Mimi Bluette (continued 4)
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Cadeva sul rettilineo delle case unʼazzurra oscurità; la vita provinciale del grande accampamento europeo molestava col suo rumore pomeridiano il profumato silenzio del cielo dʼAffrica. E lʼindigeno passava, tra quella folla dʼinvasori e di meticci, come un intruso che ne fosse il recondito padrone.
Quando giunsero davanti alla caserma, tutta la rue de Tlemcen era piena di soldati. La musica militare camminava tra uno stormo di monelli, verso il Giardino Pubblico.
Le balie dʼEuropa non si sarebbero dunque annoiate nemmeno a Sidi–bel–Abbès. La Francia di Mimi Bluette amministra le sue Colonie come può, ma non trascura in ogni caso di allietarle con musiche militari. Questa è senza dubbio una ottima determinazione.
Allora ella scese dallʼautomobile con il suo piede leggero, e passò davanti alla sentinella. Siccome avrebbe camminato chissà fin dove, tanto era stordita, il caporale di guardia la fermò. Le si mise davanti con le sue larghe spalle quadrate, portandosi la mano alla visiera:
—On nʼentre pas, Madame. Cʼest défendu.
—Ah...
Le pareva impossibile. Ferma sotto il portico, affondava lo sguardo nel cortile inazzurrato.
—Est–ce pour voir un officier, Madame? Cʼest quʼil est très tard à présent...
—Non, un légionnaire.
—Un légionnaire?
—Oui.
—Comment sʼappelle–t–il?
—Laire.
—Laire?... Connais pas.
—Pas possible! Est–ce que ce nʼest pas–ici le 1.er Régiment Etranger?
—Cʼest bien le 1.er Etranger, comme vous dites. Mais jʼarrive de lʼintérieur, moi, et je ne les connais pas tous. Attendez voir, la dame; nous allons vous faire parler avec lʼofficier de garde.
—Merci, mon brave.
Il caporale si volse, chiamò un legionario:
—Eh, toi, Gouin! va donc appeler le lieutenant Silles. Tu le trouveras au mess. Y a des dames qui le cherchent. Dépêche–toi, Gouin!—Poi si rivolse amabilmente alle due visitatrici:—On ne peut pas vous dire de vous asseoir, car nous manquons de fauteuils, comme vous voyez... mais nous regrettons. Dʼailleurs le lieutenant Silles a de longues jambes!
In verità il caporale di guardia non aveva esagerato: quel tenente Silles presentava una strana rassomiglianza con il dromedario da corsa, e dello stesso animale aveva, nella barba, nei capelli e nel colore del viso, la rossastra biondezza.
Si presentò con un rigido saluto militare, pronunciando un «Mesdames?» asciutto e lunatico, mentre non cessava dal masticare con la mandibola ossuta il boccone del suo pranzo, che aveva interrotto malvolentieri.
Considerò quelle due donne, dallʼaspetto molto singolare per una caserma di Sidi–bel–Abbès, poi, con un gesto quasi gentile, disse loro brevemente che si compiacessero di seguirlo. Entrò in una piccola stanza, dove cʼeran un paio di seggiole, un tavolino ed una specie di ottomana. Era probabilmente la sala dellʼufficiale di guardia. Puzzava di rinchiuso e di aspro tabacco.
Egli avanzò due sedie, le invitò a prendervi posto, accese una sigaretta, e, scovertosi il capo tutto selvoso dʼuna ispida cotenna, gettò con destrezza il berretto sul pomello dʼun attaccapanni.
—A vos ordres, Mesdames,—disse con una voce rapida e ruvida, che al pari di tutta la sua persona pareva essa pure combusta dal sole.
—Je suis M.me Mimi Bluette, et voilà ma femme de chambre. Nous venons de France, de Paris...—disse Bluette con una timida esitazione.
Egli non mostrò alcuna maraviglia, nè del nome nè della provenienza.
Linette pensava intanto:—«Voilà un grand diable qui doit aimer les négresses...»
—Eh bien, lieutenant,—concluse Bluette, ritrovando la sua spigliatezza;—jʼai fait ce long voyage pour revoir un homme que jʼaime.
—Je nʼai pas lʼavantage de le connaître, mais, en tout cas, cʼest admirable!
—Oui, cʼest admirable en effet, lieutenant. Car je suis Mimi Bluette, celle qui a dansé pour des rois, et mon amant nʼest quʼun simple légionnaire.
—Votre amant un simple légionnaire? Bigre! Cʼest tout à fait kouss–kouss! Excusez, madame Bluette, mais cʼest ainsi quʼon sʼexprime au Gharb.
—Ecoutez, lieutenant. Il sʼest engagé sous le nom de Laire; vous lʼavez sans doute à vos ordres, il est probablement dans cette même caserne... Donc je vous prie, je vous prie de toute mon âme... non? est–ce que vous ne le connaissez pas?
—Laire? Laire?... Mais oui... attendez un moment. Cʼest quelquʼun de nouvellement engagé... il y a deux mois peut–être?...
—Oui, oui, lieutenant!
—Attendez: un grand, pâle, aux yeux presque verts, trente huit ans, quarante ans peut–être?...
—Cʼest lui! cʼest lui, lieutenant! Oh, mon Dieu, quelle émotion affreuse!... Faites que je le voie sans plus de retard!
—Cʼest quʼil nʼest plus ici, Madame. Et il est même très loin... Je regrette.
Si era levata, con le due mani protese verso di lui, con la voce sospesa. Udendo quelle parole, barcollò indietro, piegando la faccia, come se lʼavessero colpita nel cuore.
Il luogotenente Silles, molto impacciato, si cercò nelle tasche unʼaltra sigaretta, e quando lʼebbe accesa incominciò a stiracchiarsi la ruvida barba da stambecco.
—Oui, Madame, cʼest bien malheureux que vous ayez fait ce long voyage pour rien. Si vous aviez télégraphié par exemple...
—Je ne pouvais pas le faire. Il y a des raisons... Et puis, quʼest–ce que ça fait? Jʼai assez de courage pour aller nʼimporte où. Dites–moi où il est, lieutenant, et cʼest tout ce quʼil me faut.
—Il est très loin, à lʼintérieur, tout à fait dans le Guébli, beaucoup plus loin que Colomb–Béchar... Vous voyez bien que ce serait une folie.
—Pourquoi une folie? Jʼirai quand–même. Colomb–Béchar, vous dites? Où est–ce que ça se trouve?
—Ah, ma pauvre dame! Je vois bien que cʼest la première fois que vous mettez le pied en Afrique. Est–ce donc ainsi, avec vos chaussures et vos jolies toilettes, que vous prétendez aller jusque dans le Gharb?
—Jʼirai, mon lieutenant; jʼirai! Il y a des moments Où une femme vaut mieux quʼun soldat.
E disse queste parole con una semplicità così tranquilla, che lʼufficiale dʼAffrica si mise a guardarla, e non seppe cosa rispondere, poichè sʼaccorse dʼessere davanti ad un amore. Dopo una lunga pausa domandò con una voce quasi gentile:
—Et vous avez fait ce voyage, et vous irez jusque là–bas pour voir cet homme, vous, Mimi Bluette?
—Moi, Mimi Bluette, jʼirais au bout du monde pour le revoir une seule fois de ma vie.
—Ah?... Cʼest quʼil y a des types qui ont de la chance!—borbottò il luogotenente Silles con un incredibile malumore.—Moi, par exemple, voilà bientôt neuf ans que je roule ma bosse dans ces bougres de Colonies, et il nʼy a pas eu lʼombre dʼune Française qui mʼait envoyé ni un oeuf de Pâques ni une paire de pantoufles brodées! Je mʼen passe dʼailleurs, car je suis en rupture avec la société humaine.
—Vous aussi?—fece Bluette con stupore.—Cʼest bien ce que Laire me disait parfois. Et il le disait même dʼune façon très pittoresque:—«Jʼen ai soupé des hommes qui connaissent leur cimetière!...»
—Cʼest bien ça, Madame. Cette opinion peut vous paraître obscure; mais pour nous cʼest clair comme lʼEvangile. Dʼailleurs, je me souviens de cet homme à présent. Il avait tout ce quʼil faut pour plaire à une jolie femme telle que vous, mais il avait en même temps ces prunelles fièvreuses et mornes des hommes qui vont combattre au Gharb Marocain. Cʼest lui dʼailleurs qui a fait sa demande et qui a voulu sʼen aller au plus vite. Nous autres, voyez–vous, nous sommes les vrais sans–patrie. Tout de même on se bat comme si on allait faire la noce, car, à la place de tout le reste, nous avons un drapeau.
—Chacun de vous est donc un mystère?—domandò Bluette, con una specie di assorta maraviglia.
—Chacun de nous est un vrai homme, tandis que les autres ne sont que des pantins dangereux. Bref: quand on est là–bas, cʼest quʼon doit y être; quand on est là–bas, cʼest quʼon ne veut pas en revenir. Je vous conseille, Madame, de rebrousser chemin.
—Lieutenant Silles,—dises Bluette con un sorriso,—je ne suis pas la société humaine et je ne vous ai rien fait de mal. Vous devez être dʼailleurs moins méchant que vous ne le dites. Je vous prie donc de mʼaider autant que vous le pourrez, puisque je ne suis quʼune femme et que je dois aller très loin. Vous aurez deviné, jʼespère, quʼil sʼagit pour moi dʼune question très grave.
—Si cʼest pour quʼon le rappelle du Sud–Oranais, nʼy songez pas, Madame. Le Colonel lui–même ne pourrait absolument rien faire.
—Aussi je ne désire pas quʼon le rappelle, ni quʼon le prévienne de mon arrivée. Je vous demande une chose bien plus simple, lieutenant Silles. Tracez–moi un itinéraire détaillé du chemin quʼil faut suivre pour le rejoindre et adressez–moi aux personnes qui pourront mʼêtre utiles dans cette longue route. Jʼai dʼailleurs un laissez–passer du Ministère. Voulez–vous mʼaider, lieutenant? Je suis peut–être indiscrète, mais je crois que nos meilleurs amis sont ceux que lʼinconnu et le hasard nous présentent.
