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Rapport sur une mission botanique exécutée en 1884 dans le nord, le sud et l'ouest de la Tunisie

VI

Reading edition

Le grand Chott et le Djerid.

La grande Sebkha ou Chott El-Djerid, qui porte aussi le nom de Sebkha Faraoun et que les Berbères appelaient Tekamert, a exercé la verve des poètes et l’imagination inventive des voyageurs arabes. Suivant El-Aïachi, on ne peut la traverser que par un sentier étroit comme un cheveu et coupant comme le tranchant d’une épée. D’après un autre, la nuit n’a point d’étoiles en cet endroit ; elles se cachent derrière les montagnes ; le vent y souffle à la fois de droite et de gauche avec une violence capable de vous rendre sourd. Tous sont d’accord pour déclarer qu’un seul pas en dehors de la route vous précipite dans un abîme de boue qui peut dévorer des caravanes et des armées entières sans qu’il en reste de traces.

Nos cavaliers et nos guides, désignés par le cheikh de Debabcha, ne croyaient heureusement ni au vent impétueux ni à l’étroitesse capillaire du chemin, mais l’existence de bourbiers insondables et de véritables lises en dehors des bandes de terrain solide que suivent les caravanes de temps immémorial ne saurait être mise en doute. Quant aux étoiles, elles brillaient au-dessus de la Sebkha, lorsque, à deux heures et demie du matin, à la lueur des falots, nous procédâmes aux préparatifs du départ.

Les bouquets de Palmiers ne tardent pas à devenir rares et à disparaître ; puis c’est le tour des buissons et des grandes Salsolacées elles-mêmes ; encore un instant et l’on n’aperçoit plus au bord de la route que quelques morceaux de bois et des ossements fichés dans le sol pour jalonner la piste. Nous avons passé insensiblement de la terre ferme au vrai Chott. Au moment où pointe à l’orient la lueur grise qui précède l’aurore, s’élèvent sans bruit devant nous, comme des spectres, des ombres dégingandées et confuses : nos fantômes sont des Flamants surpris par notre marche silencieuse et dont le vol se perd rapidement dans l’ombre encore opaque du couchant.

Le soleil se lève et éclaire devant nous l’immense et plate étendue de la Sebkha ; le terrain est d’un gris blanchâtre, solide et mat : à peine si nous remarquons çà et là quelques blanches mouchetures de sel. Nous avançons lentement entre les deux lignes de pierres et d’ossements blanchis sur la voie étroite et battue. A sept heures nous faisons halte à Mençof ou Bir-en-Nouçf (le puits du milieu) ; une borne, plantée à la place où, d’après la tradition, existait jadis un puits, indique la moitié du chemin. Tout autour le sol est couvert des déjections noirâtres des bêtes de somme, mêlées de noyaux de dattes. La terre est humide, et au fond des larges empreintes laissées par la patte spongieuse des chameaux, le sel commence à former des efflorescences.

Après avoir attendu pendant près d’une heure l’apparition de la petite caravane attardée qui porte nos bagages, nous reprenons notre route monotone. A mesure que nous avançons, la cristallisation est plus apparente et les dépôts salins gagnent en étendue et en intensité : au loin, vers le sud-ouest, ils forment une nappe d’un éclat éblouissant. C’est bien là cette croûte resplendissante qu’El-Tedjani, dans sa Rahla, compare tantôt à une feuille d’argent laminé et tantôt à un tapis de camphre ou à une terrasse d’albâtre. Nous ne tardons pas à voir surgir à l’horizon un rang de collines, au pied desquelles s’étendent par intervalles les lignes sombres des oasis amplifiées par le mirage. Il semble qu’en moins de deux heures nous allons les atteindre, mais à mesure que nous marchons, la dimension de ces taches diminue et l’image semble fuir devant nous. Cependant la nature du sol change : le terrain perd sa teinte d’un gris blanchâtre, prend une nuance brune et se dépouille de toute incrustation saline. Sur l’argile glaiseuse nos bêtes glissent et patinent ; la marche devient excessivement difficile, et notre fatigue s’accroît de notre impatience. Enfin nous pouvons discerner au loin les cimes des plus hauts Palmiers et, plus près de nous, la ligne des Salsolacées et du Limoniastrum monopetalum dessine le véritable bord de la Sebkha. Nous l’atteignons enfin vers onze heures du matin, entre les oasis de Sedada à droite et de Kriz à gauche. Nous nous engageons dans un terrain sablonneux couvert de petites buttes buissonneuses, qui monte du Chott aux collines calcaires, dernières vertèbres du Djebel Cherb, lorsqu’un mokhazni du qaïd se présente à nous et, après nous avoir fait contourner les derniers vergers et les dernières maisons du village de Kriz, nous conduit au bord du joli bassin de Sebã Biar (les sept puits), qui se creuse au pied d’un rocher calcaire pétri d’Oursins fossiles. Étendus à l’ombre des Palmiers qui l’ombragent, nous attendons pendant plusieurs heures nos bagages et leurs conducteurs, auxquels nous avons eu la fâcheuse imprudence de confier notre déjeuner.

