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Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa

SÉRIE DES ÉPOQUES DE L’HISTOIRE MAYA.

Reading edition

Ahau. An de l’ère chrétienne.

VIII 401

VI 421

IV 441

II 461

Lai u tzolan katun lukci ti cab ti yotoch Nonoual cánte anilo Tutul Xiu ti chikin Zuiná, u luumil u talelob Tulapan chiconahthan.

C’est ici la série des époques écoulées depuis que s’enfuirent les quatre Tutul Xiu de la maison de Nonoual[1], étant à l’ouest de Zuinà, et vinrent de la terre de Tulapan[2].

XIII 481

XI 501

IX 521

VII 541

V 561

III 581

I 601

XII 621

X 641

VIII 661

Cánte bin ti katun lic u ximbalob ca uliob uaye yetel Holon-Chan-Tepeuh yetel u cuchulob: ca hokiob ti petene Uaxac Ahau bin yen cuchi, Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, can-kal haab ca-tac hunppel haab. Tumen hun piztun Oxlahun Ahau cuchie ca uliob uay ti petene, can-kal haab ca-tac hunppel haab tu pakteil yete cu xinbalob lukci tu luumilob ca talob uay ti petene Chacnouitan lae.

Quatre époques s’écoulèrent depuis qu’ils se mirent en marche avant d’arriver par ici avec Holon-Chan-Tepeuh[3] et ses compagnons: avant d’atteindre cette péninsule[4], le Huit Ahau s’était passé, le Six Ahau, le Quatre Ahau, le Deux Ahau, quatre-vingt et un ans[5]. Car le premier point de la pierre du Treize Ahau[6] s’écoula avant qu’ils arrivassent à cette péninsule, quatre-vingt et un ans qu’ils tardèrent dans leur marche, depuis le départ de leur terre jusqu’à cette péninsule de Chacnouitan (an 482).

VI 681

Uaxac Ahau, Uac Ahau, Cabil Ahau.

Huit Ahau, Six Ahau[7], Deux Ahau.

IV 701

II 721

XIII 741

XI 761

IX 781

Kuchci Chacnouitan Ahmekat Tutul Xiu; hunppel haab minan ti ho-kal haab cuchi yanob Chacnouitan lae. Laitun uchci u chicpahal tzucuble Ziyan-Caan, lae Bakhalal.

Ahmekat Tutul Xin arrive en Chacnouitan[8]; un an manquait aux cent ans[9] qu’ils avaient été en Chacnouitan (c’est-à-dire à l’an 581). En ce temps-là eut lieu la conquête de la province de Ziyan-Caan, qui est celle de Bakhalal[10].

VII 801

V 821

III 841

I 861

XII 881

Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, ox-kal haab cu tepalob Ziyan-Caan, ca emob uay lae. Lai u haabil cu tepalob Bakhalal, chuulte laitun chicpahi Chichen-Ytza lae.

Quatre Ahau[11], Deux Ahau, Treize Ahau, soixante ans qu’ils gouvernèrent en Ziyan-Caan, depuis qu’ils y étaient descendus (de l’an 701 à l’an 761). C’est en ces années, durant lesquelles ils gouvernèrent à Bakhalal, que l’on marque le temps de la conquête de Chichen-Ytza[12].

X 901

VIII 921

Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau.

Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau[13].

VI 941

IV 961

II 981

XIII 1001

XI 1021

IX 1041

Uac-kal haab cu tepalob Chichen-Ytza, ca paxi Chichen-Ytza, ca binob cahtal Chanputun ti yanhi u yoto-chob Ah-Ytzaob, kuyen uincob lae. Uac Ahau chucuc u luumil Chanputun.

Depuis six vingt ans ils dominaient à Chichen-Ytza, lorsque Chichen-Ytza fut ruiné (de l’an 761 à l’an 881). Alors ils allèrent à Chanputun[14], où les Ytzas, hommes saints (sacrificateurs?), avaient eu des demeures[15]. Au Six Ahau, ils prennent possession du territoire de Champoton (de l’an 941 à l’an 961)[16].

VII 1061

V 1081

III 1101

I 1121

XII 1141

X 1161

VIII 1181

VI 1201

IV 1221

II 1241

XIII 1261

XI 1281

Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau, Lahca Ahau, Lahun Ahau. Uaxac Ahau, paxci Chanputun; ox’ahun-kal haab cu tepalob tumenel Ytza uincob, ca talob u tzacle u yotochob tu caten, laixtun u katunil binciob Ah-Ytzaob yalan che, yalan aban, yalan ak ti numyaob lae. Uac Ahau, Can Ahau, ca-kal haab ca talob u heɔob yotoch tu caten ca tu zatahob Chakanputun.

