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Histoire de l'idée laïque en France au XIXe siècle

NOTES

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Silence donc, silence! Aimez la paix et l’ombre, Suivez votre Dieu mort dans son sépulcre sombre; Ne vous hasardez plus à la rébellion. Ce peuple est patient; mais craignez sa colère. Ne le réveillez pas! ne sortez pas de terre Entre les griffes du lion! (Liberté de penser, avril 1851.)

Avec un revenu de 100 millions, qui triplera;

Avec le privilège de l’enseignement primaire, l’adultération et la répression de l’enseignement supérieur, le bâillonnement de la presse, la censure des livres, le triage des bibliothèques, la corruption du corps enseignant;

Avec la connivence de la bourgeoisie et l’appui de 400.000 baïonnettes;

L’Eglise en vingt ans aura fait de la France émasculée et domptée ce qu’elle a fait de l’Italie, de l’Espagne, de l’Irlande, ce qu’elle est en train de faire de la Belgique, une société abêtie; société composée de prolétaires, de privilégiés et de prêtres, qui, ne produisant plus de citoyens ni penseurs, destituée de sens moral, armée seulement contre les libertés du monde, finira par soulever contre elle l’indignation des races dissidentes, et se faire jeter aux gémonies de l’histoire.» (5e étude, p. 183.)

Ce n’est pas vouloir violenter, ce n’est pas mépriser les consciences encore détenues dans le charme des vieilles croyances; c’est refuser aux religions qui passent le droit de gouverner l’humanité qui dure.

Ce n’est point haïr telle ou telle église ou toutes les églises ensemble; c’est combattre l’esprit de haine qui souffle des religions, et qui fut cause de tant de violences, de tueries et de ruines.

Etre laïque, c’est ne point consentir la soumission de la raison au dogme immuable, ni l’abdication de l’esprit humain devant l’incompréhensible; c’est ne prendre son parti d’aucune ignorance.

C’est croire que la vie vaut la peine d’être vécue, aimer cette vie, refuser la définition de la terre «vallée de larmes», ne pas admettre que les larmes soient nécessaires et bienfaisantes, ni que la souffrance soit providentielle; c’est ne prendre son parti d’aucune misère...

Etre laïque, c’est avoir trois vertus: la charité, c’est-à-dire l’amour des hommes; l’espérance, c’est-à-dire le sentiment bienfaisant qu’un jour viendra, dans la postérité lointaine, où se réaliseront les rêves de justice, de paix et de bonheur, que faisaient, en regardant le ciel, les lointains ancêtres; la foi, c’est-à-dire la volonté de croire à la victorieuse réalité de l’effort perpétuel» (Annales, no 1, juin 1902).

Estimant que le premier devoir de l’enseignement républicain est d’affirmer et d’appliquer sans restriction tous les principes inscrits dans la Déclaration des droits de l’homme, et tout d’abord le principe de la liberté individuelle;

Considérant que la liberté d’enseigner n’y est pas et ne pouvait pas y être inscrite; qu’en effet la fonction éducative est un devoir des parents envers l’enfant et envers la société; que, dans une démocratie, l’enseignement doit s’appliquer essentiellement à garantir dès l’enfance la liberté future des citoyens, et que c’est l’office de l’Etat de la garantir effectivement;

Considérant que, sous le nom trompeur de liberté de l’enseignement, la loi du 15 mars 1850 a organisé, en France, la liberté illimitée de l’enseignement ecclésiastique et congréganiste en conférant aux congrégations et au clergé un ensemble de privilèges collectifs qui ont permis d’opposer en fait le monopole de l’Eglise au monopole de l’Etat.

Considérant qu’il y a lieu d’instituer un régime scolaire qui assure la véritable liberté de l’enseignement...»

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