INTRODUCTION
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DESCRIPTION PHYSIQUE ET GÉOGRAPHIQUE DE L'AFRIQUE SEPTENTRIONALE
Nous avons indiqué les grandes limites de l'Afrique septentrionale. Sa situation géographique est comprise entre les 24° et 37° de latitude nord et les 25° de longitude orientale et 19° de longitude occidentale; ainsi le méridien de Paris, qui passe à quelques lieues à l'ouest d'Alger, en marque à peu près le centre.
Les côtes de l'Afrique septentrionale se projettent d'une façon irrégulière sur la Méditerranée. Du 31° de latitude, en partant de l'Egypte, elles atteignent, au sommet de la Cyrénaïque, le 33°, puis s'infléchissent brusquement, au fond de la grande Syrte, jusqu'au 30°.
De là, la côte se prolonge assez régulièrement, en s'élevant vers le nord-ouest jusqu'au fond de la petite Syrte (34°). Puis elle s'élève perpendiculairement au nord et dépasse, au sommet de la Tunisie, le 37°. Elle suit alors une direction ouest-sud-ouest assez régulière, en s'abaissant jusqu'à la limite de la province d'Oran, pour, de là, se relever encore et atteindre le 36°, au détroit de Gibraltar.
Le littoral de l'Océan se prolonge au sud-sud-ouest, en s'abaissant du 8° de longitude occidentale jusqu'au 19°.
La partie septentrionale de la Berbérie se rapproche en deux endroits de l'Europe. C'est, au nord-est de la Tunisie, la Sicile, distante de cent cinquante kilomètres environ, et, à l'ouest, l'Espagne, séparée de la pointe du Mag'reb par le détroit de Gibraltar. Cette partie de l'Afrique offre, du reste, beaucoup d'analogie avec les dites régions européennes, tant sous le rapport de l'aspect et des productions que sous celui du climat.
Les écarts considérables de latitude que nous avons signalés en décrivant les côtes influent sur les conditions physiques et climatériques; aussi le littoral des Syrtes diffère-t-il sensiblement de la région occidentale.
Orographie.--La région comprise entre la petite Syrte et l'Océan est couverte d'un réseau montagneux se reliant au grand Atlas marocain, qui pénètre dans le sud jusqu'au 30° et dont les plus hauts sommets atteignent 3,500 mètres d'altitude. Toute cette contrée montagneuse jouit d'un climat tempéré et d'une fertilité proverbiale. Les indigènes, peut-être d'après les Romains, lui ont donné le nom de Tel. Ce Tel, en Algérie et en Tunisie, ne dépasse guère, au midi, le 35° de latitude.
Dans la partie moyenne de la Barbarie, c'est-à-dire ce qui forme actuellement l'Afrique française, la région telienne aboutit au sud à une ligne de hauts plateaux, dont l'altitude varie entre 600 et 1,200 mètres. Le Djebel-Amour en marque le sommet; au delà, le pays s'abaisse graduellement vers le sud et rapidement vers l'est, ce qui donne lieu, dans cette dernière direction, à une série de bas-fonds reliés par des cours d'eau aboutissant aux lacs Melr'ir et du Djerid, près du golfe de la petite Syrte. Cette ligne de bas-fonds est parsemée d'oasis produisant le palmier; c'est la région dactylifère.
Des montagnes dont nous venons de parler descendent des cours d'eau, au nord dans la Méditerranée, à l'ouest dans l'Océan. Ceux du versant nord sont généralement peu importants, en raison du peu d'étendue de leur cours: ce sont des torrents en hiver, presque à sec en été. Les rivières du versant océanien, venant de montagnes plus élevées et ayant un cours moins bref, ont en général une importance plus grande.
Au delà des hauts plateaux et de la première ligne des oasis, s'étend le grand désert ou Sahara jusqu'au Soudan. C'est une vaste contrée généralement aride, entrecoupée de chaînes montagneuses, de vallées, de plateaux desséchés et pierreux et de dunes de sable. Des régions d'oasis s'y rencontrent. Le tout est traversé par des dépressions formant vallées, dont les unes s'abaissent vers le Soudan et les autres se dirigent vers le nord pour rejoindre les lacs Melr'ir et du Djerid. Les vallées, les oasis et certaines parties montagneuses sont seules habitées.
