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Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866

A MON AMI PAUL E.. G..

Reading edition

Paul, as-tu quelquefois, dans tes jours de tristesse, Senti passer en toi quelque gai souvenir? Et n'as-tu pas alors, à travers ta détresse, Songé combien le charme en est doux à sentir?

Moi j'y pensais ce soir, laissant mon feu mourir; J'errais dans ce passé qui me revient sans cesse. Je songeais qu'il est loin, et, sans qu'il y paraisse, Que voilà plus d'un an que tu m'as vu partir.

Puis je rêvais encore, et dans la cheminée Suivant des yeux la bûche à demi consumée, Je comparais ma vie à ce feu pâlissant.

Et je songeais, mon cher, à notre douce vie, A ce qu'un souvenir a de mélancolie, Et qu'il est doux aussi de vieillir en s'aimant.

Alger, mardi soir, 25 février 1862.

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