—Oh, Madame, si ce nʼest que ça, je le ferai de très bon cœur! Seulement, puisquʼil faut que je vous écrive un petit mémoire, avec nombre de détails, je vais mʼen occuper ce soir, et je vous remettrai cela demain matin à votre hôtel, si vous en avez un.
—Oui, lieutenant: hôtel Continental. Et vous aurez pour toujours lʼamitié de Mimi Bluette.

E ricominciò la strada.
La strada.
Bisognava tornare ad Orano, prendere la ferrovia di Colomb–Béchar.
Quel giorno il luogotenente Silles fece per lei una cosa molto gentile. Dopo averla condotta alla stazione di Bel–Abbès e dopo averla salutata con parole molto laconiche, dʼun tratto, quando già il treno stava per muoversi, fece un salto sul predellino, entrò nello scompartimento, non si diede nemmeno la pena di rispondere allʼimpiegato che chiudeva lo sportello, e sedette fra loro con la massima tranquillità.
—Après tout je nʼai rien à faire; je peux bien mʼen aller jusquʼà Oran jeter un coup dʼœil sur la Méditerranée.
Bluette sorrise, come se trovasse ciò del tutto naturale. Invece alla sospettosa Linette non garbavano affatto le maniere di quel bizzarro tenente. Aveva detto alla sua padrona:
—Très bien: on va se faire au Sahara, et même au centre de lʼAfrique, sʼil le faut; mais je crains, Madame, que vous ne soyez trop facile dans vos liaisons avec ces coloniaux. Ils ont, ma foi, des têtes qui ne me disent rien de bon.
—Toi, parce que tu tʼes imaginée que cʼest un homme à négresses, tu en as peur comme de lʼOgre! Moi, au contraire, ce lieutenant Silles, me fait beaucoup de peine.
Sì; ed a bene guardarlo in fondo agli occhi, nella dura e squallida faccia, in lui si vedeva, sotto lʼabbronzatura del sole, un colore dʼinfelicità. Era forse tra quegli uomini che la società respinge aʼ suoi confini, come verso le rive di un mare deserto i rottami dei sommersi velieri. Ed ormai Bluette conosceva queste calme tragedie, anzi era penetrata ella stessa da quellʼatmosfera di pericolo e dʼirrimediabilità che fascia queste anime dʼavventurieri. Ella stessa ormai raccoglieva lʼultima sua fedeltà nellʼombra dʼuna lontana bandiera.
Quando giunsero ad Orano, quandʼella fu nel treno che doveva portarla verso lʼinterminabile sole, Bluette sʼaccorse che lʼufficiale dʼAffrica la guardava come una sera lʼavevano guardata gli occhi del taciturno forestiere, allorchè, per la prima volta, la sua bocca gli sorrise dietro lʼorlo del bicchiere di Sciampagna.
Ed allora, con le pupille abbacinate nellʼinestinguibile sole di Orano, ella rivide come in un sogno la remota strada parigina—una piccola strada, calma, vecchia, di quelle che gli edili ragionevoli vanno cancellando a poco a poco.
Si vedeva, lontana, la Colonna di Luglio sorgere dalla piazza della Bastiglia.
In verità erano due fratelli, due terribili fratelli, due nomadi per la grande strada, che lʼAffrica vertiginosa travolgeva nella sua perduta vampa. Lʼamore che aveva per lʼuno, per quello chʼera più distante, le diede un piccolo tremito nel volgere a questi che lʼaccompagnava una parola di riconoscenza e dʼaddio.
Soli e fermi, su lʼasfalto bianchissimo della stazione, lʼufficiale disse:
—Que Dieu vous garde, Madame Bluette. Avant de vous connaître jʼétais presque persuadé quʼil nʼy avait pas dans la femme ce quʼon appelle une âme.
Ella chinò la faccia e non rispose parola. E stette ferma, e sentì che avrebbe voluto posare un bacio di sorella, un bacio quasi dʼinnamorata, su quella ruvida fronte che immobilmente le sovrastava.
—Un jour ou lʼautre, Madame Bluette, ce terrible soleil blanchira quelquepart ma carcasse. Je nʼaurai pas eu pour les hommes plus dʼimportance quʼun de ces méharis qui ravitaillent le désert. Pourtant, vous qui êtes si belle, et si fraîche, quand vous serez de retour là–bas, sur lʼautre rive, au milieu des gens qui connaissent leur cimetière, envoyez parfois un joli sourire de votre bouche à ce lointain lieutenant Silles...
—Je vous assure que vous allez me faire pleurer...—disse Bluette con un filo di voce.—Tenez, le train va bientôt partir; il faut que je monte. Au revoir, lieutenant Silles! Gardez tout de même ce petit souvenir de Mimi Bluette: il vous sauvera, là–bas, dans le Gharb... Au revoir, lieutenant. Et merci, et merci!...
Si era tolto un piccolo anello dal dito e glielo aveva regalato, quasi di nascosto, nello stringere la sua mano.
Egli guardò con gli occhi adusti quel fino gingillo che veniva dalla Rue de la Paix; lo strinse fra le dita con avarizia, come lʼarabo stringe nel palmo la buona moneta; non ebbe nè un sorriso nè una parola; ma impassibilmente salutò quella donna come avrebbe salutato la sua bandiera.
Poi si volse con rapidità, quasi per nascondere il suo turbamento; e lo si vide a lunghi passi traversare lʼobliqua striscia di sole.
Fra poco sarebbe tornato laggiù, dove muoiono tutte le strade, nellʼinfinito e calmo delirio della bufera di sole...
Anche a lui, su la via del cimitero, Bluette, passando, aveva regalato un fiore.

Percorse lʼAlgeria. Respirò, traverso le paludi della Macta, quel sapore di orrenda carneficina che lʼindomito Abd–el–Kader vi profuse. Vide splendere gli aranci di fuoco lungo le rive dellʼHabra e pendere i lucenti grappoli dalle robuste vigne del paese di Máscara. Per lunghe ore lʼaccompagnarono le dorate immobili piantagioni di tabacco; poi, su la dolce montagna, nellʼarcobaleno del tramonto, vide gonfiarsi di crepuscolo gli ulivi azzurri di Saïda la felice.
E Saïda passò, con i suoi larghi giardini, con le sue limpide acque di sorgente, che brillano come impetuosi rivoli fra i terrapieni delle sue mura smantellate. Saïda passò, come lʼultima terra che feconda il respiro del gentile Mediterraneo, splendente rocca e gioiello di principi mauritani, sul limitare della sabbia invarcabile. Ma ora venivan incontro altipiani aspri e disabitati, simili a sconfinate petraie, dove soltanto cresce lo squallido albero Thuya. Qualche mazzo dʼalfa spuntava tra i crepacci della pietra vampante.
Era il principio della terra interna, dellʼAffrica ove muoiono le strade.
Ed ecco, passato Khalfallah, incominciava la steppa dʼalfa, il desertico paese di miraggi. Si vedevano laghi e fiumi rutilanti; si vedevano barriere di fortezze ciclopiche; oasi prodigiose; foreste ferme, raggianti; lunghissime carovane; mandrie al pascolo su inclinate praterie: tutto questo appariva, spariva, sul monotono scenario dellʼorizzonte vuoto.
E la steppa dʼalfa continuava, come un oceano dʼerba che andasse alla deriva, senza onda, verso la perduta immensità.
Che lunga, lunga strada... che infinita malinconia... —«Domani sera—pensava il suo cuore,—domani sera si arriverà.»
Ecco, ed il treno correva per lʼarido avvallo del Chott Chergui, strano paesaggio di sabbia e di limi dʼargilla, con le rive piatte, fangose, ovali, che parevano camminanti.
La luna incendiava con un luccicore insostenibile i cristalli di sale frammisti nellʼarena; pareva di correre in mezzo alla fosforescenza dʼun mare. Il firmamento accerchiava lʼinfinito con un delirio di stelle.
Rari e spenti villaggi sʼinseguivano a lunghe distanze, come sentinelle dellʼuomo verso la terra nomade che non ha più focolari di pietra.
Unica ed altissima la montagna di Antar si alzava nella pianura scintillante, ove incominciavano a correre le prime dune. Il deserto invisibile prolungava nellʼOccidente, con lievi onde che appena si muovevano, le sue maree di sabbia.
La notte era piena di uno spasimo fermo, di una magnetica intensità, quasi di una polvere azzurra, che traversando lʼaria diventasse luce. Nelle curve, le accese rotaie balenavano come spade infinite.
Al sorgere dellʼalba—di unʼalba striata, miracolosa, come se il mondo fosse pieno di lapislazzuli e di berilli—Aïn–Sefra passò, fra i suoi prati gonfi dʼalfa e di drinn, fra le sue boscaglie dʼalberi di pistacchi. La stazione di Aïn–Sefra era una piccola fortezza; tutto il borgo aveva lʼapparenza dʼun accampamento militare; si vedevano caserme, bastioni, depositi, e dappertutto lʼuniforme dei soldati coloniali, fra i pochi sud–oranesi dalla testa bella e feroce.
Si era già sui primi lembi della terra mobile, nelle vicinanze del grande oceano di sabbia, che insidia e seppellisce tutte le opere dellʼuomo. Lʼoasi artificiale di Aïn–Sefra tentava di opporre un argine sotterraneo, fatto con i grovigli delle sue radici, al periodico assalto delle dune. Ma queste correvano a perdita dʼocchio, sin verso le pendici delle montagne di Ksour, disegnando con la lor forma una specie dʼimmobilità veloce, che tutta balenava di sprazzi e di lampi sotto lʼimplacabile fuoco del perpetuo mezzodì.
Sole, sole. Aveva già nellʼanima il barbaglio di questa enorme luce, il peso di questa terribile materia solare, che in tutto si compénetra, e può accendersi, come la fiamma che dorme nelle molecole dellʼesca. Ora comprese chʼella veniva dai paesi dellʼombra, dalle terre crepuscolari, dove lʼocchio dellʼuomo non è costrutto per vedere il sole. Qui soltanto le creature sapevano cosʼè questa potenza magnifica ed infernale, questa bufera immobile che incendia lʼinfinito, questa luminosità insostenibile che distrugge le forme in un diluvio di splendore.
Non guardava più, non ascoltava più; era una specie di sogno che la portava, un rosso e faticoso delirio, nel quale sentiva battere più forte, più forte, il suo timido cuore dʼinnamorata.
