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Mimi Bluette, fiore del mio giardino

Mimi Bluette (continued 5)

Reading edition

—Je ne crois pas quʼil ait tort, ce jeune monsieur. Car moi aussi jʼaimerais mieux être poëte que dʼavoir à recopier vos actes, rébarbatifs et grincheux comme les roquets des vieilles rentières!

—Très bien, très bien! Venez me débaucher mon clerc à present! Déjà il spécule sur mon encre, sur mes plumes, sur mon buvard et sur la cire à cacheter; deux fois par mois, régulièrement, il souffre dʼune envie de ne rien faire quʼil appelle cholérine; il fleurit sa boutonnière et fume dans mon corridor. Jʼavais une bonne de 36 ans: il a fallu que jʼen prenne une de 59... A présent il ne manque plus que vous, Madame Bluette, pour approuver sa fainéantise! Mais venons à nos affaires. Y a–t–il du nouveau depuis la semaine dernière? Avez–vous per hasard lʼintention de me réclamer quelques centaines de mille pour faire un plus long voyage?

—Ne vous alarmez pas si vite, père Bollot! Jʼai fini mon tourisme. Et dʼailleurs vous savez quʼà présent je danse!...

—Oui, je vous ai vue partout en image. On ne rencontre que Mimi Bluette en se promenant dans Paris. Ça mʼa fait grand plaisir! Vous allez donc mʼapporter la forte somme. Jʼen ai grand besoin pour boucher les trous dʼAfrique.

—Oui, père Bollot; le contrat est des plus avantageux. Pourvu que je puisse danser jusquʼà la fin...

—Cʼest–à–dire?

—Mais, rien du tout, père Bollot! Je veux dire tout simplement: Pourvu que ma santé reste bonne... pourvu que le soleil de là–bas ne mʼait pas affaiblie... Car, vous savez, il brûle!...

—Très bien, très bien, ma fille! Donc, voyons: vous aviez quelque chose à me dire...

—Renvoyez votre clerc, père Bollot. Ce nʼest rien de grave, mais jʼaime autant être seule avec vous.

—Eh, là–bas, dis donc, Justin!...—Le voyez–vous ce polisson? Il fait la sourde oreille.—Prends ton travail, Justin, et va–tʼen dans ma chambre à coucher. Mais gare à toi si tu me fais une tache dʼencre sur mon tapis!

—Non, père Bollot. Pour ce soir nous allons le congédier. Pas vrai, monsieur Justin, quʼil vous faudrait une bonne heure de promenade pour confier aux Tuileries les rimes de vos sonnets?

—Pour sûr que oui, Madame!

—Mais comment? Le congédier à lʼheure quʼil est? Quatre heures à peine... Jamais de la vie!

—Je vous en prie, père Bollot. Quand on a un clerc qui est poëte... Faites–le pour moi; quʼil sʼen aille.

—Oui, quʼil sʼen aille au diable, sʼil le peut! Le voilà en vacances un jour de semaine! Toujours quelquʼun qui le protège, ce Zéphyr du papier timbré! Dis donc merci à Madame, et décampe.

—Merci, Madame.

—Bon. Et ne vadrouille pas ce soir. Demain matin, à huit heures précises! Si tu es en retard, je te mets à lʼamende.

—Bien, Monsieur. Bonsoir, Monsieur.

—Bonsoir.—Heureusement que vous nʼêtes pas venue à deux heures, ma fille!

—Quʼimporte? Lui il sera heureux, au moins...

—Vous ne lʼêtes donc pas, vous?

—Je vais lʼêtre, père Bollot! Je le deviens chaque jour un peu plus... Vous savez, ce nʼest pas si simple de guérir!

—Entendu. Mais cʼest toujours la raison qui doit lʼemporter. Les âmes claires et honnêtes comme la votre ont toujours la force de vaincre un cauchemar.

—Oui, père. Laissons ce sujet; il mʼattriste. Je peux faire maintenant des choses que je croyais impossibles: danser, par exemple. Mais je suis encore trop faible pour parler de ma douleur. Tout cela passera, tout cela sʼévanouira... jʼen suis sûre.

—Bien dit, ma fille. Cʼest ainsi que parlent les âmes fortes. Venons au fait; je vous écoute.

—Mais... vous allez rire... Mon Dieu comme vous allez rire, père Bollot!

—Pourvu quʼil nʼy ait pas dʼargent à débourser, ni à déplacer, ni à jeter par la fenêtre, je vais rire sans doute. Car vos idées, ma fille, ne sont jamais que de lʼespèce orageuse ou de lʼespèce comique.

—Eh bien, pour comique, elle est comique, celle–là!...

—Voyons: je hume ma prise et je vais rire en éternuant. Cʼest le meilleur des rires.

—Mais il faut dʼabord que je vous raconte quelque chose... Oui, lʼAfrique mʼa donné des idées un peu rouges... pour ne pas dire noires... Elle mʼa fait songer à des choses, qui, auparavant, étaient loin de mon âme comme les rafales du Gharb. LʼAfrique est un pays... Nʼêtes–vous jamais allé en Afrique, père Bollot?

—Heureusement non, ma fille.

—Bien; lʼAfrique est un pays qui laisse une couleur de rouille aux bords de lʼâme, un frisson de vieillesse dans la chaleur du sang. Après être revenue de là–bas je me dis souvent, par exemple, quʼune femme jeune et forte peut très bien devenir malade...

—Chaque Parisienne peut se dire la même chose.

—Oui, sans doute. Mais je me dis souvent quʼune femme jeune et forte peut très bien, dʼun jour à lʼautre, devenir tellement malade... attraper, que sais–je? une maladie infectieuse, avoir un accident dʼauto... en somme quʼelle peut très bien mourir...

—Oh, alors... ma fille!... Vous avez dit que vous alliez me faire rire...

—Oui, attendez. Ce nʼest quʼun préambule. Vous rirez tout à lʼheure. Donc, après ces réflexions plutôt lugubres, jʼai trouvé naturel de me faire une verte réprimande: «Toi, Bluette, tu es dʼune imprévoyance extrême! Tu possèdes une belle fortune, une très belle fortune, et jamais tu nʼas songé à établir ce que tu voudrais quʼon en fasse, si, par un hasard quelconque...» Bref: je suis venue, père Bollot, pour vous dicter mon testament.

—Mais que diable me chantez–vous là, ma fille! Votre testament? A votre âge? Par le beau temps quʼil fait? Dois–je en entendre des bêtises?

—Si, si, père Bollot! Riez–en tant quʼil vous plaira, mais cʼest une idée que je ramène dʼAfrique, et je suis très fidèle, vous le savez bien, aux idées qui me viennent de là–bas.

—Je ne dis rien, ma fille. Si vous tenez absolument à faire votre testament, je croirai quʼune mauvaise che vous a piquée, et nous allons nous y mettre un de ce jours. Rien ne presse.

—Au contraire...

—Mais comment?

—Oui, vous avez raison: rien ne presse. Rien ne presse, en effet... Mais je veux tout de même que ce soit fait au plus vite.

—Ah, ma chérie, cʼest un genre de gaîté à laquelle je ne mʼattendais pas du tout. Tiens! Vous me faites penser au mien... qui est beaucoup plus nécessaire, quoique très simple.

—Le mien aussi est très simple. Je lʼai écrit au courant de la plume, sur du papier à lettres, hier soir, puisque je ne pouvais pas mʼendormir...

—Mais, voyons, ma fille!... Je deviens de plus en plus inquiet su lʼétat de votre raison.

—Du tout, père Bollot. Ce nʼest que du gribouillage. Vous allez me dire comment il faut sʼy prendre pour en faire un véritable testament. Vous êtes bien homme dʼaffaires, après tout! Nʼest–ce pas dans vos mains quʼon dépose cette littérature–là?