Quatre Ahau, Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau, Douze Ahau, Dix Ahau. Au Huit Ahau, Chanputun fut ruiné[17], deux cent soixante ans depuis que les hommes d’Ytza régnaient à Chanputun (de l’an 681 à l’an 941), après quoi ils sortirent de nouveau à chercher des demeures, et alors, durant plusieurs époques, les Ytzas errèrent, couchant dans les bois, entre les rochers et les herbes sauvages, souffrant de grandes privations[18]. Six Ahau, Quatre Ahau, soit quarante ans (de l’an 941 à l’an 981), après quoi ils eurent de nouveau des demeures fixes, depuis qu’ils avaient perdu Chanputun[19].

IX 1301

VII 1321

V 1341

III 1361

I 1381

XII 1401

X 1421

Lai u katunil Cabil Ahau u heɔci cab Ahcuitok Tutul Xiu Uxmal. Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau, Lahca Ahau, Lahun Ahau, lahun-kal haab cu tepalob yetel u halach uinicil Chichen-Ytza yetel Mayalpan.

C’est à l’époque Deux Ahau, qu’Ahcuitok Tutul-Xiu s’affermit à Uxmal (de l’an 981 à l’an 1001). Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau, Douze Ahau, Dix Ahau; deux cents ans qu’ils régnèrent avec les puissants seigneurs de Chichen-Ytza et de Mayapan (de l’an 981 à l’an 1181)[20].

VIII 1441

VI 1461

IV 1481

II 1501

XIII 1521

XI 1541

IX 1561

Lai u katunil Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau. Uaxac Ahau, paxci u halach uinicil Chichen-Ytza, tumenel u kebanthan Hunac-Eel u halach uinicil Mayalpan ichpac. Can-kal haab ca-tac lahun piz haab tu lahun tun Uaxac Ahau cuchie, lai u haabil paxci tumenel Ahtzin-Teyut-Chan, yetel Tzuntecum, yetel Taxcal, yetel Pantemit Xuchu-Cuet, yetel Ytzcuat, yetel Kakaltecat, lay u kaba uinicilob lae nuctulob ah Mayapanob lae. Laili u katunil Uaxac Ahau, lai ca binob u pá ah-Ulmil Ahau, tumenel u uahal-uahob yetel ah-Ytzmal Ulil Ahau; lae oxlahun uuɔ u katunilob ca paxob tumen Hunac-Eel tumenel u ɔabal u naátob. Uac Ahau ca ɔoci, hun-kal haab ca-tac can lahun pizi.

Voici les époques de Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau[21]. Au Huit Ahau, les puissants seigneurs de Chichen-Ytza furent ruinés pour avoir péché en paroles contre Hunac Eel, ce qui arriva à Chac-Xib-Chac de Chichen-Ytza, qui avait péché en paroles contre Hunac Eel, le puissant seigneur de la forteresse de Mayapan[22]. Quatre-vingts années et dix points à la dixième pierre du Huit Ahau s’étaient écoulés, et c’est là l’année (an 1191) où il fut vaincu par Ah-Tzinteyut-Chan, avec Tzuntecum, avec Taxcal, avec Pantemit Xuchu-Cuet, avec Itzcuat, avec Kakaltecat, et ce sont là les noms des seigneurs marquants de Mayapan[23]. C’est dans la même période du Huit Ahau (de l’an 1181 à l’an 1201) qu’ils allèrent attaquer le roi Ulmil, à cause de ses grands festins avec Ulil, roi d’Ytzmal[24]; ils avaient treize divisions de troupes, lorsqu’ils furent défaits par Hunac-Eel, par celui qui donne l’intelligence[25]. Au Six Ahau, c’en était fait, après trente-quatre ans (entre l’an 1201 et l’an 1221)[26].

Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau. Chucuc u luumil ichpáa Mayalpan, tumenel u pach tulum, tumenel multepal ich cah Mayalpan, tumenel Ytza uinicob yetel ah-Ulmil Ahau lae.

Six Ahau, Quatre Ahau, Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau. Envahissement par les gens d’Ytza avec leur roi Ulmil[27] du territoire de la forteresse de Mayapan (de l’an 1201 à l’an 1221), à cause des fortifications du pays et parce qu’un gouvernement républicain dirigeait Mayapan.

