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Haut-Sénégal-Niger (Soudan français), Tome 1 (de 3)

DEUXIÈME PARTIE Les peuples

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CHAPITRE PREMIER[39]

Classification et répartition géographique actuelle des divers groupements ethniques

Difficultés d’une bonne classification. — Une classification précise et exacte des divers groupements ethniques existant à l’heure actuelle dans le Haut-Sénégal-Niger est chose fort difficile. Bien des bases peuvent servir de point de départ à une classification des peuples, mais aucune méthode n’est exempte d’inconvénients sérieux.

La méthode anthropologique, reposant sur l’étude comparative des caractères physiques des individus et sur les mensurations des vivants ou des squelettes, est malaisément applicable dans les pays qui nous occupent ; en admettant qu’on puisse un jour réunir un nombre suffisant d’observations et de mensurations pour avoir des moyennes satisfaisantes — et ce jour n’est pas venu encore —, la classification ainsi obtenue serait purement artificielle, chacun des groupements étant composé d’éléments fort divers quant à leur origine, en raison des migrations, des conquêtes, des unions entre individus de peuples divers, du grand nombre d’esclaves importés de pays lointains, etc. Si les résultats de la méthode anthropologique présentent quelque intérêt en ce qui concerne les populations des campagnes, chez lesquelles les mélanges sont moins considérables, ils semblent à peu près nuls au point de vue pratique en ce qui regarde la population des villes.

La méthode généalogique, s’appuyant sur les origines et l’ascendance des familles actuelles, est d’une réalisation à peu près impossible : les mélanges de sang dûs aux causes mentionnées plus haut rendraient vains les résultats des recherches les plus scrupuleuses et, d’autre part, il y aurait lieu de tenir compte de deux coefficients d’erreur bien difficiles à déterminer exactement, à savoir l’ignorance de la plupart des indigènes en ce qui concerne les générations qui ont précédé l’époque actuelle et la tendance de tous les musulmans à s’attribuer une origine chérifienne ou tout au moins arabe, tendance qui a été signalée de tout temps chez les Berbères et que l’on retrouve même chez les peuples les plus franchement nègres, tels que les Mandingues. Ajoutons à cela qu’un individu interrogé sur les origines de son peuple ou de sa tribu répond presque toujours en donnant ce qu’il croit ou veut faire croire être sa propre généalogie à lui, l’ascendance de sa petite famille, et non pas celle du groupe ethnique auquel appartient cette famille.

La méthode ethnographique, basée sur les analogies et les différences des civilisations matérielles et sociales, est assurément bien meilleure et bien plus féconde que les deux précédentes, mais elle ne suffit pas à elle seule à donner des résultats entièrement satisfaisants : l’analogie de deux civilisations peut en effet provenir d’une communauté d’origine entre les deux peuples considérés, mais elle peut provenir aussi, soit de ce que ces deux peuples ont été influencés par un milieu identique, soit de ce que l’un d’eux, soumis au joug de l’autre ou au contraire l’ayant conquis et s’étant laissé ensuite assimiler par lui, a adopté les mœurs de cet autre peuple et les a substituées aux siennes propres. On a signalé bien souvent déjà les erreurs où l’on est destiné à tomber lorsqu’on prend comme base de classification soit les tatouages par scarifications soit les diamou ou noms de clan : telle tribu vivant au contact d’une autre adopte le tatouage ethnique de cette autre ; les esclaves prennent le diamou de leur maître et les indigènes auxquels nous nous adressons dans une langue qui n’est pas la leur traduisent leurs diamou dans cette langue étrangère ; par exemple, nombre de Dioula portent les scarifications de leurs voisins sénoufo, et un Sénoufo Soroo, interrogé par l’intermédiaire d’un interprète mandé, dira que son nom de clan est Kouloubali, etc.

La méthode linguistique enfin, qui ne tient compte que du degré ou de l’absence de parenté des langues parlées par les divers groupements, a un avantage incontestable : celui d’être basée sur des données actuellement exactes, faciles à contrôler et ne laissant, une fois établies, place à aucune discussion. Bien que l’inventaire linguistique du Haut-Sénégal-Niger soit loin d’être achevé et qu’on ne l’ait pas fait en général d’une façon vraiment scientifique ni suffisamment précise, la classification des peuples de cette colonie d’après leurs idiomes est certainement celle qui offre le plus de garanties et qui est la plus pratiquement utilisable. Toutefois elle ne peut donner, au point de vue ethnique, toute la satisfaction désirable : bien des peuples en effet, pour des raisons diverses (conquête, contact géographique, etc.), ont adopté la langue d’autres peuples dont l’origine est fort différente de la leur, sans d’ailleurs adopter leurs mœurs ni leur caractère, tandis que, par contre et pour des raisons inverses, deux fractions d’un même peuple peuvent parler deux idiomes complètement distincts. Les exemples de ce double phénomène sont nombreux en Afrique Occidentale : je me contenterai pour l’instant de citer, d’une part celui des Peuls parlant la même langue que les Toucouleurs, et, d’autre part, celui des Soninké ou Marka de la Boucle du Niger parlant en général, non pas la langue de leurs congénères du Sénégal, mais celle des Dioula, et celui des Soninké de Dienné parlant la langue des Songaï.

Méthode de classification adoptée. — Je n’ai aucunement la prétention d’opposer un système nouveau aux méthodes scientifiques de classification dont je viens d’exposer les difficultés et les inconvénients ; j’ai tâché simplement de faire appel au concours simultané de ces diverses méthodes et de classer les groupements ethniques du Haut-Sénégal-Niger, tels qu’ils se présentent actuellement à notre observation, en tenant compte à la fois des données anthropologiques manifestement certaines, des traditions les plus probables relatives à l’origine des différents groupements, des analogies constatées dans les civilisations matérielles, l’état social et le caractère intellectuel et moral, et enfin, dans une mesure raisonnée, des affinités linguistiques.

Cette méthode n’a peut-être pas une base scientifique bien profonde, mais peut-être a-t-elle le mérite d’amener à un résultat s’approchant le plus possible de la réalité pratique, étant donné l’état de nos connaissances actuelles. J’ai d’ailleurs parfaitement conscience des lacunes et des défauts de cette classification, que je ne considère que comme provisoire et qui devra être sérieusement remaniée, surtout en ce qui concerne les populations de la Boucle, lorsque nous serons en possession d’une documentation plus précise et plus abondante.

Je dois définir tout d’abord la valeur et la portée des termes que j’emploie pour désigner chacune des catégories et des unités envisagées.

Je réserve le nom de race aux grandes divisions de l’espèce humaine, telles qu’on les entend communément, c’est-à-dire qu’en l’espèce il ne s’agira que de deux races : la race blanche et la race noire. Ce terme, appliqué à des catégories plus restreintes, me paraît inadéquat à la signification qu’on voudrait lui donner et il me semble tout à fait impropre de parler de « race peule », de « race mandé », de « race mossi », etc.

J’appellerai famille un ensemble de peuples procédant, d’une façon générale, de la même origine, présentant les mêmes grands caractères anthropologiques et ethnographiques et parlant tous, sauf exceptions, des langues qui se rattachent à la même famille linguistique.

Une famille ainsi comprise peut se subdiviser en plusieurs fractions auxquelles je donne le nom de groupes et dont chacune est caractérisée par une modalité spéciale de l’ensemble des caractères communs à tous les groupes de la famille.

La division venant immédiatement après le groupe est le peuple : j’appellerai « peuple » un groupement ethnique caractérisé par des origines et une histoire communes et parlant — le plus généralement — un idiome commun qui se différencie suffisamment des idiomes voisins pour mériter le nom de « langue ». Il peut arriver qu’un peuple constitue à lui seul un groupe ou tout au moins qu’un groupe donné ne soit représenté dans la région qui nous occupe que par un peuple unique. De même une famille peut ne renfermer qu’un seul groupe.

Delafosse Planche V

Cliché Froment Fig. 9. — Sur les bords du Sénégal.

Illustration from Haut-Sénégal-Niger (Soudan français), Tome 1 (de 3): le pays, les peuples, les langues

Cliché Froment Fig. 10. — La Volta Noire, à Koury.

Illustration from Haut-Sénégal-Niger (Soudan français), Tome 1 (de 3): le pays, les peuples, les langues

Chaque peuple à son tour se subdivise le plus souvent en tribus, dont chacune présente des caractères secondaires spéciaux et parle en général un « dialecte » spécial de la langue commune à tout le peuple, ou bien s’est simplement différenciée par suite de l’écart de sa position géographique.

Enfin une tribu peut comprendre plusieurs sous-tribus, sans parler des subdivisions sociales telles que les castes, les classes, les clans, dont il ne convient pas de tenir compte dans une classification purement ethnique mais qu’il y a lieu cependant de mentionner lorsqu’elles nous sont connues.

Le système adopté ici ayant été ainsi exposé, je puis maintenant passer à la nomenclature des divers groupements ethniques, nomenclature qui — on s’en apercevra — ne correspond pas absolument au tableau de classement des langues qui sera donné plus loin dans la troisième partie de cet ouvrage.

Nomenclature des familles, groupes et peuples du Haut-Sénégal-Niger. — Les peuples habitant actuellement les territoires d’administration civile du Haut-Sénégal-Niger sont au nombre de quarante, sans tenir compte des quelques colonies d’étrangers établies parmi eux (Ouolofs et Haoussa principalement). Ils appartiennent à deux races (race blanche et race noire) et se répartissent en sept familles, dont deux de race blanche plus ou moins mélangée (la famille sémitique et la famille hamitique ou chamitique) et cinq de race noire (les familles tekrourienne ou toucouleure, songaï, mandé, sénoufo et voltaïque).

Quatre peuples seulement, sur les quarante précités, sont à ranger dans les deux familles de race blanche, sous cette réserve d’ailleurs que chacun d’eux renferme en son sein des éléments plus ou moins nombreux appartenant à la race noire. Ces peuples sont :

1o Les Maures de l’Azaouad, de famille sémitique (groupe arabe) à peu près pure[40], comprenant deux tribus, les Bérabich et les Kounta ;

2o Les Maures du Hodh, appartenant aux deux familles sémitique (groupe arabe) et hamitique (groupe berbère) tantôt mélangées et tantôt simplement juxtaposées, et comprenant, en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger, sept tribus principales ; les Regueïbât, les Idao-Aïch (vulgairement Douaïch), les Ahl-Tichit, les Oulad-Mbarek (ou Gassouch), les Oulad Nasser (ou Mozara ou Asrach), les Mejdouf et les Oulad-Delim, plus des Chorfa ;

3o Les Touareg, de famille hamitique (groupe berbère), se partageant en trois grandes tribus (en ce qui concerne les territoires civils du Haut-Sénégal-Niger), celle des Iguellad, celle des Kel-Tadmekket et celle des Oulmidden ou Ioulmidden (sing. Aoulmid) : la première de ces tribus se rattache à la même origine que les Zenaga du Hodh et de la Mauritanie (Goddala et Lemtouna) ; la seconde et la troisième se rattachent à une origine commune (Lemta) ;

4o Les Foulbé ou Peuls proprement dits, appartenant probablement au groupe judéo-syrien de la famille sémitique, avec un mélange très prononcé d’éléments hamitiques (berbères) et d’éléments nègres divers, et comprenant, en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger, quatre fractions principales qui sont des subdivisions géographiques plutôt que des tribus proprement dites : les Peuls du Sahel, les Peuls du Massina (Massinankobé ou Massinanké), les Peuls du Gourma et les Peuls de la Volta.

Les trente-six autres peuples se répartissent comme il suit entre les cinq familles de race noire :

I. — Famille tekrourienne : un seul peuple, celui des Toucouleurs ou Foutanké.

II. — Famille songaï : un seul peuple, celui des Songaï, comprenant deux fractions géographiques plutôt que deux tribus, les Songaï du Nord-Ouest et les Songaï du Sud-Est ou Djerma, qui comprennent les Dendi ; parmi les Songaï se trouve la caste des Sorko ou Kourteï.

III. — Famille mandé (trois groupes).

1o Groupe du Nord : trois peuples, les Bozo, les Soninké (ou Sarakolé ou Marka, comprenant la caste ou le clan des Diawara) et les Dioula[41] ;

2o Groupe du Centre : cinq peuples, les Kâgoro, les Banmana (ou Bambara, comprenant la caste des Somono), les Khassonkè, les Malinké (ou Mandingues) et les Foulanké ;

3o Groupe du Sud : quatre peuples (en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger), les Diallonké, les Samo, les Samorho et les Sia (ou Bobo-Dioula), plus quatre petites tribus de classification douteuse (les Blé, les Natioro, les Ouara et les Sembla)[42].

IV. — Famille sènoufo : un seul peuple, celui des Sénoufo, comprenant dans le Haut-Sénégal-Niger dix tribus, les Bamâna (ou Minianka), les Siénérhè, les Tagba (ou Tagoua), les Mbouin (ou Gouin), les Karaboro[43], les Komono, les Nanergué, les Folo (ou Foro ou Pomporon), les Tourka et les Sémou.

V. — Famille voltaïque (sept groupes).

1o Groupe tombo : trois peuples, les Tombo (ou Habé), les Dogom et les Déforo ;

2o Groupe mossi : six peuples (en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger), les Mossi, les Yansi, les Nankana, les Gourmantché (ou Bimba), les Dagari et les Birifo (ou Bérifon) ;

3o Groupe gourounsi : quatre peuples (en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger), les Nioniossé (ou Lilsé), les Nounouma[44], les Sissala et les Boussansé ;

4o Groupe bobo : un seul peuple, celui des Bobo, comprenant quatre tribus, les Kian (ou Bobo-Gbê), les Tara (ou Bobo-Oulé), les Boua (ou Bobo-Fing) et les Niénigué ;

5o Groupe lobi : quatre peuples, les Lobi, les Pougouli (ou Bougouri), les Dian (ou Dian-né) et les Gan (ou Gan-né) ;

6o Groupe koulango : un seul peuple, celui des Koulango (ou Pakhalla), représenté au Haut-Sénégal-Niger par la tribu des Lorho ;

7o Groupe Bariba : deux peuples (en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger), les Bariba et les Soumba (tribu des Takamba).

A cette nomenclature, il convient d’ajouter une tribu du cercle de Gaoua et quatre tribus du cercle de Bobo-Dioulasso que l’état actuel de nos connaissances ne permet pas de rattacher de façon définitive à l’une des familles énumérées ci-dessus, mais qui appartiennent très probablement soit à la famille voltaïque soit à la famille sénoufo. Ces cinq tribus sont celles des Padorho, des Dorhossié, des Tiéfo, des Toussia et des Vigué.