Heureusement le temps des ânes et des chameaux est passé : un détachement du train de la compagnie mixte de Tozer, qui nous attendait à Kriz, vient nous rejoindre avec ses mulets, et une cruche de lagmi nous aide à supporter avec plus de patience le retard de notre convoi.

Vers cinq heures, je vais explorer les ravins des collines calcaires aux flancs pierreux et roux qui s’élèvent derrière notre tente, et j’y retrouve avec joie quelques plantes des Ziban mêlées à des espèces tunisiennes :

Farsetia Ægyptiaca Turra.

Cleome Arabica L.

Reseda Alphonsi Müll.

Fagonia Sinaica Boiss.

F. virens Coss.

Neurada procumbens L.

Sclerocephalus Arabicus Boiss.

Pteranthus echinatus Desf.

Pyrethrum fuscatum Willd.

Chlamydophora pubescens Coss. et DR.

Anarrhinum brevifolium Coss. et Kral.

Aristida Adscensionis L. var. pumila.

Arthratherum ciliatum Nees.

Chloris villosa Pers.

J’allais atteindre le fond du ravin lorsque je fus rappelé à grands cris pour recevoir le qaïd du canton, grand et bel homme, fort élégant, accompagné de son khodja, aussi distingué que lui, qui venaient me faire leurs compliments et m’inviter à recevoir chez eux l’hospitalité. J’aurais voulu les congédier immédiatement pour reprendre mon herborisation, mais les exigences de l’étiquette me retinrent jusqu’à l’heure où le coucher du soleil rendit toute recherche impossible.

3 juin. A 6 heures nous sommes en marche entre la chaîne des collines et une série d’oasis qui s’étendent jusqu’au bord de la grande Sebkha. Bientôt les carapaces rocheuses qui revêtent les mamelons en s’inclinant vers le sud-est disparaissent et la chaîne du Cherb fait place à un relèvement aplati que l’on nomme le Draâ du Djerid et qui constitue un isthme élargi entre le Chott El-Djerid, dont la surface est à environ 20 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le Chott El-Gharsa, dont le bassin se creuse à 20 ou 28 mètres au-dessous.

Au bout de deux heures de marche, nous apercevons entre le Draâ et le Chott une longue forêt de Palmiers, au-dessus de laquelle apparaissent des murailles grises surmontées de quelques coupoles blanches, une tour et un édifice couronné d’une calotte de briques vertes vernissées et imbriquées comme des écailles. C’est la mosquée des Oulad Sidi-Abid. Au-dessus de la ville, le dos de la colline est presque nu et parsemé de blocs de sable agglutiné, restes de l’ancien terrain qui a été largement exploité comme carrière. Nous pénétrons dans la capitale du Djerid en poussant nos montures dans des rues sablonneuses bordées de nombreuses maisons : les plus belles sont bâties en briques cuites avec des ajours disposés au-dessus des portes et qui forment des encadrements et des dessins assez élégants ; les autres, plus modestes, admettent dans leurs murailles la pierre, les blocs de sable et même le tob (briques crues séchées au soleil).

La place du marché est irrégulière et manque de caractère ; un certain nombre de boutiques sont inoccupées, au centre quelques indigènes sont accroupis devant de petits tas de viande ou quelques pyramides de fruits. Du côté de l’oasis s’élève un édifice qui se distingue par ses fenêtres à balcons de fer en encorbellement, le Dar-el-Bey où est installé le bureau des renseignements et où l’on nous offre gracieusement l’hospitalité. La compagnie mixte, dont le commandant est M. du Couret, le fils du célèbre explorateur, campe tout près de là, sous la tente, les chevaux au piquet ; les officiers sont logés dans une maison voisine décorée du nom beaucoup trop fastueux de kasba. Une cour sert de parc à un cerf (Cervus Corsicanus), capturé en plein Sahara, dans les environs de Douiret, nous dit-on.