E passavano le belle oasi, le plaghe morte, le koube solitarie, i profili di lente carovane lungo le tracce carovaniere, le dune rosse come lʼoro che andavano allʼassalto dellʼAtlante Marocchino, i fiumi senzʼacqua, i prodigiosi dirupi delle gole di Moghrar, le vallate colore di solfo, tutte sabbia e macigno, dove soltanto cresce lo squallido albero Thuya...
Che lunga, lunga strada... che infinita malinconia...
Sopraffatta, esausta, Linette sonnecchiava lamentandosi; le scendevan lunghi rigagnoli di sudore dalla fronte spettinata. Il treno bruciava; lʼaria quasi rossa produceva un senso dʼasfissìa. Da venti ore stavano rinchiuse in quella prigione infiammata, e non vʼera più ghiaccio nella dispensa, non era più possibile ristorarsi con un cálice appannato. Pochi viaggiatori andavano sino al termine di Colomb–Béchar; quasi tutti erano scesi prima di Aïn–Sefra. Scesero infine anche i notabili ed i mercanti indigeni che si recavano al mercato di Figuig. Non rimasero che pochi Europei, qualche soldato, e le due viaggiatrici. Lʼora pomeridiana infieriva con tutta la sua vampa; il treno stesso pareva compiere una fatica enorme per avventarsi dentro quel sole. Verso lʼoccidente splendevano le azzurre montagne dellʼinfido Marocco; un senso di pericolo e di ostilità gravitava su la regione barbara. Le piccole stazioni sembravano bivacchi di truppa in un territorio guerreggiato; alle soste, lʼufficiale di guardia saliva nel treno per consegnare voluminosi plichi; si udivano i saluti ambigui delle truppe accampate ai legionari partenti.
Andavano laggiù a combattere, probabilmente a morire, nella rossa terra dei nomadi ove il sepolcro cammina.
E questa gente non tradiva il più piccolo segno di perplessità, non volgeva nemmeno gli occhi a riguardare le alte muraglie dei giardini tropicali, saturi di profumi ubbriacanti.
Era una gente buia, che aveva già perduta lʼanima, chissà dove, chissà quando, nella precorsa via. La società umana li aveva respinti fuori dal suo grembo, ed essi andavano, in silenzio, verso il perpetuo sole. Andavano con gli occhi fermi, terribili soldati di ventura, numeri prodigiosi nei battaglioni della morte, a conquistare nuovi territori, a mietere nuove ricchezze, radunando lʼultimo ideale nellʼombra dʼuna camminante bandiera. Aridi e sobri, taciturni e violenti, lʼodore della polvere da schioppo era il solo profumo che li potesse veramente ubbriacare.
A questi uomini la Francia doveva il suo magnifico impero coloniale.
Adesso era tempo di guerra; dalle misteriose zaouie marocchine sparse per il non soggiogabile territorio del Gharb, i capi religiosi, gli astuti rappresentanti del Sultano di Fez e gli obliqui emissari dʼaltri governi dʼEuropa sobillavano ed armavano con ogni mezzo le battagliere tribù marocchine, perchè si opponessero con insidie continue alla sanguinosa e paziente fatica della penetrazione francese. Le residenze militari di Talzaza, di Bou–Anane e di Bou–Denib, a ponente di Colomb–Béchar, nellʼaspro cuore del territorio marocchino, si trovavano sotto la minaccia continua dellʼaggressione, mentre, lungo la valle dellʼoued Zousfana, che scorre a sud di Colomb–Béchar, i posti militari avanzati di Taghit e di Beni–Abbès con sanguinosa fortuna combattevano contro lʼinsidia marocchina.
E Bluette guardava con una specie di curiosità ipnotica lʼinsostenibile tremolìo della terra micidiale, che il treno andava solcando con gli ultimi rugghi del suo carbone. Guardava là in fondo, là in fondo, la barriera di fuoco del mezzodì, quelle tremende nuvole solari che soffocavano il bivacco di Laire...
Ogni tanto consultava le minuziose pagine del luogotenente Silles, rileggeva le lettere di presentazione chʼegli le aveva date, contava i chilometri, le ore, i minuti. Ciò che più tormentava quelle due viaggiatrici era una orribile sete, una sete morbosa, un dolore di tutte le vene. Lʼacqua minerale, tepida e guasta, non dava alcun ristoro; gli occhi pesavano; le braccia non avevano più forza; la opprimente fatica del respiro comunicava un senso di vertigine.
A tutte le fermate gli uomini di macchina, terribili a vedersi, balzavano giù dal treno e si appendevano sitibondi ai becchi delle fontanelle.
Nessun rumore più; nessun visibile segno di vita. Un silenzio nefasto e lucido rotolava con le valanghe di sole per i contrafforti delle montagne incendiate.
Era già verso lʼora del crepuscolo. Tutto lʼemisfero si andava inclinando verso il terribile Gharb, la terra dʼOccidente.
Poi videro lʼacqua; lʼacqua viva, saltellante, limpida, rumorosa,—e la piccola stazione di Colomb–Béchar, in fondo al palmeto.

Lʼarrivo delle due Parigine mise addirittura sossopra quel Comando Militare e la poco numerosa colonia dʼEuropei. La notizia si sparse con incredibile rapidità. Messo piede a terra, il capotreno fece le sue confidenze al capo–stazione; questi ne parlò con il graduato che ritirava la posta militare; mezzʼora dopo tutta la guarnigione passeggiava curiosa e rumorosa davanti alla soglia del piccolo albergo di Colomb.
Era Montmartre che arrivava su lʼorlo del deserto, la Rue de la Paix che faceva una visita galante agli ambigui vicoli di Béchar.
Il luogotenente Silles le aveva date due lettere: una «pour M.r Abel Khan, commerçant en gros, qui sʼoccupera de vous former une caravane»; lʼaltra «pour le capitaine Maylho de Forrest, qui essayera de vous donner une escorte.»
Monsieur Abel Khan possedeva, nella strada principale di Colomb, un emporio di mercanzie dʼogni genere, una specie di Louvre coloniale, dove Mimi Bluette potè provvedersi di tutto quanto le mancava per viaggiare in carovana. Sidi Abel, come usavano chiamarlo nella regione, era un degno ebreo di Orano, carico dʼanni e di famiglia, danaroso, furbo, servizievole. Non fece troppe difficoltà, mise in moto un nugolo deʼ suoi figli, e promise che, per quanto lo concerneva, in tre giorni la carovana sarebbe di tutto punto allestita. Quanto al carovaniere, le parlò súbito di un tale Jossuf–el–Foukani, chʼera la perla dei capitani di lunga strada.
Questi venne per lʼappunto a farsi conoscere il giorno appresso. Era un Berbero color dʼoliva, che stando in piedi pareva mancare del suo cavallo; asciutto, rigido come un albero maestro, bellissimo uomo di tendini e di muscoli, con gli occhi tanto neri che mandavano iridescenze come il dorso degli scarabei. Una barbetta rossastra e ricciuta gli spuntava, simile a muffa, intorno alla mandibola infossata. Ravvolto nelle pieghe del suo caftano azzurro, le fece un vero saluto da Primo Console.
—Esselame halikoume, lalla! Que le salut soit sur toi, Madame! Esselame halikoume, lalla!
Parlava una orrenda miscela di arabo, di berbero, di spagnolo e di francese; la guardava impassibile, con una specie di rispettoso dominio. Era stato centinaia di volte a Gourara, a Touat, a Tidi Kelt; era stato più lontano ancora, di là dal Sahara interminabile, fino alle grandi foreste sudanesi e fino alle remote carovaniere di Tombouctou. Il viaggio dunque di Taghit e Beni–Abbès gli pareva una ben facile impresa. Quanto al prezzo non voleva discutere...
—Sidi Abel, votre ami, fera prix juste, lalla!
Solamente pretendeva per i suoi uomini e per sè stesso una certa indennità di cavalcatura, su la quale ad ogni modo Bluette non lesinò.
Il capitano Maylho de Forrest, nei quattro giorni chʼella rimase a Colomb Béchar, fece per lei tutto quello che un gentiluomo francese può fare per una bella e giovine donna. In primo luogo le fece sapere che il suo legionario si trovava precisamente a Beni Abbès, un posto militare a duecentosettanta chilometri di carovaniera oltre Colomb–Béchar. Le disse che la regione da percorrersi per andare fin là non era punto agevole nè sicura; le rappresentò i disagi ed i pericoli ai quali andava incontro, tanto più chʼera cosa difficilissima poterle dare una scorta. In quei giorni mancavano soldati; si aspettavano rinforzi da Aïn–Sefra; ma non verrebbero, al più presto, che fra un paio di settimane. Le consigliava di attenderli, per compiere il viaggio in loro compagnia.
—Capitaine, quand on vient de si loin, cʼest quʼon ira jusquʼau bout, coûte que coûte. Je suis prête à me mettre en chemin toute seule, même sans lʼappui dʼun guide comme Jossuf–el–Foukani, sʼil le fallait. Et dʼailleurs, ce soir, je vous raconterai mon histoire...
Glielʼaveva raccontata, quella sera, camminando con lui per la frescura del palmeto, mentre i carrubi nascosti mandavano vampe di buon odore. Glielʼaveva raccontata con semplicità, con un soffio naturale di poesia, facendogli sentire chʼella pure, come lui, come tutti quegli uomini dei Battaglioni dʼAffrica, portava nel cuore la ferita irremediabile, il destino di andare distante, laggiù, nel sole, ove muoiono le strade...
Egli era un uomo tutto grigio, immaturamente vecchio, un esiliato nel quale permaneva il segno gentile della razza. Nel sorriso, nel colore degli occhi, nel suono della voce, aveva quasi la trasparenza di una squallida e sciupata bontà.
—Eh bien, oui, capitaine... jʼai été une danseuse, une courtisane, un bibelot de chair, précieux et fragile, que Paris mettait aux enchères... Mais, ce soir–là, ce soir terribile, quand je me suis affaisée sur une chaise dans sa maison vide, il mʼa semblé soudainement que Mimi Bluette fut ma sœur morte, et pour la première fois de ma vie jʼai su comprendre lʼamour de Marie Madeleine... Alors ne me dites pas que la route est longue; dites–moi seulement, comme mon chef de caravane: «Que le salut soit sur toi, lalla!...» Nous partirons demain, au coucher du soleil...