Dans la Tripolitaine, la région telienne est moins élevée et a moins de profondeur; en un mot, le désert est plus près. Cependant, derrière Tripoli se trouve un massif montagneux assez étendu, donnant accès au Hammada (plateau) tripolitain.
Le littoral de la Cyrénaïque est bordé de collines qui forment les pentes d'un plateau semblable à celui de Tripoli, mais moins étendu. Quelques oasis se trouvent au sud de ce plateau. Au delà commence le grand désert de Libye.
MONTAGNES PRINCIPALES
De l'est à l'ouest, les principales montagnes de l'Afrique septentrionale sont:
Cyrénaïque.--Le Djebel-el-Akhdar, dans la partie supérieure.
Tripolitaine.--Le Djebel-R'arïane et le Djebel-Nefouça, au sud de Tripoli.
Algérie.--Le Djebel-Aourès, s'élevant jusqu'à 2,300 mètres au midi de Constantine et s'abaissant au sud, brusquement, sur la région des oasis.
Le Djebel-Amour (2,000 mètres), au midi de la province d'Alger formant le sommet des hauts plateaux.
Le Djebel-Ouarensenis (2,000 mètres), au nord du Djebel-Amour, près de la ligne du méridien de Paris.
Le Djebel-Djerdjera ou grande Kabilie (2,300 mètres), près du littoral, entre l'Ouad-Sahel et l'Isser.
Maroc.--Les montagnes du Grand Atlas ou Deren, notamment le Djebel-Hentata, d'une altitude de 3,500 mètres et dont les sommets sont couverts de neiges éternelles.
PRINCIPALES RIVIÈRES
Versant méditerranéen.--L'Ouad-Souf-Djine et l'Ouad-Zemzem, descendant du Djebel-R'arïane et du plateau de Hammada et venant former le marais situé au-dessous de Mesrata, sur le littoral de la grande Syrte.
L'Ouad-Medjerda, qui recueille les eaux du versant nord-est de l'Aourès et du plateau tunisien et vient déboucher dans le golfe de Karthage, au sommet de la Tunisie.
L'Ouad-Seybous, recueillant les eaux de la partie orientale de la province de Constantine et débouchant à Bône.
L'Ouad-el-Kebir, formé de l'Ouad-Remel et de l'Ouad-Bou-Merzoug, dont le confluent est à Constantine et l'embouchure au nord de cette ville.
L'Ouad-Sahel, venant, d'un côté, du Djebel-Dira, près d'Aumale, et, de l'autre, des plateaux situés à l'ouest de Sétif, et débouchant, sous le nom de Soumam, dans le golfe de Bougie, à l'est du Djerdjera.
L'Ouad-Isser, à l'ouest du Djerdjera, et ayant son embouchure près de Dellis.
Le Chelif, descendant du versant nord du Djebel-Amour et du Ouarensenis, recevant le Nehar-Ouacel, venu du plateau de Seressou, au sud de cette montagne, et après avoir décrit un coude à la hauteur de Miliana, courant parallèlement à la côte de l'est à l'ouest, pour se jeter dans la mer à l'extrémité orientale du golfe d'Arzeu.
L'Habra et le Sig, appelé dans son cours supérieur Mekerra, se réunissant pour former le marais de la Makta, au fond du golfe d'Arzeu. La plus grande partie des eaux de la province d'Oran est recueillie par ces deux rivières.
La Tafna, descendant des montagnes situées au midi de Tlemcen et qui se jette dans la mer au nord de cette ville, après avoir recueilli L'Isli, venant de la région d'Oudjda (Maroc).
La Moulouïa, qui recueille les eaux du versant oriental et septentrional de l'Atlas marocain et dont l'embouchure se trouve à l'ouest de la limite algérienne.
Versant océanien.--L'Ouad-el-Kous, qui se jette dans la mer près d'El-Araïche, au sommet du Maroc.