Enfin, comme je le disais plus haut, on rencontre dans quelques gros centres des colonies d’étrangers venus surtout du Sénégal (Ouolofs) ou de la Nigeria (Haoussa) et qui ne rentrent dans aucune des sept familles précitées, à moins que l’on veuille rattacher les Ouolofs à la famille tekrourienne, ce qui ne pourrait se faire qu’avec quelque témérité.

Différentes appellations données aux peuples du Haut-Sénégal-Niger. — Les familles et groupes ethniques de l’Afrique Occidentale ne se connaissent pas de noms génériques et souvent les divers peuples qui composent chaque famille ne se doutent même pas des liens de parenté qui les unissent. La plupart des peuples se désignent eux-mêmes chacun par un nom spécial ; il arrive cependant que certains peuples (les Sénoufo par exemple) ne font pas usage d’un terme correspondant à l’ensemble du peuple et que, seules, les tribus se désignent chacune par un terme distinct. D’autre part il n’est pas rare qu’un peuple étranger use d’un terme spécial pour désigner toute une famille ou tout un groupe qui, en ce qui le concerne, ne possède pas dans sa langue le mot correspondant. Enfin les divers groupements ethniques nous sont connus sous des appellations très différentes selon que nous avons été mis en relation avec eux par tel ou tel autre groupement. Aussi il m’a paru nécessaire d’indiquer et au besoin d’expliquer les appellations diverses qui sont données à chacun des groupements.

Les termes de sémitique et hamitique, empruntés à la terminologie biblique des enfants de Noé, sont suffisamment connus, ainsi que les expressions de « groupe arabe » et de « groupe berbère » — ou libyco-berbère —, pour que je n’aie pas à m’étendre à leur sujet.

Le nom de Maures, que nous donnons aux populations arabes et arabo-berbères de l’Azaouad et du Hodh, a été emprunté par nous aux Latins, qui le tenaient eux-mêmes des Grecs, lesquels l’avaient formé du mot punique Mahourim (ou Maouharîn) qui signifie « les Occidentaux » et est l’équivalent exact de l’arabe Maghrebiyyîn, en sorte que « Mauritanie » est tout simplement synonyme de « Maghreb ». Les Maures se désignent entre eux par les noms de leurs différentes tribus ; cependant les Maures du Hodh qui revendiquent une origine arabe se donnent à eux-mêmes l’appellation générique de Beni-Hassân ou simplement Hassân (au singulier Hassâni), tandis qu’ils désignent ceux d’entre eux dont l’origine berbère est incontestable par le terme de Zenaga (sing. Zenagui, en berbère Iznaguen sing. Aznag, en peul Sénagabé sing. Tiénagadio) ; il convient d’ajouter que le mot Zenaga, dans la bouche d’un Hassâni, renferme une signification quelque peu méprisante et est presque devenu synonyme de « tributaires », bien qu’étant le nom de l’une des plus glorieuses fractions de l’ancienne nation berbère, de celle qui donna naissance à plusieurs empires fameux et notamment à celui des Almoravides. Les Berabich (sing. Berbouchi) et les Kounta ou Kenata (sing. Kounti) ne se connaissent pas d’autre appellation générique que celle de chacune de ces deux tribus. Les Maures, dans leur ensemble, sont appelés par les Peuls et les Toucouleurs Safalbé (sing. Tiapado ou Tiapato), par les Songaï Sourkou ou Sourgou et par les Mandé Soura-ka, Soula-ka, Soulaa-ka, Soularha-ka ou Soularha. Les Maures ont auprès d’eux des serfs nègres qu’ils appellent Harrâtîn (sing. Hartâni) et que les Ouolofs désignent par l’expression de Pourogne.

Les Touareg doivent ce nom, par lequel nous les désignons d’ordinaire, à l’appellation que leur donnent les Arabes : Taouâreg (sing. Targui) ; les Arabes, grands amateurs d’étymologies compliquées et tirées toujours de leur propre langue, ont attribué à ce mot la signification de « renégats » (du verbe arabe taraka « abandonner »), sous prétexte que les Touareg auraient renié douze fois la religion musulmane avant de l’embrasser définitivement ; certains auteurs européens ont voulu traduire Touareg par « voleurs de grand chemin » ou plus simplement « chemineaux » (du mot arabe tharîq « chemin »), étymologie qui d’ailleurs ne concorderait pas avec l’orthographe usitée par les Arabes pour écrire le nom des Touareg : mais il est beaucoup plus vraisemblable de supposer que Targui (dont on a fait le pluriel Taouâreg) est tout uniment la forme du singulier de l’ethnique Targa, nom donné autrefois à l’une des tribus du Sahara, peut-être celle des Hoggar ou celle des Oulmidden, et ensuite, par extension, à tous les représentants du même peuple[45]. Les Touareg ne se désignent eux-mêmes que par les noms de leurs diverses tribus ou sous-tribus, mais, dans chaque tribu, ils se distinguent en deux classes, celles des Imocharhen (sing. Amocharh) ou « nobles » et celle des Imraden (sing. Amrad) ou « vassaux ». Les Songaï nomment les Touareg Sourkou ou Sourgou, comme les Maures, désignant plus spécialement les Imocharhen par le terme de Bourdâm ou Berdâm[46] et les Imraden par celui de Daga. — Les Touareg ont auprès d’eux des serfs nègres désignés généralement sous le nom de Bella et qui correspondent aux Harrâtîn des Maures.

Les Peuls se dénomment eux-mêmes Foulbé (sing. Poullo), mot qui, dans leur langue, signifierait « les dispersés, les éparpillés », d’après M. le commandant Gaden. C’est le radical de ce mot, prononcé Peul par les Ouolofs, que nous avons adopté le plus généralement en France pour désigner ce peuple. Il est appelé Foullânia ou Foullâniyîn (sing. Foullâni) par les Maures, Ifoulân ou Ifellân (sing. Afouli) par les Touareg, Foulani ou Foulaoua (sing. Bafilatché) par les Haoussa, Fellata ou Filata par les Kanouri du Mounio et du Bornou, et enfin par les Mandé Foula ou Fila ou encore Foulanka, bien que ce dernier terme s’applique plus spécialement aux Mandé d’origine peule parlant le malinké et que nous appelons communément Foulanké. Les Mossi désignent les Peuls par le nom de Silmissé (sing. Silmiga). Parmi les Peuls existent des castes spéciales, notamment celles des Diawambé (sing. Diawando) et des Laobé (sing. Labbo), auxquelles les Peuls propres n’étendent pas l’appellation générique de « Foulbé ». De plus, ils ont auprès d’eux, comme les Maures et les Touareg, des serfs nègres qu’ils appellent Rimaïbë (sing. Dimadio) : ce mot signifie à peu près « ceux qui vont devenir libres », par allusion à la coutume d’après laquelle les descendants d’esclaves, qui à l’origine ont constitué les Rimaïbé, devenaient libres au bout de quelques générations ; ces Rimaïbé sont appelés Komongallou par les Soninké.

Les Toucouleurs se désignent entre eux par le terme de Halpoularen (sing. Halpoular), « ceux qui parlent le poular »[47], ou par celui de Foutankobé ou Foutanké (sing. Foutanko ou Foutankédio), c’est-à-dire « ceux du Fouta », ou encore par les noms de leurs différentes tribus ou fractions. Les Maures les appellent Tekarir (sing. Tekrouri) et les Zenaga parlant berbère Itkariren (sing. Etkarir), tous mots dérivant du nom de l’ancienne ville ou de l’ancien pays de Tekrour, pays qui correspondait à peu près au Fouta sénégalais actuel et où se constitua le peuple toucouleur. Cette dernière appellation, que les Français ont adoptée, vient tout simplement de la façon dont les Ouolofs prononcent le nom du Tekrour et de ses habitants : Tokoror, Tokorogne ou Tokolor. Les Mandé donnent aux Toucouleurs l’appellation de Foutanka (gens du Fouta).

Les Songaï se dénomment eux-mêmes Songaï, Sonrhaï ou Songoï. Ils se divisent en plusieurs classes dont la plus noble, celle des Arma (appelés aussi Darbout et Haïdara), prétend descendre des soldats marocains (Berbères, Arabes et surtout renégats andalous) qui, de 1590 à 1650 environ, participèrent à la conquête de la ville de Tombouctou et de l’empire de Gao ; ces Arma font venir leur nom du mot arabe râmi « lanceur de projectiles » et expliquent cette étymologie en disant que leurs ancêtres marocains auraient été les premiers à se servir de fusils dans la région du Niger[48]. Les Arma donnent à la classe inférieure, ouvrière et surtout agricole, qui constitue du reste l’immense majorité du peuple songaï, le nom de Gabibi qui signifie « corps noir », c’est-à-dire « nègres », voulant marquer par là que les gens de cette classe ne peuvent prétendre à une ascendance blanche. Une partie de la population songaï, composée principalement de pêcheurs et de bateliers, est désignée sous les termes spéciaux de Sorko et de Kourteï. Les Touareg appellent les Songaï Ihattân (sing. Ahatti) et les Peuls Diermabé (sing. Diermadio) ; c’est ce dernier mot que nous appliquons principalement, sous la forme Djerma, aux Songaï de la région de Dosso et Niamey, sur la rive gauche du Niger, région qu’on appelle également Saberma ou Zaberma, tandis qu’on appelle Dendi la région correspondante sur la rive droite du fleuve et les Songaï qui l’habitent.

Le nom de Mandé que nous donnons, faute d’appellation indigène, à l’ensemble de la famille ethnique comprenant, entre autres peuples, les Soninké, les Malinké et les Diallonké, n’est pas autre chose que le nom de la mère-patrie de l’un de ces peuples, celui des Malinké ou Mandingues, et de ce peuple lui-même. A proprement parler, ce nom de Mandé ne convient pas plus aux Soninké, aux Diallonké et même aux Dioula et Banmana, que le nom d’Anglais ne convient aux Ecossais et aux Irlandais ; mais, puisqu’il faut bien donner un nom à chaque famille ethnique, il n’y a en somme aucun inconvénient à se conformer à un usage aujourd’hui admis.

Le pays d’origine des Malinké a en effet porté de tout temps le nom qu’il porte encore actuellement : Mandé ou Mandeng, Mandi ou Manding, selon que les prononciations dialectales ferment moins ou plus la voyelle finale et selon qu’elles en éludent ou en exagèrent la nasalisation. Ce nom est prononcé souvent Mané ou Mani par les gens du Ouassoulou, Malé ou Mali par les Soninké, Mallé ou Malli, Mellé ou Melli par les Peuls : cette dernière prononciation a été adoptée par plusieurs auteurs arabes et par des auteurs européens qui les ont mis à contribution, tandis que d’autres adoptaient l’orthographe Mali ou l’orthographe Mandé ou Manding ; mais toutes ces formes ne sont que des variantes d’un même mot, variantes parfaitement conformes aux lois de la phonétique soudanaise. On a voulu trouver à ce mot une étymologie totémique et on a traduit Mali par « hippopotame » et Mandé par « petit lamentin » : ces deux étymologies sont rejetées par les indigènes du pays, c’est-à-dire les Malinké, qui déclarent que Mandé ou Mali est simplement le nom de leur patrie et qu’ils n’en connaissent pas la signification[49] et qui, au surplus, n’ont aucun totem de peuple, pas plus le lamentin que l’hippopotame : un de leurs clans seulement a pour tana ou « tabou » l’hippopotame et il n’en porte pas le nom (clan des Keïta).

Soninké est l’appellation par laquelle le peuple des Soninké se désigne lui-même. On a prétendu que ce mot voulait dire « les gens ou les partisans du Sonni » et avait été appliqué à ceux qui, lors de la conquête de l’empire de Gao par Ali Kolon, fondateur de la dynastie des Sonni (en 1331), auraient embrassé le parti de ce dernier ; cette étymologie me paraît inacceptable pour plusieurs raisons : d’abord les Soninké existaient comme peuple et avaient même joué un rôle très considérable dans l’histoire du Soudan bien avant le début de la dynastie des Sonni ; de plus, ils semblent n’avoir eu que peu de relations avec l’empire de Gao, au moins avant les dernières années de la dynastie des Sonni, et il serait étrange que le peuple entier dût son nom au fait — d’ailleurs hypothétique — que quelques-uns de ses membres auraient pris parti pour le fondateur de cette dynastie. Il est probable d’ailleurs que ce mot — dont j’avoue ignorer complètement l’étymologie — n’est pas formé d’un élément sonni ou soni suivi du suffixe ké qui, en peul du reste plutôt qu’en mandé[50], est le suffixe de nationalité : au contraire de ce qui existe dans les mots Malinké, Foulanké, etc., la syllabe ké fait sans doute, dans Soninké, partie du radical du mot ; j’en trouve une preuve dans le fait que le k a été conservé par les Maures Bérabich dans la forme qu’ils ont donnée à ce nom : Assouanik. On a voulu aussi[51] identifier le nom des Soninké avec celui des Zenaga, écrit Sanhadja par les auteurs arabes ; cette identification me semble bien malaisée à établir : d’abord il serait assez étonnant que, si les deux noms étaient identiques, les Maures eussent conservé la forme Zenaga pour désigner les Berbères vivant à côté d’eux et adopté une autre forme — Assouanik — pour désigner les Soninké ; ensuite il y a, entre les deux noms, des différences phonétiques réelles, particulièrement en ce qui concerne leur première voyelle, laquelle a toujours été écrite a et prononcée a ou e par les Arabes dans le nom des Zenaga (Sanhadja, Sanaga, Zenaga) tandis qu’elle est nettement prononcée o ou ou dans le nom des Soninké ; enfin il est bien difficile de supposer que les Soninké, nègres parfois métissés, mais incontestablement nègres, soient issus d’une fraction des Berbères Zenaga. Ce qui avait conduit M. Ch. Monteil à cette identification est un passage du Tarikh-es-Soudân où Sa’di donne le nom de « Sanhadja » aux « Nono porteurs de tresses », lesquels étaient presque indubitablement une fraction du peuple soninké : à mon avis, il y a eu là, de la part de Sa’di, soit une erreur d’information lui ayant fait prendre ces Nono pour des Berbères, soit plutôt une erreur orthographique inconsciente lui ayant fait transcrire par la forme « Sanhadja », bien connue de lui, une forme « Soninké » qu’il pouvait avoir mal entendue, qui, en tout cas, ne lui était pas familière et qui a, du reste, une certaine analogie avec la forme « Sanhadja » prononcée « Senaga ».