—Balek! Rod balek!—tuonava con la sua voce stupenda il capitano di lunga strada, mentre picchiava sodo, a colpi di randello, su la ciurmaglia indigena che ostacolava lʼincedere della carovana.—Balek! Bara balek!
I cammelli dʼavanguardia già dondolavano su la carovaniera, sorpassando gli ultimi tugurii di Béchar.
Il Residente aveva concesso dieci uomini di scorta; il Caïd arabo ne aveva provveduti altri sei. La carovana portava con sè provvigioni, otri e bagagli numerosi, pieni di tutto ciò che il prudente Sidi Abel aveva creduto necessario di vendere alla bella Parigina.
Tutto il villaggio era venuto a salutare la partenza di Mimi Bluette. Gli ufficiali avevano adornato di fiori e di frasche il suo larghissimo basto a portantina, ove la sollevarono a braccia e lungamente lʼ acclamarono quando il suo cammello si levò. La stessa cosa fecero i sergenti per dare animo alla impaurita Linette.
E mentre la carovana si avviava, lunga, lenta, per i tortuosi vicoli del villaggio di Béchar, un trombettiere galante diede fiato alla sua rauca tromba e fece risuonare nel cielo dʼAffrica le cadenze dellʼantico My Blu.
Francia, Francia, divina e forte, che hai regalato al mondo le più belle canzoni!...
Ed ora la carovana si distendeva, lunga, oscillante, su la via di Taghit. Dietro la barriera dellʼAlpe Atlantica scendeva negli abissi un altro giorno di sole.
—«Toi, belle et courageuse, lalla!—diceva il capitano di lunga strada.—Toi commander, moi serviteur, lalla! Toi jamais parler avec hommes caravane; moi seul parler avec courbasc! Quand faim, quand soif, quand fatigue, quand sommeil, toi dire Jossuf–el–Foukani. Jossuf–el–Foukani veut tout bien pour lalla.»
E i grandi cammelli andavano su la carovaniera lenta. con il loro dondolìo di animali fatti per la distanza e per il sole. Guardando con occhi umani la pesta che non finiva mai, addormentavano con la loro pazienza il ritmo della eterna camminata, simili a grandi velieri, per la scintillante solitudine di un mare quieto. Seguendo gli ordini di Jossuf–el–Foukani, la scorta si divise; otto cavalieri si allontanarono di galoppo su la pesta battuta e guidarono la marcia, tenendosi a circa un miglio dal primo cammelliere; gli altri seguivano la carovana. Jossuf–el–Foukani era montato sopra un méhari velocissimo, di pelo quasi falbo, con la testa bizzosa, caprigna, adunca, ed il collo simile ad un lungo timone. Quando Jossuf voleva rimontar la carovana, emetteva un suono gutturale per avvertire il suo méhari, e questi, con uno strillo dispettoso, prendeva la rincorsa dʼinfilata, piegandosi tutto in avanti, allungando lʼesile collo, sicchè dava lʼimpressione bizzarra di un animale che corresse dietro al proprio muso.
A poco a poco la terra diveniva uno sconfinato braciere: ogni traccia dʼabitazione, ogni vestigio dʼalbero spariva. Tutto, sino allo zenit, era una immensa fiumana di sole. Il vento infuocato nulla trovava da scuotere; si camminava in un mondo senza ombre; un silenzio peggiore che la morte splendeva su quella vampa infinita.
La carovaniera diveniva incerta come un fiumiciattolo che man mano si andasse disperdendo; qua e là cominciavano a saltare leggeri nugoli di sabbia; dallʼoriente avanzavan dune cosparse di magnifici colori.
Ella pativa il male della strada, quella ubbriachezza dellʼanima e dei sensi che nemmeno lʼoceano dà. Le pareva di sentirsi chiudere nellʼinfinito più strettamente che in unʼangusta prigione. Sola, tra quegli uomini selvaggi, non provava nemmeno il senso della paura. Si era data in braccio alla strada, come la vergine ubbriaca se ne va col primo venuto. Non gli domanda nemmeno:
«Dove mi porterai?..» Pensa che le farà male, stupendamente male; questo è ciò che le importa.
Così per lei, che voleva solamente camminare.
Con lʼanima sua dʼinnamorata, una sera, nella Parigi Babelica, si era detta senza un tremito:—Camminerò.
Aveva sempre il suo mazzo di fiordalisi nella cintura fragile di ballerina, profumati con un profumo di Coty.
Ma era quasi un miracolo: aveva saputo comprendere lʼamore di Maria Maddalena.
Che lunga, lunga strada...
Si ricordò la prima sera, quando Max la condusse per le vie di Parigi, e come in sogno rivide splendere neʼ suoi lontani occhi di Transalpina le girandole di fuoco:—«Maxima Maximum—la Revue de lʼAlhambra—Rouli Rouli... Crémieux... Luna Park... habille bien...—Le Matin... Michelin... Galeries... Polin... sait tout...»
Che lunga, lunga strada... che infinita malinconia...
Ed ora portavano il Sole. In sè, nella propria materia, nei propri atomi viventi, gli uomini, le cavalcature, le distanze, tutte le cose dellʼinfinito portavano il Sole. Anche il Tempo non era più che uno spazio immobile, pieno di Sole.
Qui roteava lʼinfinità senza ombra.
Qui, nellʼincendio, morivano le strade.
—Bon chemin, bon chemin, lalla! Animaux forts, désert calme, brigands Arabìs rien fusillade. Allah et mon bras droit toujours protegé Jossuf–el–Foukani. Moi avoir dit: «Pas danger aller Taghit et Beni–Abbès.» Sidi Abel aussis avoir dit: «Pas danger.» Sidi Abel bon Yudi; vole un peu, mais très honnête. Officiers Colomb–Béchar très magnifiques, mais connaître pas Guébli. Jossuf–el–Foukani connaître Guébli et tous chefs oasis. Chefs oasis un peu brigands, mais très honnêtes. Pas danger, lalla!
Portava, oltre la carabina le pistole ed il courbasc, anche un lungo pezzo di fune, attorta e nodosa, che gli serviva per aizzare i cammelli o per carezzare familiarmente il groppone deʼ cammellieri, quando sʼaccapigliavan tra loro, picchiandosi ed ingiuriandosi con una serqua di bestemmie, in liti che duravano per chilometri di strada.
E le diceva:
—«Toi malade, lalla. Jossuf préparer bon tasse thè vert avec menthe et sucre. Thé marocain très magnifique. Toi goûter boisson Mahomet! Vin danger, eau danger, whisky anglich très danger; thè marocain pas danger, lalla! Moi préparer bon tasse thè vert. Boire ensemble avec Jossuf–el–Foukani.»
E le ore passavano, i giorni passavano, solo interrotti a lunghissime distanze dalla breve oasi di un magro palmeto. Quando appariva sul più lontano cerchio dellʼorizzonte la fulva caotica ombra della foresta che si delineava, gli uomini, oppressi dallʼenorme delirio del sole, cominciavano ad urlare di gioia, ad urlare di sete, mentre pareva che gli animali stessi, carichi dʼun mantello di mosche invelenite, fiutassero nellʼaria morta il sentore dellʼacqua sotterranea.
—Sebala! Sebala!—gridavano i cavalieri della scorta.—La fontana! la fontana!
E tra una furia di volanti criniere partivano verso lʼoasi, di galoppo.
Il grido liberatore correva, in giù, in giù, per il lungo nastro della carovana, fino al più tardo mulattiere, che urlava egli pure, dimenandosi e bastonando la sua logora cavalcatura:
—Aïne! Aïne! La sorgente! la sorgente!
Le scarse tribù che vivono di miseria nelle perdute oasi del Guébli si adunavano fuori dal palmeto per veder giungere la carovana.
Dalla groppa del suo méhari falbo, Jossuf–el–Foukani, maestoso ed affabile, parlamentava brevemente con i capi–tribù. Da quelle misere genti si davano segni quasi di venerazione al potente Foukani, lʼuomo che parlava il linguaggio dei roumi, il protetto francese, lʼamico del Pascià di Beni–Ounif.
Le donne del Guébli, scure, con occhi a mandorla, già crespe di vello sudanese, logore di selvaggia maternità, venivano a guardare in silenzio la bella Cristiana. I marmocchi arabi le si premevano in giro, nudi, oblunghi e lucidi come ghiande. Qualche negro spaventoso rideva con la bocca sino alle orecchie, tenendo la mano incastrata sotto lʼascella dellʼopposto braccio, e così facendosi croce al petto cosparso dʼuna fuliggine ricciuta.
Il latte aromatico delle piccole mandrie si offriva da quella misera gente in larghe ciotole di legno di palma. Le ragazze di nove anni avevano i seni maturi e protuberanti come nespole. Nel rumore dellʼacqua sorgente cantava la musica naturale della vita.
Poi le bestie si alzavano, pigre, lʼuna dietro lʼaltra, in fila. E via, nel sole, nel delirio, nel sole, per lʼaccecante sabbia, verso lʼoasi più lontana.
Di tratto in tratto qualche carcassa di cammello divincolava dal tenace deserto le sue costole incenerite; qualche cranio dʼuomo luccicava come una sfera dʼavorio polito fra le dune ricamate con mille arabeschi dai lontani turbini del Khâmsyn.
Un giorno, dʼimprovviso, quando i miraggi del Guébli salivano come torce vorticose nellʼalto infinito, apparve una selva di padiglioni dʼoro. E questa era, su lo scenario dellʼorizzonte, la confusa macchia dei palmizi di Taghit.
Vi giunsero al cadere del giorno, quando su lʼalto palmeto sʼimpigliavano strisce di vapori quasi violetti e nellʼoasi brillavano, fra le tende sparpagliate, i fuochi serali del bivacco francese.
Non vʼerano che pochi uomini ed un ufficiale infermo; gli altri erano andati a combattere verso il turbolento Gharb.
Lʼoasi di Taghit era vasta, fertile, felice. In quella orrenda graticola di sabbia che per intorno lʼaccerchiava, i suoi palmeti onusti sotto il peso dei datteri maturi, le sue gonfie boscaglie di giuggioli selvatici, lʼerba soffice che nei pressi delle fontane sbocciava tutta cosparsa di gocciole, davano allʼesausta fatica dei nomadi camminatori un senso di beata ombra e di paradisiaca primavera.
