 1858-59, pp. 16, 17), la personne épousée par Boniface, nomméeNote 214 · Note 230: (retour) Procope, Bell. Vand., 1. I, ch. iii, Lebeau, Hist. du Bas-Empire, t. IV, p. 24. Marcus, Hist. des Vandales, p. 143. DureaNote 215 · Mais la cour de Valentinien, dirigée par une femme partageant son temps entre les lettres et la religion, était un terrain propice aux intriNote 216 · Aussitôt l'impératrice nomma à sa place Sigiswulde, et fit marcher contre lui trois corps d'armée (427); mais Boniface les repoussa sans peiNote 217 · Note 231: (retour) Cette date varie, selon les auteurs, entre 427 et 429. Nous adoptons celle de l'Art de vérifier les dates, t. I, p. 403.Note 218 · Note 232: (retour) Ces chiffres donnent également lieu à des divergences. V. Victor de Vite, Hist. pers. Vand., p. 3, et Procope, l. I, ch. Note 219 · Dans le mois de mai 429 231, les Vandales avec leurs alliés Alains, Suèves, Goths et autres barbares, au nombre de quatre-vingt mille personNote 220 · Note 237: (retour) Tebessa, le Kef et Badja.Note 221 · Note 238: (retour) V. de Vite, 1. I, ch. iv. Marcus, p. 166. Yanoski, p. 17.Note 222 · Note 244: (retour) Histoire des Goths, ch. xxxiii.Note 223 · Note 249: (retour) Gafsa.Note 224 · Note 251: (retour) Yanoski, Vandales, p. 41.Note 225 · Note 253: (retour) Actuellement Capoudia.Note 226 · Note 282: (retour) Johannide, poème en l'houneur de Jean Troglita, par Fl. Cres. Corippus, lib.V.Note 227 · Note 297: (retour) Dozy, Histoire des Musulmans d'Espagne, l. I, p. 16.Note 228 · Note 308: (retour) Loc. cit.Note 229 · Note 337: (retour) El-Kaïrouani, p. 55.Note 230 · Note 338: (retour) Dozy, Musulmans d'Espagne, t. I, p. 229.Note 231 · Note 340: (retour) Tafilala.Note 232 · Note 373: (retour) Ibid., t. I, p. 259.Note 233 · Note 383: (retour) Voir les détails romanesques de sa fuite, dans l'Hist. des Musulmans d'Espagne, p. 229 et suiv. et El Marrakchi, édit. DoNote 234 · Note 394: (retour) Ibn-Khaldoun, t. I, p. 223, t. III, p. 200. En-Nouéiri, p. 379 et suiv.Note 235 · Note 395: (retour) Tous ces chiffres paraissent fortement exagérés.Note 236 · Note 422: (retour) En-Nouéïri, p. 404, 405.
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