4 juin. La journée est consacrée à l’exploration de l’oasis. La promenade est délicieuse au milieu de jardins où, parmi les Dattiers, croissent de nombreux arbres fruitiers et tous les légumes de la région. Nous y remarquons même quelques pieds de Meloukhia (Corchorus olitorius) qui nous rappellent l’Égypte et la Syrie : les Rosiers et le Fenouil n’y sont pas rares, non plus que le Zizyphus Spina-Christi : un de ces arbres, protégé par le voisinage d’une mosquée-zaouïa, atteint des dimensions vraiment gigantesques. L’eau circule partout, amenée par des rigoles qui s’embranchent sur des canaux dérivés eux-mêmes d’une artère centrale ; celle-ci, bordée presque partout de pierres taillées, est traversée par des ponts dont quelques-uns remontent à une vénérable antiquité. Le partage des eaux s’opère au moyen de barrages et de troncs de palmiers entaillés d’encoches d’une dimension déterminée qui assurent à chaque canal son débit réglementaire. Quant aux rigoles (saguias) qu’alimentent ces canaux, elles sont ouvertes ou fermées pour chaque propriété pendant un nombre d’heures mesuré à la clepsydre. Tout ce système d’irrigation remonte évidemment aux temps reculés de l’antique Tisurus, qui fut une ville considérable et prospère, car, indépendamment des blocs sculptés et des fûts de colonnes encastrés dans les murs de diverses maisons, on trouve à l’intérieur de l’oasis le village de Belidet-el-Adher, dont le minaret repose sur des assises antiques, et les débris d’un édifice qui, suivant Guérin, a dû servir successivement de temple païen, d’église et de mosquée. Les dieux changent, mais les ruines survivent aux religions.

Après avoir assisté sur les bords du Chott à un tir à la cible, nous parcourons, le long du bord méridional de l’oasis, un terrain argilo-sableux qui a dû jadis faire partie du fond de la sebkha ou d’un marais saumâtre, car nous y recueillons, outre le Melania tuberculata, vulgaire partout, un Melanopsis subfossile à très grosses côtes (Melanopsis Sevillensis) et quelques valves d’une petite forme du Cardium edule.

Après avoir remonté les flancs du Draâ presque jusqu’à son sommet, nous voyons s’ouvrir devant nous les entonnoirs échancrés, de 15 à 20 mètres de profondeur, au fond desquels sourdent les nappes qui se réunissent pour former le ruisseau ou, comme le disent les indigènes, l’oued qui alimente la ville et irrigue l’oasis. L’eau sort d’une couche de sable fin et blanc qu’El Bekri compare à de la farine et qui paraît constituer une couche inclinée de 15 à 35 degrés au-dessous des argiles et des terrains arénacés et agglutinés formant la partie supérieure de l’isthme ou Draâ. Le fond des entonnoirs est garni de quelques touffes de Joncs et de Typha angustifolia et ombragé par des Palmiers qui semblent suspendus sur ses bords.

Les vents dominant dans l’oasis, surtout en cette saison, sont ceux de l’est à l’est-nord-est : ils désagrègent les couches supérieures, balaient le sable, l’accumulent sur le flanc oriental de la ville, et le précipitent dans les entonnoirs dont le fond se trouve ainsi encombré au grand préjudice du débit des sources. Il serait urgent que des mesures rationnelles fussent prises pour remédier à un état de choses qui, en s’aggravant, compromettrait l’existence même de l’oasis[23] de Tozer.

La population est laborieuse, les jardins sont assez bien cultivés et les tissus que l’on y fabrique fort renommés ; en revanche la population féminine, vêtue de cotonnade bleue, est loin d’offrir le type élégant et distingué que nous avons admiré à Djara et à Menzel ; aussi est-ce dans cette région privilégiée de Gabès que vont prendre femme les riches négociants du Djérid[24].

Les dattes de Tozer, surtout les Deglet Nour, sont appréciées dans le monde entier. Les beaux Palmiers produisent en moyenne une charge de chameau (environ 150 à 200 kilogrammes) et les meilleurs sujets se vendent jusqu’à 100 francs.

5 juin. Départ de bonne heure pour Nefta. La route est monotone : la surface du Draâ, dont nous suivons le côté gauche, est d’abord nue et ne présente plus loin qu’une végétation maigre où la Coloquinte, l’Heliotropium undulatum et le Rhanterium suaveolens jouent le rôle principal. On aperçoit de fort loin la longue pointe des vergers de l’oasis, mais on ne distingue la ville qu’au moment d’y arriver. Nous y entrons du côté de l’est en franchissant un amas de sable envahisseur et nous mettons pied à terre sur la place, à la porte du Dar-el-Bey, antique construction plus ruinée que celle de Tozer. Les deux amels (chefs administratifs) nous y attendent et font assaut de prévenances. Après avoir fêté convenablement la diffa et le lagmi, nous remontons à cheval pour visiter l’oasis que nous traversons dans sa plus grande étendue. Le système d’irrigation est le même qu’à Tozer : mais la pente est plus forte et nous admirons le long des canaux plusieurs chutes que l’industrie pourrait utiliser. Les vergers et jardins sont splendides et bien cultivés : aussi ne remarquons-nous que les plantes vulgaires, amies des talus et des fossés : Inula crithmoides, Plantago major, Sonchus tenerrimus, etc. Tout à coup l’oasis s’arrête brusquement au pied d’une grande dune qui nous rappelle le Souf et où nous recueillons quelques espèces spécialement arénicoles :

