APPENDICE II
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INSCRIPTIONS
On ne s’est pas efforcé systématiquement de relever au passage les inscriptions Tifinar’ ; il serait même plus exact de dire qu’on a systématiquement évité de le faire. En présence de ces innombrables graffitti indéchiffrables, on est découragé par le sentiment de son impuissance.
Je retrouve pourtant dans mes notes quelques inscriptions soigneusement recopiées soit par moi-même, soit plus souvent par d’autres, et qu’il est préférable de réunir ici.
A Barrebi j’ai relevé, à côté des gravures, quelques inscriptions. Il en est d’arabes, tout à fait banales, comme celle dont voici la traduction « ... Dieu et le salut soit sur notre seigneur Mahomet, — Arbi ben Sleïman. » Les tifinar’ si on pouvait les lire ne seraient probablement pas beaucoup plus intéressants.
Inscription a. Inscription b. Inscription c.



Inscription d. Inscription e. Inscription f.



La dernière inscription (f) a été copiée par M. le lieutenant Pinta.
J’ai relevé soigneusement des inscriptions Berbères qui se trouvent au ksar d’Ouled Mahmoud, et que les indigènes prétendaient hébraïques[275].
Il y en a quelques-unes au vieux ksar abandonné, à 1500 mètres de l’actuel ; par exemple :
![[Inscription]](/illustrations/2542d99585fb9514.jpg)
Ces inscriptions Berbères sont accompagnées d’une inscription arabe que j’ai lue ainsi : « ab (?) fils de Zenati, az (?) fille de Zenati ».
Les inscriptions les plus nombreuses et les plus soignées sont au ksar actuel sur une gara centrale qui domine les maisons. Le ksar a vingt-cinq ans à peine, et les inscriptions n’ont rien de commun avec les habitants actuels qui les croient juives, et qui ont bâti dessus. Ces inscriptions, que j’ai calquées, sont très soignées, à trait profond, je les crois particulièrement anciennes.
Inscription II (ksar actuel).

Inscription IIbis faisant suite à la précédente sur le même rocher et un peu au-dessous
![[Inscription]](/illustrations/c1d6dce135573a96.jpg)
Inscription III (sur un rocher voisin) Inscription IV (également sur un rocher voisin).


Sur le rocher où sont gravées ces deux dernières inscriptions on a bâti une maisonnette en pisé.
On m’avait signalé encore comme hébraïques des inscriptions situées à Abani, auprès de Tesfaout (Touat) : je me suis assuré qu’elles sont berbères comme on pourra s’en rendre compte sur les belles photographies dues à M. Auger interprète militaire. (Voir pl. XVIII, phot. 35 et 36.)
Enfin M. le lieutenant-colonel Laperrine qui s’est beaucoup occupé des caractères Tifinar’ et qui les connaît bien, a recopié sur mon carnet une inscription trouvée sur une dalle calcaire dans l’oued Aglagal (sud du Tadmaït).
![[Inscription]](/illustrations/5d5ae32c4678c76b.jpg)
Inscription juive du Touat.
Elle provient du ksar de R’ormali dans l’oasis de Bouda.
La pierre sur laquelle est gravée l’inscription est encastrée à la base d’un pilier en pisé, qui a manifestement servi jadis de support à la bascule d’un puits comblé. Les indigènes ne connaissent ni le sens, ni la langue de l’inscription, ni sa date, ni son origine. De mémoire d’homme elle a toujours été au ksar de R’ormali.
La seule face visible de la pierre est un parallélogramme irrégulier d’environ 0 m. 30 sur 0 m. 25. La pierre est du grès rouge. L’inscription est d’un travail remarquable, au moins pour le pays ; sans doute la surface de la pierre n’a même pas été aplanie, les contours des lettres sont souvent éclatés ; mais leur dessin est très net, leur gravure en creux très profonde. C’est un travail peu soigné à coup sûr, mais on dirait l’œuvre d’un professionnel, non d’un sauvage qui s’amuse. Les habitants actuels du Touat seraient tout à fait incapables de produire quelque chose de comparable.
On trouvera dans les C. R. Ac. Inscr., année 1903, p. 236, le texte de cette inscription. En voici la traduction telle que la donne M. Philippe Berger.
Ligne 1 : ceci est le tombeau de [Monispa ?], fille d’Amram : Qu’elle repose en Eden !
— 2 : de [Zathaloq !] et elle est morte dans les douleurs (de l’enfantement).
— 3 : le samedi, vingtième d’Ab, qui nous apporte la paix.
— 4 : en l’année 5089.
M. Philippe Berger fait suivre cette traduction de quelques observations suivantes.
« Ligne 1. Le nom de la défunte = Monispa, est douteux. Au contraire le nom de son père Amram est un nom très connu, et qui est parfaitement en situation ici.
« Ligne 2. Cette ligne débute par un groupe de lettres très obscur. La lettre initiale semblerait indiquer qu’il s’agit d’un nom géographique = à (ou de) Zithaloq ».... A la fin de la ligne on lit : « dans les douleurs », ou peut-être « dans sa jeunesse ».
« Ligne 4. L’année 5089 correspond à l’année 1329 de notre ère. »