Quoi qu’il en soit de l’origine du mot Soninké, c’est, de l’aveu des Soninké eux-mêmes, leur véritable nom. Comme je le disais plus haut, les Bérabich ont transformé ce mot en Assouanik (sing. Souananki)[52]. Les Maures donnent aussi aux Soninké le nom d’Azer ou Adjer. Les Ouolofs les appellent Sarakhoullé ou Séréwoullé, mot qui a été adopté sous la forme Sarakolé par les premiers voyageurs européens pour désigner le peuple qui nous occupe actuellement. Les Peuls les appellent Sébé (sing. Tiédo), ou parfois Nononkobé (sing. Nononko), Sillabé (sing. Silladio), Sossobé ou Sossébé (sing. Tiotiodo ou Tiotiédo) ou encore Ouangarbé (sing. Gangardo) ; le premier de ces termes s’applique à l’ensemble du peuple soninké ; celui de Nononkobé ne s’applique en réalité qu’à la tribu qui fonda la ville de Dienné[53], celui de Sillabé à la tribu ou plutôt au clan des Silla, celui de Sossobé ou Sossébé aux Soninké du Sénégal et de la Gambie et particulièrement à ceux demeurés païens et mélangés de Malinké[54] ; enfin le terme de Ouangarbé est usité principalement dans la Boucle du Niger pour désigner à la fois les Soninké et les Dioula, c’est-à-dire les Mandé musulmans d’une façon générale. Les Songaï usent aussi, pour désigner non seulement les Soninké, mais également les Dioula, de l’expression Ouankoreï ou Ouankoré qui, comme Ouangarbé, provient de Ouangara, nom donné par les Soudanais du Nord et par les géographes et voyageurs anciens aux régions aurifères du bassin du Sénégal et à l’ensemble de la famille mandé[55]. Les Haoussa se servent, avec la même acception, du mot Ouangaraoua. Les Foulanké appellent les Soninké Diaganka (les gens du Diagha ou Diaka, terme analogue au « diamou » soninké Diaghaté, Diakaté ou Niakaté). Enfin les Malinké, les Banmana et les Dioula les appellent Marka, Maraka, Malarhaka ou simplement Malarha et les Mossi Marassé (sing. Maraga).

Le mot Dioula — forme universellement adoptée aujourd’hui par les Français — est prononcé plutôt par les Dioula eux-mêmes Giula (par g dur et u français) ou Diula, tandis que les Banmana le prononcent Diôra et les Malinké Dioula ou Dioulanka, dont les Peuls ont fait Dioulankobé ou Dioulanké (sing. Dioulanko ou Dioulankédio). On a dit souvent que ce mot n’était pas un nom de peuple ni de tribu et qu’il signifiait « commerçant » et surtout « commerçant ambulant, colporteur » : c’est assurément inexact ; « commerçant » se dit en mandé diagolila ou diaolila ou de plusieurs autres manières qui toutes sont des dérivés du verbe diago ou diao « commercer », mais le mot dioula ne possède le sens de « commerçant » ou « colporteur » dans aucun dialecte mandé. Seulement, comme les Dioula exercent surtout, et plus que les autres peuples, le métier de colporteur, leur nom est devenu synonyme de « commerçant ambulant » dans la majeure partie de l’Afrique Occidentale, absolument de la même façon que le nom des Auvergnats a été longtemps chez nous synonyme de « porteur d’eau » et celui des Savoyards synonyme de « ramoneur », et sans plus d’exactitude. D’ailleurs les Dioula eux-mêmes sont très affirmatifs sur ce point et revendiquent ce mot de Diula ou Dioula comme l’appellation propre de leur peuple ou tribu, ajoutant qu’il signifie « du fond, de la souche », c’est-à-dire « ceux qui sont de noble origine, qui n’ont pas été altérés par des immixtions de sang étranger ». Les Dioula et les Soninké se confondant souvent ensemble dans la Boucle du Niger par la religion (les uns et les autres sont en majorité musulmans), par le métier (commerçants, tisserands, teinturiers) et par l’emploi de la même langue (le dialecte dioula), on les confond souvent aussi sous les mêmes appellations de Ouangarbé chez les Peuls, Ouangaraoua chez les Haoussa, Ouankoreï chez les Songaï, Yarhsé (sing. Yarhga) chez les Mossi de Ouagadougou, Kambossé (sing. Kamboga) chez les Mossi du Yatenga, Sahersé (sing. Saherga) chez les Nankana, Yourou chez les Samo, Sorho chez les Koulango, Tiorho chez les Sénoufo, Nzoko chez les Agni, etc. Les Dioula eux-mêmes donnent souvent le nom de Dafing[56] à ceux d’entre eux et aux Soninké qui habitent dans la région de Koury ou Dafina (chez les Dafing).

Les Banmana sont communément appelés Bambara, non seulement par les Européens, mais encore par la plupart des peuples du Soudan qui les environnent et c’est sous cette dernière forme que leur nom se trouve orthographié dans le Tarikh-es-Soudân ; il est fort possible que Bambara ne soit pas autre chose qu’une altération de la prononciation indigène Banmana, il est possible aussi que le mot ait une autre origine ; quoi qu’il en soit, il est absolument certain que, pour les musulmans du Soudan en général et de la Boucle du Niger en particulier, le mot Bambara désigne, non pas un peuple déterminé ni une tribu spéciale, mais l’ensemble de tous les Soudanais vivant au milieu ou à côté de musulmans et étant demeurés fidèles à la religion indigène : c’est ainsi que les Dioula de Sikasso et de la région de Kong appellent « Bambara » les Sénoufo, que les Dioula et Soninké d’Odienné appellent « Bambara » les Malinké non-musulmans qui les entourent, que les Dioula des pays de la Volta appellent « Bambara » les Gbanian et les Dagari, etc. ; c’est ainsi encore qu’à Sikasso l’expression bambara-kan signifie, non pas la langue mandé ni le dialecte mandé des Banmana, mais bien la langue sénoufo. Par suite, l’emploi du mot Bambara, fait sans discernement, a amené des résultats fâcheux ; il a conduit par exemple à faire croire que les Bambara-Minianka du cercle de Koutiala formaient un même peuple avec les Bambara de Ségou et de Bamako, alors que les premiers sont des Sénoufo et les seconds des Mandé. Aussi je préfère m’abstenir complètement de cette expression à valeur amphibologique et je désignerai toujours le peuple de Ségou, du Bélédougou, etc. comme il se désigne lui-même, c’est-à-dire par le mot Banmana[57].

Les Khassonkè, comme ils se dénomment eux-mêmes, ou Kassonké, comme prononcent les Peuls, tirent leur nom de celui de leur pays d’origine, le Khasso ou Khasson (région de Kayes). Ils partagent souvent avec les Soninké mêlés de Malinké du Sénégal et de la Gambie l’appellation de Sossé.

Les Malinké se dénomment eux-mêmes Mandenka, Mandenga, Mandinga ou Maninga selon les prononciations régionales ; les Dioula disent plutôt Manenga ou Mandenga et les Banmana Maninka ; les Peuls les appellent Mandinké, Malinké, Mellinké, ou Mellenké (sing. Mandinkédio, Malinkédio, etc.) ou encore Mandinkobé, Malinkobé, etc. (sing. Mandinko, Malinko, etc.), et les Touareg Imalan (sing. Amali) : toutes ces expressions ont la même valeur, celle de « gens du Mandé, Manding, Mali, Melli, etc. », c’est-à-dire du pays qui est porté sur nos cartes sous le nom de « Manding », au Sud de Kita et au Sud-Ouest de Bamako, et qui fut en effet le pays d’origine de ceux que nous appelons nous-mêmes Mandingues ou Malinké. Les géographes arabes leur ont souvent donné le nom de Ouangara qui, aujourd’hui, est surtout appliqué aux Soninké et aux Dioula, ainsi que je l’ai mentionné tout à l’heure.

Le mot Foulanké (en peul) ou Foulanka (en mandé), parfois employé pour désigner les Peuls ou les Toucouleurs, s’applique en réalité à des populations qu’on peut considérer actuellement comme incorporées à la famille mandé et qui ne parlent que le mandé (dialecte malinké), bien qu’elles soient certainement d’origine peule, en partie tout au moins ; on les rencontre dans plusieurs provinces, toutes appelées en mandé Fouladougou ou Fouladou (pays du Foula ou des Foulanka).

Les Diallonké ou Diallonka sont, comme leur nom l’indique, les autochtones du Diallon ou Fouta-Diallon et des régions avoisinantes ; ils revendiquent eux-mêmes le nom de Soussou, que nous donnons de préférence à ceux d’entre eux qui se sont avancés vers l’Atlantique.

Les Sia sont appelés communément Bobo-Dioula, bien que l’expression soit doublement impropre puisqu’ils ne sont ni Bobo ni Dioula ; elle vient de ce que certaines de leurs coutumes se rapprochent de celles des Bobo, tandis que leur façon de s’habiller les fait ressembler aux Dioula, dont ils ont en partie d’ailleurs adopté le dialecte, tout en conservant leur langue propre.

Je ne vois pas d’observations à faire sur le nom des autres peuples ou tribus de la famille mandé (Bozo, Kâgoro, Samo, Samorho, etc.), sinon qu’il y a de fortes présomptions pour que Samo et Samorho ne soient qu’un seul et même vocable, la première forme représentant la prononciation banmana et la seconde la prononciation dioula.

Les Sénoufo ne se désignent la plupart du temps que par les noms de leurs diverses tribus (Bamâna que les Mandé appellent Minianka et qu’il convient de ne pas confondre avec les Banmana, Siénérhè, Tagba, etc.). Cependant ils possèdent un terme pour désigner leur peuple tout entier, bien qu’ils en fassent très rarement usage et qu’il ne soit pas connu de toutes les tribus : ce terme est Siéné ou Siéna[58] (au pluriel Siénamana). Par contre les Malinké et les Banmana, qui connaissent ce mot, s’en servent pour les désigner, sous les formes Siénéfo, Sénéfo, Sénofo, Sénoufo, « (ceux qui) parlent siéné », et c’est la dernière de ces formes que les Européens emploient le plus souvent. Les Dioula appellent couramment les Sénoufo Bambara (voir plus haut) et parfois Nafana (du nom d’une de leurs tribus de la Côte d’Ivoire) ou encore Pomporon (terme qui semble être un surnom donné surtout à la tribu des Folo et à quelques fractions des Siénérhè). Les Samorho les appellent Sopi ; les Koulango les appellent Gan[59], et les Agni Kanga, mot qui dans leur langue est devenu presque synonyme d’« esclave » ; les Abron et Assanti ou Achanti les nomment Pantara ou Ouandara.

J’ai donné le nom de voltaïque à la très importante famille ethnique dont les membres forment presque la moitié de la population totale du Haut-Sénégal-Niger ; ce nom m’a paru justifié par le fait que le domaine de cette famille est sensiblement localisé au bassin de la Volta. Pour faciliter la nomenclature, j’ai attribué à chacun de ses sept groupes le nom du peuple principal ou du peuple le plus connu de ce groupe, sans prétendre faire par là de ce peuple celui dont les autres seraient issus.

Les trois peuples du groupe tombo (Tombo proprement dits, Dogom et Déforo) sont communément désignés par les Français du Soudan sous le terme générique de Habé ou Habbé ou encore par celui de Kado ou Kaddo : ces deux termes ne sont pas autre chose que le pluriel et le singulier d’un mot peul qui s’applique à toutes les populations qui ne sont ni arabes, ni berbères ni peules, c’est-à-dire à tous les Nègres ; c’est ainsi que les Peuls de la Nigeria appellent les Haoussa Habé comme les Peuls du Massina appellent Habé les montagnards de la falaise de Bandiagara. Ce terme (Habé ou Kado) est donc encore plus vague et plus impropre que le terme Bambara et doit être rejeté. Il semble bien — sans que je puisse l’affirmer cependant — que les montagnards dont je viens de parler se désignent eux-mêmes par le mot Tombo, tandis que les deux autres peuples du même groupe se dénomment l’un Dogom ou Dom et l’autre Déforo. Les Peuls appellent Houmbébé ou Hombobé (sing. Koumbédio ou Kombodo)[60] les Tombo et une partie au moins des Dogom, et Déforobé les Déforo. Les Mossi appelleraient Kibsé (sing. Kibga) les Tombo proprement dits et donneraient le nom de Suida à l’ensemble du groupe tombo, mais je n’ose me prononcer à cet égard.

Les Mossi s’appellent eux mêmes Mô-sé ou plus rarement Mô-si (sing. Mô-rha ou Mô-ga) et appellent leur pays Mô-rho et leur langue Mô-rhé. Tous les noms de peuples ou de tribus terminés par le suffixe sé ou si au pluriel et rha ou ga au singulier sont empruntés à la langue des Mossi ou à une langue du même groupe. — Les Yansi (sing. Yanga), ainsi appelés par les Mossi, se dénommeraient eux-mêmes Kôssé, mais je n’affirme rien à cet égard[61]. — Les Gourmantché (sing. Gourmanga), c’est-à-dire « ceux du Gourma, de la rive droite du Niger », s’appelleraient eux-mêmes Bimba.

Par le terme un peu méprisant de Gourounsi ou Gouressi (sing. Gourounga ou Gouréga), qui voudrait dire « incirconcis », les Mossi — et les Européens d’après eux — désignent un ensemble de peuples qui ne se connaissent pas eux-mêmes d’appellation générique et qui constituent une notable partie d’un groupe que j’appelle, pour cette raison, « groupe gourounsi ». Deux de ces peuples nous sont connus par leur véritable nom — au moins je le pense — : les Nounouma ou Nourouma et les Sissala, ces derniers comprenant les Kiâlo de Léo. Les Boussansé (sing. Boussanga) ont reçu ce nom des Mossi. Quant aux Nioniossé (sing. Nioniorha), ils sont appelés ainsi par les Mossi du Yatenga ; les Mossi de Ouagadougou les appelleraient Kassomsé (sing. Kassomga) ; dans d’autres régions de langue mossi ou de langue parente du mossi, on les appelle des noms divers de Foulsé, Youlsé, Lilsé, Nimsé, Kipirsi, etc., sans que je puisse dire si ces différents noms s’appliquent à l’ensemble du peuple ou seulement à certaines de ses tribus ; enfin les Peuls les appellent Kouroumankobé (ceux du Kourouma)[62] : j’ignore quel est leur nom véritable.

Le nom de Bobo (« bègue » en mandé) est un terme de mépris appliqué par les Dioula et les Banmana à quatre tribus qui forment un seul peuple mais ne se connaissent pas, je crois, d’appellation générique en dehors de leurs noms de tribus : Kian ou Tian, Tara, Boua et Niénigué. Les Dioula distinguent les trois premières tribus par des épithètes différentes, appelant les Kian Bobo-Gbê (Bobo blancs), les Tara Bobo-Oulé (Bobo rouges) et les Boua Bobo-Fing (Bobo noirs), sans que ces épithètes soient motivées par la couleur de peau de ceux qui les ont reçues, pas plus que par la couleur de leurs vêtements, lesquels brillent du reste en général par leur absence. Les Mossi distinguent aussi ces trois mêmes tribus par les noms de Tiansé (Kian), Talessé ou Talassé (Tara) et Boulsé (Boua).