La carovana vi riposò fino al crepuscolo del giorno appresso, poi lentamente riprese la via.
Si entrava ora in un paesaggio di dune instabili, si camminava con estrema lentezza nella bufera di sole. Verso lʼoccidente, verso il terribile Gharb, lʼondata estrema del Sahara sʼimpaludava su le propaggini dellʼaltipiano, seppelliva, soffocava nella sua morta marea le radici ultime del macigno dʼAtlante. Ma dallʼaltro lato, verso il Guébli ed il Chergui, sollevando burrasche di luce sotto il curvo emisfero, si vedeva il deserto nomade avventare le sue procelle di sabbia contro la diga cerulea dellʼantipodo scintillante. Nessuna distanza poteva uguagliare, per lʼocchio dellʼuomo, quella sua formidabile vastità. Su le criniere delle dune tumultuose qua e là si accendevano i prismi dellʼarcobaleno. Il vento rosso infuriava nella grande solitudine; la terra mandava ondate; il deserto camminava.
Lente, pavide, quasi respinte, le bestie avanzavano con fatica su la carovaniera sparente. Sembrava di andare lungo lʼorlo dʼuna marea, curvi sotto il pericolo del flutto che sta per sopraggiungere. Da presso e da lontano, come rovesci di pioggia in un prato, la sabbia vorticando saltava; un tenebrone rosso veniva contro il cielo di tramontana, infiltrandosi negli occhi e nel respiro, simile quasi ad una fuliggine di sole.
Si vedevan, nellʼestrema lontananza, in un chiarore obliquo di cataclisma, le dune perdute andarsene alla deriva.
Ecco, era la via per il deserto, la via del Guébli calamitoso, la via della terra che non beve mai. Gli animali, assaliti e paurosi, prendevano terribilmente la forma del loro scheletro; gli uomini, allucinati, non parlavano più. Si lasciavano portare, non dalla pesta cancellata, non dalla propria volontà uccisa, ma da una specie dʼistinto ulteriore: quello di cercare una strada ove non cʼè più strada.
Camminarono per qualche giorno su lʼorlo di quel prodigioso inferno. Il capo–carovana era il solo che non dormisse mai. Gli bastava quel suo mantello bianco perchè la bufera di sabbia non gli facesse alcun male.
Aveva il deserto nellʼanima ed era nato per la via del sud.
Egli si mise a fianco di Bluette, prese la briglia del suo cammello, e di giorno e di notte mai non lʼabbandonava.
Quandʼera più tramortita, le avvolgeva la fronte con un fazzoletto umido; quando il vento assaliva con troppa veemenza le tende lacere del suo baldacchino, egli prendeva la via del vento, e conosceva lʼaria come se guidasse un veliero.
Tre giorni e tre notti andarono fra i turbini della bufera; poi una infinita calma si adagiò su quel mondo infinito.
Qualche duna, più agile, ancora volava in lontananza sul brulichìo della pianura morta; ma lʼoceano di sabbia e di sole andava ricuperando a perdita dʼocchio la sua luccicante immobilità.
E finalmente ritrovarono la carovaniera; incerta, spesso cancellata, che andava grado a grado piegando verso il Gharb, verso lʼaspra e collinosa terra dʼoccidente. Già, lontanissime, riapparivano le guglie azzurre della montagna dʼAtlante. Là dietro, i nomadi predoni della Chaouia tendevano agguati e massacravano le colonne francesi, come rifiutavano lʼimposta e lʼobbedienza militare agli esautorati funzionari del sultano di Fez.
El Foukani mandò avanti la scorta e diede ordine di far fuoco sul primo baraccano che fosse veduto strisciare od appiattarsi fra le dune. I leggeri cavalli berberi, assetati e miserabili, ormai galoppavano senza velocità. La carovana sprofondava e risaliva per le ondate ferme del terreno, con un barcollare sfinito, come se le ginocchia degli animali non reggessero più. I muli erano piagati sotto la greve soma; chiazze nere di migliaia dʼinsetti li coprivano come croste brulicanti. Più magri, più alti, più lugubri, solamente i cammelli andavano sempre, con un passo di bestie perpetue, che possano morire camminando. Lʼuragano infuocato aveva di quasi due giorni prolungata la marcia; lʼacqua negli otri stava per venir meno. Il dromedario che portava gli ultimi sorsi fu messo nel centro della carovana, sotto gli occhi di El–Foukani, che non avrebbe certo esitato a spegnere con le sue pistole brillanti la sete pazza dei minacciosi cammellieri.
E finalmente, un mattino, su lʼestrema via del sud, egli vide nascere un confuso tenue disegno azzurro, come un fiocco di nebbia che rasentasse la terra, come una rupe dʼaria nello sconfinato sole. Guardò, guardò prima di parlare; poi disse alla donna che mai non abbandonava:
«Toi regarder petit couleur ciel droit dans le Guébli; toi voir Beni–Abbès, lalla! Beaucoup marcher, bessèfe marcher, lalla; puis arriver Beni–Abbès, où toi désir, lalla...»
E giunsero dopo quindici ore nellʼoasi lontana, dove il suo grande amore lʼaveva portata.

Per niente.
Tutte le strade vanno a finire in questa parola che domina lʼuniverso:—Niente.
Ed anche per lei, che aveva camminato con tanta bellezza dietro il suo piccolo sogno, ed anche per lei, che si era elevata con lʼanima sua di danzatrice fino a conoscere lʼamore di Maria Maddalena.
Per niente.
Le strade vanno; sono il principio della distanza, il colore dellʼanima che si allontana: portano in sè molta polvere, molto sole, hanno tutte una meta—e non arrivano mai.
Un piccolo cuore di ballerina, mandando un sorriso dietro lʼorlo del bicchiere di Sciampagna, certa sera di neve, nella Parigi Babelica, si era divinamente innamorato.
Per niente.
Mandò amore come un rosaio manda profumo: per niente.
Si avvolse di musica e di elevazione come un giardino addormentato, nel chiaro plenilunio del Maggio, si gonfia di poesia.
Per niente.
Un giorno la barbara Città splendente camminò sovra il suo piccolo cuore. Vasta e forte, con il suo peso tremendo, camminò sopra il suo piccolo cuore. Parigi la Grande brillava e girava intorno al suo fermo spavento come il carrossello di una terribile fiera. Mandava un repentino soffio di tragedia ad investire i suoi capelli biondi; sciupava, sfogliava con adirata violenza i semplici fiori del campo, i fiordalisi di Mimi Bluette.
Allora partì.
Prese la via del mare, del mare nomade che oscilla fra le bionde rive cariche di violenti giardini.
Per niente.
Sola camminò per lʼAffrica vertiginosa, nei delirii della terra interna, verso i fermi uragani di sole. Camminò. Le fontane degli erranti abbeveravano la sua torbida sete. Le sue bianche mani si abbronzarono e lʼanima sua divenne colore dellʼesilio. Camminò. E pose il piede nella desertica terra ubbriacante, ove, nella dannazione del sole, nessuna eco più giunge del perduto mondo.
Le dissero chʼegli era più lontano; e più lontano lʼamore la portò.
Per niente.
Giunse dove guerreggiano e cadono, sotto le armi della Grande Repubblica, i soldati senza patria, la carne da macello e da conquista, gli esclusi per sempre dalle famiglie del mondo, che solo ridon nei giorni di massacro, quando li ubbriaca lʼodore della polvere da schioppo, le baionette brillano, e spiegata batte nel vento la bandiera dellʼergastolo camminante.
Li guardò negli occhi, li guardò nello spirito, concavo e spento come unʼorbita senza pupilla: e nella rossa vampa ove si agita la potenza del delirio affricano le parve di essere divenuta una loro innamorata sorella. Poichè nellʼanima portava ella pure il colore dellʼesilio, il sogno dellʼultima stella che si accende su la strada più lontana.
Quanto sole!... quanti roghi accesi nello spazio... e dappertutto, a perdita dʼocchio, nel cerchio del mondo visibile, che infinito scintillìo!...
Per niente.
Come le strade, come il deserto e lʼoceano, come la vita e la morte, così lʼanima sua, lʼamore dellʼanima sua, portava unʼazzurra fedeltà nei turbini della distanza infinita.
Per niente.
Nelle oasi profumate si addormentò con la fronte posata sovra il braccio bianco. Le donne del Guébli, scure, con occhi a mandorla, già crespe di vello sudanese, logore di selvaggia maternità, venivano a guardare in silenzio la bella cristiana.
Era la ballerina di Parigi, quella che aveva prostituito il suo corpo divino sotto gli archi elettrici delle ribalte maravigliose nella musica dellʼaffascinante My Blu; era un gioiello da principe, lʼetèra per un vizio da re, lʼopera dʼarte umana che Parigi aveva messo allʼincanto; era la rosa delle rose nei giardini dei Campi Elisei...
Ed ora la portavan le bufere di sole per la via senza ombra del terribile Gharb.
Si fermava presso le tende bianche dei nomadi accampamenti, la sera, quando il remoto Sahara trema di una elettrica oscurità ed un orribile splene contorce le anime di questa gente che non conosce il suo cimitero.
Li aveva qualche volta veduti partire in colonne agili e serrate, dietro i méhari che portavano le belle mitragliatrici; qualche volta rientrare in silenzio, a fronte china, come un gregge decimato nei tradimenti della Chaouïa.
Li aveva qualche volta veduti nei giorni di «cafard», nellʼiracondia e nellʼangoscia dellʼorribile splene, chiudersi con una tremenda gelosia, con una cieca rabbia, sul proprio essere anteriore; starsene in disparte, muti, avversi, obliqui, come bestie contagiate, quasichè li assalisse una torbida memoria di quel mondo che avevano sepolto nel lor cuore dʼuomini, o li stringesse fino alla gola, chissà mai per quale urto, chissà mai per quale ombra, un subitaneo furore dellʼanima non ancora sopita.