—Moi, je refuse:

—Par simple méchanceté alors? Mais je suis très têtue; plus têtue quʼune bourrique, père Bollot! Voilà des jours et des semaines que cette idée me hante. Ce sera pour moi une mascotte que ce testament. Jʼen aurai le cœur libéré, comme après un vœu accompli, et je ne penserai plus quʼà vivre.

—Cʼest une affaire, nom dʼune pipe, dans laquelle je ne vois pas du tout clair!

—Mais il nʼy a, là dedans, père Bollot, ni du clair ni du sombre. Cʼest un testament; une feuille de papier à lettres... Vous ne me forcerez pas tout de même à aller chez quelquʼun dʼautre! Et puis, voyez comme cʼest simple, clair, net...

«Moi, Mimi Bluette,—de mon nom Cecilia Malespano—je lègue toute ma fortune, composée de...»— vous allez mettre de quoi, avec exactitude, parce que je ne le sais pas en détail—«... je lègue toute ma fortune aux soldats de la Légion Etrangère, pour que leur vie soit moins dure, et pour quʼil y ait quelquʼun qui pleure lorsque le désert les tue, Monsieur le Ministre de la Guerre aura la complaisance dʼétudier comment et de quelle façon mon désir peut être le mieux accompli.

«Si jʼallais mourir avant vous, quoique plus jeune, vous seriez, père Bollot, mon exécuteur testamentaire, et vous aurez jusquʼà la fin de vos jours la gestion rémunérée de ma fortune. Dès à présent jʼaccorde ma pleine confiance à celui que vous désignerez comme votre successeur.

«Tant que ma mère sera vivante, «lʼŒuvre pour la Légion Etrangère» devra lui servir un tiers de mes rentes, plus une somme de deux cent mille francs, mobilier, tapis, lingerie et tout ce qui se trouve dans mon immeuble des Champs Elysées.

«Je fais cadeau à Linette Messanges, ma fidèle femme de chambre et amie, dʼune somme de cinquante mille francs, pour quʼelle épouse un homme honorable. Je lui permets de choisir parmi mes robes celles qui ne sont pas trop riches pour elle; je veux quʼelle reçoive aussi un de mes réticules en platine, et je lui souhaite dʼêtre toujours douce et gentille comme elle lʼa été jusquʼici.

«Vous donnerez à mon danseur, Jack Morrison, le plus beau brillant de mes bagues, mon grand portrait par La Gandara et une longue mèche de mes cheveux. Quʼil me pardonne, ce brave Jack, sʼil mʼa été impossible de faire son bonheur.

«De mon vivant jʼai été danseuse; mon nom était Mimi Bluette; jʼaimais les belles robes, les danses et les fleurs; jʼai vu le soleil de la tourmente africaine, et cʼest là–bas que mon cœur a péri.

«Nʼimporte quand, nʼimporte où que je meure, vous me ferez dormir au seuil de cette Ville que jʼaime, et je veux quʼon mʼenterre en danseuse, au joli cimetière de Boulogne, dans un petit jardin.

«Depuis lʼEglise jusquʼau cimetière, un tzigane,—peut–être Limka—suivra mon cercueil en jouant le My Blu.

«Au printemps les bluets vont fleurir la douce terre qui me couvre...

«Il nʼy aura de grave sur ma pierre quʼun simple nom: celui dont je signe, toute heureuse...

Mimi Bluette»

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

E danzò.

Bella come non era mai stata, piena di sogno come non era mai stata, viva e nuda su la scena divampante, con lʼanima sua dʼinnamorata la ballerina indimenticabile danzò.

Dal teatro curvo, gremito, con i suoi più belli e più profondi occhi Parigi la guardava.

Ella sentiva battere, nella musica della sua danza, il cuore della Stupenda Città.

Sentiva battere contro sè questa forza, come il palpito di una immensa vela. Ma con lʼanima era lontana, camminava nel magnetico deserto, su la via del perduto Gharb.

Il tappeto rosso copriva tutta la scena, cosparso dʼinestimabili gioielli e di semplici fiordalisi. Un grande falò, anzi un immenso rogo di vera fiamma, sbucava dal mezzo della scena, incendiava il teatro come una vampa maravigliosa. Tutto era fuoco e fiori; fuoco, brillanti e fiori.

Si vedeva il deserto rutilare, splendere la via senza ombra dellʼinfinito Gharb...

Tutto il teatro barcollava in quella tragedia di luce; lʼorchestra invisibile, su gli archi e sui címbali delle musiche mauritane, suonava la Danza del Sole.

Era venuta la sera di gloria, la rossa ora di gloria per Mimi Bluette!...

Quella danza era sua, quella musica era sua; lʼaveva dettata, muovendosi, al musicista che la compose. Il suo corpo era il deserto, era la fiamma, era il disperato balenìo della terra nomade, lungo le carovaniere. Il suo corpo aveva in sè, come uno splendore divenuto movimento, la musica del Sole.

Forse per una magìa di specchi, dovuta ai coreografi di quella scena, ella passava con i suoi veli, coʼ suoi capelli disciolti, frammezzo alle fiamme; ballava di là dal rogo; si vedevano le sue nude braccia salire, contorcersi, fra le spirali della vampa; vi cadeva nel mezzo tramortita; lʼorchestra la faceva risorgere; ella buttava i suoi gioielli sul rogo, sʼinnamorava del bellissimo fuoco; nuda e posseduta ne usciva.

Era il sogno della sua lunga strada per lʼarsa terra che non beve mai, laggiù, dove il deserto assale coʼ suoi nomadi arcobaleni lʼantipodo scintillante.

Come in quei giorni disperati, ora e per sempre, nella sua danza intorno al falò, sul teatro della Città Babelica, ora e per sempre, la ballerina di Parigi portava il Sole. In sè, nella propria materia, nei propri atomi viventi, la ballerina di Parigi portava il Sole.

Invece di parlar con la sua voce, danzando raccontava il suo amore.

Lʼorchestra, sui címbali mauritani, suonava la Danza del Sole.

«Che lunga, lunga strada... che infinita malinconia...

«Divenuta simile al suo carovaniere, aveva ella pure il deserto nellʼanima ed era nata per la via del sud.

«Bon chemin, bon chemin, lalla...»

«A poco a poco la terra diveniva uno sconfinato braciere; ogni traccia dʼabitazione, ogni vestigio dʼalbero spariva. E le ore passavano, i giorni passavano, solo interrotti a lunghissime distanze dalla breve oasi di un magro palmeto.

«Le donne del Guébli, scure, con occhi a mandorla, già crespe di vello sudanese, logore di selvaggia maternità, venivano a guardare in silenzio la bella Cristiana. Le ragazze di nove anni avevano i seni maturi e protuberanti come nespole. Nel rumore dellʼacqua sorgente cantava la musica primordiale della vita.

«Si vedevan nellʼestrema lontananza, in un chiarore obliquo di cataclisma, le dune perdute andarsene alla deriva.

«I leggeri cavalli berberi, assetati e miserabili, ormai galoppavano senza velocità. La carovana sprofondava e risaliva per le ondate ferme del terreno, con un barcollare sfinito, come se le ginocchia degli animali non reggessero più. I muli erano piagati sotto la greve soma; chiazze nere di migliaia dʼinsetti li coprivano come croste brulicanti. Più magri, più alti, più lugubri, solamente i cammelli andavano sempre, con un passo di bestie perpetue, che possano morire camminando.

«E finalmente, un mattino, su lʼestrema via del sud, il capitano di lunga strada vide nascere un confuso tenue disegno azzurro, come un fiocco di nebbia che rasentasse la terra, come una rupe dʼaria nello sconfinato sole. Guardò, guardò prima di parlare; poi disse alla donna che mai non abbandonava...

«Disse alla donna:—Per niente.

«Per niente.