Le Sebou, descendant du versant nord-ouest de l'Atlas.
Le Bou-Regreg, au midi du précédent et ayant son embouchure non loin de lui, à Salé.
L'Ouad-Oum-er-Rebïa, grande rivière recueillant les eaux du versant occidental de l'Atlas et traversant de vastes plaines avant de déboucher à Azemmor.
Le Tensift, voisin du précédent, au midi.
L'Ouad-Sous, qui coule entre les deux chaînes principales du grand Atlas méridional et traverse la province de ce nom.
L'Ouad-Nouri, débouchant près du cap du même nom.
Et enfin l'Ouad-Deraa, descendant du grand Atlas au midi et formant, dans la direction de l'ouest, une large vallée. Ce fleuve se jette dans l'Océan vis-à-vis l'archipel des Canaries.
Versant intérieur.--L'Ouad-Djedi, qui prend naissance au midi du Djebel-Amour, court ensuite vers l'est, parallèlement au Tel, et va se perdre aux environs du lac Melr'ir.
L'Ouad-Mïa et l'Ouad-Ir'ar'ar, venant tous deux de l'extrême sud et concourant à former la vallée de l'Ouad-Rir', qui se termine au chott (lac) Melr'ir.
L'Ouad-Guir, descendant des hauts plateaux, pour se perdre au sud non loin de l'oasis de Touat.
Enfin l'Ouad-Ziz, qui vient de l'Atlas marocain et disparaît aux environs de l'oasis de Tafilala.
LACS
Les lacs de l'Afrique septentrionale sont peu nombreux. Voici les principaux:
Le chott du Djerid, au sud de la Tunisie.
Le Melr'ir, à l'ouest du précédent; entre eux se trouve la dépression de R'arça.
La sebkha du Gourara, à l'est du cours inférieur de l'Ouad-Guir.
La sebhka de Daoura, près de Tafilala.
On compte, en outre, un certain nombre de marais, parmi lesquels nous citerons la sebkha de Zar'ez, dans le Hodna, et les chott Chergui (oriental) et R'arbi (occidental), dans les hauts plateaux. Ce sont souvent de vastes dépressions, avec des berges à pic, et dont le fond est plus ou moins marécageux, selon l'époque de l'année.
CAPS
Voici les principaux caps de l'Afrique, en suivant le littoral de l'est à l'ouest.
Ras-Tourba et cap Rozat, au sommet de la Cyrénaïque.
Cap Mesurata, près de la ville de Mesrata, à l'angle occidental du golfe de la grande Syrte.
Ras-Capoudïa (l'ancien Caput Vada), au sommet de la petite Syrte.
Ras-Dimas (l'antique Thapsus), à l'angle méridional du golfe de Hammamet.
Ras-Adar, ou cap Bon, au sommet de la presqu'île de Cherik, angle nord-est de la Tunisie.
Promontoire d'Apollon ou cap Farina, à l'angle occidental du golfe de Tunis.
Ras-el-Abiod, cap Blanc, à l'angle occidental du golfe de Bizerte.
Cap de Garde, à l'angle occidental du golfe de Bône.
Cap de Fer, à l'angle oriental du golfe de Philippeville.
Cap Bougarone ou Sebà-Rous (les sept caps), à l'angle occidental du même golfe.
Cap Cavallo, à l'angle oriental du golfe de Bougie.
Cap Sigli, à l'angle opposé, c'est-à-dire au pied occidental de la grande Kabylie (Djerdjera).
Cap Matifou (régulièrement Thaman'tafoust), à l'angle oriental du golfe d'Alger.
Cap Tenès, à l'est et auprès de la ville de ce nom.
Cap Carbon, à l'angle occidental du golfe d'Arzeu, entre cette ville et Oran.
Cap Falcon, à l'angle occidental du golfe d'Oran.
Cap Tres-Forcas, à l'ouest du golfe formé par l'embouchure de la Moulouïa, dominant Melila, qui est bâtie sur le versant oriental de ce cap.
Cap de Ceuta, à la pointe orientale du détroit de Gibraltar.
