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Le Maître du Navire

PREMIÈRE PARTIE LA TRAVERSÉE COMMENCE (continued 2)

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— Nous sommes fort bien ici, dit l’avocat. Mais il me suffit de savoir cette porte fermée pour avoir envie d’aller sur le pont me dégourdir les jambes.

Comme il disait ces mots, une détonation ébranla le navire.

— Un coup de canon ! fit Helven.

Marie Erikow ne broncha pas.

— Tiens, dit-elle à Helven, vous voilà servi. Il me semble que nous sommes dans l’aventure.

Le professeur avait sursauté.

— Qu’est-ce ? Qu’y a-t-il donc ?

Quant à Leminhac, il cherchait en vain à distinguer par le hublot ce qui se passait au dehors.

Une seconde détonation fit trembler les verres et les tasses.

— Mais c’est une bataille navale, dit Marie.

— Attention à l’abordage, sourit Helven.

Leminhac pâlissant bredouillait :

— Mais je ne vois rien, rien… si, un peu de fumée !

Quant au professeur, il arpentait le salon :

— C’est incompréhensible, incompréhensible. Un homme si bien élevé !

Ce fut le silence.

Des coups de sifflet, des bruits de chaîne. Le navire ralentissait sa marche, puis roulait, immobile.

— On stoppe. En pleine mer…

— Il y a un autre bateau, dit Leminhac, qui accoste. Mais je ne peux voir à l’avant.

Il essaya d’ouvrir. Impossible : le hublot était fermé solidement.

Au-dessus d’eux, les passagers entendaient des bruits de caisses lourdes que l’on traîne, des coups de sifflet — tout un remue-ménage dont ils ne pouvaient s’expliquer la cause.

— J’ai comme une idée, dit Helven à Marie, que le patron du Cormoran donne dans la flibuste.

— Enfant, dit celle-ci. En êtes-vous toujours aux romans d’aventures ?

Le silence se rétablit. Le navire reprit sa marche. Une heure environ s’écoula.

Derrière la porte, on entendit la voix de Van den Brooks, sa voix d’airain :

— Double ration de tafia, ce soir à l’équipage ! Et la porte s’ouvrit…

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