Koulango est le nom indigène du peuple formant le sixième groupe de la famille voltaïque, mais nos cartes portent souvent ce peuple sous le nom de Pakhalla, qui est une orthographe défectueuse de l’appellation que lui donnent les Dioula : Kparhala ou Kpagala[63].

Les Soumba sont appelés également Taberma ; les musulmans qui les avoisinent les nomment Kafiri (païens).

Je n’ai pas, pour l’instant, d’observations à faire sur les appellations des autres peuples de la famille voltaïque représentés au Haut-Sénégal-Niger (Nankana, Dagari, Birifo ou Bérifon ; Lobi, Pougouli ou Bougouri, Dian ou Dian-né, Gan ou Gan-né ; Bariba), non plus que sur celles des tribus dont le rattachement ne peut être encore prononcé (Padorho, Dorhossié, Tiéfo, Toussia, Vigué).

Composition de chaque peuple.

1o Maures de l’Azaouad. — J’ai dit plus haut que les Maures de l’Azaouad se divisaient en deux tribus : Bérabich et Kounta.

A la première de ces tribus se rattachent les Oulad-Slimân, les Oulad-Abderrahmân et les Oulad-Ameur et, au moins au point de vue ethnique, les sous-tribus des Tormoz (ou Tourmous), des Ousra, des Borrada, des Oulad-Noumou, des Oulad-el-hadj-el-Hassân, des Idao-Yata (ou Doyata), etc.

Parmi les Kounta, on range les Regaguida du Nord de Bamba, les Ahl-cheikh-sidi-el-Mokhtar ou Bekkaï de la région de Tombouctou et les Oulad-el-Ouafi de la région de Mabrouk, ainsi que des Chorfa (sing. Cherif), descendants ou prétendus tels de la famille du Prophète, plus des vassaux d’origine berbère (les Zakhoura).

De plus, il convient de ne pas oublier que, quelque illogique que cela puisse paraître lorsqu’il s’agit d’une classification ethnique, il nous est impossible de séparer des Maures les Harrâtîn d’origines nègres diverses qui leur sont pour ainsi dire incorporés ; en sorte que, indépendamment d’individus chez lesquels le sang sémitique a été profondément altéré par un long atavisme d’alliances avec des Berbères et des Nègres, il existe chez les Maures de l’Azaouad de véritables Nègres de pure race noire.

2o Maures du Hodh. — Les Maures du Hodh comprennent, je l’ai dit déjà, deux éléments ethniques bien différents, qui sont juxtaposés le plus souvent mais parfois aussi mélangés : un élément arabe représenté par les Beni-Hassân et un élément berbère, très vraisemblablement plus considérable que le premier, représenté par les Zenaga et par des familles qui se disent hassânides mais qui sont cependant d’origine berbère ; il convient de noter que les familles maraboutiques, qui se désignent elles-mêmes sous le nom générique de Zaouiya (les gens vivant en zaouïa ou couvents), sont pour la plupart d’origine berbère ou tout au moins issues d’un mélange de Zenaga et de Beni-Hassân, mélange auquel n’ont pas échappé d’ailleurs beaucoup de Beni-Hassân parmi ceux qui se prétendent de pure origine sémitique.

Chacune des sept grandes tribus énumérées plus haut comprend plusieurs sous-tribus dont les unes sont considérées comme nobles et se composent principalement de Beni-Hassân, dont les autres sont regardées comme vassales et se composent surtout de Zenaga et dont d’autres enfin renferment les familles maraboutiques. On a ainsi des divisions politiques et sociales qui ne sont pas toujours des groupements ethniques. Les sous-tribus les plus importantes du Hodh sont :

Chez les Idao-Aïch ou Douaïch, celles des Ahl-Amar (Arabes et Berbères, séparés en Abakak et en Chrattit), des Tadjakant (Arabes et Berbères), des Ligouatit et des Louata (Berbères), des Laghlal (Arabes), des Ahl-Mokhtar et des Ahl-Soueïd (Arabes et Berbères), des Idao-Ali (marabouts) et des Ahl-sidi-Mahmoud ou Oulad-sidi-Mahmoud (marabouts, se rattachant aux Idao-el-hadj ou Darmankor de l’Adrar Mauritanien) ;

Chez les Oulad-Mbarek ou Gassouch, celles des Ahl-ould-Amar ou Loudamar des anciens voyageurs (Arabes), des Askeur (Arabes), des Oulad-Mahmoud ou Ladoum (Berbères et Arabes) et des Tanoazit (Berbères) ;

Chez les Mejdouf, celles des Ahl-Sidi, des Choamât et des Hammounât (Arabes), des Tâleb-Mokhtar ou Oulad-cheikh-el-Adrami (marabouts) et des Nimadi[64] ;

Chez les Oulad-Delim, celles des Oulad-Daoud et des Deïlouba (Arabes) et des Allouch ou Oulad-Allouch (Arabes mélangés de Berbères et de Peuls).

Je ne possède pas de renseignements précis sur les sous-tribus des Regueïbât, des Ahl-Tichit et des Oulad-Nasser.

Aux éléments arabes et berbères, il faut signaler un élément nègre, introduit chez les Maures du Hodh comme chez ceux de l’Azaouad par des unions avec des Noirs et par la présence de nombreux Harrâtîn[65].

De plus, certains Maures du Hodh sont issus d’un mélange très ancien de Berbères avec des Peuls ou Proto-Peuls : on les appelle Massîn ou Ahl-Massina ou encore Guirganké et on les divise au Sahel en « Guirganké blancs » et en « Guirganké noirs », sans que cette distinction soit plus justifiable que celle des Bobo en blancs, rouges et noirs.

3o Touareg. — Les Touareg des familles nobles (Imocharhen) sont, semble-t-il, de sang berbère à peu près pur, tandis que beaucoup de ceux des familles vassales (Imraden) sont plus ou moins métissés par suite d’unions avec des Nègres ou des Peuls. Chez les Touareg comme chez les Maures du Hodh, il existe des familles maraboutiques qui se sont alliées souvent avec des Arabes. Enfin, comme chez les Maures aussi, il faut noter la présence de nombreux serfs nègres (les Bella), qui sont si bien incorporés aujourd’hui avec leurs maîtres qu’il est difficile de les en séparer, même dans une classification ethnique.

Chaque tribu touareg comprend plusieurs sous-tribus, les unes nobles, les autres vassales, les autres maraboutiques. Les principales de ces sous-tribus, dans les territoires civils du Haut-Sénégal-Niger, sont :

Chez les Iguellad, celles des Tagama ou Kel-Haoussa (nobles), des Kel-Antassar[66], Kel-Nkounder et Kel-Ncheria (marabouts), des Kel-Tounboukouri, Inataben, Kel-Taberint, Kel-Dokoré, Kel-Rezzaf, Kel-Tinakaouat, Kel-Ouorodjel, Kel-Teguiaït et Kel-Tountoun (vassaux) ;

Chez les Kel-Tadmekket, celles des Tenguéréguif, des Igouadaren, des Kel-Temoulaï et des Irréganaten (nobles), des Chorfiga ou Icherifen, des Zimmaten, des Ahl-sidi-Ali et des Kel-es-souk (marabouts), des Imededrhen et des Idnân (vassaux) ;

Chez les Oulmidden, celles des Kel-Gheress, des Oudalen et des Tenguéréguédech (nobles), des Kel-Oulli et Kel-Gossi (vassaux).

Il convient d’ajouter à cette liste les sous-tribus vassales suivantes, dont le rattachement à telle ou telle tribu ne m’est pas connu : Kel-Guerisouân, Kel-Tigouelt, Imakelkellen, Ibourliten, Imetchas, Kel-Rila, Déguésellen, Chemenama, Damossân et Missiguender.

4o Peuls ou Foulbé. — Nous verrons plus loin combien d’éléments divers entrent dans la composition du peuple peul actuel, éléments parmi lesquels la race noire tient une place indéniable. En outre, nous sommes obligés de considérer comme faisant partie de ce peuple les castes spéciales des Laobé (sing. Labbo, artisans en bois et bûcherons), des Abarbé (sing. Gabardo, bijoutiers et cordonniers), des Ouaïloubé (sing. Baïlo, forgerons et potiers), des Mabbé (sing. Mabo, griots et tisserands), des Ouambabé (sing. Bambado, musiciens et griots), des Ouaouloubé (sing. Gaoulo, mendiants), des Soubalbé (sing. Tiouballo, pêcheurs et bateliers), des Diawambé (sing. Diawando, courtiers et tisserands) ; il nous faut aussi ranger parmi les Peuls certaines fractions fort mélangées, telles que celle des Silmimossi, issus d’alliances entre Peuls et Mossi, et même des groupements d’origine nègre pure mais incorporés aux Peuls : les Rimaïbé, qui correspondent aux Harrâtîn des Maures et aux Bella des Touareg.

Les Peuls, en dehors de leur répartition en tribus ou fractions géographiques, se divisent encore en un certain nombre de clans, dont chacun peut être représenté dans plusieurs tribus à la fois, et dont les plus répandus au Haut-Sénégal-Niger sont ceux des Ourourbé (sing. Bourourdo ou Bolardo ou Boli), des Tôrobé (sing. Tôrodo)[67], des Dialloubé (sing. Diallo), des Yalabé ou Alaïbé (sing. Galadio), des Irlabé (sing. Guerladio), des Oualarbé (sing. Balardo), des Salsalbé (sing. Tialtiallo), des Fitobe (sing. Pitodo), des Daébé (sing. Daédio), des Férèbé ou Férobé (sing. Pérèdio), des Sitigabé (sing. Tyitigadio), etc. D’autres noms de clan, empruntés aux Toucouleurs ou aux Mandé, revêtent la même forme aux deux nombres ; tels sont Bâ ou Diakité (même clan que les Ourourbé), Soumontara (même clan que les Dialloubé), Bari ou Sangaré (même clan que les Daébé), Sô ou Sidibé (même clan que les Férobé), etc. Enfin il convient de noter que beaucoup d’individus portent, comme nom de clan, le nom même du peuple peul (Poullo) ou celui de la caste à laquelle ils appartiennent (Labbo, Diawando, etc.).

5o Toucouleurs. — Les Toucouleurs ou Foutanké, peu nombreux du reste dans le Haut-Sénégal-Niger, se répartissent en quatre fractions selon qu’ils sont originaires du Dimar (ouest du Toro), du Toro (province de Podor, les Toronké ou Toronâbé), du Fouta proprement dit (province de Saldé, les Foutanké propres, comprenant les Foutanké du Lao, les Foutanké Irlâbé, les Bosséâbé, les Ebiâbé et les Koliâbé) ou du Damga (province de Matam, comprenant les Dénianké, les Toucouleurs du Ganar et les Aéranké).

En outre, comme les Peuls, ils se divisent en un certain nombre de clans dont les principaux sont ceux des Ba ou Boli, des Ka, des Si ou Bari, des Sô[68], des Li, des Fal, des Tal, des Sal, des Diao, des Kane, des Diko, etc.[69].

6o Songaï. — Le peuple songaï, tel qu’il se présente aujourd’hui, comprend les Arma, les Gabibi et les Sorko ou Kourteï, classes ou castes dont nous avons vu plus haut la composition. J’ai dit également qu’il convenait d’y rattacher les fractions du Sud-Est connues sous les noms de Dendi, Djerma et Zaberma. A Tombouctou, on range habituellement parmi les Songaï la classe des alfa ou docteurs musulmans (alfa serait l’abréviation de l’arabe al-faqih « le jurisconsulte ») : en réalité ces alfa sont d’origines multiples et se composent de gens appartenant à des peuples très divers.

Les Songaï se divisent en clans, comme les Peuls, les Toucouleurs et tous les peuples du Soudan (Maures et Touareg exceptés), mais je ne possède que fort peu d’informations sur leurs noms de clan ; je sais seulement qu’on rencontre chez eux les clans des Meïga et des Haïdara, ce dernier comprenant les Arma qui revendiquent une origine chérifienne, et que la caste des Sorko se répartit entre deux grands clans, celui des Faran ou Faram et celui des Fono.

7o Bozo. — On a parfois identifié les Bozo avec les Sorko d’une part et les Somono de l’autre : c’est une erreur au point de vue ethnique. Il existe bien à la vérité un trait commun entre ces trois groupements : tous les trois se livrent à la pêche et à la navigation. Mais les Sorko et les Somono ne se livrent qu’à ce double métier, ou plutôt ce métier est, en quelque sorte, le privilège de leur caste : ils forment, les premiers chez les Songaï, les seconds chez les Banmana, une caste analogue à celle des Soubalbé chez les Peuls, caste de pêcheurs et de bateliers. Les Bozo, au contraire, ne constituent pas une caste, au moins à l’heure actuelle, et ne sont pas exclusivement pêcheurs et bateliers ; certains habitent des villages assez éloignés du fleuve et s’y livrent à l’agriculture. Les Sorko sont des Songaï, les Somono sont des Banmana ; les Bozo forment un peuple à part. Je n’ai pas de renseignements sur les noms de clan portés par les Bozo, sauf sur ceux des clans Diennépo, Sétao et Karapata, cités par M. Ch. Monteil.

8o Soninké. — Je range dans le peuple soninké, au moins au point de vue ethnique, la tribu des Nono et ceux de ses représentants actuels qu’on appelle communément les Diennenké parce qu’ils constituent la presque totalité de la population de Dienné. J’y range aussi les Diawara (Sagoné ou Sahonéra et Dabo), groupement hybride participant à la fois de la tribu, de la caste et du clan, et qui paraît correspondre chez les Soninké au groupement des Diawambé chez les Peuls.

Les clans proprement dits sont nombreux chez les Soninké. Les plus répandus dans le Haut-Sénégal-Niger sont ceux des Diakaté, Diakhaté, Diaghaté ou Niakaté, des Sissé, des Silla, des Diâbi ou Diâbira, des Sakho, des Tounkara[70], des Daramé, des Kamara, des Sissokho, Soussokho ou Sossé, des Niarè, des Touré (dont font partie les Daraoué), des Doukouré, des Diarisso ou Diaressi, des Koromakha ou Koromaga, des Soumaré, des Souaré, des Sibi, des Bakili ou Simbara ou Sempré, des Gourseï, des Kounaté ou Kounaré, des Taraoré, des Diabouraga, des Gaoudéra, des Kanndé ou Kannté, des Koumma ou Koumba, des Kaba, des Fofana, des Ouagui, des Dikéné, des Bérété, des Diagouraga, des Soma, des Koné, des Séméga, des Maréga, des Mokhossiré, des Tiléra, des Gakou, des Sarambounou, des Yatéra ou Yaté, des Timéra ou Timété, des Fadé, des Nambounou, des Goundiémou, des Galadyi, des Baradyi, des Soudouré, des Kalé, des Mana, des Koussata, des Samoura, des Mangara, etc. Les Soninké qui se prétendent d’origine chérifienne se donnent le nom de Sirifé ou, dans la région de Dienné-Tombouctou, celui de Haïdara.

