De la Logique des vraisemblances.
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De la Logique des vraisemblances.
Presque tout ce que l’on a dit jusqu’ici ne doit s’entendre que des vérités nécessaires ou des conséquences nécessaires de faits certains, au-delà desquelles ne sont pas encore parvenues la Logique & la Critique ordinaire.
M. de Leibnitz, qui connoissoit si bien le fort et le foible de la Philosophie, qui avoit vu les bornes des sciences, & qui étoit fait pour les prescrire ou pour les étendre, avoit déjà dit qu’il manquoit une partie de l’art, qui servit à régler le poids des vraisemblances, qui pesât les apparences du vrai & du faux.
Cette Logique est sur-tout nécessaire dans la morale & dans la pratique, où les hommes ne pouvant pas toujours s’assurer de trouver la vérité, sont souvent obligés de se régler sur des indices ou sur des vraisemblances, & ce qu’on appelle en Droit des présomptions ; il y en a de différents degrés & d’une force différente.
Comme elle est la base de la plupart des actions & des jugements, il seroit très-important qu’on y apportât plus d’attention qu’on n’a fait jusqu’à présent, & qu’on tâchât de la perfectionner. Il est vrai que l’esprit en s’accoutumant aux démonstrations rigoureuses & aux principes certains, devient plus capable de distinguer la force ou la foiblesse des preuves, & cette partie dépend beaucoup de la connoissance des hommes, qui ne peut s’acquérir que par l’expérience.