APPENDICE
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Addition à l’article Les Senoussi, ch. II : Les Toubou (p. 127 et suivantes).
Une section méhariste est installée en réserve à Tahoua. Elle aide la section de l’Azbin à assurer la protection de l’azalaï, caravane de Touareg qui, deux fois l’an, va chercher le sel du Kaouar : l’azalaï de mars comprend 3.000 chameaux ; l’azalaï d’octobre a plus d’importance et compte environ 10.000 chameaux.
Les Senoussia ont fortifié solidement le point de ʿAïn Galakka. De nombreux guerriers — il y a, paraît-il, plus de 500 réguliers, pourvus d’un uniforme et armés de fusils à tir rapide — assurent la domination de Si Aḥmed Chérif au Borkou.
Une garnison ottomane, avec 6 pièces de canon et un colonel, se trouvait à Bardaï, dans le Tibesti. Il est probable qu’elle évacua le pays dès le début de la guerre italo-turque. Les Turcs ne se sont jamais installés à ʿAïn Galakka, où les Senoussia restent les maîtres absolus. Il est donc fort probable, ainsi que nous l’avons déjà dit, que les Khouân n’ont arboré le drapeau ottoman que pour faire échec à l’occupation française.
Si Aḥmed Chérif attache une importance capitale à la possession de ʿAïn Galakka. Le bruit a même couru qu’il songeait à évacuer Koufra pour venir s’installer au Borkou. Il convient de n’accueillir ce renseignement que sous toutes réserves : l’oasis de Koufra est un point très bien situé, en plein centre des contrées qui reconnaissent l’autorité spirituelle de Si Aḥmed Chérif, et il semble peu probable que ce dernier se résigne à l’abandonner.
La sécheresse de l’année 1911 a provoqué une disette effroyable dans le Tibesti et le Borkou, qui, en temps normal, sont déjà des pays essentiellement déshérités. Les dattes et les quelques céréales de la contrée n’ont fourni que de lamentables récoltes. Les habitants ont été obligés, pour vivre, d’abattre un grand nombre de chameaux.
Les Senoussia du Borkou mènent une vie misérable, par suite de l’impossibilité où ils se trouvent d’assurer leur ravitaillement en grain. Au surplus, les fructueuses razzias de bétail, au détriment des indigènes soumis à notre autorité, deviennent de plus en plus problématiques. Néanmoins, les Khouân restent toujours nos adversaires irréductibles : un de leurs rezzous est venu, en août 1911, piller la région de Djadjidouna, en plein Territoire de Zinder.
Notons également qu’une mission allemande — comprenant un officier, mais soi-disant scientifique — a, malgré l’opposition diplomatique de la France, pénétré au Tibesti, venant de Mourzouk. Ce fait, s’ajoutant à d’autres intrigues allemandes en Tripolitaine, a dû avoir une sérieuse influence sur la brusque décision des Italiens d’envahir le vilayet, pour profiter de la situation créée par l’affaire marocaine et, d’autre part, mettre un terme à certaines convoitises étrangères.