Au point de vue ethnique, je considère comme Soninké tous les Marka de la Boucle du Niger et des pays banmana et malinké, bien que la plupart ne fassent plus usage de leur langue et aient adopté le parler des Dioula, celui des Banmana ou celui des Malinké selon les régions, comme les Soninké de Dienné ont adopté la langue songaï. On donne souvent comme Marka, c’est-à-dire Soninké, les Dafing ou musulmans du Dafina : en réalité les Dafing se composent, au point de vue de leur origine, en partie de Soninké et en partie de Dioula.

9o Dioula. — Les Dioula ne se répartissent pas en tribus ; peut-être même serait-il plus exact de les considérer comme une tribu que comme un peuple, au moins au point de vue linguistique. Mais ils se divisent en clans, dont les principaux sont ceux des Ouatara, des Konaté ou Kounaté, des Sissé, des Konndé ou Koné, des Kouloubali ou Kouroubari, des Sarhandorho ou Sarhanorho, des Kamara ou Kamaya, des Sinngaré ou Sinnari, des Diâbi, des Fofana, des Touré, des Dao, des Dagnorho, des Dosso, des Barho, des Timété, des Kangoté, des Garamvoté, des Tondossama ou Samatondo, des Siya, des Nanaya, des Dérébo, des Daramé, des Karidioula, des Sissouma, des Bérété, des Sorhoba, des Dembélé, des Koïta, des Somarha, des Koro, des Taraoré, des Bamba, des Kérou, des Sarha, des Sânou, etc. On rencontre aussi des Sirifé, qui se prétendent d’origine chérifienne.

J’ai cru devoir rattacher aux Dioula la petite tribu des Boron ou Bolon, qui a des représentants dans les cercles de Bobo-Dioulasso (8.000) et de Koury (450).

10o Kâgoro. — Le peuple — ou la tribu si l’on préfère — des Kâgoro a comme clans principaux ceux des Kâgorota, des Fofana, des Kané, des Tounkara, des Magaza ou Makassa, des Konaté, des Touré.

11o Banmana. — Les Banmana, comme les Dioula, les Kâgoro, les Khassonké, les Malinké et les Foulanké, pourraient être considérés, surtout au point de vue linguistique, comme ne formant qu’une tribu, plutôt qu’un peuple. Ils se divisent en plusieurs fractions politiques et géographiques (Kaartanka, Bélédougouka, Ségouka, Baninkoka, etc.). Leurs clans principaux sont ceux des Kouloubali (dont font partie les Massassi)[71], des Taraoré ou Travélé (dont font partie les Dembélé ou Dambélé), des Doumouya ou Doumbouya (dont font partie les Kourouma), des Diara (dont font partie les Konnté ou Koné et les Sinngaré), des Fofana, des Konaté ou Kounari, des Koussata, des Tangara, des Kanté ou Kané, des Niarè, des Touré, des Dansira[72], des Mariko, des Sanorho, des Sissé, des Samakè, des Kamara, des Bouaré, etc.

Ainsi que je l’ai dit plus haut, je rattache aux Banmana la caste des Somono (pêcheurs et bateliers). D’autres castes existent encore chez les Banmana : celles des Noumou (forgerons et potiers), des Lorho (bijoutiers en cuivre), des Koulè (artisans en bois), des Diêli (griots), des Founè ou Founérhè (griots religieux et magiciens), des Donso ou Lonzo (chasseurs) ; ces différentes castes ne sont pas spéciales au peuple banmana : on les retrouve sous les mêmes noms chez les autres peuples mandé et, sous d’autres noms, chez la plupart des peuples du Soudan. Dans chaque peuple donné, les membres de ces castes ne sont pas désignés par les indigènes sous le nom du peuple, mais sous le nom de leurs castes respectives ; cependant, au point de vue ethnique, il convient de les incorporer dans l’ensemble du peuple.

12o Khassonkè. — Les Khassonkè, fort peu nombreux, renferment les clans des Sissokho ou Soussokho ou Sossé, des Séga, des Sambala, des Diala, des Fali, des Diakité ou Diakhaté, des Sangaré, des Sidibé, des Diallo, etc.

13o Malinké ou Mandingues. — Le peuple — ou la tribu — mandingue se divise en plusieurs sous-tribus qui sont surtout des fractions géographiques et qui, en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger, sont celles du Manding proprement dit, du Bambougou ou Bambouk, du Gangaran, du Ouassoulou, etc.

Les clans principaux sont ceux des Keïta (dont font partie les Mansaré[73], les Kanessi et les Batassi), des Diara (dont font partie les Konnté ou Koné), des Kouloubali (dont font partie les Bamba), des Taraoré (dont font partie les Dembélé), des Doumouya (dont font partie les Kourouma), des Diarassouba, des Kamissorho, des Sissé, des Sarhanorho, des Kamara ou Kamaaté, des Diabaaté ou Diawaté, des Konaté ou Koyaté, des Kannté, des Tounkara, des Fané ou Fani, des Samakè, des Fofana, des Diomansi ou Diomandé, des Sissoko (comprenant les Maga et les Koromaga), des Barhayorho, des Mariko, des Doukouré, des Béré ou Béréya ou Bérété, des Mété ou Mérité, des Souko, des Demba, des Sakiliba[74], etc. Il faut y ajouter quelques Sirifé de prétendue origine chérifienne.

14o Foulanké. — Les Foulanké sont, comme je l’ai dit plus haut, des descendants de Peuls très fortement métissés de sang mandingue et qui, par leurs mœurs et leur langage, ne se distinguent guère aujourd’hui des Malinké proprement dits. On les reconnaît surtout grâce à leurs noms de clan, qui sont presque exclusivement Diakité, Sankaré ou Sangaré, Sidibé et Diallo.

15o Diallonké. — Les clans principaux des Diallonké du Haut-Sénégal-Niger sont ceux des Monékata, des Kessékho, des Dagnokho, des Dao, des Kontaga, des Touré, des Diatara, des Dansoko, des Bamba ou Bambaya, des Siré ou Siréya, des Kelléma, etc.

16o, 17o et 18o Samo, Samorho et Sia. — Je ne possède pas de renseignements suffisamment certains sur les clans de ces trois peuples, pas plus que sur ceux des tribus de classification douteuse qui les avoisinent (Blé, Natioro, Ouara et Sembla). La plupart des individus appartenant à ces peuples ou tribus, lorsqu’on les interroge sur leur clan, répondent par un diamou (nom de clan) dioula (ou mossi s’il s’agit des Samo), mais il est fort probable que ce diamou dioula ou mossi n’est qu’une sorte de traduction de leur diamou national.

19o Sénoufo. — J’ai donné plus haut la liste de dix tribus sénoufo dont la présence a été constatée dans le Haut-Sénégal-Niger. Je dois ajouter qu’à la tribu des Siénérhè se rattache la sous-tribu des Niéné, qui a des représentants dans le cercle de Bougouni. Je ne connais que cinq clans sénoufo, ceux des Soroo, des Yéo, des Siluè, des Tuô et des Sékongo, mais il en existe probablement d’autres : c’est ainsi qu’on signale, chez les Sénoufo du cercle de Koutiala, les clans des Malé, des Péné et des Ounogo. Comme les Samorho et les Sia, les Sénoufo s’attribuent fréquemment des noms de clan dioula, banmana ou malinké (Kouloubali, Ouatara, Koné, Diarassouba, Touré, Dagnorho, Kamara, Sânou, Dembélé, Fofana, etc.).

Les mêmes castes existent chez les Sénoufo que chez les Mandé et les Peuls ; je ne connais pas les noms que revêtent ces castes chez les Sénoufo, sauf celui de la caste des Sono ou Sonon, qui correspond à peu près à celle des Founè chez les Mandé (griots religieux et magiciens).

20o à 40o Famille voltaïque. — Nous ne possédons encore que des renseignements fort incomplets sur la composition des 21 peuples de famille voltaïque que l’on rencontre dans le Haut-Sénégal-Niger, en ce qui concerne leurs tribus, sous-tribus, castes et clans.

Je puis dire seulement que les Dagari se divisent en deux grandes tribus : celle des Dagari proprement dits, appelés par les Dioula Dagari-Fing (Dagari noirs), et celle des Oulé ou Oulé-Oulé, appelés par les Dioula Dagari-Oulé (Dagari rouges). La première comprend de nombreuses sous-tribus, dont les principales portent, en territoire français, les noms de Dakpélé ou Dafiélé, Gban-né, Zéghè, Gbolé, etc.

Je sais aussi que tous les peuples de la famille voltaïque se répartissent en clans, mais nous ne connaissons la plupart du temps que l’équivalent mandé de leurs diamou ou sondré nationaux. Toutefois, le capitaine Dominé nous a révélé les principaux noms de clan des Lobi : ce sont Da, Héna, Noufi, Kambou ou Kambiri, Dioloumpo, Pala, Somé. J’ajouterai que, chez les Mossi, l’un des clans les plus répandus est, d’après le Père Brun, celui des Pima[75].

Répartition numérique des peuples du Haut-Sénégal-Niger par races, familles et religions. — La race blanche, en y comprenant — quelque illogique que ce soit — non seulement les Maures, les Touareg et les Peuls les plus métissés de sang nègre, mais encore les Nègres purs qui vivent avec eux (Harrâtîn, Bella et Rimaïbé), renferme, dans les territoires civils actuels du Haut-Sénégal-Niger, 566.175 représentants, tous musulmans à l’exception de 35.646 Peuls animistes[76]. La répartition de ces 566.175 indigènes entre les deux familles sémitique et hamitique serait fort malaisée.

Le reste des 4.800.000 habitants de la colonie[77], soit 4.233.528 — l’immense majorité en un mot —, appartient à la race noire et renferme 608.642 musulmans seulement, au grand maximum, contre 3.624.886 animistes. La répartition des indigènes de race noire entre les cinq familles est la suivante :

famille voltaïque 2.292.088 indigènes, dont 26.209 musulmans ;

— mandé 1.435.001 — , dont 440.851 — ;

— sénoufo 343.470 — , dont 0 — ;

— songaï 101.582 — , dont 101.582 — ; (totalité)

— tekrourienne 38.256 — , dont 36.706 — ;

tribus non classées 19.035 — , dont 0 — ;

étrangers divers 4.096 — , dont 3.294 — ;

Total: 4.233.528 — , dont 608.642 — .

La famille voltaïque renferme à elle seule, comme on le voit, plus de la moitié de la population de race noire et près de la moitié de la population totale de la colonie, et la famille mandé renferme à peu près le tiers de la population de race noire et le quart de la population totale.

Les musulmans ne forment que le septième de la population de race noire et un peu moins du quart de la population totale.

Répartition numérique par subdivisions ethniques et par zones géographiques et administratives.

1o Maures de l’Azaouad (y compris les Harrâtîn).

Zone saharienne 26.000

Cercles de Tombouctou 5.715

Cercle de Niafounké 300

Total 32.015 (tous musulmans).

Les Bérabich habitent principalement la région d’Araouân et sont maîtres de la route conduisant de Tombouctou à Taodéni. Leurs sous-tribus se rencontrent : les Tormoz, entre Bassikounou et Ras-el-Ma ; les Ousra et les Borrada, entre Ras-el-Ma et Araouân ; les Oulad-Noumou, Oulad-el-hadj-el-Hassân et Idao-Yata (ces derniers sédentaires), dans la vallée du Niger en aval de Niafounké.

Les Kounta du Haut-Sénégal-Niger habitent près et au Nord-Est de Tombouctou, à Araouân, dans la région de Mabrouk et au Sud du Niger, répandus parmi les Touareg. Les Chorfa de Tombouctou se rattachent aux Kounta. Il convient de noter qu’on rencontre aussi dans le Hodh quelques familles de Kounta (Oulad-sidi-Boubakar, Oulad-Bousseïf et Oulad-sidi-Haïballah) que j’ai comptées avec les Maures du Hodh.

2o Maures du Hodh (y compris les Zenaga, les Guirganké et les Harrâtîn).

Zone saharienne 40.000

Résidence de Kiffa 20.000

Cercle de Goumbou 4.557

— Kayes 4.260

— Sokolo 1.830

— Nioro 1.776

Total 72.423 (tous musulmans).

Les Regueïbât habitent principalement dans la résidence de Kiffa ; les Idao-Aïch dans cette même résidence, dans le cercle de Nioro (Bakounou-sud) et dans le cercle de Kayes (Ahl-sidi-Mahmoud), ainsi qu’entre Kiffa et Tichit et au Nord-Est du cercle de Nioro (Laghlal) ; les Ahl-Tichit se rencontrent dans la région de Tichit et dans les cercles de Nioro (Kingui) et de Goumbou (Mourdia) ; les Oulad-Mbarek se trouvent surtout dans la province de Nioro (Kingui), dans le cercle de Goumbou et au Nord de ce cercle, ainsi que dans le cercle de Kayes et dans l’Est de Kiffa (Askeur et Tanoazit) et au Nord de Goumbou et de Sokolo (Oulad-Mahmoud) ; les Mejdouf, avec les Tâleb-Mokhtar, habitent entre Goumbou et Oualata et entre Sokolo et Ras-el-Ma ; les Oulad-Delim (Oulad-Daoud, Deïlouba et Allouch) se rencontrent dans la région comprise entre Bassikounou, Soumpi et Ras-el-Ma, les Oulad-Daoud proprement dits étant surtout sédentaires ; les Oulad-Nasser habitent au Sud-Ouest de Oualata, au Nord des Oulad-Mbarek ; les Chorfa, très mélangés de Soninké, habitent principalement les villes de Tichit, Oualata et Néma, où ils se livrent au commerce et au travail des cuirs, tout en s’occupant de religion ; enfin les Guirganké, Maures demi-sédentaires métissés de Peuls, se trouvent surtout dans le cercle de Goumbou (Bakounou-Nord, Kolon, Ouagadou, Ouaharo), et (sous le nom de Massîn ou Ahl-Massina) dans les villes de Tichit, Néma, Oualata, etc.

3o Touareg (y compris les Bella).

Zone saharienne 8.000

Cercles de Tombouctou 28.019

Cercle de Dori 12.000

— Hombori 8.000

— Niafounké 1.000

Total 57.019 (tous musulmans).

Les habitats respectifs des Iguellad et des Kel-Tadmekket sont aujourd’hui assez mêlés, quoique, d’une façon générale, les premiers se rencontrent surtout dans la région de Tombouctou et les seconds dans l’Est de la Boucle du Niger.