«Le strade vanno; sono il principio dʼuna distanza; il colore dellʼanima che si allontana; portano in sè molta polvere, molto sole; hanno tutte una meta, e non arrivano mai.

«Per niente.

«Un piccolo cuore di ballerina, mandando un sorriso dietro lʼorlo del bicchiere di Sciampagna, una sera di neve, nella Parigi Babelica, sʼera data in braccio al pallido forestiero, come la vergine ubbriaca tremando si genuflette al primo tentatore.

«Adesso portava nellʼanima lʼamore di Maria Maddalena.

«Camminò.

Giunse dove guerreggiano e cadono, sotto le armi della Grande Repubblica, i soldati senza patria, «la gloriosa canaglia» della Legione Disperata.

«Questa era la gente che non avrebbe mai sepoltura.

«Là indietro, su le frontiere dellʼesilio, avevano lasciato agli uomini saggi, agli uomini calmi, anche il cimitero.

«La sera talvolta si udivano cantare...

«Cantare allʼombra dei palmizi biondi, verso lʼora in cui sʼaccendono i fuochi tremuli dei bivacchi, laggiù, per la terra folle, dove, negli uragani di sole, con lʼiracondo nomade vento il sepolcro cammina...»

Questa era la danza del Sole.

Come danzò quella notte, povera piccola bionda Mimi Bluette!...

Nessuna poesia della terra fu mai piena di leggerezza e di palpito come il suo corpo che mirabilmente si muoveva; nessun giardino del mese dʼAprile sʼavvolse mai di primavera, come di musica il suo dolore, nella Danza intorno al falò.

Sino alle ginocchia la vestivano i suoi capelli stupefacenti, ed era così perfetta nella sua nudità, che ogni movimento mandava splendore. Come le donne arabe aveva il palmo delle mani, le unghie, le narici ed i vertici dei seni dipinti con la tintura di hénné. Un segno azzurro, simile ad una profonda incisione, divideva i due lunghi e brillanti archi dei sopraccigli; quel tatuaggio azzurro si ripeteva sotto lʼorlo del labbro inferiore. I piedi, venati e quasi trasparenti come gioielli di smalto, con le falangi ed i calcagni miniati allʼhénné, pareva che avessero camminato sovra un grande mantello di porpora umida.

Veniva dalla sua bellezza, cristiana e barbara, una sacra inverecondia, una evocazione religiosa dellʼamplesso primitivo. Il suo profilo si tagliava nella fiamma, limpido, con una specie di crudeltà; per tutta la sua luminosa criniera si annodavano, come oscure trecce, i riverberi del fuoco.

Era sempre lei, Mimi Bluette, la ballerina di Parigi; lei, con i suoi occhi di Maddalena, con la sua bocca di donna perduta; era sempre il gioiello da principi, lʼetèra per un vizio da re...—ma ora danzava con lʼanima, con lʼanima sua di Transalpina.

Sʼera innamorata come una donna semplice, del paese ove si ama lʼamore; aveva conservato sino allʼultimo il suo piccolo mazzo di fiordalisi, come una ghirlanda naturale di buon odore selvatico e di azzurra semplicità.

Parigi aveva sciorinato per lei quel grande mantello di porpora sul quale danzare a piedi nudi, con i capelli disciolti; Parigi aveva sollevato sino al vertice della gloria lo splendore della sua nudità; ma non aveva potuto soverchiare in lei, nè col fragore degli applausi nè col fuoco dei brillanti, la sua fedele anima di Transalpina.

Ed allora il teatro sentì che passava davanti ai lumi della ribalta, non solamente una di quelle maravigliose creature che son necessarie a Parigi come il Duomo degli Invalidi o le cupole di Nostra Signora nellʼIle de la Cité; ma passava unʼanima creatrice di bellezze, che sapeva esprimere il sogno nelle forme del movimento, come, nel colore o nella musica, nella parola o nella pietra, lʼanima di un artefice rivelatore imprigiona la poesia.

Sentì che un amore passava davanti al rogo della vertigine affricana; ed una specie di ebbrezza concorde sollevò, inginocchiò, lʼanima di quel teatro, che acclamava con tutto il suo fervore la splendida ballerina di Parigi, la creatura di musica e di sole, chʼera caduta su la fiamma spenta, con le braccia neʼ suoi fiordalisi... Mimi Bluette!

Mimi Bluette... La Danza del Sole...

Un nome; nientʼaltro che un nome; anzi un piccolo fiore da mettere sui capelli di paglia, nei mesi dʼestate.

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

—Est–ce toi, Linette? Quʼy a–t–il encore?

—Madame a sonné...

—Mais pas du tout! Si tu entres toutes les demi–heures il y a peu de chances que je mʼendorme! Quelle heure est–il?

—Onze heures dix, Madame, et il fait très clair.

—Tant pis! Je nʼai pas fermé lʼœil. Cette maudite sonnette, elle mʼénerve! Fais dire au concierge que je nʼy suis pour personne. Pour personne! Mais, d ʼabord, ouvre les volets. Doucement, petit à petit, avec un peu de grâce...

—Bien, Madame; je vais ouvrir. Mais couvrez–vous dʼabord, parce quʼil fait assez froid.

—Je nʼai pas fermé lʼœil de la nuit; mes bras ont la fièvre.

—Vous avez eu un trop grand triomphe, Madame. Le triomphe grise; il empêche de dormir.

—Crois–tu, Linette?...

—Je sais que vous étiez merveilleuse, hier au soir... que tout était merveilleux, hier au soir... Moi non plus je nʼai pas fermé lʼœil, Madame. A six heures jʼétais debout.

—Pour quoi faire?

—Pour voir les journaux, diable!

—Ah, les journaux!... Sont–ils polis? Font–ils du tapage, Linette?

—Du tapage?... Mon Dieu! Cʼest de lʼapothéose! Il y en a qui vous disent des choses pour lesquelles je voudrais les embrasser!

—Tu es une altruiste, Linette. Moi, je mʼen passe volontiers. Pourvu quʼils ne viennent pas me faire des visites, avec leurs gants qui ressemblent à leurs articles! Nʼas–tu jamais remarqué les gants des journalistes? Il nʼy a quʼeux et les cabotins pour en avoir de pareils. Je voudrais bien savoir où diable ils les achètent. Dieu!... que je dois avoir une vilaine figure!

—Du tout, Madame. Un peu de fatigue. Je vous masserai tout à lʼheure et ça passera.

—Est–ce que jʼai faim?... Il me semble que oui et que non. Je lʼignore. En tout cas je vais prendre mon café au lait avec les brioches. Revoilà cette horreur de sonnette! Flûte! Arrache le timbre! détruis les piles! Et puis quʼil sonne, ce chameau dʼen bas, quʼil sonne!...

—On vous envoie des fleurs, des billets, des lettres... Jʼen ai déjà un plateau qui déborde.

—Nous lirons demain, ou après demain, cette littérature...

—Il y a aussi des bouquets, des gerbes, des corbeilles en telle quantité, que nous aurions de quoi installer un petit Jardin dʼAcclimatation.

—Ecoute–moi bien, Linette. Les fleurs, tu les mettras ici, dans ma chambre; tu les laisseras dans ma chambre, toutes.

—Mais vous étoufferez, Madame!

—Jʼétoufferai peut–être, mais tu feras comme je te dis.

—Bien, Madame. Puis il y a des bonbonnières; des bonbonnières en laque, en étoffe, en carton peint. Il y en a même une en cristal, ornée de bronze. Voilà de braves gens, Madame, qui ont pour moi des attentions très appréciables!... Car vous me donnez toujours vos bonbonnières, presque pleines, et moi je les collectionne.

—Tu les auras, Linette.