Era la ballerina di Parigi, quella che aveva regalato alla Città Babelica il suo lieve cuore di danzatrice, la sua pura e scintillante nudità... Ma ora chiudeva nellʼanima lʼamore di Maria Maddalena, ed aveva traversato il deserto per recare allʼamante che amava, nel trasparente cálice del suo palmo, un sorso fresco dʼacqua di fontana.
Ed ella non sapeva nemmeno chi fosse questʼuomo. Era venuto a lei da una storia buia, da tutto ciò che nel mondo si chiama «lontano».
Forse aveva una casa in qualche terra straniera, ed una sua donna paziente, che innamorata lʼaspettava in qualche lontana città.
Forse, nelle sere profonde, anchʼegli piangeva di rimorso e di malinconia, pensando alla distanza invarcabile che lo separava dalla sua vita.
E chissà mai quante volte, nella terra senza ombra, dove lʼacqua nascosta non manda fiore, dove la bandiera dei Legionari sventola come una fiamma nel sole del terribile Gharb, chissà mai quante volte gli aveva ubbriacato lʼanima quel biondo profumo di poesia che dai giardini delle terre crepuscolari mandavano al suo cuore morto i fiordalisi di Mimi Bluette...
Le strade vanno, sono la forma della velocità, la musica dellʼesilio: sono distanti perchè si avviano, sono ferme perchè non arrivano mai. Le strade sono la polvere del Tempo:—nientʼaltro; la polvere di una distanza che non è mai cominciata, che non finirà mai:—nientʼaltro.
Ecco; e forse quel Nomade lo sapeva.
Quando per gli altri, da ogni fossa e da ogni letamaio nascevano aurore, per lui, su la terra infinita, su le infinite illusioni degli uomini, era tramontata per sempre, per sempre, la poesia.
Ed allora forse quel Nomade pensò chʼera meglio fare come il sole; volgere verso il Gharb, la terra dʼOccidente.
Camminare laggiù, nella vampa, dove tramontano le strade, con lʼanima seppellita nellʼombra dʼuna fortuita bandiera.
E lasciò agli uomini saggi, agli uomini calmi, tutto quello che gli avevano dato: qualcosa che si chiama una patria, qualcosa che si chiama un focolare, qualcosa chʼegli portava sopra di sè come una veste importuna: il suo nome; qualcosa infine che lo aveva innamorato troppo tardi, troppo tardi... un amore.
Vivere o morire, questo non era importante; ma solamente voleva dividersi dallʼuomo che fra gli uomini era stato. Voleva mettere lʼinvarcabile fra il suo cuore e sè. Dovunque lʼandassero a cercare, nei diligenti libri dello Stato Civile, di lui avrebbero detto:—«Scomparso»—di lui avrebbero detto:—«Forse non cʼè più.»
Camminare inforno al formicaio degli uomini saggi, degli uomini calmi, senzʼavere la propria esistenza inchiodata nelle caselle dʼun passaporto. Nemmeno davanti al suo cadavere, nessuno che potesse dire chi fu.
Non vʼera alcuna patria della terra che gli potesse dare questa orrenda libertà, se non lʼesilio dei morti che vogliono ancor vivere, la truppa dove al soldato non si domanda che di saper morire.
Chi era?
«Laire.»
Laire: il suono dʼuna sillaba, cinque veloci lettere dellʼalfabeto... Era tutto, e bastava.
Così erano a decine, laggiù, nei reggimenti stranieri, nel delirio del terribile Gharb.
La sera talvolta si udivano cantare.
Distesi allʼombra dei palmizi biondi, verso lʼora in cui sʼaccendono i fuochi tremuli dei bivacchi, tra il fumo denso che immobilmente sale verso lo zenit vertiginoso, cantavano a voce spiegata le afose nenie delle tappe, le buie canzoni dʼAffrica dellʼergastolo camminante.
Era forse, per quegli uomini, lʼultima sera di vita, lʼultimo colore di crepuscolo su la terra che non ha tombe nè focolari. E guardando con fissa maledizione il disco enorme che affondava nellʼantipodo scintillante, con ira e con oblìo cantava, prima di farsi uccidere, «la gloriosa canaglia» della Legione Disperata.
Questa era la gente che non avrebbe mai sepoltura.
Là indietro, su le frontiere dellʼesilio, avevano lasciato agli uomini saggi, agli uomini calmi, anche il cimitero.
Qui, nellʼoceano di sabbia, le bianche ossa dei morti perennemente cambiano sepoltura.
Le strade vanno, sono il pendìo del sepolcro, la tappa della strada che non cʼè; tramontano come le ore dʼun giorno, convergono tutte nel deserto, laggiù, verso la terra folle, dove, negli uragani di sole, con lʼiracondo nomade vento il sepolcro cammina...

—Eh bien. Madame, je suis désolé, désolé de ce que vous me dites, mais je ne me sens pas le droit de vous mentir, ni de vous épargner cette peine, pour cruelle quʼelle soit...
Nellʼoasi di Beni–Abbès, nella dorata penombra che riempiva la tenda spaziosa del capitano–aggiunto Letellier, Mimi Bluette si portò convulsamente le mani alla gola, e stette immobile a fissare lʼuomo che le parlava; un ufficiale scarno, febbricitante, seduto quasi a terra sovra il suo letto da campo, e che ogni tratto alzava la mano con un moto meccanico, per toccarsi la fronte bendata.
Sovra due cassette vuote un legionario scriveva celeremente; un altro riceveva i messaggi del telefono da campo. Lʼufficiale medico preparava una fresca bevanda di cognac, di ghiaccio e di limone.
—Est–il–mort?...—disse infine Bluette, con una voce che appena si udiva.
—Dans des circonstances particulièrement héroïques, Madame, le matin du 23 Septembre, face à lʼennemi.
Solamente i suoi occhi vissero quellʼattimo di vertiginoso dolore; ma il suo corpo immobile nulla sentì. La ferita le passava il cuore senza ucciderla; solo, da quel momento, i suoi dolci occhi azzurri non furono mai più gli occhi di Mimi Bluette.
Poi, dʼun tratto, barcollò, aperse leggermente le braccia, il suo corpo si piegò in due come una sciarpa, e cadde per terra di schianto, senza far rumore. Lʼufficiale medico non ebbe nemmeno il tempo dʼallungare un braccio per darle aiuto; lʼaltro, il capitano ferito, riuscì ad alzarsi con estrema fatica, e, dopo averla sollevata, insieme la portarono a sedere sovra il lettuccio da campo.
Ella riaperse gli occhi e li guardò con il suo cuore morto.
Allora il capitano sedette vicino a lei, con le ginocchia rialzate fin presso il mento, le spalle raccolte nellʼangolo che la tenda formava sopra un filo dʼacciaio, mentre il medico, un bel fanciullo biondo con gli occhi di cortigiana, li guardava in silenzio muovendo le sue mani pallide.
Si udiva in quel silenzio lo stridore veloce della penna sul ruvido protocollo militare. Nella distanza dellʼoasi, ad intervalli, cantando, un falegname picchiava. Le voci aspre dei cammellieri giungevano dal profondo palmeto.
Allora il capitano disse:
—Le soldat Laire est tombé sous mes yeux pendant le combat que nos troupes livrèrent le 23 Septembre aux insurgés de la harka marocaine. Jʼy ai été blessé moi–même, comme vous voyez. Son nom a été porté sur la liste des morts, bien que nous nʼayons pas pu recouvrer son corps. Sur proposition de son chef de bataillon, on lui a décerné la Croix de guerre. Sa médaille a été portée à la salle dʼhonneur du 1.er Régiment Etranger. Il fut un brave, Madame; soyez–en fière!—Donne–moi quelque chose à boire, veux–tu, major? Jʼai horriblement soif.
Con la sua mano delicata il medico versò la bevanda, e gli sorresse la nuca mentrʼegli beveva.
—Nous étions partis pendant la nuit avec les mitrailleuses. Nous savions très bien quʼil nous attaqueraient. On nous les avait signalés dans plusieurs directions du Gharb. Le Gharb, savez–vous, cʼest comme le Bois de Boulogne pour les jeunes filles: il y a, paraît–il, des satyres. Nous étions trois cent quatre–vingt, quatre cents, pas plus; il sont, eux, comme les sauterelles; plus on en fauche, plus il en vient. Mais nous avions des ordres, quoi!... il fallait obéir. Nous avons obéi. Nous sommes revenus soixante–treize, et il fallait voir en quel état! Oh, je sais bien, à Paris on ne sʼen doute guère!.. Les Coloniaux? eh, quoi, la belle affaire! Cʼest leur métier à eux de se faire «zigouiller!» Peste, Madame! Je vous dis que ces gros bourgeois ne se doutent de rien. Du cinq pour cent et Monsieur Fallières: voilà leur façon dʼentendre la patrie. Cʼest commode, hein? Oui, sûrement, cʼest tout à fait kouss–kouss!—Major, approche la carafe, je tʼen prie...
Bluette lo ascoltava immobile, piegata su lʼala che formavano le sue lunghe ginocchia, sola, deserta, con gli occhi allucinati nel vapore del lontano sole.
—Mais lui, ce brave Laire, il avait du définitif dans lʼâme, ce matin–là. Il marchait dʼun pas allegre, à quelques rangs devant moi, et sa haute taille était la plus belle du bataillon. Pour un dernier venu, je vous assure quʼil était vieille–garde. Le sous–off me disaient:—«Capitaine, voilà un dandy!» Ce Laire, il nʼavait pas prononcé quarante mots depuis son arrivée. Il avait le cafard des nobles, le cafards des gens qui se racontent à un brin dʼherbe, mais qui jamais ne soufflent mot à leurs copains. Cʼest pour vous dire, Madame, que nous lʼavions compris. Et moi, par exemple, je trouve assez naturel que vous ayez fait pour lui ce long voyage.
Le strisce di fumo della sigaretta che aspirava il tenente medico rimanevano sospese nellʼaria come larghi veli.
