NOTE I[10]
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NOTE I[10]
Les monnaies de Vercingétorix[11].
La plus ancienne monnaie connue de Vercingétorix a été découverte en Auvergne vers 1837[12]. Plusieurs autres ont été trouvées en 1852, sur le territoire de Pionsat[13]. Une autre provient des environs d’Issoire[14]. On en a rencontré une dans les fouilles des abords d’Alésia[15].
Aujourd’hui le Cabinet des Médailles possède neuf pièces au nom de Vercingétorix[16]. D’autres collections, municipales[17], publiques[18] ou particulières[19], en possèdent un petit nombre. Je serais étonné si l’on en connaissait plus d’une vingtaine[20].
Les pièces de Vercingétorix forment deux groupes distincts, si on examine la tête figurée au droit.
Sur la plupart des pièces, c’est une tête nue, imberbe, jeune, aux cheveux bouclés. On y voit d’ordinaire la figure d’un Apollon[21]. Mais il n’est pas impossible, comme le pensait autrefois de Saulcy[22], qu’on ait voulu représenter Vercingétorix lui-même, avec les traits idéalisés, ou, si l’on préfère, théomorphisés.

DENIER DE LA GENS HOSTILIA (grossi au quintuple).
Sur un très petit nombre de ces pièces, la figure paraît davantage celle d’un homme[23]. Elle est coiffée d’un casque ou d’une calotte à côtes; le cou est orné d’un collier[24]. Si l’on cherchait la physionomie véritable de Vercingétorix, ce sont ces pièces qu’il faudrait, peut-être, étudier de près.
Au revers, on trouve figurés, avec des groupements différents: le cheval au galop, qui est constant; l’amphore, constante également; le croissant et le ᔕ couché, qui se partagent les pièces comme troisième attribut.
Les légendes, plus ou moins complètes, comportent, presque toutes l’orthographe VERCINGETORIX; un très petit nombre, VERCINGETORIXIS[25].
Sur le style de ces pièces, voici ce que veut bien m’écrire M. de La Tour[26]: «Les monnaies de Vercingétorix sont en bon or jaune. La frappe a été hâtive, grossière; les flans sont irréguliers; les tranches, éclatées. Le style est mauvais, si on le compare à l’art romain de la même époque; il est très bon si on le compare à celui des œuvres barbares. L’exécution, malgré sa rudesse et son âpreté, n’est pas sans caractère et sans une certaine ampleur. Cette monnaie forme, avec les autres monnaies frappées à la même époque par les Arvernes, un groupe fort homogène comme style, métal et frappe. Le cheval, d’une belle allure et très caractéristique, se retrouve sur les monnaies d’argent du même peuple arverne; mais celles-ci sont exécutées avec moins de soin encore que les monnaies d’or, les flans sont très grossiers et ne portent chacun l’empreinte que d’une portion de coin[27].»