—Merci, Madame. Puis le Régisseur est venu, le metteur en scène est venu, MM.rs Glimm, dʼHéricourt et Vilmière sont venus. Enfin il y a Mr Jack, qui est là depuis neuf heures du matin. Mais ce pauvre M.r Jack, lui, Madame, il ne faudrait pas le renvoyer!

—Tu dis?

—Jʼose le dire. Car il saute de joie comme un moineau, ce bon M.r Jack, et, en attendant votre réveil, il voulait à tout prix mʼapprendre une danse quʼon danse maintenant au Bal des Quatʼ Zigues, ou des Quatʼ Flics, quʼil a dit.

—Quʼil vienne, donc, ce brave Jack, du moment que tu le protèges. Mais, pour nʼimporte quelle autre personne, Madame dort. As–tu compris, Linette? Matin et soir, pour tout le monde, Madame dort. Cʼest absolu, et je ne veux plus entendre le carillon de la sonnette!

Non appena la cameriera fu leggermente uscita, per recare il suo passaporto al fedelissimo paziente Jack, la fisionomia di Mimi Bluette si spense; le sue braccia ricaddero su la coltre; gli occhi lentamente si volsero verso la finestra che inserenava.

Tutto il cielo era pieno dʼun chiarore di mattinata invernale, morbida e quasi dorata; il sole orlava di ondeggianti vapori le compatte nuvole, senza riuscire a penetrarle.

Mimi Bluette si distese con una pigra e dolorosa voluttà nel soave tepore del suo letto; poi, osservando il proprio gesto, si raccolse nel palmo dʼuna mano lʼaltro suo braccio, che vedeva trasparir dalla camicia, dʼun tessuto fino come velo; si ravvolse il braccio, lo percorse fino allʼombra dellʼascella,—e questo faceva con lentezza, con paura, con dolore, quasi per ritrovare nel proprio corpo una smarrita memoria di sè.

Forse pensava che, nel quadrato azzurro della finestra, vedrebbe il sole ridere per lʼultima volta...

E forse il cuore intimamente giovine le doleva un poco, pensando alle chiare nuvole che attraversano il cielo di Parigi, nei mattini di primavera...

Aveva danzato; era stanca. Stanca per sempre.

Su la Città Stupenda il suo nome correva, come il fumo rosso del vortice di fiamme, che le sue braccia nude avevano spento.

Era Mimi Bluette, la ballerina di Parigi, e non danzerebbe mai più...

Mai più.

Addio!... Così finivano tutte le belle ore della vita. La sua gloria, in quel giorno dʼinverno, era una porta che si chiudeva. La Città non porterebbe in alto che il suo nome lieve. Mimi Bluette.... un piccolo fiore del grano, falciato per sempre... Addio!...

Jack si era seduto famigliarmente su la bella coltre, teneva uno deʼ suoi polsi, ed un poʼ curvo le parlava.

—«Pourquoi être si sauvagesse, Bliouette? Ne voir personne? Pas très juste. Paris délire! On nʼa jamais vu de plus belle danse. Hier soir tout le monde mʼembrassait. Je répondais très calme:—Je ne suis pas Bliouette! Fichez–moi la paix!»

—Tu mʼappelles une sauvagesse, mon brave Jack!... Cʼest vrai quʼon a voulu tʼembrasser à ma place, mais ce nʼest pas une raison pour que tu mʼaffubles dʼun adjectif si ridicule!

—«Moi je parle pour quʼon me comprenne, et sauvagesse est très bien dit. Vous verrez quel théâtre demain soir! Il nʼy a plus moyen dʼavoir une place avant quinze jours.»

—Est–ce vrai, Jack? Il faudra donc que je me repose, la nuit prochaine...

—«All right! Bien dormir, boire des œufs et du vieux Shérry. Cʼest très tonique.»

—Oui, Jack. Seulement tu dois me promettre de ne pas venir chez moi, sous aucun prétexte, ni ce soir ni demain...

—«Comment? Est–ce que vous ne sortirez pas, Bliouette? On voulait vous offrir un grand souper, ce soir.»

—Pas ce soir, Jack. Jʼai la fièvre. Sens: mes doigts brûlent.

—«Yes, les nerfs.»

—Donc, si tu veux que je danse, il faut me laisser tranquille. Tu viendras me chercher demain soir pour aller au théâtre... Cʼest entendu, Jack?

—«Forcément, Bliouette.»

—Allons! ne boude pas, Jack. Montre–moi ta figure: tu deviens extraordinairement beau! Tu as des yeux comme des saphirs dʼorient sur une bague.

—«Oh! Oh! Mais, pour sûr, il y a des mômes...»

—«Qui tʼaiment?

—«Ou qui le disent.»

—Et toi?

—«Moi, je vous aime vous, Bliouette.»

—Oh, il ne faut pas, il ne faut pas!... Mais tu le dis comme une vierge, mon pauvre Jack!...

—«Oui, parce que mon amour est très propre. Je vous aime vous, Bliouette; je nʼai jamais aimé que vous, Bliouette.»

—Mon frère...

—«Ne dites pas frère. Cʼest très plus loin.»

—«Très plus loin» nʼest pas correct. Mais je comprends. Tais–toi. Nʼen parlons plus. Ou bien il faut que je me couvre... Quoi? tu te lèves?

—«Yes; je me promène. Vous avez la fièvre: moi aussi.»

—Non, reste, Jack... Dis–moi: Si tu me voyais très laide, très laide... est–ce que tu mʼaimerais toujours?

—«Quand on est si belle, vous ne pouvez pas être laide.»

—Erreur! Erreur de syntaxe et de concept! Quand on est belle, il y a mille accidents qui peuvent tout de même vous enlaidir. Donc, je te demande...

—«Il me semble que je vous aimerai toujours.»

—Ah...

—«Oui, toujours. Guérissez–vous, Bliouette! Vous pourriez être ma femme, je serais votre bon camarade, la vie serait encore belle...»

—Non, Jack. Bluette est morte.

—«Oh!... si une rose dit: «Je ne suis plus une rose», qui est–ce qui peut le croire?»

—En moi, Jack, cʼest le parfum qui nʼest plus.

—«Comme cʼest triste! Et alors, pourquoi danser?»

—Parce quʼil fallait que je danse! Oui, mon camarade, il fallait encore une fois que je danse. Mais, voyons?... Quʼest–ce que tu fais avec tes yeux? Tu pleures...

—Non, sûrement non!

—Oui, sûrement oui! Et cʼest bête... Car Mimi Bluette sera toujours ta camarade; elle tʼaura aimé comme un frère, comme un vrai frère... Ecoute, Jack: donne–moi tes mains, donne–moi tes lèvres, si tu veux.... embrasse–moi, essuie tes larmes dans ma belle chevelure...

—Vous étiez autrefois si différente!

—Oui... autrefois mon cœur était celui dʼune danseuse... On mʼavait appris à être belle, et cʼest tout ce que je savais. Aujourdʼhui, quand je songe à cette Bluette loin, jʼai lʼimpression dʼune grandʼmère qui trouverait au fond dʼun tiroir son portrait de fiancée. Jʼai voulu danser la plus belle danse que cette Ville puisse voir pendant de longues années... Mais ce matin. Jack, si mes cheveux devenaient par hasard tout blancs, il me semble que je nʼen aurais aucune tristesse.

—Vous avez lu, je crois, de mauvais livres. Ceux qui écrivent des romans, moi je les méprise.

—En effet tu es dʼune adorable ignorance, mon brave Jack!

—«Mais je sais, Bliouette, que vous nʼavez rien gagné à devenir une femme savante.»

—Savante?... Eh bien, comme tu voudras, Jack. Mais souris du coin des lèvres! Tu as été mon danseur, mon camarade et mon frère: quand je serai loin...—si par hasard je devais mʼen aller très loin,—pense toujours que Bluette, au fond, très au fond dʼelle–même, nʼétait quʼune égoïste...

