II DERNIÈRE CONSÉQUENCE DE L'IDÉALISME
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Quid videat nescit; sed quod videt, uritur illo. Ovide, Métam., III, 430.
INTRODUCTION
Or, sans être pourtant le disciple de la prudence philosophique qui, arrivée au croisement de deux routes, s'assied et se demande: vers quel point cardinal reprendrai-je ma promenade, quand je me serai bien reposée? je me suis assis, comme elle, au croisement des deux routes, et, ayant réfléchi, je résolus de ne suivre aucune des routes frayées, et de m'en aller à travers champs.
En somme, tout en ne répugnant ni à l'une, ni à l'autre des deux conséquences que j'ai dites,—car elles pouvaient être nécessaires et inéluctables—j'ai songé que peut-être elles n'étaient ni nécessaires, ni inéluctables, soit en métaphysique, soit en politique, soit relativement à notre conduite privée dans la vie, lorsque, mus par l'absurde besoin de logique qui nous tyrannise, nous souhaitons de mettre notre vie d'accord avec nos principes.
(Il serait si simple de mettre nos principes d'accord avec notre vie.)
Revenons à la pathologie de l'idéalisme.
Négligeant provisoirement les conséquences sociales d'une doctrine qui, d'ailleurs, est impopulaire, je ne veux alléguer qu'un néronisme de dilettante et qu'un fakirisme de bonne compagnie; et même, pour simplifier l'enquête, laissons encore de côté le pseudo-fakirisme. Il nous suffira d'avoir à faire la critique du néronisme mental, plus clairement appelé le narcissisme.
Narcisse,
Quid videat nescit; sed quod videt, uritur illo,
Mais il faut reprendre les choses de plus haut et redire, hélas! afin d'être clair, des choses mille fois déjà redites. C'est une éternelle nécessité: les hommes sont si crédules à la négation que la vérité leur semble un conte de fées, et que tous vivent, les réprouvés dans l'obscure forêt de l'indifférence, les privilégiés dans l'obscure forêt du doute: