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Au bord du Désert

FANTASIA

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En avant, mon cheval, aïa ! Fantasia ! Les deux tribus vont en découdre. Drus, ondulants comme des blés, Les cavaliers sont rassemblés. On va faire chanter la poudre ! Aïa, aïa ! Fantasia ! L’une vers l’autre, les deux troupes S’élancent, ayant pris du champ… Elles volent, — se rapprochant !… Crinières, dos, visages, croupes ! Aïa, aïa ! Fantasia ! Arrivés face à face, halte ! Brusquement, on s’est arrêté : Chacun, — son coup de feu jeté, — Pousse un cri, repart et s’exalte ! Aïa, aïa ! Fantasia ! Chacun se débat comme quatre. Tromblon, pistolet, mousqueton, Comment donc les recharge-t-on ? On est toujours prêt à combattre ! Aïa, aïa ! Fantasia ! C’est un vrai tableau de la guerre ; On se heurte, on se brave, on fuit, On tombe, on hurle. Cris et bruit. On se blesse, mais ce n’est guère ! Aïa, aïa ! Fantasia ! Cette mêlée en gaîté joue Avec la flamme, avec le fer ; Plus d’un fusil, qu’on lance en l’air, — Tout en courant, — retombe en joue : Aïa, aïa ! Fantasia ! On se mêle, on reprend du large ; Hommes et chevaux sont ardents : Des mains, du pied, avec les dents, On charge, on décharge, on recharge ! Aïa, aïa ! Fantasia ! On se fusille en plein visage, On se brûle barbe et sourcils ; Les moins noirs sont les plus noircis ! Les moins braves font du courage ! Aïa, aia ! Fantasia ! C’est un fourmillement de bêtes. L’une se cabre, l’autre court ; L’autre, au galop, s’arrête court !… Les cent autres font des courbettes. Aïa, aïa ! Fantasia ! Avec leurs jambes de gazelles, Sous les blancs burnous envolés, Tous les chevaux semblent ailés ! Tous les cavaliers ont des ailes !… En avant, mon cheval, aïa ! Fantasia !

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