—On ne parle jamais clairement quand on ne veut pas dire ce quʼon pense. Nous exprimons toujours nos idées avec un langage bref, en Amérique.

—Oui, en Amérique il y a moins de douleur... Ou aime, on pleure, là–bas comme partout, mais vous avez des, âmes plus fraîches, peut–être plus jeunes, et il y a chez vous moins de douleur. Vous restez presque toujours ce que vous étiez à votre naissance; nous autres, la vie nous change. Dans notre âme originaire il y a des étrangers. Moi, par exemple, jʼai été plusieurs femmes.

—Et vous ne serez jamais la mienne, Bliouette?

—Ecoute, Jack.... Essaye de comprendre ce que veut dire cette phrase: «Je nʼy suis plus.» Mon âme sʼen est allée je ne sais où; il ne reste en moi quʼun cercle béant; la place où était sa douleur. Je te parle, tu mʼécoutes; je suis Bluette, tu es Jack; hier soir jʼai dansé, demain... je danserai encore!... Mais, vois–tu, en mon cœur il y a du vide. Il y a un vide que tu ne sens pas, une sensation de la mort qui nous sépare, quelque chose de fini, dont lʼirréparable gravite autour de moi. Quand je regarde le soleil, je me souviens que cʼest lui qui a brûlé mon âme.

—On appelle ça du spleen. Vous croyez me dire des choses très graves; en Amérique nous appelons ça du spleen. Et il y a des moyens pour le guérir.

—Tu es un définisseur, Jack... cʼest terrible! Jʼappellerai ça du spleen, pour te faire plaisir. Oui, sans doute, il y a des médecins très subtils, ou très naïfs. qui prétendent connaître aussi la médecine de lʼâme. Quant a moi je ne veux pas les suivre, Jack. Ce sont des fumistes. Je suis allée là–bas, aux Régiments Etrangers, où le soleil est si rouge quʼil peut tuer à force de lumière... Il y en a des centaines, là–bas, que ce spleen hante. Ils se guérissent bien, des fois, même très souvent... lorsquʼils tombent...

—Oh, mais ce nʼest pas la même chose!

—Si, la même. Jack, la même. Et ne dis plus rien, mon frère... Il ne faut pas que tu touches à ces pauvres cœurs. Ils sont là–bas, ils marchent, le grand soleil les accable... Il ne faut rien dire, Jack; tu ne les a pas vus.

—Ils y vont parce quʼils le veulent bien.

—Oui, sans doute. Cʼest ça qui est grave. Moi aussi je le veux...

—Quoi?

—Rien... Je veux danser, oublier, vivre... Mais il fallait pourtant que tu saches combien je leur ressemble, car eux aussi ont perdu leur âme, un jour, dans les rafales de la vie, tout à coup. Moi, ce fut à la dernière étape, dans lʼoasis, sous la tente, lorsque ce capitaine blessé me répondit dʼune voix militaire: «... le matin du 23 Septembre, face à lʼennemi.» Il y a des moments au delà desquels on passe, uniquement parce que la vie est très tenace. Or, Jack, avant que je te prie de me laisser dormir, je veux que tu saches encore une chose. La vie est très forte, si forte quʼon peut la vivre même sans cœur. Mais il faut pourtant que chacun suive sa route... Jʼai perdu la moitié de mon être le soir où je suis entrée dans sa maison vide; puis, jʼai parcouru cette longue distance, jʼai pâti de cet énorme soleil, je serais allée au bout de la terre, soutenue par la foi de le revoir, de causer un instant avec lui... Mais je suis arrivée juste pour apprendre quʼil avait sa médaille... Et les femmes, Jack, ne sont pas un drapeau...

—Taisez–vous, Bliouette; je vois que ça vous fait très mal.

—Non, Jack; je voulais que tu comprennes comment je suis morte, et pourquoi, mon frère, tu ne dois plus mʼaimer...

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

Verso il cadere del giorno, tranquillamente uscì.

Portava un mazzo di fiori dʼinverno, racchiusi nel tepore della sua pelliccia di martora.

Camminava con una specie di lievità, con un sorriso fermo e continuo su lʼorlo della bocca profumata.

Le strade crepuscolari salivano verso il cielo con un tremante pendìo. La gente passava, ilare, per i selciati che mandavano raggiere; poi lontana si confondeva fra una luce dʼacquaforte, brillando, sparendo, in quello smerigliato balenìo.

Qualche vetrina, bianca dʼelettricità, sbucava con impeto nel colore della strada.

La guardavano.

I suoi leggeri piedi erano calzati dʼantilope, con ricami dʼargento.

Qualcuno, dietro le sue spalle, talvolta ripeteva il suo nome gentile:—Mimi Bluette.

Entrò in un ufficio telegrafico, tolse dal distributore un modulo di telegramma, scelse con attenzione il luogo dove posare il suo manicotto, e in piedi, contro il banco, velocemente scrisse queste parole:

«Addio Mammina. Sono felice.»

Rilesse; firmò con un sorriso; diede una moneta, che le cambiarono; uscì.

La strada continuava.

Di qua, di là, nella nitida sera dʼinverno, al sommo delle case di molti piani qualche finestra inserenava.

Camminò.

Quella casa era nascosta in una piccola strada, calma, vecchia, di quelle che gli edili ragionevoli vanno cancellando a poco a poco.

Si vedeva, lontana, la Colonna di Luglio sorgere dalla piazza della Bastiglia.

Camminò.

Per il groviglio dei quartieri di Parigi andava incontro a quella strada perduta.

Con tutta lʼanima si ricordava la storia dʼuna lontana sera, quando insieme uscirono dal Bar de la Grande Rouquine.

«... La neve senza vento cadeva su la città in calme striscie verticali, che sembravano propagare un tremito nella bianchezza dellʼelettricità. Lʼautomobile camminava senza urto, nel dedalo dei quartieri deserti, per i bianchi anfiteatri delle piazze, andando via lieve, quasi tacita, su quellʼelemento agevole che i fari avvolgevano dʼun largo alone scialbo nelle zone di oscurità.

«Monsieur Laire... jʼai presque froid... cette fourrure me glace...

«Allora egli si mise più vicino a lei, spalla contro spalla, immergendo la bocca nel profumo del suo respiro, quasi per odorarla come un fiore.

—«Que voulez–vous, Bluette? Le bonheur est la seule chose à craindre dans la vie. Quant au malheur... quʼimporte?... cʼest ce qui arrive tous les jours... On sʼy fait! on sʼen fiche! Mais aimer ce quʼon aime, voilà un luxe que certains hommes ne devraient pas se permettre...

«Soltanto la fatica del motore interrompeva lʼassiderato silenzio del Bosco; passavano, come scenari dʼuna fiaba nordica, i laghi pieni di nuvole, gli ippodromi vuoti come steppe, le fattorie, le fontane immobili, divenute un solo ghiaccio, e pareva che frammezzo a tanto inverno mai più non potesse rinascere la primavera. La primavera del bosco indimenticabile, odorosa di mammole, di resina e dʼacacie, ove ogni filo dʼerba diventa quasi un fiore, quando, nelle sere di Maggio, in larghi frastagli di serenità il cielo vi scende a profumarsi, e il Bosco turgido si gonfia di voluttà primaverile, sopraffacendo la Parigi dorata, su cui lancia in fontane di musica il fiume del suo grande respiro...»

Camminò.

La sua tesa veletta si cerchiava intorno ai labbri dʼun vapore dʼargento.

Le pareva che nel dedalo di Parigi forse non avrebbe mai potuto giungere a quella strada perduta.

Invece la trovò.

Si faceva quasi tardi; non vʼera più sole nella piccola vetrina dellʼorologiaio, ed ora si potevan leggere a distanza i nitidi cartelli appesi contro lʼinvetriata:

«Montre Oméga—Or garanti, 18 Carats— Chronomètres—Réparations»

Pareva che, dopo tanti mesi, nessuno avesse toccato neanche una sfera.

Traverso il portone quasi obliquo si vedeva brillare li cortile. Una ringhiera. Un poʼ di cielo. Qualche albero senza foglie. Un fulvo color di crepuscolo su la ruggine dellʼopposto muro.

Entrò.

—Vous allez bien, Madame Greuze?

—Pas mal. On sʼéreinte. Et vous, Madame Bluette?

—Merci. Je monte une minute. Où sont les clés?

—Elles se rouillent. Madame Bluette. Et puis, jʼallais vous dire:—A qui bon payer un loyer pour quelquʼun qui ne reviendra jamais?

Il gatto lucido la fissava coʼ suoi magnetici occhi rotondi, colore di zolfo.

—Cʼest juste. Madame Greuze... Et toujours pas de lettres pour lui?

—Aucune.

Salì.

Per le vecchie scale dormiva con ambiguità un silenzio di edificio deserto. Il congegno della serratura scricchiolò restìo, con una specie di rugginoso dolore. Lʼuscio, nellʼaprirsi, urtò contro una resistenza di tenebre.

Veniva dalle stanze profonde un rumore di buio, un peso di polvere morta.

Bluette cercò lungo la cornice dello stipite lʼinterruttore della luce. Ma nel suo smarrimento più non lo ritrovava.

Barcollando contro la parete, riuscì ad accendere. Vide lʼattaccapanni vuoto.

Tre stampe di cacce inglesi pendevano dal muro. Su la tavola, un bacile di rame, un vaso di cristallo, con lo scheletro di qualche fiore che aveva portato Bluette.

Dʼun tratto, come una pazza, ella si mise a correre per la casa... Guardò, frugò... Nulla, nulla, nulla!

Sì, era partito per sempre, partito come un vero nomade, partito senza dirle addio...

Tremando si fermò vicino al letto, chʼera stato il lor caldo rifugio, nel delirio e nel paradiso delle ultime notti dʼamore; vi buttò sopra i fiori che teneva nella pelliccia di martora, si rovesciò su la coltre, disperata, senza versare una lacrima, e chiusa nelle braccia dellʼamante, ubbriaca del suo morto respiro, per lʼultima volta nel mondo con tutto il suo piacere impallidì...

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

Quando fu rientrata, ed ebbe veduti nella sua propria camera tutti queʼ fiori, si fermò per un istante a guardarli con poesia.

Fece un atto fervido con entrambe le mani, e leggermente sorrise, come se volesse ringraziare quelle anime floreali, che le venivano incontro quasi per regalarle un ultimo piacere.

Sebbene fossero fiori dʼinverno, eran nati su la riva mediterranea, il loro profumo stordiva.

Li guardò attenta, con indugio, con malinconia, come se volesse rammentare la bellezza di ognuno.

Le pareva necessario addormentarsi nel miracolo di una grande primavera.

Fece con lentezza il giro della camera; poi, fermatasi davanti alla specchiera, si tolse i guanti, si disfece la veletta.

I due spilloni, che le appuntavano il cappello nella treccia rotolarono sul marmo luccicante, con un rumore, chʼella osservò.

Per abitudine, prima di togliere il cappello, rimase un attimo a guardarsi nello specchio; poi, quando ebbe sollevato quel leggero peso dalla gonfia sua capigliatura, macchinalmente si mise a rigirarlo su tre dita, come sogliono fare le donne quando ripensano alla gente che le guardava per istrada.

Era un gioiello di Suzanne Talbot, una cosa da nulla, piena dʼinvenzione, fatta con maestrìa per il suo viso e per il suo colore. Lo appoggiò sul ripiano dellʼarmadio, fra i guanti e la veletta, poi con le dita e coi palmi si ricompose le belle trecce, per ridare alla sua pettinatura la leggerezza consueta.

I fiori empivano anche lo spogliatoio contiguo, pieno di specchi e di cristalli, che rompevano in molte raggiere il balenìo della ferma elettricità. Lo spogliatoio, che aveva lo zoccolo della parete in marmo rosa, i mobili di un candido legno trasparente come lʼantico avorio, pareva un cofano di madreperla foderato con le vecchie sete che piacquero alla Marchesa di Pompadour.

Incominciò a spogliarsi lentamente, pigramente, con una specie di delizia femminile. Sebbene la casa fosse addormentata, chiuse a chiave alcuni usci, che la isolarono dallʼappartamento.

Quando fu in gonnella, con le braccia nude, mise un ferro sul fornello a spirito e lungamente indugiò a contemplare la fiamma violastra.

Poi si disciolse i capelli. Quel peso, quel folto e biondo peso, le fece piegare indietro la nuca. Li vedeva piovere nello specchio, scendere, splendere, fino a poca distanza dal tappeto. Erano vivi, ondeggianti, scintillanti, come la più bella criniera che mai donna portò. Ella stessa, nel guardarli, nel passarvi le dita, provava di quei voluttuosi capelli una timida gioia.

Mentre aspettava che il ferro diventasse caldo, andò a cercare nellʼarmadio un paio di calze tessute come una trama di velo, poi certe sue scarpine da ballo, arcate, leggerissime, simili a due piccole guaìne ritagliate in una stoffa dʼoro.

Sollevò la gonnella di fresca seta e liberò dal morso delle giarrettiere le calze che portava. Slacciò e si tolse lʼuna dopo lʼaltra le scarpine da passeggio, intarsiate con ricami dʼargento.

Le sue belle aride caviglie, le sue lunghe snellissime gambe di danzatrice, apparvero fuor dai pizzi della gonnella, così bianche da parer modellate in un contorno di azzurrità. Le congiunse; appoggiò i talloni fragili su la compatta foltezza del tappeto. I suoi malleoli erano così snodati che poteva, con le ginocchia tese, appoggiare tutto il piede. I fiossi arcati sʼ intramavano di minute vene. Tutta la muscolatura della gamba usciva, in quella tensione, con un perfetto rilievo. Sopra i due stinchi esilissimi la luce batteva con riflessi dʼoro. Le ginocchia rotonde sʼinnervavano di robusti ed agili tendini per tutta la lunghezza dei fianchi.

Incipriò lungamente la sua pelle nuda; mise le calze di velo, gli scarpini da ballo, corti e ripidi, che scintillavano come filigrane dʼoro.

Si alzò. Si tolse il copribusto; nascose la camicia nel basso elastico di seta che fasciava lʼintatto splendore del suo calmo seno.

E così bella e così nuda fu, che, dagli occhi azzurri, ella medesima con invidia si guardava.

Scelse nellʼarmadio la veste più bella che aveva; dolcemente la portò sui due polsi, la distese, per non sciuparla, su la spalliera di un lungo divano.

La fiamma violastra, in quel vento, si piegava sino a lambire il vetro. Allora provò il calore del ferro in un pezzo di carta velina.

Bruciava, e lo depose.

Fece un grandissimo nodo con la stupenda sua criniera, vi mise poche forcelle, prese uno specchio a mano, ed attentamente si guardò.

I più lievi suoi capelli, non ancora del tutto nati, brillavano sotto la capigliatura come un velluto biondo.

Leggermente, col ferro venuto al giusto calore, ondulò i capelli che le nascevano dalla fronte.

Ma prima di coprirsi con la veste, si guardò per unʼultima volta in quel suo grande specchio scintillante. Si guardò, e chiuse gli occhi, tanto le veniva un piacere sensuale dalla sua nuda e limpida bellezza, che nessuno bacerebbe mai più.

Poi scelse una bella ghirlanda, fra quelle che soleva portare su la scena, e baciandola con malinconia se la ricinse intorno alla fronte.

Era la sua corona di fiordalisi, profumati con un profumo di Coty.

Allora spense la fiamma, chiuse il fornello a spirito, rimise nella scatola dʼoro il piumino per la cipria, e dopo aver compiuto con ordine questi atti pieni di tranquillità, leggermente mise un piede appresso lʼaltro nella sua bella veste, ammirandosi come una fidanzata. E con le mani dietro la schiena, benchè fosse un poco difficile, speditamente se lʼagganciava.

Dalla strada calma non veniva rumore; le finestre chiuse, nascoste nei drappeggi delle tende invernali, per sempre la separavano dallo spettacolo della immensa Città.

Il suo pensiero per un momento si allontanò verso i teatri notturni, verso le orchestre che infurian di musica sotto le ribalte meravigliose; per un momento pensò con con un tremito al suo leggero nome di danzatrice, allʼazzurro innocente profumo dei fiordalisi di Mimi Bluette...

Si mise una molteplice collana di perle, fredda e pesante, che le scendeva sino al grembo.

Alzò le sue piccole mani, le guardò contro la fiamma elettrica, forse per vedere in quella trasparenza il disegno delle azzurre sue vene.

Poi sorrise.

Capì che nel mondo non aveva più nulla da fare.

Più nulla da fare...

Sì, una cosa.

In quel momento le passò davanti agli occhi la memoria di un giardino; di un giardino barbaro e stupendo, che aveva rasentato, nella fuga del treno, lungo i sobborghi di Algeri.

Prese un bicchiere, un bicchiere fino e senza piede; prese una bottiglia chʼera sul lavabo, e versando lʼacqua, fissando lʼacqua, fin quasi allʼorlo, adagio, attentamente, lo riempì.

In quel momento rivide la sua mamma; rivide la sua mamma comʼera prima della ricchezza, quando gli artefici di Parigi non le avevano ancora fatti nascere queʼ suoi fulgentissimi capelli biondi.

Aperse lʼarmadio. In un cassetto, in un piccolo scrigno, fra le innocue medicine che si usan tenere con sè, vʼera la scatola di cartone, piatta, scura, suggellata, chʼella aveva saputo carpire con molti raggiri allʼequivoco ed onesto venditore di paradisi.

In quel momento rivide il banco della Grande Rouquine, la sua fisionomia di cera, con due grandi occhiacci da gatto, verdi. Le parve riudire quella voce fioca e sonora, bruciacchiata dallʼarsura delle sigarette russe.

Con lʼunghia ruppe il suggello di ceralacca. Nellʼinterno della scatola, bene ordinate, come nelle caselle dʼun alveare, trovò le dodici minuscole ampolle di vetro, colme dʼun liquido che non aveva colore.

Terminavano con un tubo filiforme, che si poteva spezzare come un esile fuscello di paglia. Vʼera inoltre una piccola siringa, tersa e fina, che brillava nella depressione dellʼastuccio di velluto. Ma non la toccò. Rimase a guardare con occhi fermi quelle dodici ampolle minuscole, non piene, dove il liquido incolore formava una specie di occhio tremolante.

Erano sei e sei, lʼuna presso lʼaltra, nelle caselle di cartone, sovra uno strato di bambagia. Non vʼera scritto nulla, non vʼera il più piccolo segno che ne tradisse la micidiale potenza.

Col rovescio dʼunʼunghia le percorse tutte, come due piccole tastiere.

Poi le tolse ad una ad una dalle cellette ove stavano; le contò fino a cinque; poi fino a sette; poi ne aggiunse ancor una.

Questa volta si dimenticò di riporre la scatola; non spinse nemmeno il cassetto; non rinchiuse lʼarmadio.

Ma teneva quelle fialette nella sua dolce mano, piegando il palmo affinchè non potessero cadere. Si muovevano, si urtavano, con un sottilissimo rumore di vetro fino. Quegli occhi tremolanti prendevano il colore della sua mano.

In quel momento, con il suo cuore di ballerina che moriva, ella pensò tremantemente a Dio.

Sciorinò sul marmo del lavabo un asciugamano a spugna, e quando fu certa che dal marmo non scivolasse a terra, con attenzione, con tremito, ve le depose.

Udiva il rumore deʼ suoi braccialetti.

Il rumore, non calmo, del suo respiro.

Si guardò ancora nello specchio. Volle pensare alla sua faccia morta...

Ma non la vide.

Ruppe unʼampolla. Versò il poco liquore nel bicchiere. Lʼacqua non parve mutata. Produsse qualche circolo,—che si fermò.

Udiva il rumore deʼ suoi braccialetti.

Pensò al cadavere del soldato Laire, che non trovava sepolcro nella bufera di sole...

Con la bocca serrata immaginò il sapore di quellʼacqua innocente, che le avrebbe regalato il paradiso...

Ruppe ancora due fialette, ancora tre...

Lʼacqua non parve mutata. Il veleno stupendo vi entrava con leggere bolle dʼaria. Scoppiavano. La stanza immobile brillava nel vetro fino.

Le ruppe tutte, con deliberata velocità.

Udiva il rumore deʼ suoi braccialetti.

Prendendo il bicchiere nella mano, volle sorridere, volle dire che moriva, ma non potè...

Bevve dʼun fiato.

Guardò i fiori, lo specchio, la vita...

Il bicchiere si ruppe.

Camminò in circolo. Si guardò i palmi delle mani, le ginocchia, la stoffa dʼoro degli scarpini da ballo che le calzavano i piedi.

Aspettava di sentir nascere in sè una profonda ubbriachezza...

Nulla: un bicchiere dʼacqua.

Rise.

Le passò davanti agli occhi, nel fumo di una vasta nuvola, quel biondo vapore che dà lo Sciampagna, quando la mano dʼun amante alza il bicchiere...

Nella Città lontanissima qualcuno suonava il My Blu...

Suonava il My Blu.

Udiva il rumore deʼ suoi braccialetti.

Traversò lo spogliatoio, la camera; si fermò con una specie di paura estatica vicino al capezzale del letto.

Rimase immobile vicino al ietto.

Ebbe voglia di guardar lʼora; ma non vedeva bene le sfere...

Non vedeva bene le sfere.

Le sembrò di perdere lʼequilibrio; spinse le due mani su la coltre, affondò nella seta piena di guizzi le falangi che non sentiva quasi più... Alzò un ginocchio, poi lʼaltro; si mise carponi sul letto, poi seduta, poi supina; immerse la nuca nel guanciale, distese le braccia lungo i fianchi...

Dormì.

E rivide allora stupendamente le girandole di fuoco: «Maxima Maximum... La Revue de lʼAlhambra...» nel vapore del primo sogno, nel colore di Parigi la Babelica...

Mimi Bluette... Mimi Bluette!... Era stata la bellezza e la musica, nuda, su le ribalte maravigliose... Aveva portato, nellʼanima dionisiaca, il dolore della eterna poesia...

Nulla; un bicchiere dʼacqua.

E vedeva le perdute carovaniere avventarsi come turbini di fiamme verso lʼantipodo scintillante, laggiù, per la terra senza ombra, dove, negli uragani di sole, con lʼiracondo nomade vento il sepolcro cammina...

Il sepolcro cammina.

Era ferma, era lontana, sollevata nel grande miracolo, ravvolta in un principio di paradiso...

Là indietro, nella Città lontanissima, quasi fuori dalla vita, qualcuno suonava il My Blu...

Suonava il My Blu.

Le parve, a poco a poco, in una musica, di sentirsi divinamente baciare...

Ma non poteva esser certa, nè rispondere, non poteva capire da chi.

E qualcuno, sul fiore dellʼanima, divinamente le diceva nellʼamore: «... vous êtes ma dernière coupe de Champagne, mon dernier bouquet de roses... quelle folie!...»

Fine

Scritto lontano, con poesia. 1914–1915.