—Oui, cʼest bien sûr; pour nous tous, les Batt dʼAff, il vient un jour où nous avons du définitif dans lʼâme. Il nʼy avait quʼà le regarder, ce matin là, pour comprende que cʼétait «son jour». Lʼaube était rouge comme ces paniers de cerises quʼexposent les fruitières du Faubourg Saint–Honoré. Cela aide. Rien ne donne lʼenvie de devenir noir comme cette lumière écarlate... La colonne marchait, mitrailleuses en tête, essayant de glisser dans les plis du terrain. Le Gharb, au delà des dernières dunes, miroitait comme une terre volcanique parsemée de phosphore. Cʼest horrible! On sʼaperçoit, dans ce spasme aveuglant, quʼon peut tuer lʼhomme à force dʼétincelles. La terre montait; à lʼhorizon on voyait des collines. Ils pouvaient être partout, car le terrain faisait de hautes vagues. A un moment donné, sans aucune raison apparente, je sentis quʼils étaient là, quʼils rampaient comme des couleuvres dans les pièges de cette terre morte, quʼils allaient surgir de partout, avec leurs cris sauvages. Une sensation, Madame!... cette sensation de lʼembuscade que nous avons très claire, nous, les habitués de la harka. Quelques minutes plus tard, les voilà qui se dressent comme des fantômes chaotiques au sommet des collines. Deux, trois dʼabord, puis des centaines, des hordes... Le soleil naissant du côté de Chergoui soulevait des nuées de sable; nous étions pris en même temps dans la bataille et dans la tourmente de soleil. Nos mitrailleuses, avec un bourdonnement de guêpes, sifflaient sur ces moissons de sauvages. On en fauchait autant quʼil en venait, par vagues. Mais ils étaient plus que nos balles, et ils approchaient toujours. Leurs drapeaux verts tanguaient sur ces troupeaux humains. Bref: quand nous fûmes entourés, quand nos mitrailleuses ensablées ne fonctionnèrent plus, il fallut marcher à la baïonnette, et le Commandant me cria: «Voilà du kouss–kouss pour toi, Letellier! Essaye tout de même! Jʼy vais de mon côté.» On y alla... Zut! que jʼai soif, Madame! Nʼen voulez–vous pas un verre? Ça fait du bien au cœur.
E bevve, bevve profondamente, con assetata febbre, un lungo sorso.
—Il y avait devant moi une borde composée de huit cent brutes au moins, qui grouillaient sur une colline et sʼavançaient avec des oscillations de montagne russe. Leur drapeau vert était la chose la plus agréable à regarder dans cette atmosphère de pourpre. Je dis à mes hommes: «Crédieu! si on pouvait leur arracher cette sale guenille!...»
—Jʼy vais tout–de–go, mon capitaine!—répondit une voix de bronze derrière moi. Un homme sortis des rangs. Cʼétait le soldat Laire, très calme, baïonnette au canon. Il se lança tout droit, tout seul, faisant de temps à autre un geste comme pour écarter des rideaux. Les autres le suivirent. Il courait, une cinquantaine de pas devant nous. On arriva derrière une broussaille. A vrai dire on ne savait pas si cʼétaient des arbres ou des pierres végétales. Ces chiens galeux nʼétaient plus quʼà vingt mètres. Ils couraient aussi. Dans le choc, il y eut une mêlée épouvantable. Cʼest quʼon devient fou, là bas, dans le Gharb, Madame!... Ce nʼest pas du tout de lʼhéroïsme: on devient fou. Ils tenaient leurs longs fusils par le canon et flanquaient des coups de crosse; ils avaient aussi des couteaux, des poignards et des larges sabres marocains; mais leur voix de fauves était encore plus effrayante. Le Commandant avait affaire de lʼautre côté. Une partie de nos hommes, groupés autour des mitrailleuses, tiraient sans relâche pour aider nos baïonnettes. On voyait ces sauvages tomber comme des épis dans la moisson, avec une espèce de rire terrible qui les clouait par terre. Nous avions de leur sang jusquʼau poignet, jusquʼau coude; mais il en venait toujours du pied de colline. Savez–vous combien ça peut faire de cadavres le bras dʼun homme? Je ne le sais pas moi–même. Plusieurs sans doute. Mais le poids des cadavres finit toujours par vaincre la puissance dʼun bras. Dʼautant plus que nous étions presque tous blessés, sans compter les morts. Jʼavais une balle au dessus de la tempe, un coup de crosse à lʼépaule et une déchirure dans le côté. Mais ça ne fait pas très mal, une blessure, tant quʼon est au Gharb... Ce brave Laire était toujours devant nous; il livrait à lui tout seul un combat merveilleux. Je crois même quʼà ce moment–là il nʼavait plus sa raison, le pauvre, parce que je nʼai jamais vu un seul homme faire un pareil massacre. Il était tout rouge, de son propre sang et du leur, comme sʼil sʼétait plongé dans le ruisseau dʼune boucherie. Ceux quʼil avait tués de sa propre main et ceux qui sʼabattaient sous notre fusillade formaient autour de lui une espèce de rempart macabre. Quelques pas en arrière de ce rempart flottait le drapeau vert du Prophète. Il avançait toujours pour sʼen emparer, tombant sur les genoux, se redressant encore, tout rouge, complètement fou. A un moment donné je comptai mes hommes: nous étions restés trente–cinq; nous reculions; le Gharb dansait comme une mer en tempête. Ce nʼétait pas le courage, cʼétait lʼhaleine qui nous manquait. Jʼavais empoigné mes deux pistolets pour en brûler les dernières cartouches, quand, tout à coup, un miracle se produisit. Une de nos mitrailleuses, nettoyée à la hâte, avait fait un bond sur lʼaile gauche et recommençait à chanter. Madame, quelle ivresse! quelle ivresse!... Je nʼai jamais lancé vers une femme le regard enivré dont jʼenveloppai en ce moment la belle mitrailleuse...
—Doucement...—gli consigliò il medico.—Vous aurez la fièvre.
—Ah, tant pis! Ce nʼest pas très important dʼavoir la fièvre! On en guérit. Et puis on recommence... Après tout cʼest la chose la plus bête que nous puissions faire, nous soigner dʼune blessure. Oh, ce besoin imbécile de rester vivants!... Et pourquoi?... Pour crever demain, ou après demain, dans le Gharb ou dans le Guébli, et toujours avec le même délire... Ce nʼest même pas comique, ce nʼest rien du tout... De la bêtise! Dis–donc, major, ta quinine a des qualités sans doute; mais moi je puis te dire que jʼai appris quelque chose dans lʼhistoire du soldat Laire. Dʼabord, vois–tu, il avait dans son cœur des yeux de femme. Et cela ne lʼa pas empêché de vouloir la guenille du Prophète, le chiffon vert que même ces brutes ont pris pour de lʼidéal brodé... Oui, positivement, jʼai la fièvre; mais ça me fait bien plaisir quʼune jolie femme soit assise sur mon lit de camp. Et puis, Dieu sait si elle mʼécoute... Dans ses yeux calmes il y a un peu de nord...
—Je vous écoute, oui, capitaine,—ella rispose con voce tranquilla, senza nemmeno far muovere il velo dʼombra che le fasciava la fronte.
—Et alors, quand la mitrailleuse chanta, la cohue de ces gueux sauvages eut une espèce de long balancement, un arrêt tumultueux devant la mort invisible, devant ces milliers de balles qui zigzaguaient dans leurs rangs comme des lézards métalliques. Ce nʼétait pas continuel, car elle devait aussi défendre cette partie de la colonne qui sʼétait engagée sur lʼautre versant, aux ordres du Commandant. Mais elle nous protégeait assez pour que nous puissions nous replier, tant dʼun côté que de lʼautre, afin de nous réunir autour des mitrailleuses, quʼon essayait de remettre en action. Le soldat Laire était toujours au delà de la broussaille; il ne tournait même pas la tête. De temps en temps la mitrailleuse faisait des ravages devant lui; les monceaux de cadavres lʼempêchaient de mourir.
—«Soldat Laire!—lui criai–je.—En arrière! En arrière avec nous!» Il hocha sa tête nue, quʼune large blessure coiffait de pourpre; il fit un bond terrible, et plongea sa baïonnette dans le ventre du grand diable noir qui portait le drapeau. Il sʼaccrocha des deux mains à la hampe de lʼétendard, et lʼon vit une mêlée dʼhommes, presque nus, gesticulants, hurlants, sʼécrouler sur lʼenorme cadavre de lʼenseigne barbare. La mitrailleuse y darda pendant quelques minutes son éventail de flèches, et presque personne de ce groupe ne releva la tête. Ils avaient enseveli sous leurs cadavres la bannière du Prophète. Mais il y eut un silence. Et lentement, comme quelquʼun qui sortirait à plat ventre dʼune kouba effondrée, nous vîmes le soldat Laire se dégager du poids de ces cadavres, surgir, et marcher vers nous en chancelant, les mains crispées sur la bannière du Prophète. Ce nʼétait plus un homme, Madame, mais un fou rouge, une loque humaine qui portait un drapeau. Il lʼagitait, il lʼagitait, il riait peut–être... Nous entendîmes sa voix ivre:
—Je lʼai! je lʼai, mon capitaine!...
Nous allions vers lui, mais la distance était encore assez grande. On voyait des marocains, des nègres, courir en foule. Nous avions peur de le tuer avec nos balles. De mes hommes, plus un seul ne pouvait courir; eux, ils couraient comme des diables. Mais sa voix était si épouvantable, que jʼen rêve, depuis, chaque fois que mes yeux sʼassoupissent. Il criait:—«Bien le bonjour à vos bourgeoises, nʼs pas!... Et quand jʼaurai ma médaille, fous–la au drapeau... capitaine!... fous–la... au drapeau... ca... pitaine!...»
Ce fut sa dernière parole. On sʼempara de lui, malgré les mitrailleuses, et il mourut les poings crispés sur la bannière du Prophète.—Jʼoubliais de vous dire, Madame, que tout cela sʼest passé au milieu dʼune tourmente rouge, et que nous sommes revenus soixante–treize, dont vingt–quatre seulement nʼétaient pas blessés. En voilà un, par exemple: cʼest le petit gaillard aux yeux de chamelle, qui gribouille des paperasses pour expédier ma correspondance. Parce que moi, voyez–vous, le Gharb mʼa joué un sale tour: je ne peux plus écrire les mots sur une ligne, je vais tout de travers, et je saute des voyelles...
—Ah, ces chiens galeux! ces chiens galeux!...—borbottava il piccolo soldato, succhiandosi le falangi sporche dʼinchiostro bituminoso.