Malcolmia Africana R. Br.

Astragalus Gyzensis Del.

Polycarpæa fragilis Desf.

Neurada procumbens L.

Orlaya maritima Koch.

Senecio coronopifolius Desf.

Atractylis citrina Coss. et DR.

Zollikoferia resedifolia Coss.

Lithospermum callosum Vahl.

Scrofularia deserti Del.

Euphorbia Guyoniana Boiss. et Reut.

Cyperus conglomeratus Rottb.

Scirpus littoralis Schrad.

Arthratherum pungens P. B.

A. plumosum Nees.

Danthonia Forskalii Trin.

Au sortir de la dune nous descendons dans des bas-fonds où le trop-plein des irrigations forme une lagune ou bahr et quelques mares entourées de Tamarix malheureusement défleuris. Sur plusieurs points le sol est formé de sables mouvants et le cavalier qui nous guide et dont la monture s’enlise en une seconde jusqu’au ventre nous démontre de visu le danger que présentent les gouffres des sebkhas.

Rentrés dans l’oasis, nous traversons des jardins, ornés de beaux Rosiers, où les tourterelles roucoulent dans les Dattiers et nous visitons à la lisière le village abandonné de Bou-Ali. Nos oreilles sont assourdies par le bruit enragé d’une musique composée presque uniquement de gros tambours ; nous voyons déboucher devant nous et courir en cadence des files de gens qui portent sur leurs épaules d’énormes troncs de Palmier destinés à un travail d’utilité publique[25]. Nous grimpons la pente du Draâ et, après avoir longé tout un quartier de la ville, nous arrivons inopinément en face d’une immense excavation (Ras-el-Aïoun) au fond de laquelle s’épanouissent à près de vingt mètres en contre-bas les sources les plus considérables de l’oasis qui sourdent comme à Tozer d’un lit de sable fin encadré dans des argiles ; des jardins de Dattiers bordent les ruisseaux qui en sortent pour former, au fond d’un ravin étroit, un oued qui coupe Nefta en deux parties inégales.

6 juin. Bien que les insectes nous aient respectés, nous avons mal dormi dans le Dar-el-Bey où la chute des plâtras et des poussières tombant du plafond nous a tenus en éveil presque toute la nuit ; aussi sommes-nous en selle à la première réquisition de notre guide. Nous prenons cette fois le sommet du Draâ d’où nous pouvons apercevoir à l’ouest le Chott El-Gharsa, plus au nord les montagnes roses de l’Algérie et à l’est l’immense étendue du Chott El-Djerid, presque entièrement couvert d’une couche miroitante de sel. Un coup d’œil suffit pour constater la différence de niveau des deux sebkhas.

En approchant de Tozer nous remarquons l’abondance du Cornulaca monacantha et plus loin la prédominance du vulgaire Peganum Harmala.

Après midi, nouvelle promenade dans l’oasis de Tozer où, sauf une Malvacée qui nous paraît être le Malva tomentella, nous ne rencontrons que les plantes vulgaires du bord des eaux ou des décombres : Parietaria diffusa, Sonchus maritimus, Apium graveolens, Inula viscosa, I. crithmoides, Malva parviflora, Statice delicatula, Chenopodium murale, etc.

La journée du 7 est consacrée à l’exploration d’El-Hamma du Djerid, situé à la racine du Draâ, du côté de l’ouest. Comme dans les oasis que nous venons de visiter, les sources supérieures coulent au-dessous de sables terreux agglutinés et d’argiles, à environ 20 mètres de la crête : leur température est, comme à Tozer et Nefta, d’environ 28 degrés ; mais plus bas, dans le lit même du ruisseau qui provient de ces sources, surgissent des eaux beaucoup plus chaudes, puisque leur température dépasse 40 et atteint même 45 degrés. Deux gourbis reçoivent les baigneurs ; l’un d’eux est réservé aux dames. Ils sont sous la surveillance d’un qaouadji (cafetier) qui ne perçoit comme rétribution que le prix des tasses ingurgitées par ses pratiques. Plus bas la plèbe vile qui n’absorbe pas de café s’agite pêle-mêle dans le lit du ruisseau.