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo
Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

«....dove, negli uragani di sole, con lʼiracondo nomade vento il sepolcro cammina...»

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

Bluette, il sole che dormiva neʼ tuoi capelli biondi, ora si è spento. I leggeri fiordalisi che inazzurravano i tuoi profondi occhi dʼinnamorata, ora son caduti e son dispersi nel lontano crepuscolo di quel sole.

Tu, che fosti la musica nella mia vita,—e per lunghi anni la musica dʼamore nella mia vita,—Bluette, mia primavera dʼuna volta, Bluette, fiore del mio giardino, meravigliosamente ora te ne vai per la Città Stupenda, e vai senza guardare la gente, immobile tu pure, definitiva tu pure, come quei Nomadi che non hanno più strada.

Laggiù dormirai, nel profumo deʼ tuoi morti capelli biondi, vicino al rumore del fiume che avviluppa la Basilica di Francia, laggiù, nel piccolo cimitero parigino, al limitare della Città Stupenda, su cui veglia, con la sua cupola dʼoro, il Duomo degli Invalidi.

Sei stata la più limpida creatura che mai vidi con i miei occhi di nomade, sei stata—comʼè la rosa—ciò che nel mondo ha nome poesia; ti ho portata come un fiore di semplicità, presso e lontano, fino al grande colore dellʼantipodo, nella mia vita camminante.

Le strade vanno; sono il pendìo del sepolcro, il colore dellʼanima che si allontana, la tappa dʼun ideale che non cʼè... Le strade sono la polvere del Tempo:—nientʼaltro. La polvere di una distanza che non è mai cominciata, che non finirà mai...

Nientʼaltro.

Così, Bluette, nel mio sogno, tu eri anche la strada.

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

Ora il tuo feretro se ne va per i quadrivi della Città Stupenda, e muore un giorno di primavera su questa Basilica eterna della sovranità mediterranea.

Tu passi, e non sei che un limpido fiore del mio giardino; tu passi e non sei che la danzatrice per sempre addormentata nel rumore di Parigi la Babelica.

Il violino dello zingaro Limka, piangendo, con sommesse musiche, ti accompagna fino al cimitero.

È un sereno giorno di primavera, e la Città che ti diede la gloria, in silenzio ti guarda passare.

Oggi la Grande Rouquine, donna che aveva un passato, per seguirti fino a Boulogne si è messa un abito nero.

Boblikoff discorre piano con lʼefebo Jean Kiki.

Oh, il bel colore che mandano, in questa luce piena di natività, le grondaie di Parigi!...

La povera Linette, cameriera dalle calze di voilé, ha la faccia tutta logora di pianto; è stanca, e se ne va piano piano, dando il braccio al vecchio amministratore, M.r Bollot.

Dʼimprovviso attraversa il cielo un gran profumo di alberi che si mettono in fiore. È il mese dei tigli; lʼaria crepuscolare si gonfia di profumate vampe.

Jack ti guarda con i suoi chiari occhi pieni di Atlantico.

E Sanderini dice a Fred Chinchilla:—«Ah, ʼl beau truc! Voilà ʼl moulin à café edʼ Pathé Frères!... Encore du cinéma... Ça biche! Sʼ pas, Fred?... Mais, si cʼest pour un film, jʼai bien ʼl titre:—«Les bleuets de Biribi.» Moi, comme bleuets, jʼ préfère ceux dʼ la Banque edʼ France!... Sʼ pas, Fred?... Pis, vous allez voir: y aura sûr queʼque rousto edʼ journalisse, qui, dans son paquelard à chantage, mʼ foutra sur ʼl dos ʼl meurtre edʼ la divine Bluette...»

Ed ancora, tra questa lenta folla che ti accompagna verso il cimitero, mi sembra quasi di riconoscere alcuna fra le sorelle tue più distanti.

Al pari della Grande Rouquine, anchʼesse portano lʼabito nero, e tacendo aprono su te quegli occhi senza tramonto che hanno le vere innamorate.

Vólgiti e guarda, Bluette:—In questo giorno di primavera cammina dietro le tue belle ghirlande il sottile fruscìo pieno di grazia della sottana di Manon Lescaut...

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

Non questa era, Bluette, lʼora calma e serena per disciogliere il tuo mazzo di fiordalisi nella primavera della Città Stupenda.

Ora la gente si ferma sui crocicchi, e poi dice:

«Un nome: nientʼaltro che un nome: anzi un piccolo fiore da mettere sui capelli di paglia, nei mesi dʼestate.»

Ma tu eri nata, e già tu eri, prima che gli Ulani del Vandalo giungessero a bivaccare con turpitudine su lʼorlo della foresta di Compiègne.

Questa Città così vasta e così multanime, che sapeva essere anche il teatro della tua meravigliosa nudità, oggi è piena di un santo silenzio; i suoi teatri sono chiusi, come chiusa è per sempre la danza nelle tue caviglie, Bluette.

Oggi, nelle vie di Parigi, solitario ed umile passa il tuo funerale.

Tu, che rappresentavi nella Città Dionisiaca il suo divino e glorioso piacere, oggi sei ferma, e giaci, e puoi traversare la Metropoli che ti regalò tanta fiamma, perchè hai portato nellʼanima lʼamore di Maria Maddalena.

Sei nata come un fiore selvatico nella dolcissima valle del Po; hai traversato le bufere di sole che incendiano il terribile Gharb; hai danzato, sovra un tappeto rosso come il Guébli, la danza del tuo cuore morto...

Che lunga lunga strada... che infinita malinconia,...

Oggi cantano le belle mitragliatrici.

Hai cadenzato la musica di due loquele nel profumo deʼ tuoi fiordalisi; hai saputo confondere il sogno nellʼarmonia deʼ tuoi movimenti, come il poeta imprigiona la bellezza nelle musiche della eterna Poesia.

Oggi cantano le belle mitragliatrici.

E Parigi che ha sempre una canzone per la sua camminante bandiera, Parigi che può sorridere anche nelle ore dʼimmortalità, sʼincurva su quella che torna dal rosso delirio affricano, e posa la medaglia di Laire sul feretro azzurro della Transalpina.

Oggi cantano le belle mitragliatrici.

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

Bluette, porterai qualche musica nella trincea che non dorme, dal giogo bianco dello Stelvio allʼonda calma che rispecchia le tragiche finestre di Miramare.

Vedrai quelli che assaltarono la rupe del Carso formidabile; quelli che, guadato il fiume, terribilmente vissero nellʼinferno di Doberdò.

Vedrai quelli che salivano, di notte, senza luna, in gran silenzio, per scolpire nel granito inaccessibile la storia degli Alpini di Monte Nero.

Forse nei bivacchi di linea, su la piegata erba dei nomadi accampamenti, la notte, al lume delle torce, scioglierai, danzatrice, la tua meravigliosa treccia bionda. Porterai, dʼinverno, su la neve dellʼAltissimo, lʼazzurro profumo che trabocca daʼ tuoi semplici fiordalisi...

E ti sia perdonato, fra tanta guerra, quel tenue rumore di sciarpe che produce la tua lievità.

Questo è ancora ciò che rimane per ultima cosa negli occhi dellʼuomo che non torna: la trasparenza dʼun velo sul colore indimenticabile dʼuna treccia, gli occhi di unʼamante lontana, che innamorata si addormenta nella musica di una lontana città...

Questo è ancora ciò che rimane, dietro le finestre chiuse, dopo i grandi cimiteri: un profumo di grembo femminile che farà continuare la vita, che piegherà lʼideale dei popoli verso le necessarie cune...

Affinchè possa il mondo ricominciare ad uccidersi.

Oggi cantano le belle mitragliatrici.

Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo
Illustration from Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

«...dove, negli uragani di sole, con lʼiracondo nomade vento il sepolcro cammina...»

Maggio 1916

G. d. V.

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