Can-kal ca-tac oxppel haab, yocol Buluc Ahau cuchie paxci Mayalpan tumenel ah-Uitzil ɔul, Tancah Mayalpan.

Quatre-vingt-trois ans (se passent), et au commencement du Onze Ahau (de l’an 1281 à l’an 1301) Mayapan fut ruiné par les montagnards[28], qui se rendirent maîtres de Tancah de Mayapan[29].

Uaxac Ahau lay paxci Mayalpan lai u katunil Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, lai haab ca yax mani Españoles u yaxilci caa luumi Yucatan tzucubte lae, oxkal haab pâxac ichpa cuchie.

C’est au Huitième Ahau que Mayapan fut ruiné[30]. Ce sont les époques du Six Ahau, du Quatre Ahau, du Deux Ahau, qui sont les années où arrivèrent pour la première fois les Espagnols[31], qui donnèrent depuis le nom de Yucatan à cette province. Soixante ans s’étaient écoulés depuis la ruine de la forteresse (an 1511-1517).

Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, uchci maya-cimil ichpa yetel nohkakil: Oxlahun Ahau cimci Ahpulá uacppel haab u binel ma ɔococ u xocol Oxlahun Ahau cuchie, ti yanil u xocol haab ti likin cuchie, canil Kan cumlahi Pop, tu holhun Zip ca-tac oxppeli, Bolon Ymix u kinil lai cimi Ahpulá; laitun año cu ximbal cuchi lae ca oheltabac lay u xoc numeroil años lae 1536 años cuchie, ox-kal haab paaxac ichpá cuchi lae.

Au Treize Ahau, au Onze Ahau, il y eut de la peste avec de la petite vérole dans les châteaux[32]: au Treize Ahau, Ahpulá mourut[33], six ans manquant pour que le compte du Treize Ahau s’écoulât; le compte de l’année suivant à l’est et le Quatre Can commençant (le mois) Pop, ce fut au troisième mois Zip et au neuvième jour Ymix que mourut Ahpulá. Or, voici l’année où cela s’était passé, afin que son nombre correspondant soit connu: l’année 1536[34], soixante ans après que la destruction de la forteresse avait eu lieu[35].

Laili ma ɔococ u xocol Buluc Ahau lae lai ulci españoles kul uincob ti likin u talob ca uliob uay tac luumil lae Bolon Ahau hoppel Cristianoil uchci caputzihil: laili ichil u katunil lae ulci yax obispo Toroba u kaba.

Mais, avant que se fût terminé le compte du Onze Ahau, arrivèrent les Espagnols, et des hommes saints[36] vinrent avec eux quand ils touchèrent cette terre. Au Neuf Ahau, commença le christianisme et l’avénement du baptême: c’est durant cette période qu’arriva le nouvel évêque, dont le nom est Toral.[37]