L’oasis est en décadence : au milieu des vergers on rencontre des vides marécageux envahis par les Joncs et le Statice, probablement nouveau, déjà plusieurs fois constaté par nous dans la région. M. le lieutenant de Fleurac, qui a eu l’obligeance de nous accompagner, nous conduit à l’un des trois villages de El-Hamma. Pendant que le chef du bureau des renseignements écoute les doléances de nos hôtes qui se plaignent de l’envahissement des sables et de la misère des temps, je procède à l’exploration botanique des abords du hammam. La crête du Draâ est complètement chauve et aride, mais à son pied le terrain argilo-sablonneux se couvre d’une abondante végétation et me fournit une liste intéressante :

Ammosperma cinereum Hook.

Malcolmia Ægyptiaca Spreng.

Farsetia Ægyptiaca Turra.

Koniga Arabica R. Br.

Reseda Arabica Boiss.

Silene Nicæensis L.

Argyrolobium uniflorum Jaub. et Sp.

Ononis longifolia Willd.

O. serrata Forsk.

Trigonella Stellata Forsk.

Neurada procumbens L.

Polycarpæa fragilis Del.

Paronychia Cossoniana J. Gay.

Pteranthus echinatus Desf.

Nolletia chrysocomoides Cass.

Anthemis pedunculata Desf. var.

Pyrethrum trifurcatum Willd.

Ifloga spicata Schultz Bip.

Leyssera capillifolia DC.

Calendula stellata Cav. var. hymenocarpa.

Echinops spinosus L.

Atractylis citrina Coss. et DR.

Centaurea furfuracea Coss. et DR.

C. dimorpha Viv.

Onopordon ambiguum Fres.

Spitzelia radicata Coss. et Kral.

Zollikoferia resedifolia Coss.

Echium humile Desf.

Nonnea phaneranthera Viv.

Anchusa hispida Forsk.

Linaria laxiflora Desf.

Scrofularia deserti Del.

Salvia lanigera Poir.

Plantago ovata Forsk.

P. ciliata Desf.

Euphorbia Forskalei J. Gay.

Asphodelus pendulinus Coss. et DR.

Panicum turgidum Del.

Setaria ambigua Guss.

Stipa tortilis Desf.

Arthratherum ciliatum Nees.

A. plumosum Nees var. floccosum.

A. obtusum Nees.

Le dimanche, 8 juin, est consacré presque entièrement à l’établissement de notre itinéraire et aux préparatifs de départ ; dans l’après-midi, je vais faire une promenade au nord-est de Tozer pour recueillir des Hélices dans le sable et j’en rapporte quelques plantes : Carduncellus eriocephalus, Tanacetum cinereum, Lithospermum callosum, Deverra chlorantha, Rhanterium suaveolens que l’on doit retrouver aussi du côté de la frontière algérienne, Silene setacea et Astragalus Gyzensis.

Le 9, nous faisons nos adieux au capitaine du Couret, au lieutenant de Fleurac et à tous les officiers à qui nous devons un si aimable accueil et nous reprenons la route de Kriz en traversant la tête des oasis qui forment le canton de El-Oudian. En passant près de Degach nous faisons une halte de quelques minutes pour recueillir le Crozophora verbascifolia. Nous arrivons de bonne heure à Sedada, le village le plus septentrional du Djerid, et, pendant que l’on prépare le déjeuner, je remonte une dépression sablonneuse qui mène au contrefort sur lequel s’élève la mosquée du cheikh Sid-Ahmed-bou-Hillal entourée de nombreux tombeaux. La tradition populaire place dans la montagne auprès de Sedada, qu’on appelle aussi le pays de Dakious (Décius ?), une caverne où reposeraient les fabuleux Sept Dormants, mais personne parmi les habitants ne consent à m’y conduire.

Je citerai parmi les plantes que je rapporte de ma promenade :

Lonchophora Capiomontiana DR.

Reseda propinqua R. Br.

Oligomeris dispersa Müll.[26]

Silene setacea Viv.

Gymnarrhena micrantha Desf.

Asteriscus pygmæus Coss. et DR.

Ifloga spicata Schultz Bip.

Onopordon ambiguum Fres.

Carduus Arabicus Jacq.

Atriplex dimorphostegia Kar. et Kir.

Panicum Teneriffæ R. Br.

Andropogon laniger Desf.

Æluropus...

Notes in this chapter

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