V
H. (Henriette) Mirabaud-Thorens translation
Je ne puis trouver le repos.
J’ai soif d’infini.
Mon âme languissante aspire aux inconnus lointains.
Grand Au-Delà, O le poignant appel de ta flûte!
J’oublie, j’oublie toujours que je n’ai pas d’ailes pour voler, que je suis éternellement attaché à la terre.
Mon âme est ardente et le sommeil me fuit; je suis un étranger dans un pays étrange!
Tu murmures à mon oreille un espoir impossible.
Mon cœur connaît ta voix comme si c’était la sienne.
Grand Inconnu, O le poignant appel de ta flûte!
J’oublie, j’oublie toujours que je ne sais pas le chemin, que je n’ai pas le cheval ailé.
Je ne puis trouver la quiétude; je suis étranger à mon propre cœur.
Dans la brume ensoleillée des heures langoureuses, quelle immense vision de Toi apparaît sur le bleu du ciel!
Grand Inconnaissable, O le poignant appel de ta flûte!
J’oublie, j’oublie toujours que partout les grilles sont fermées dans la maison où je demeure solitaire!