NOTES

Notes in this chapter

Note 1 · Les Tutul Xiu, dont il est parlé dans toutes les histoires du Yucatan, sont évidemment les chefs d’une maison de la race nahuatl, établie daNote 2 · Stephens, d’après Pio Perez dit Zuiná que je laisse ici; cependant, il se pourrait que ce fût une erreur du copiste ou d’impression, au lieuNote 3 · Holon est un mot qui appartient également à la langue maya, au tzendal et à ses dialectes; il signifie ce qui domine, ce qui est au-dessus eNote 4 · Le mot maya est peten qu’on traduit par île, mais que les Mayas appliquaient en général à toutes les terres environnées d’eau, en partie, caNote 5 · Il y a plusieurs manières de calculer ces époques. Landa, Cogolludo et les auteurs anciens, corroborés par les preuves historiques et chronoNote 6 · Piz-tun, pierre mesurée, dit le texte, c’est-à-dire la marque qui signalait chaque année du Katun.Note 7 · L’auteur anonyme de ce document ou le copiste passe ici le IV Ahau, comme il a passé les huit Ahaus précédents et comme il en passe d’autresNote 8 · Chacnouitan parait avoir été le nom antique de la partie du Yucatan qui s’étendait entre le royaume d’Acallan, au sud-est de la lagune de TeNote 9 · Les faits historiques sont souvent placés dans ce document à la suite d’une série d’Ahaus, dont les années sont postérieures à celles de cesNote 10 · Ziyan-Caan, littéralement limite ou commencement du ciel; cette province s’appelait de Chectemal au temps de la conquête. Bak-halal, c’est-àNote 11 · Le IV Ahau passé sous silence un peu plus haut, paraît ici avec ceux qui le suivent.Note 12 · Pio Perez marque ici les années écoulées entre la conquête de Bacalar et celle de Chichen-Itza, de l’an 360 à l’an 432. Les Tutul-Xius auraiNote 13 · Suivant Pio Perez de l’an 432 à l’an 576.Note 14 · On ne voit pas par quelle suite d’événements les Tutul-Xius, après avoir été maîtres de Chichen-Itza durant cent vingt ans, auraient été forNote 15 · La comparaison de ce document avec les faits rapportés par Landa, donnerait à penser que cet écrivain reçut d’un membre de la famille des TuNote 16 · On ne voit pas ce que deviennent les Tutul Xius entre le XII et le VI Ahau: il est probable, toutefois, que c’est l’époque où ils cherchèrenNote 17 · Pio Perez place ces époques entre les années 576 et 888. Mais ne commettrait-il pas une erreur dans son commentaire en mettant en scène les Note 18 · Pio Perez omet de traduire ici le détail des souffrances des Itzas durant leur vie nomade dans les déserts. Les années correspondantes à cesNote 19 · Où les Itzas trouvèrent-ils alors des demeures fixes? c’est ce que le texte ne dit pas; mais il laisse entrevoir qu’ils retournèrent alors àNote 20 · On reconnaît ici le système fédéral des Toltèques et l’influence manifeste des institutions de cette race, représentée par des Tutul Xius; iNote 21 · Le texte signale ici les Katun XI, IX et VII; il passe le V, III, I, XII et X, pour arriver au VIII, où il y donne la défaite de Chac-Xib-ChNote 22 · Hunac-Eel (peut-être Huna-Ceel) est appelé dans le texte u halach uinicil Mayalpan ichpac, le puissant seigneur de la forteresse de Mayapan Note 23 · Cette période de Katuns est comptée par Pio Perez entre les années 1176 et 1258.Note 24 · De 1258 à 1272, suivant Pio Perez.—Le texte maya dit ici Ah Ulmil Ahau, qui me paraît signifier le roi de la maison ou des Ulmil; Ulmil seraNote 25 · Stephens, d’après Pio Perez, passe sous silence les mots tumenel u ɔabal u naatob, qui suivent le nom de Hunac-Eel, lesquels me semblent sigNote 26 · Cette guerre qui avait commencé au VIII Ahau (entre 1181 et 1201) termine dans l’Ahau suivant (entre 1201 et 1221).Note 27 · Durant ce même VIII Ahau, le même roi du Chichen ou un autre de la même famille, profitant des troubles qui régnaient sans doute à Mayapan, Note 28 · Ces montagnards Ah-Uitzil, d’où venaient-ils? Nul ne le dit. Mais l’analogie du nom avec celui des Quichés, car quiche et uitzil sont identiNote 29 · Tancah paraît avoir été la ville qui aurait succédé à Mayapan et bâtie, peut-être, sur une partie de ses ruines, après la révolution qui en Note 30 · Le VIII Ahau-Katun commence à l’an 1441 et termine à l’an 1461; c’est celui durant lequel tombe la destruction définitive, c’est-à-dire l’abNote 31 · Une nouvelle preuve de l’incurie avec laquelle Pio Perez a fait le calcul des Katuns de ce document, c’est qu’il fixe ici la période à la fiNote 32 · La petite vérole avait été apportée par les Espagnols; quant à la perte en question ici, Conf. plus haut, pag. 62. Le mot ichpaa, qui est icNote 33 · On ne dit pas qui était Ahpulà; mais pour que sa mort ait fait ici l’objet d’une date, il doit avoir été un personnage important parmi les MNote 34 · Pio Perez fait mourir Ahpulà, suivant son commentaire, à l’an 1473, tandis que le document maya, texte et traduction, la fixe avec raison à Note 35 · Le document reparle ici de la ruine de Mayapan, en assignant à cet événement une antériorité de soixante ans au temps de la conquête: ce chiNote 36 · Il s’agit ici des religieux qui, avec Landa, prêchèrent la doctrine chrétienne aux Mayas et commencèrent à les baptiser.Note 37 · Voir plus haut, pages 53 et 59.
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