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Histoire de l'Afrique Septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830) ( Volume I)

Note (retour) — DE L'AFRIQUE SEPTENTRIONALE (continued 2)

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L'Afrique propre, la première occupée, est couverte de colonies latines; «les notables des villes recevaient avec reconnaissance le droit de cité; leurs enfants prirent des noms romains, reçurent une éducation romaine; la carrière des emplois et des honneurs s'ouvrit devant eux 155». Dans les campagnes de cette fertile province, les patriciens s'étaient taillé de beaux domaines et le pays n'avait pas échappé à la formation des latifundia, qui avaient eu, en Italie, des conséquences si funestes. Mais, si «l'on y trouvait, selon Aggenus Urbicus, des domaines privés plus vastes que ceux de l'État, ils étaient occupés par un grand nombre de cultivateurs; la maison du maître était entourée de villages qui lui faisaient une ceinture de fortifications 156». Du reste, la petite propriété était constituée aussi par les concessions aux vétérans, ou par la vente ou la location à des émigrants. Ainsi les progrès de la culture 157, loin d'avoir été arrêtés par la conquête, lui durent, au contraire, une plus grande extension. Leptis Magna, Hadrumète, Utique et surtout Karthage, étaient les principaux ports où les céréales venaient s'entasser. Là les flottes de toute l'Italie chargeaient les grains, et c'est particulièrement de l'Afrique que Rome tirait ses approvisionnements. Les blés d'Egypte allaient dans les autres parties de l'Italie. Sous Auguste, sous Tibère, sous Claude, la population romaine attendait sans cesse les arrivages d'Afrique et faisait entendre ses murmures, ou se mettait en rébellion, au moindre retard, car la conséquence immédiate était la famine. On l'avait bien vu, lors de la lutte entre César et Pompée, quand celui-ci avait arrêté les convois d'Afrique.

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