Cap Spartel, sur l'Océan, à l'ouest de cette pointe.
Cap Blanc, au sud de l'embouchure de l'Oum-el-Rebïa et d'Azemmor.
Cap Cantin, un peu plus bas, au-dessus du Tensift.
Cap Guir, au-dessus de l'embouchure du Sebou et d'Agadir.
Cap Noun, à l'embouchure de la rivière de ce nom.
Cap Bojador, au-dessous de l'embouchure de l'Ouad-Deraa.
Cap Blanc, un peu au-dessus du 20° de longitude.
DIVISIONS GÉOGRAPHIQUES ADOPTÉES PAR LES ANCIENS
L'Algérie septentrionale, Libye des Grecs, a formé les divisions suivantes:
Région littorale
Cyrénaïque (comprenant la Marmarique); depuis la frontière occidentale de l'Égypte jusqu'au golfe de la grande Syrte.
Tripolitaine; de cette limite jusqu'au golfe de la petite Syrte. Byzacène, région au-dessus du lac Triton. Zeugitane, littoral oriental de la Tunisie actuelle, et Afrique propre, comprenant d'abord le territoire de Karthage (nord de la Tunisie), puis toute la région entre la Numidie à l'ouest et la Tripolitaine à l'est. La Tripolitaine, la Byzacène, la Zeugitane et l'Afrique propre ont été réunis, à l'époque romaine, sous le nom de province proconsulaire d'Afrique.
Numidie; depuis la limite occidentale de l'Afrique propre, qui a été formée généralement par le cours supérieur de la Medjerda, avec une ligne partant du coude de cette rivière pour rejoindre le littoral, et de là jusqu'au golfe de Bougie, c'est-à-dire environ le 3° de longitude est. La Numidie a été elle-même divisée en orientale et occidentale, avec l'Amsaga (Ouad-Remel) comme limite séparative.
Mauritanie orientale; depuis la Numidie jusqu'au Molochat (Moulouïa). À la fin du iiie siècle de l'ère chrétienne, elle a été divisée en Sétifienne, comprenant la partie orientale avec Sétif, et Césarienne, formée de la partie occidentale, avec Yol-Cesarée (Cherchel) comme capitales.
Maurétanie occidentale ou Tingitane, comprenant le reste de l'Afrique jusqu'à l'Océan.
Région intérieure
Libye déserte, comprenant la Phazanie (Fezzan), au sud de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.
Gétulie, au sud de la Numidie et des Maurétanies, sur les hauts plateaux et dans le désert.
Ethiopie, comprenant la Troglodytique, au sud des deux précédents.
Populations anciennes
Cyrénaïque et Tripolitaine.--Libyens, nom générique se transformant en Lebataï dans Procope, Ilanguanten dans Corippus, et que l'on peut identifier aux Berbères Louata des auteurs arabes.
Barcites, Asbystes, Adyrmakhides, Ghiligammes, etc., occupant le nord de la Cyrénaïque.
Nasammons, dans l'intérieur, sur la ligne des oasis et le golfe de la grande Syrte, dont ils occupent en partie les rivages.
Psylles, habitant en premier lieu la grande Syrte et refoulés ensuite vers l'est.
Makes, sur le littoral occidental de la grande Syrte.
Zaouekes (Arzugues de Corrippus), établis sur le littoral, entre les deux Syrtes. Ils ont donné leur nom plus tard à la Zeugitane. On les identifie aux Zouar'a.
Troglodytes, dans les montagnes voisines de Tripoli.
Lotophages, dans l'île de Djerba et sur le littoral voisin.
Afrique propre.--Les Maxyes et les Ghyzantes ou Byzantes. Ces tribus, sous ces noms divers, y compris les Zaouèkes, paraissent être un seul et même peuple, qui a donné son nom à la Byzacène.
Libo-Phéniciens, peuplade mixte de la province de Karthage.
Numidie.--Numides, nom générique.
Nabathres, dans la région du nord-est.