Les Iguellad sont principalement nombreux du côté de Ras-el-Ma, de Goundam et de Tombouctou ; les Tagama se rencontrent près du lac Fati et dans l’Est de Tombouctou, les Kel-Nkounder et Kel-Ncheria dans la province de Goundam, les Kel-Antassar près des lacs de la rive gauche et au Nord-Est de Tombouctou.

Les Kel-Tadmekket sont dispersés de Tombouctou à Gao, à l’intérieur de la Boucle du Niger, mais possèdent aussi des fractions sur la rive gauche du fleuve : les Tenguéréguif se rencontrent dans la région des lacs, les Igouadaren du côté de Bamba (rive Nord et rive Sud), les Kel-Temoulaï sur la rive droite du Niger à l’Est de Tombouctou, les Irréganaten au Sud-Ouest de Bamba, les Chorfiga près du lac Fati, dans le Kili et le Kissou et dans le cercle de Hombori, les Kel-es-souk dans l’Est du cercle de Hombori, les Imededrhen dans l’Azaouad-Nord, les Idnân à l’Est de Mabrouk.

Les Oulmidden, qui forment la plus nombreuse des grandes tribus touareg, habitent surtout dans le Territoire Militaire, à l’Est et au Nord-Est de Gao ; cependant on en rencontre aussi sur la rive droite du Niger à hauteur de Gao ainsi qu’en plusieurs points du fleuve (Kel-Oulli), autour des mares de Gossi et dans le cercle de Hombori (Kel-Gossi), au Sud de Bamba et de Bourem (Kel-Gheress), à cheval sur les cercles de Hombori et de Dori (Oudalen) et dans le cercle de Dori (Tenguéréguédech).

Quant aux sous-tribus de rattachement incertain, on les trouve dans le district de Bamba (Kel-Guerisouân, Kel-Tigouelt, Imakelkellen, Ibourliten, Imetchas, Kel-Rila), dans le cercle de Hombori (Déguésellen et Chemenama) et dans le cercle de Dori (Damossân et Missiguender).

4o Peuls (y compris les Silmimossi et les Rimaïbé).

Cercle de Niafounké 74.832 (dont 14.832 animistes).

— Ouagadougou 48.753 (tous musulmans).

— Dori 42.791 —

— Dienné 38.944 —

— Mopti 35.278 —

— Ouahigouya 27.435 (dont 10.549 animistes).

— Koury 27.179 (tous musulmans).

— Ségou 20.968 (dont 1.230 animistes).

— Nioro 19.753 (tous musulmans).

— Bandiagara 15.231 (dont 3.068 animistes).

— Goumbou 12.697 (tous musulmans)[78].

— Fada-n-Gourma 9.752 —

Circonscription de San 9.243 (dont 3.800 animistes).

Cercle de Sokolo 6.230 (tous musulmans).

— Say 5.000 —

— Hombori 3.937 —

— Bobo-Dioulasso 2.130 (dont 1.930 animistes).

— Koutiala 1.750 (tous musulmans).

— Satadougou 1.078 —

— Bafoulabé 1.000 —

— Bamako 737 (dont 237 animistes).

Total 404.718 (dont 35.646 animistes et 369.072 musulmans).

On voit par ce tableau que les Peuls se rencontrent dans 21 des 29 circonscriptions administratives de la colonie : seuls, les districts purement sahariens (Kiffa et les deux cercles de Tombouctou), le cercle de Kayes et quatre cercles du Sud (Kita, Bougouni, Sikasso, Gaoua) en sont totalement dépourvus. Mais on remarquera aussi que les Peuls sont surtout nombreux le long de la lisière sud du Sahara, particulièrement dans la partie qui avoisine la zone des inondations (Massina) et au Sud de l’Azaouad ; ils diminuent à mesure que l’on s’avance vers le Sud de la colonie.

5o Toucouleurs.

Cercle de Nioro 18.706 (tous musulmans)

— Ségou 7.000 —

— Kayes 5.050 (dont 1.550 animistes).

— Satadougou 3.000 (tous musulmans).

— Bandiagara 1.500 —

— Bafoulabé 1.000 —

— Say 1.000 —

— Kita 500 —

— Mopti 500 —

Total 38.256 (dont 1.550 animistes et 36.706 musulmans).

Les Toucouleurs ne sont en somme représentés dans le Haut-Sénégal-Niger que par quelques colonies peu nombreuses, dont les plus importantes — celles des cercles de Nioro et de Ségou — proviennent des immigrations qui se produisirent à l’occasion des conquêtes d’El-hadj-Omar. Le gros de la population toucouleure habite la colonie du Sénégal.

6o Songaï.

Cercles de Tombouctou 60.058

Cercle de Hombori 12.063

— Niafounké 10.809

— Say 10.000

— Dori 3.029

— Mopti 2.317

— Ouahigouya 2.206

— Bandiagara 1.000

— Dienné 100

Total 101.582 (tous musulmans).

Les Songaï ne forment pas un peuple bien nombreux et les territoires civils du Haut-Sénégal-Niger n’en renferment qu’une partie, le reste habitant la rive gauche du Niger de Bourem à Niamey ainsi que la région de Dosso. Ceux de la colonie civile sont répandus surtout le long des deux rives du Niger depuis Mopti jusqu’à Bamba et ensuite le long de la rive droite ; on en rencontre très peu lorsqu’on s’éloigne du fleuve ou de ses lacs et canaux. Ils disparaissent vers Mopti, lorsqu’on remonte le Niger : Dienné, qui passe bien à tort pour être une ville songaï, ne renferme que trois familles ayant des ascendants songaï, et l’immense majorité de ses habitants est d’origine soninké ; il est vrai que ces Soninké parlent aujourd’hui le songaï, mais c’est là un phénomène dû à des raisons politiques et économiques dont nous parlerons plus loin, et qui n’a rien à voir avec l’origine des Diennenké. Lors donc que l’on s’est appuyé sur les caractères physiques des gens de Dienné pour démontrer la soi-disant origine égyptienne ou libyque des Songaï[79], on a commis la même erreur de principe qu’en s’appuyant, pour prouver la même origine, sur le type architectural des maisons de Dienné, lequel type ne représente en rien l’architecture songaï et est d’ailleurs d’importation marocaine et non pas égyptienne.

7o Famille mandé (1.435.001 représentants).

Groupe du Nord Groupe du Centre Groupe du Sud Totaux par cercles

Cercle de Bamako 10.070 180.272 » 190.342

— Bougouni 4.645 148.701 » 153.346

— Ségou 17.680 109.758 » 127.438

— Koury 73.527 » 43.470 116.997

— Sikasso 27.302 59.878 20.705 107.885

— Ouagadougou 84.869 » » 84.869

— Nioro 58.893 13.054 » 71.947

— Bobo-Dioulasso 40.815 » 27.780 68.595

— Kayes 24.100 34.897 » 58.997

— Kita » 54.926 3.067 57.993

— Goumbou 25.819 24.442 » 49.261

— Bafoulabé » 47.870 » 47.870

— Dienné 24.947 17.247 » 43.194

— Ouahigouya 19.764 » 21.939 41.703

— Koutiala 11.380 30.055 » 41.435

Circonscription de San 20.860 20.103 » 40.963

Cercle de Satadougou » 28.000 6.757 34.757

— Niafounké 13.000 16.000 » 29.000

— Sokolo 8.250 19.996 » 28.246

— Mopti 7.930 7.277 » 15.207

— Bandiagara 2.405 928 9.823 13.156

Zone saharienne 10.000 » » 10.000

Cercle de Gaoua 1.800 » » 1.800

Totaux 488.056 [80] 813.404 [81] 133.541 [82] 1.435.001 [83]

A. — Groupe du Nord (488.056 représentants).

Bozo Soninké Dioula Totaux par cercles

Cercles de

Ouagadougou » 425 84.444 84.869

Koury » 30.000 (dont 5.000 an.) 43.527 (dont 18.037 an.)[84] 73.527

Nioro » 58.893 [85] » 58.893

Bobo-Dioulasso » 1.600 39.215 (dont 34.965 an.)[86] 40.815

Sikasso » » 27.302 (dont 24.556 an.) 27.302

Dienné 12.079 13.868 [87] » 25.947

Goumbou » 24.819 » 24.819

Kayes » 24.100 (dont 6.100 an.) » 24.100

Circonscription de San 312 16.112 4.436 20.860

Cercles de

Ouahigouya » » 19.764 19.764

Ségou » 17.680 » 17.680

Niafounké » 13.000 » 13.000

Koutiala » 7.098 4.282 (dont 1.838 an.) 11.380

Bamako » 10.070 (dont 2.380 an.) » 10.070

Zone saharienne » 10.000 » 10.000

Cercles de

Sokolo » 8.250 » 8.250

Mopti 1.826 6.104 » 7.930

Bougouni » 2.145 (dont 1.110 an.) 2.500 (dont 88 an.) 4.645

Bandiagara 1.177 1.228 (dont 324 an.) » 2.405

Gaoua » » 1.800 1.800

Totaux 15.394 245.392 227.270 488.056

(tous musulmans) (dont 13.814 an.) (dont 79.484 an.)

On voit par le tableau qui précède que les Bozo (15.394, tous musulmans) sont localisés dans les cercles de Dienné, Mopti et Bandiagara, avec quelques représentants à San ; que les Soninké (245.392, dont 231.578 musulmans et 13.814 animistes) sont représentés surtout dans le Sahel (cercles de Kayes, Nioro, Goumbou, Sokolo, Niafounké, Mopti, Dienné) et dans la partie de la région soudanaise qui touche au Sahel (Nord du cercle de Bamako, Nord du cercle de Ségou, circonscription de San, Nord du cercle de Koury), avec quelques colonies dans les villes sahariennes (Tichit, Taodéni, Oualata, Néma, etc.), le reste du Haut-Sénégal-Niger n’en renfermant qu’un nombre infime ; qu’enfin les Dioula (227.270 dont 147.786 musulmans et 79.484 animistes) se trouvent tous dans le Sud et le Sud-Ouest de la Boucle du Niger (cercles de Ouagadougou, de Ouahigouya, de Koury, de Bobo-Dioulasso, de Sikasso, principalement). Comme nous le verrons plus loin, presque tous les Soninké habitant la Boucle du Niger ont abandonné leur langue pour adopter le parler des Dioula.

B. — Groupe du Centre (813.404 représentants).

Kâgoro Banmana Khassonkè Malinké Foulanké Totaux par cercles

Cercle de Bamako 1.850 146.966 » 31.456 » 180.272

— Bougouni » 104.216 » 3.297 41.188 148.701

— Ségou » 109.758 » » » 109.758

— Sikasso » 30.000 » » 29.878 59.878

— Kita 6.368 2.339 » 26.219 20.000 54.926

— Bafoulabé » 2.100 » 30.770 15.000 47.870

— Kayes » » 7.906 26.991 » 34.897

— Koutiala » 30.055 » » » 30.055

— Satadougou » » » 28.000 » 28.000

— Goumbou 2.332 22.110 » » » 24.442

Circonscription de San » 20.103 » » » 20.103

Cercle de Sokolo » 19.996 » » » 19.996

— Dienné » 17.247 » » » 17.247

— Niafounké » 16.000 » » » 16.000

— Nioro 414 9.355 3.285 » » 13.054

— Mopti » 7.277 » » » 7.277

— Bandiagara » 928 » » » 928

Totaux 10.964 538.450 11.191 146.733 106.066 813.404

Sur les 813.404 représentants du groupe des Mandé du Centre dans le Haut-Sénégal-Niger, on compte 767.511 animistes et seulement 45.893 musulmans, qui se répartissent en 29.639 Banmana (dont les Somono forment le plus grand nombre), 4.285 Khassonkè, 3.380 Malinké et 8.589 Foulanké. Les Kâgoro sont tous animistes.

Les Kâgoro ne forment que de petits groupes disséminés pour la plupart dans le Sud du Sahel occidental. Les Banmana, qui constituent l’un des peuples les plus nombreux du Haut-Sénégal-Niger et forment à eux seuls les deux tiers environ des Mandé du Centre et près de la moitié de tous les Mandé des trois groupes réunis, se présentent sous l’aspect d’une masse compacte à cheval sur le Niger (cercles de Bamako, Ségou et Bougouni) avec des colonies fort importantes dans le Sahel d’une part et à l’Est du Bani d’autre part. Les Khassonkè, fort peu nombreux, peuplent le Khasso et ses dépendances (cercle de Kayes) et une portion du Sanga (cercle de Nioro). Les Malinké sont, de tous les Mandé du Haut-Sénégal-Niger, ceux dont l’habitat est le plus compact et présente le moins de solutions de continuité ; d’une façon générale, cet habitat s’étend au Sud du Sénégal de la Falémé au Bakhoy (Bambouk et Gangaran), puis au Sud du chemin de fer du Bakhoy au Niger (Manding), enfin, à l’Est du Niger, au Sud du pays banmana (Ouassoulou oriental)[88]. Les Foulanké, au contraire, se trouvent éparpillés dans le Ganadougou (cercle de Sikasso), dans le Birgo (cercle de Kita) et dans les divers Fouladougou (cercles de Bougouni, Kita et Bafoulabé).

C. — Groupe du Sud (133.541 représentants).

Diallonké Samo Samorho Sia Tribus diverses Totaux par cercles

Cercles de :

Koury » 43.470 » » » 43.470

Bobo-Dioulasso » » 3.000 6.000 18.780 27.780

Ouahigouya » 21.939 » » » 21.939

Sikasso » » 20.705 » » 20.705

Bandiagara » 9.823 » » » 9.823

Satadougou 6.757 » » » » 6.757

Kita 3.067 » » » » 3.067

Totaux 9.824 75.232 23.705 6.000 18.780 133.541

Sur les 133.541 Mandé du Sud, on ne compte que 200 musulmans, lesquels sont des Sia de Bobo-Dioulasso. — Les 18.780 indigènes de tribus diverses se répartissent en 8.000 Sembla, 7.000 Ouara, 2.745 Natioro et 1.035 Blé, tous habitant dans le cercle de Bobo-Dioulasso. — Les Diallonké du Haut-Sénégal-Niger habitent l’extrême Sud des cercles de Satadougou et de Kita. — Les Samo sont surtout répandus dans le triangle Koury-Ouahigouya-Bandiagara. — Les Samorho habitent le Nord du cercle de Sikasso et entre cette ville et Bobo-Dioulasso.

8o Sénoufo.

Cercle de Bobo-Dioulasso 132.885

— Koutiala 108.427

— Sikasso 77.184

Circonscription de San 20.885

Cercle de Bougouni 4.089

Total 343.470 (tous animistes).

