§ V.
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Le lendemain les oisifs de Prédia regardaient attentivement du côté d'el Puerto, car ils voyaient de loin s'avancer un cheval noir avec des tresses rouges et des fleurs de grenadier au frontail... mais le cheval était sans cavalier.—Eh mais, dirent-ils, c'est le cheval noir de Roméro... mais où est donc Roméro et son beau lévrier?...—Et comme le cheval passait près d'eux, ils virent du sang à ses pieds...—serait-il donc arrivé malheur à Roméro dirent-ils encore, car ils ne le haïssaient pas, malgré son air sombre et dédaigneux. A ce nom de Roméro... le pauvre cheval qui passait près d'eux, tourna la tête comme s'il eut compris le nom de son maître, poussa un hennissement plaintif et prit tristement le chemin du pont de la Guadaléta... du vieux pont moresque maintenant noir et silencieux.
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Roméro, reprirent les oisifs, a pris hier soir la route de Médina qui est au nord.—Comment son cheval revient-il seul et ensanglanté par la route d'el Puerto qui est au sud? Mais Dieu me sauve, dit l'un, voici don Balthazar d'el Puerto, le vaillant tauréador que l'on croyait à Séville.... le voici monté sur son grand cheval Rouan.—Sainte Vierge, il est bien pâle,... il va nous instruire peut-être, lui qui vient d'el Puerto... du sort de Roméro.—Oh là! seigneur don Balthazar qui venez d'el Puerto, y avez-vous vu un chien blanc et un jeune cavalier monté sur un beau cheval noir?
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—Oui, messeigneurs, le cheval noir avait des houppes rouges, et le chien blanc un collier noir et bleu.—C'est cela; seigneur don Balthazar.—Le cheval avait des houppes rouges...—Moins rouges pourtant, messeigneurs, que le sang qui sort de la gorge du maître et du chien.—Que voulez-vous dire, seigneur don Balthazar?—Oh! je veux dire, que je viens trouver monsieur l'alcade, pour le prier d'envoyer le corps de Roméro au cimetière, car je l'ai tué.—Et ma femme Méina... à l'hospice des fous, car elle est folle.—Et sans dire plus, le seigneur don Balthazar tourna la tête de son grand cheval Rouan du côté de la place des Cinq Tours.—Moi qui avais vu passer don Balthazar avant que Roméro n'ait quitté Prédia, dit l'un, je l'aurais averti... mais le voyant se diriger vers Médina... je n'ai eu garde de penser qu'il s'en allait au Puerto.—Comme ma femme va toujours dans la rue de Gédéo, il faudra que j'espionne dans la rue de Jallo, qui est à l'opposé, dit un autre.