Masséssyliens, puis Massyles; occupaient le centre de la province. Ont été remplacés par les peuplades suivantes, qu'ils ont peut-être contribué à former:
Kedamousiens, sur la rive gauche de l'Amsaga (Ouad-Remel) et, de là, jusqu'à l'Aourès.
Babares ou Sababares, dans les montagnes, au nord des précédents, jusqu'à la mer.
Maurétanie orientale.--Maures, nom générique, auquel on a associé plus tard celui de Maziques.
Quinquegentiens, divisés en Isaflenses, Massinissenses et Nababes, occupant le massif du Mons-Ferratus (Djerdjera).
Masséssyliens, puis Massyles, au sud-est du Mons-Ferratus. Remplacés de bonne heure par d'autres populations.
Makhourèbes et Banioures, à l'ouest du Mons-Ferratus.
Makhrusiens, sur le littoral montagneux, à l'ouest des précédents.
Nacmusïï, dans la région des hauts plateaux, au midi des précédents.
Masséssyliens, sur la rive droite du Molochath.
Maurétanie occidentale.--Maures, nom générique.
Masséssyliens, établis dans le bassin de la Moulouïa.
Maziques, sur le littoral nord et ouest.
Bacuates, établis dans le bassin du Sebou et étendant leur domination vers l'est (identifiés aux Berg'ouata).
Makenites, cours supérieur du Sebou (identifiés aux Meknaça).
Autotoles, Banuires, etc., dans le bassin de l'Oum-er-Rebïa.
Daradæ, bassin du Derâa.
Région intérieure
Libye déserte.--Garamantes, appelés aussi Gamphazantes, oasis de Garama (Djerma) et Phazanie (Fezzan).
Blemyes, au sud-est des précédents, vers le désert de Libye (peuplade donnant lieu à des récits fabuleux).
Gétulie.--Gétules, nom générique. Sur toute la ligne des hauts plateaux et dans la partie septentrionale du désert.
Mélano-Gétules (Gétules noirs), au midi des précédents.
Perorses, Pharusiens, sur la rive gauche du Darat (Ouad-Derâa).
Ethiopie.--Ethiopiens, terme générique, divisés en Ethiopiens blancs et Ethiopiens noirs.
Quant aux Ethiopiens rouges ou Ganges, que les auteurs placent au midi de la Gétulie, sur les bords de l'Océan, nous ne pouvons nous empêcher de les rapprocher des Iznagen (Sanhaga des Arabes), qui ont donné leur nom au Sénégal. Nous trouverons du reste, dans l'histoire des Sanhaga au voile (Mouletthemine), le nom de Ouaggag, porté encore par des chefs de ces peuplades.
DIVISIONS GÉOGRAPHIQUES ADOPTÉES PAR LES ARABES
Les Arabes, arrivant d'Orient au viie siècle, donnèrent, ainsi que nous l'avons dit, à l'Afrique le nom générique de Mag'reb, qui s'étendit même à l'Espagne musulmane. Mais, dans la pratique, une désignation ne pouvait demeurer aussi vague, et les conquérants divisèrent le pays comme suit:
Pays de Barka, la Cyrénaïque (moins la Marmarique).
Ifrikiya, la Tunisie proprement dite, à laquelle on a ajouté la Tripolitaine à l'est, et la province de Constantine, jusqu'au méridien de Bougie, à l'ouest.
El-Mag'reb-el-Aouçot (ou Mag'reb central), depuis le méridien de Bougie jusqu'à la rivière Moulouïa.
El-Mag'reb-el-Akça (ou Mag'reb extrême). Tout le reste de l'Afrique, jusqu'à l'Océan à l'ouest et à l'Ouad-Derâa au sud.
Sahara, toute la région désertique.
Population
Là où les anciens n'avaient vu qu'une série de peuplades indigènes, sans lien entre elles, les Arabes ont reconnu un peuple, une même race qui a couvert tout le nord de l'Afrique. Ils lui ont donné le nom de Berbère, que nous lui conserverons dans ce livre. Cette race se subdivisait en plusieurs grandes familles, dont nous présentons les tableaux complets au chapitre Ier de la deuxième partie.