Ce total se décompose comme suit entre les dix tribus sénoufo représentées dans le Haut-Sénégal-Niger :

Bamâna ou Minianka 129.312 (dont 108.427 dans le cercle de Koutiala et 20.885 dans la circonscription de San) ;

Siénérhè 81.273 (dont 77.184 dans le cercle de Sikasso et 4.089 dans le Niénédougou, cercle de Bougouni) ;

Les représentants des huit autres tribus se trouvent tous dans le cercle de Bobo-Dioulasso : Mbouin 31.875, Folo 23.790, Tourka 21.205, Karaboro 18.535, Tagba 17.170, Nanergué 11.260, Komono 5.605 et Sémou 3.445.

On remarquera que la famille sénoufo est groupée dans un territoire assez nettement délimité par le Bani puis le Bagbê à l’Ouest et le bassin supérieur de la Volta Noire à l’Est. Ce territoire se prolonge à la Côte d’Ivoire dans les bassins supérieurs du Bandama et de la Comoé.

9o Famille voltaïque (2.292.088 représentants).

Gr. Tombo Gr. Mossi Gr. Gourounsi Gr. Bobo Gr. Lobi Gr. Koulango Gr. Bariba Totaux par cercles

Cercles de :

Ouagadougou » 1.116.504 205.499 1.612 » » » 1.323.615

Fada-n-Gourma » 175.057 » » » » 5.037 180.094

Ouahigouya 2.684 141.999 33.425 » » » » 178.108

Gaoua » 93.600 » 1.600 74.650 4.000 » 173.850

Koury 500 2.600 25.465 107.817 » » » 136.382

Bandiagara 117.744 » » 1.369 » » » 119.113

Bobo-Dioulasso. » » » 61.105 » » » 61.105

Dori 12.000 40.180 » » » » » 52.180

Circonscription de San 1.587 » » 37.992 » » » 39.579

Cercles de :

Koutiala » » » 10.745 » » » 10.745

Say » 9.000 » » » » » 9.000

Mopti 2.020 » » 4.678 » » » 6.698

Hombori 1.000 » » » » » » 1.000

Dienné » » » 619 » » » 619

Totaux 137.535 1.578.940 264.389 227.537 74.650 4.000 5.037 2.292.088

Le groupe mossi compte 25.209 musulmans (24.209 Mossi et 1.000 Dagari) et le groupe lobi en compte 1.000 (des Dian) ; les autres groupes sont entièrement animistes : soit 26.209 musulmans seulement pour toute la famille voltaïque, contre 2.265.879 animistes.

Le tableau qui précède montre que la famille voltaïque est nettement groupée sur le bassin de la Volta et les hauteurs qui le circonscrivent ; son territoire n’est occupé que par elle seule, à l’exception d’un certain nombre de Peuls disséminés çà et là et de colonies principalement urbaines peuplées de Mandé du Nord (Soninké et Dioula). Ce territoire s’étend au Sud sur une notable partie de la Côte d’Ivoire, de la Gold Coast, du Togo et du Dahomey.

A. — Groupe tombo (137.535 représentants).

Tombo Dogom Déforo Totaux par cercles

Cercle de Bandiagara 115.208 2.536 » 117.744

— Dori » » 12.000 12.000

— Ouahigouya » 2.684 » 2.684

— Mopti 2.020 » » 2.020

Circonscription de San 1.587 » » 1.587

Cercle de Hombori 500 500 » 1.000

— Koury 500 » » 500

Totaux 119.815 5.720 12.000 137.535

(tous animistes.)

Les Tombo habitent de préférence les sommets ou les flancs des falaises dites de Bandiagara, de Douentza, de Hombori, etc. Les Dogom se rencontrent à peu près dans les mêmes régions, mais ils vivent plutôt dans la plaine ou sur la lisière des montagnes. Quant aux Déforo, ils sont répandus surtout dans la région d’Aribinda (entre Djibo et Dori).

B. — Groupe mossi (1.578.940 représentants).

Mossi Yansi Nankana Gourmantché Dagari Birifo Totaux par cercle

Cercles de :

Ouagadougou 1.076.434 [89] 13.214 19.836 » 7.020 [90] » 1.116.504

Fada-n-Gourma 21.014 25.493 » 128.550 » » 175.057

Ouahigouya 141.999 [91] » » » » » 141.999

Gaoua » » » » 53.239 [92] 40.361 93.600

Dori 20.180 10.000 » 10.000 » » 40.180

Say » » » 9.000 » » 9.000

Koury 2.600 [93] » » » » » 2.600

Totaux 1.262.227 [94] 48.707 19.836 147.550 60.259 [95] 40.361 1.578.940 [96]

Les Mossi habitent principalement les provinces du Yatenga (cercle de Ouahigouya), celles de Yâko, Boussouma, Béloussa, Koupéla, Ouagadougou, etc. (cercle de Ouagadougou), et poussent des pointes à l’Ouest vers Koury, au Nord-Est vers Djibo et Dori et à l’Est vers le Nord du cercle de Fada-n-Gourma. Les Yansi se rencontrent surtout au Nord-Est du territoire des Mossi. Les Nankana vivent près de la Volta Rouge, à cheval sur la frontière franco-anglaise. Les Gourmantché remplissent la plus grande partie du cercle de Fada-n-Gourma, ainsi que l’extrême Sud du cercle de Dori et la pointe du cercle de Say s’avançant entre les deux cercles précités. Les Dagari et les Birifo sont, à l’exception d’une fraction dagari située au Nord de la frontière anglaise entre la Volta Noire et Léo, localisés dans le cercle de Gaoua, surtout le long de la Volta, bien que les Birifo s’avancent un peu plus loin du fleuve vers l’Ouest que les Dagari.

C. — Groupe gourounsi (264.389 représentants).

Nioniossé Nounouma Sissala Boussansé Totaux par cercles

Cercles de :

Ouagadougou 34.626 58.277 7.283 105.313 205.499

Ouahigouya 33.425 » » » 33.425

Koury 10.335 15.130 » » 25.465

Totaux 78.386 73.407 7.283 105.313 264.389 [97]

Les Nioniossé se rencontrent, à côté ou au milieu des Mossi, dans les régions du Yatenga, de Yâko et de Ouagadougou, et en groupes plus compacts dans le Kipirsi (triangle Koury-Boromo-Yâko). Les Nounouma habitent à l’Ouest de la Volta Noire à hauteur de Boromo (au Nord des Oulé) et à l’Est du même fleuve au Sud des Nionossé et au Nord des Dagari propres. Les Sissala vivent à l’Est des Nounouma et à l’Ouest des Nankana, le point de jonction des Nounouma et des Sissala coïncidant avec la ville de Léo. Les Boussansé se trouvent entre la Volta Blanche et le cercle de Fada-n-Gourma, à partir de Tenkodogo en allant vers le Sud.

D. — Groupe ou peuple bobo (227.537 représentants).

Kian Tara Boua Niénigué Totaux par cercles

Cercle de Koury » 96.227 11.590 » 107.817

Cercle de Bobo-Dioulasso » » 39.500 21.605 61.105

Circonscription de San 30.000 6.530 1.462 » 37.992

Cercle de Koutiala » » 10.745 » 10.745

— Mopti 4.678 » » » 4.678

— Ouagadougou » » » 1.612 1.612

— Gaoua » » » 1.600 1.600

— Bandiagara 1.369 » » » 1.369

— Dienné 619 » » » 619

Totaux 36.666 102.757 63.297 24.817 227.537 [98]

Les Kian sont les plus occidentaux des Bobo et se trouvent répandus non loin de la rive droite du Bani, entre Mopti et San, mais sont surtout nombreux aux environs de cette dernière ville. Les Tara leur font suite vers l’Est, entre San et Koury. Les Boua habitent au Sud des Kian et des Tara. Les Niénigué se rencontrent à l’Est des Boua, entre ceux-ci d’une part et les Dagari-Oulé et Nounouma d’autre part.

E. — Groube lobi (74.650 représentants).

Ce groupe est localisé dans le cercle de Gaoua, au moins en ce qui concerne le Haut-Sénégal-Niger, car il a quelques représentants à la Côte d’Ivoire (district de Bouna). Il comprend, dans le Haut-Sénégal-Niger : 62.050 Lobi proprement dits, habitant surtout la région de Gaoua et l’Ouest de ce poste ; 5.950 Dian, formant la majeure partie de la population de Diébougou et de ses environs ; 5.550 Pougouli, répandus principalement le long du Pougouliba ou Bougouriba — qui leur doit son nom — en amont de Diébougou ; enfin 1.100 Gan, vivant à Lorhosso dans le Sud-Ouest du cercle.

Tous sont animistes, à l’exception de 1.000 Dian musulmans de la ville de Diébougou.

F. — Groupe koulango (4.000 représentants).

Ce groupe, assez nombreux à la Côte d’Ivoire, ne renferme au Haut-Sénégal-Niger que 4.000 individus de la tribu des Lorho, tous animistes, habitant à côté des Gan dans la région de Lorhosso, à laquelle ils ont autrefois donné leur nom (cercle de Gaoua)[99].

G. — Groupe bariba (5.037 représentants).

Ce groupe, fort important au Dahomey, n’est représenté dans le Haut-Sénégal-Niger que par 4.497 Bariba proprement dits et 540 Soumba de la tribu des Takamba, tous animistes, et habitant le Sud du cercle de Fada-n-Gourma, dans l’Atakora.

10o Tribus de classification douteuse (19.035 représentants).

Ces tribus, qui, sans doute, se rattachent soit à la famille sénoufo soit à la famille voltaïque, forment un total de 19.035 indigènes, tous animistes, dont 500 appartiennent au cercle de Gaoua (Padorho) et 18.535 au cercle de Bobo-Dioulasso (à savoir 10.045 Toussia, 3.700 Dorhossié, 2.790 Vigué et 2.000 Tiéfo).

11o Etrangers divers (4.096 représentants).

Les principales colonies étrangères sont composées de Ouolofs (3.205, tous musulmans sauf quelques chrétiens, dont 1.116 dans le cercle de Kayes, 1.054 dans le cercle de Nioro, 500 dans le cercle de Bamako, 433 dans le cercle de Sikasso et 102 à Tombouctou). On compte aussi 802 étrangers non-musulmans d’origines diverses (445 à Kayes et 357 à Bamako) et 89 Haoussa musulmans dans le cercle de Ouagadougou ; en réalité le nombre des Haoussa établis dans les territoires civils du Haut-Sénégal-Niger et particulièrement dans le Mossi et l’Est de la Boucle du Niger est certainement plus considérable, mais la plupart ont été englobés, lors des recensements, avec les Soninké ou les Dioula, à cause de la similitude de leurs occupations et de leur religion.

Composition de la population de chacune des circonscriptions administratives.

1o Zone saharienne.

Maures de l’Azaouad 26.000 familles sémitique et hamitique : 74.000

— du Hodh 40.000

Touareg 8.000

Soninké 10.000 (famille mandé)

Total 84.000 (environ), tous musulmans.

Les Maures de l’Azaouad de la zone saharienne sont les Bérabich et les Kounta des régions de Taodéni, Araouân et Mabrouk ; les Maures du Hodh de la même zone sont ceux qui sont répandus au Nord de la région d’administration directe de la résidence de Kiffa et des cercles de Nioro, Goumbou et Sokolo (Regueïbât, Idao-Aïch, Ahl-Tichit, Oulad-Mbarek, Oulad-Nasser, Mejdouf, Oulad-Delim) ; les Touareg appartiennent aux quelques fractions (Imededrhen et Idnân principalement) répandues dans les environs de l’Adrar Timetrhine ; les Soninké sont les Azer de Tichit, Oualata, Néma, Araouân, Taodéni, etc.

2o Résidence de Kiffa.

Maures du Hodh : 20.000 (familles sémitique et hamitique, tous musulmans).

3o Cercle de Nioro.

Maures du Hodh 1.776 familles sémitique et hamitique : 21.529 (tous musulmans).

Peuls 19.753

Toucouleurs 18.706 (famille tekrourienne, tous musulmans).

Soninké 58.893 famille mandé : 71.947 (dont 4.031 animistes).

Kâgoro 414

Banmana 9.355

Khassonkè 3.285

Etrangers 1.054 (Ouolofs, tous musulmans).

Total 113.236 (dont 4.031 animistes : 414 Kâgoro et 3.617 Banmana).

Les Maures se rencontrent dans le Kingui et le Bakounou-Sud. — Les Peuls sont surtout nombreux dans le Kingui, le Sanga ou Lankamané, le Digna ou Ouossébougou. — Les Toucouleurs habitent dans le Kéniarémé et le Kingui. — Les Soninké sont répandus dans le Diafounou, le Kéniarémé, le Guidioumé, une partie du Kingui, du Sanga, du Diangounté, du Dianghirté ou Komintara, du Bakounou-Sud et du Digna. — Les Kâgoro se trouvent dans le Kingui, le Sanga, le Diangounté, le Digna. — Les Banmana habitent dans le Kingui, le Diangounté, le Dianghirté et le Digna. — Les Khassonkè sont à peu près localisés au Sanga.

4o Cercle de Goumbou.

Maures du Hodh 4.557 familles sémitique et hamitique : 17.254 (tous musulmans)[100].

Peuls 12.697

Soninké 24.819 famille mandé : 49.261 (dont 24.442 animistes).

Kâgoro 2.332

Banmana 22.110

Total 66.515 (dont 2.332 Kâgoro et 22.110 Banmana animistes).

Les Maures sont répandus dans le Bakounou-Nord, le Kolon, le Ouagadou, le Kaniaga (Ouaharo) et le Niamala (Mourdia) ; les Peuls dans le Kolon et le Kaniaga (Damfa) ; les Soninké dans le Bakounou-Nord, le Kolon, le Ouagadou, le Niamala et le Kaniaga (Damfa) ; les Kâgoro dans le Bakounou et le Kaniaga ; les Banmana dans le Kolon, le Niamala et le Kaniaga.

5o Cercle de Sokolo.

Maures du Hodh 1.830 familles sémitique et hamitique : 8.060 (tous musulmans).

Peuls 6.230

Soninké 8.250 famille mandé : 28.246 (dont 19.996 animistes)

Banmana 19.996

Total 36.306 (dont 19.996 Banmana animistes).

Les Maures se rencontrent dans les cantons d’Akor, Sokolo, Nampala, Néré ; les Peuls dans ceux d’Akor, Sokolo, Nampala et Dia ; les Soninké dans ceux d’Akor, Sokolo et Dia ; les Banmana dans ceux de Ségala, Sokolo et Monempé.

6o Cercle de Niafounké.

Maures de l’Azaouad 300 familles sémitique et hamitique : 76.132 (dont 14.832 Peuls animistes).

Touareg 1.000

Peuls 74.832

Songaï 10.809 (famille songaï, tous musulm.)

Soninké 13.000 famille mandé : 29.000 (dont 8.000 Banmana animistes).

Banmana 16.000

Total 115.941 (dont 22.832 animistes).

