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Oeuvres complètes, tome 4

CHAPITRE LXXXIX.

Reading edition

Quand nous serons à la fin de ce chapitre, et non pas plutôt, nous reviendrons sur nos pas pour reprendre ces deux chapitres en blanc, qui me font saigner le cœur depuis une demi-heure.—Mais auparavant, souffrez que j'ôte une de mes pantoufles jaunes, et que je la lance de toute ma force à l'autre bout de ma chambre, en déclarant:

Qu'il est très-incertain que ce que je vais écrire ressemble à ce que j'ai déjà écrit.—

C'est à-peu-près comme l'écume du cheval de Protogène. Je jette ma pantoufle comme il jeta son éponge.—Il en arrive ce qui peut.—D'ailleurs, messieurs, je regarde avec respect un chapitre en blanc. Je songe qu'il y en a d'infiniment plus mauvais;—je remarque que la satyre ne peut trouver à y mordre.—

Est-ce pour cela que vous en avez sauté deux sans les remplir? Non.

Ici, je m'attends à être traité de sot, de fou, d'imbécille, à recevoir les épithètes les plus injurieuses, les plus méprisantes; mais je les pardonne à mes critiques. Pouvoient-ils prévoir en effet que j'étois dans la nécessité forcée d'écrire mon quatre-vingt-neuvième chapitre avant le quatre-vingt-deuxième?

Ainsi, je ne me fâche point contre ces messieurs. Tout ce que je désire, c'est que ceci puisse servir de leçon, et qu'à l'avenir on laisse les gens conter leurs histoires à leur mode.

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