Les Maures se rencontrent entre Soumpi et le lac Horo ; les Touareg entre le lac Horo et le lac Nangaï ; les Peuls dans le Farimaké, la région de Soumpi, le Guimbala ou Djimbala et le Fitouka ; les Songaï dans le Dirma (Tendirma à Saraféré), le Fitouka, le Bara et le Guimbala, les Sorko étant disséminés partout où il y a de l’eau à partir du lac Débo en allant vers le Nord. Les Soninké sont répandus sur les deux rives de l’Issa-Ber, ainsi que les Banmana, qu’on rencontre aussi dans le Farimaké.

7o et 8o Cercles de Tombouctou.

Maures de l’Azaouad 5.715 familles sémitique et hamitique : 33.734

Touareg 28.019

Songaï 60.058 (famille songaï).

Etrangers 102

Total 93.894 (tous musulmans).

Sur ce total, on compte 19.612 indigènes pour l’ancien secteur de Goundam et 22.051 pour l’ancien cercle de Bamba.

Les Touareg sont : dans le district de Goundam, des Imededrhen, des Kel-Nkounder, des Kel-Ncheria, des Tagama, des Chorfiga ; dans le district de Ras-el-Ma, des Kel-Antassar et des Zimmaten ; dans le district de Tombouctou, des Tenguéréguif, des Kel-Temoulaï, des Igouadaren, des Irréganaten, des Kel-Nkounder, des Kel-Ncheria, des Imededrhen, des Ahl-sidi-Ali ; dans le district de Bamba, des Kel-Antassar, des Kel-Oulli, des Idnân, des Kel-Guerisouân, des Kel-Tigouelt, des Imakelkellen, des Iguellad, des Igouadaren, des Imededrhen, des Kel-es-souk, des Kel-Gossi, des Chorfiga, des Ibourliten, des Imetchas, des Kel-Rila, des Kel-Gheress.

Les Songaï sont concentrés près du fleuve et des lacs.

9o Cercle de Hombori.

Touareg 8.000 familles hamitique et sémitique : 11.937 (tous musulmans).

Peuls 3.937

Songaï 12.063 (famille songaï, tous musulmans).

Tombo 500 famille voltaïque (groupe tombo) : 1.000 (tous animistes).

Dogom 500

Total 25.000 (dont 1.000 Tombo et Dogom animistes).

Les Touareg du Cercle sont surtout des Kel-es-Souk, des Kel-Gossi, des Déguisellen, des Kel-Gheress, des Chorfiga, des Chemenama, des Imededrhen, des Irréganaten et des Oudalen. Les Peuls sont surtout nombreux dans l’Ouest du Cercle, au pied des falaises de Hombori. Les Songaï sont surtout riverains du Niger. Les Tombo habitent la falaise et les Dogom le pied de la falaise de Hombori.

Delafosse Planche VI

Cliché Froment Fig. 11. — Le Niger près de Ségou.

Illustration from Haut-Sénégal-Niger (Soudan français), Tome 1 (de 3): le pays, les peuples, les langues

Cliché Froment Fig. 12. — Sur le Niger, à hauteur de Tillabéry.

Illustration from Haut-Sénégal-Niger (Soudan français), Tome 1 (de 3): le pays, les peuples, les langues

10o Cercle de Dori.

Touareg 12.000 familles hamitique et sémitique : 54.791 (tous musulmans).

Peuls 42.791

Songaï 3.029 (famille songaï, tous musulmans).

Déforo 12.000 famille voltaïque : 52.180 (tous animistes) (dont 12.000 (Déforo) du groupe tombo et 40.180 (Mossi, Yansi et Gourmantché) du groupe mossi).

Mossi 20.180

Yansi 10.000

Gourmantché 10.000

Total 110.000 (dont 57.820 musulmans).

Les Touareg du Cercle sont surtout des Oudalen, des Damossân, des Missiguender et des Tenguéréguédech. Les Peuls sont répandus surtout dans les régions de Djibo et de Dori, les Songaï près du Niger, les Déforo dans la province d’Aribinda (entre Djibo et Dori), les Mossi dans le Sud-Ouest du cercle, les Yansi et les Gourmantché dans le Sud.

11o Cercle de Bandiagara.

Peuls 15.231 (dont 3.068 animistes).

Toucouleurs 1.500 (tous musulmans).

Songaï 1.000 —

Bozo 1.177 famille mandé : 13.156 (dont 11.075 animistes : 324 Soninké, 928 Banmana et 9.823 Samo).

Soninké 1.228

Banmana 928

Samo 9.823

Tombo 115.208 famille voltaïque : 119.113 (tous animistes) (dont 117.744 (Tombo et Dogom) du groupe tombo et 1.369 (Kian) du groupe bobo).

Dogom 2.536

Kian 1.369

Total 150.000 (dont 17.744 musulmans).

Les Peuls sont dispersés un peu partout, surtout dans l’Est du cercle ; les Toucouleurs se trouvent à Bandiagara et aux environs ; les Songaï dans la région des lacs ; les Bozo dans l’Ouest du cercle ; les Soninké et les Banmana dans le Sud ; les Samo près du haut Sourou (région de Louta) ; les Tombo dans toute la région montagneuse (Sangha, Bankassi, Bandiagara, Douentza, etc.) ; les Dogom dans la plaine à l’Est des falaises ; les Kian ou Bobo-Gbê dans le Sud du Cercle.

12o Cercle de Mopti.

Peuls 35.278 (tous musulmans).

Toucouleurs 500 —

Songaï 2.317 —

Bozo 1.826 famille mandé : 15.207 (dont 4.529 Banmana animistes)

Soninké 6.104

Banmana 7.277

Tombo 2.020 famille voltaïque : 6.698 (tous animistes).

Kian (Bobo-Gbê) 4.678

Total 60.000 (dont 48.773 musulmans).

Les Peuls se rencontrent un peu partout, surtout dans le Kounari et le Pignari ; les Songaï (Sorko surtout) le long du Bani en aval de Mopti ; les Bozo à Mopti et en amont ; les Soninké à Mopti et dans le district de Sofara ; les Banmana surtout dans le sud du cercle ; les Tombo dans l’Est et les Kian dans le Sud-Est.

13o Cercle de Dienné.

Peuls 38.944 (tous musulmans).

Songaï 100 —

Bozo 12.079 famille mandé : 43.194 (dont 12.220 Banmana animistes).

Soninké 13.868

Banmana 17.247

Kian 619 (famille voltaïque, groupe bobo, tous animistes).

Total 82.857 (dont 70.018 musulmans).

Les Peuls habitent la partie du cercle qui forme le Massina proprement dit (contrée à l’Ouest du marigot de Diaka et pays compris entre ce marigot et le Niger), ainsi que le Diennéri et le Sébéra. Les Songaï ne comprennent guère que quelques familles sorko de la pointe Sud du lac Débo. Les Bozo sont répandus le long du Niger, du Bani et du marigot de Diaka. Les Soninké peuplent le Sébéra, le Diennéri (pays de Dienné) et le Pondori. Les Banmana sont surtout nombreux entre le Niger et le Bani (Kaladougou, Say, Saro, Séladougou). On trouve des Bobo-Gbê dans le Sud-Est du Séladougou.

14o Cercle de Ségou.

Peuls 20.968 (dont 1.230 animistes).

Toucouleurs 7.000 (tous musulmans).

Soninké 17.680 famille mandé : 127.438 (dont 104.500 Banmana animistes).

Banmana 109.758

Total 155.406 (dont 49.636 musulmans).

Les Peuls sont répandus surtout au Nord et au Nord-Ouest de Sansanding et entre le Niger et le Bani ; les Toucouleurs se rencontrent principalement à Ségou et aux environs ; les Soninké à Sansanding, à Ségou et le long du Niger. Les Banmana peuplent l’immense majorité des cantons du cercle.

Notes in this chapter

Note 1 · Voir la carte 4 à la fin du présent chapitre.Note 2 · Cependant quelques Berbères Zenaga vivent, en qualité de vassaux, auprès des Kounta : on les appelle Zakhoura.Note 3 · En réalité les Dioula devraient, au double point de vue géographique et linguistique, être rattachés plutôt au groupe du centre. C’est à cauNote 4 · Le rattachement de ces divers peuples ou tribus — les Diallonké exceptés — au groupe mandé du Sud et, plus généralement parlant, à la famillNote 5 · Il n’est pas absolument certain que les Karaboro soient des Sénoufo ; il se pourrait qu’on dût les rattacher à la famille voltaïque.Note 6 · Peut-être pourrait-on faire un seul peuple des Nioniossé et des Nounouma, peuple qui comprendrait plusieurs tribus (Nioniossé ou Kassomsé, LNote 7 · Voir notamment Léon l’Africain.Note 8 · On retrouve le mot Berdâm chez les géographes arabes sous la forme Berdâma.Note 9 · Le poular est la langue des Toucouleurs, adoptée par les Peuls comme je tâcherai de l’expliquer plus loin.Note 10 · Cette étymologie peut à bon droit paraître douteuse, aussi bien d’ailleurs que l’origine exclusivement marocaine des Arma. Le mot arabe râmiNote 11 · Si d’ailleurs la forme mali peut signifier « hippopotame » dans certains dialectes, ce sens ne peut en aucune façon s’appliquer à la forme mNote 12 · La prononciation mandé du suffixe de nationalité est ka, parfois kè, mais non ké.Note 13 · Ch. Monteil, dans sa remarquable Monographie de Djenné.Note 14 · D’après M. Binger, qui donne à Soninké la signification de « partisans du Sonni », Assouanik ne viendrait pas du mot Soninké mais de AssouanNote 15 · Les Songaï appellent Dakouraré les Soninké Nono ou Nononkobé, lesquels aujourd’hui parlent songaï et non plus soninké.Note 16 · On se sert également chez les Maures du mot Sossé pour désigner les Mandé en général et surtout les Soninké. (Voir notamment un mandement deNote 17 · Voir Ire partie, ch. II, p. 55.Note 18 · C’est-à-dire « bouche noire » ou plutôt « bouche bleue », à cause de l’habitude qu’ont les indigènes de cette fraction de se bleuir les lèvrNote 19 · Certains font dériver Bambara du mot mandé bamba ou bamma « crocodile » et donnent à ce terme la signification de « (ceux) du crocodile », pNote 20 · Ce mot se retrouve dans le nom de tribu des Siénérhè.Note 21 · Ne pas confondre avec les Gan de famille voltaïque ni avec les Ngan du groupe mandé-sud qui habitent dans le Diammala et le Mango (Côte d’IvNote 22 · De là les mots Kombori (Nord-Ouest du cercle de Koury) et Hombori, qui en peul signifient l’un et autre « pays des Tombo ».Note 23 · Il se pourrait que ce terme de Kôssé dût s’appliquer plutôt à une fraction des Nioniossé ou à une fraction des Bobo.Note 24 · Je ne suis pas certain que le nom de Kouroumankobé, qui a peut-être la même origine que Gourmantché (ceux du Gourma, c’est-à-dire de l’intérNote 25 · Ne pas confondre les Kparhala ou Koulango avec les Kpalarha, Pallaka ou Pala du cercle de Korhogo (Côte d’Ivoire), qui sont des Sénoufo. Il Note 26 · Les Nimadi seraient, dit-on, d’origine juive et ne professeraient pas l’islamisme ; on en rencontre dans la région de Oualata.Note 27 · D’après M. Gautier (La conquête du Sahara), le mot Harrâtîn signifierait « laboureurs » (du verbe haratsa, bien que l’orthographe usuelle coNote 28 · On a voulu rattacher le nom des Kel-Antassar à celui des Ansâr ou premiers partisans de Mahomet, mais l’orthographe donnée par les meilleursNote 29 · Le mot Tôrobé ne signifie pas, comme on le croit généralement, « les gens originaires du Toro », expression qui se dit en peul Toronké ou ToNote 30 · Barth dit que le nom de l’ensemble des gens de langue peule lui a paru être So : peut-être a-t-il fait confusion avec le clan toucouleur desNote 31 · Beaucoup de Toucouleurs portent aussi des noms de clan à singulier et à pluriel, identiques à ceux des Peuls ; le clan des Tôrobé en particuNote 32 · Les Tounkara se donnent comme étant de souche royale et font venir leur nom de tounka « roi ».Note 33 · Les Massassi (de massa « roi » et si « descendance ») sont les Kouloubali de la branche aînée.Note 34 · D’après le Père Brun, le nom de Dansira serait donné aux femmes du clan des Dembélé ; sans vouloir contredire ce missionnaire très bien infoNote 35 · Mansaré veut dire, comme Massassi, « de souche royale ».Note 36 · D’après le Père Brun, Souko serait le nom donné aux femmes du clan des Keïta, Demba celui donné aux femmes du clan des Sissoko et Sakiliba cNote 37 · Pour compléter cette nomenclature, d’ailleurs très imparfaite, des noms de clan du Haut-Sénégal-Niger, je donne ci-après les diamou ou santaNote 38 · J’appelle animisme l’ensemble des croyances communes à toutes les populations non-musulmanes de l’Afrique Occidentale, croyances qui comportNote 39 · 4.809.053 ou 4.799.703, selon les divers tableaux de recensement qui m’ont été fournis.Note 40 · D’après certaines informations, un nombre assez considérable de Peuls non-musulmans existerait dans le cercle de Goumbou.Note 41 · Dans Tombouctou la mystérieuse, par Félix Dubois.Note 42 · Dont 93.298 animistes.Note 43 · Dont 767.511 animistes.Note 44 · Tous animistes.Note 45 · Dont 994.140 animistes.Note 46 · Y compris 450 Boron ou Bolon.Note 47 · Dont 19.170 Diawara.Note 48 · Y compris 8.000 Boron ou Bolon.Note 49 · Dont 3.000 Diennenké ou habitants de la ville de Dienné.Note 50 · Il est à remarquer que le Haut-Sénégal-Niger ne renferme qu’une assez faible fraction du peuple malinké, lequel est répandu dans une notableNote 51 · Dont 21.057 musulmans.Note 52 · Dont 1.000 musulmans.Note 53 · Dont 552 musulmans.Note 54 · Dont 20.585 Oulé.Note 55 · Passant tous pour musulmans.Note 56 · Dont 24.209 musulmans au total contre 1.238.018 animistes.Note 57 · Dont 1.000 musulmans seulement.Note 58 · Dont 25.209 musulmans au total contre 1.628.963 animistes.Note 59 · Tous animistes.Note 60 · Tous animistes.Note 61 · Beaucoup de ces Lorho sont bijoutiers en cuivre : il est probable qu’ils constituent chez les Koulango une caste analogue à celle qu’on appeNote 62 · D’après le commandant de Lartigue, un grand nombre des Peuls Ourourbé dits Sambourou ne professeraient pas l’islamisme.
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