Là fuori, nellʼoasi bionda, la sera scendeva in larghe vampe di tangibile profumo. Era quasi una lentissima pioggia di pólline dʼoro, che pareva scuotersi dai carichi rami delle palme, bruciare, cadendo nellʼombra, come un pulviscolo di sole. Si vedevano, sui fiori tropicali, aprirsi le bocche ovali dei lucidi camaleonti. Due cadaveri di traditori pendevano dalla forca della più alta palma. Erano là, immobili, come due lunghi batacchi di campana, coi polsi legati dietro la schiena, gli occhi marci, la lingua grossa come un tumore fra le mandibole mummificate.
La carovana di Colomb–Béchar si era sdraiata intorno ai pozzi, fra il disordine delle some; i cammelli masticavano la rugiadosa erba con una lentissima voracità; in larghe pentole dʼargilla i cammellieri pazienti facevano bollire il kouss–kouss.
Un vecchio negro, di membra gigantesche, dai lineamenti quasi europei, fumando una lunghissima pipa che gli pendeva dalle labbra tumide, faceva esaminare da Jossuf–el–Foukani i marenghi dʼoro, i franchi dʼargento che i Francesi gli avevano dati. Molti legionari, seduti fuori dalle tende, fra lʼattenzione delle piccole negre, giocavano a carte oppure al tric–trac. Di esse, qualcuna era incinta; qualcuna portava i corti capelli annodati su la tempia con un nastro di colore. Avevano certe lunghe braccia da miss inglese, la bocca invereconda, e, nelle spalle, una specie di rassegnata ma gentile povertà.
Mentre Bluette usciva dalla tenda del capitano, quei legionari si misero a guardarla.
—Christi! Je te dis, Jacquelot, quʼelle est bougrement bien fichue, la môme, et que, surtout de la voir pleurer, ça me fait quelque chose!
—Tʼen fais pas, Galitzine! Les femmes, ça pleure, ça rit... Pourvu quʼon les mette à poil, cʼest à peu près tout ce quʼelles demandent!
—Pourtant, ce quʼil était bath, ce Laire! Hein? Quʼen dis–tu, Jacquelot? Avoir tripoté des femmes pareilles, pour sʼengager à la Légion... Fallait–il en avoir une couche?... Pas vrai, Jacquelot?
—Oui... mais ne triche pas en attendant! Je vois que tu es en train de me monter le paquet. Tʼes propre, va, Galitzine!... Passe–moi les cartes. Cʼest à moi la donne. Oui, mon prince! Et puis je te dis que ce Laire, cʼétait peut–être un poseur, un aristo, une fiente à avoir une particule devant son Laire, mais il avait des goûts fins... ça, y a pas dʼerreur!
—Dis–donc, Jacquelot! Est–ce que tu ne marcherais pas ce soir, si elle te faisat de lʼœil?
—De lʼœil à moi? Tu te payes ma tête, sale mec!
—Dis–donc, Galitzine.... Veux–tu mon avis? Cʼest le jeune major qui se lʼenverra, ce soir, au clair de la cafarde...
—Ah, la chamelle!... Dʼailleurs, que veux–tu? ces salops dʼofficiers, ils ont des aventures même au Gharb!...

E allora tornò.
Tornò, con lʼanima sua dʼinnamorata, verso Parigi la Babelica, verso il mercato glorioso che vendeva, nella sua fiera di tutte le umane gioie, la bellezza ed il piacere.
Tornò, silenziosa, con la fronte chinata, gli occhi accesi di quella immobile vampa che bruciava nel remoto Gharb. Era divenuta ella pure lontana, come i tetri volontari dellʼergastolo camminante. Aveva lasciato cadere ad uno ad uno, su le carovaniere del Guébli, come foglie della propria vita, i fiordalisi di Mimi Bluette. Ora il senso dellʼesilio era entrato in lei, come nellʼanima di quei soldati nomadi che solo avranno per tomba lʼemigrante bufera. E tornava per nasconder nel frastuono della Parigi Babelica la sua tacente anima di Maddalena.
Vi giunse una fredda sera del mese di Novembre, quando il firmamento dʼelettricità, che per lʼalta nuvola propagano i lumi delle strade, con tremito si andava incurvando su la metropoli rannuvolata. Ella guardava con occhi stupiti, aperti, fermi, quella molteplice vita, mentre nellʼanima deserta le infuriava un lontanissimo rumore di sole.
Questa era la Città, questi erano gli Uomini, questa era la Vita...
Povera piccola bionda Mimi Bluette!...
Non afferrava più lʼesatto senso nè più sapeva ben distinguere gli esatti contorni delle cose; nel suo profondo essere femminile si era disseccata, sotto la fiamma del deserto, quella fertilità limpida e giovine che ogni creatura porta in sè come una fontana.
Ora capiva quel che significa non avere più strada, essere giunti a quellʼora di sconfinata e spaventosa libertà, oltre la quale finiscono anche le distanze. «Gli altri», quei mille che si chiamano «gli altri», avevano per lei smarrito il senso di creature umane. Passavano; erano cose poco più importanti che i paracarri di sasso, le colonne di bronzo, le ruote lente, stupide, che ripetono fino a consumazione il loro inutile perpetuo giro... «Gli altri» erano gli automi freddi e meccanici che attraversano la vita. La vita: questo rumore, questo colore—questo nulla.
E poi?
Le città? i parchi? le strade? le famiglie?... Tutta quellʼopera che indefessi compivano? tutto quellʼurto che insieme producevano, il giorno e la notte, ora per ora... Ma no! Ma no!... era pazzamente inutile... Inutile. Cʼera un immenso deserto, che «gli altri» non vedevano.
E, poi?
Essere bella? avere un nome gentile? potersi coprire fino alle ginocchia deʼ propri capelli biondi?... Avere la carne profumata, dolce, chiara, trasparente, come il più bel fiore coltivato nel miracolo dʼun giardino; essere stata la gioia, essere ancora la gioia... la ballerina di Parigi... Mimi Bluette... Ma no! Ma no!... Cʼera un inganno!... Tutto questo non doveva essere mai avvenuto... La storia della sua vita, il colore di sè stessa era un circolo grande, remoto, interminabile, di sole...
E poi?
Cosa potevano darle ancora quelle finestre buie, che si aprivano verso lʼinterna ombra nelle case degli uomini? Quelle finestre che nei mattini di primavera si empivano di serenità e di sole; quelle grandi finestre opache, morte, come gli occhi di una creatura che non respira più... Cosa potevano darle ancora le strade magnifiche della Capitale, i grandi negozi luccicanti, le canzoni delle orchestre chiuse nei teatri saturi di nevrastenia?... Quanto rumore per nulla!... quanto rumore per nulla, o Parigi la Babelica!...
E poi?
Non cʼera più. Qualcosa non cʼera più. Qualcosa nel mondo era scomparso, distrutto, finito. Chi? Un essere? Non soltanto, non soltanto... La poesia. Tutto ciò che nel mondo ha nome:—Vivere. Quella grande ala invisibile che solleva il peso della materia nel colore della felicità... Ecco: era finita la poesia.
Parigi la Babelica era per «gli altri». A lei rimanevano i suoi capelli biondi, le sue mani bianche, i suoi veri occhi dʼinnamorata, pieni di sole, pieni di sole...
Questa era la Città, erano le strade chʼella conosceva; queste le fiumane di gente fra le quali era uscita una sera, portando in sè come un fiore selvatico il suo timido cuore di Transalpina.... «Maxima Maximum....
La Revue de lʼAlhambra... Le Matin... Michelin... Galeries... Polin... sait tout...»
E poi?
Dove? quando? chi le ridarebbe un respiro?
Si ricordò le danze chʼella faceva, le belle danze a piedi nudi, sovra un tappeto verde come lo smeraldo più puro... E le parve che la musica non fosse ancora morta in lei; anzi le parve che la musica fosse lʼultimo piacere, lʼultimo senso della vita... Era venuta al mondo così:—per danzare.
No: per amare.
Quante canzoni!... Era Parigi che gliele rendeva, che stupendamente le buttava come un laccio intorno al suo piede; intorno al suo piede, per farla danzare...
Ma dove? ma quando? ma per chi?
Le musiche vanno; forse vanno più lontano di tutte le strade. Però muoiono anchʼesse, trovano anchʼesse la loro distanza nel dolore infinito.
Vestirsi, ridiventare la più bella danzatrice di Parigi, coprire di perle fredde la incipriata sua nudità, mettere su le tenui dita gli anelli vivi come il deserto, ridere, coprirsi di fiori, nascondere un sorriso ebbro dietro lʼorlo del bicchiere di Sciampagna... dietro lʼorlo del bicchiere di Sciampagna!... Oh, comʼera lontana per sempre quella sera di stupenda poesia!...
Ed allora pensò alla voce dellʼamante, alla voce del nomade in quella perduta sera. Pensò al profumo che aveva ogni soffio dʼaria nel respiro della sua viva bocca, alla forza che aveva la palpitazione del mondo, quandʼella era con lui, serrata come in un rifugio contro il suo veemente cuore. La femmina, lʼamante chʼera in lei, tremò nelle sue profonde vene, poichè Parigi dʼun tratto la risuscitava. E con pudore quasi di vergine ella si meravigliò che non fosse ancor morta.
No: era come la musica; poteva giungere più lontano di tutte le strade.
La gioia dʼessere per quellʼamante una femmina viva ed invereconda, come una rosa, quando nei giorni dʼestate, si gonfia e trema del pólline che lʼubbriaca... la gioia di sciogliere con le mani un poʼ contratte, con i polsi piegati, le sue belle trecce pesanti, ascoltando il rumore insidioso che producono le forcelle cadendo, e poi nuda, e poi trepida, coi seni erti, con il grembo già umido, che si muove, attorcigliarsi con un piccolo vellutato grido a quella maschia forza che di lei, fino allʼorlo dellʼanima, stupendamente sʼimpadronisce... essere nuda...—ciò che forse vuol dire con felicità sentirsi donna—essere il suo piacere, la sua bellezza, la forma femminile della sua vita, essere la Maddalena e lʼamante, ciò che si chiama la colpa e si chiama Dio...
No?... Mai più?...
Mai più.
Qual era il guanciale ove i suoi capelli disciolti vestirebbero la bellezza del peccato? E lo specchio dovʼera, nel quale guarderebbe con ilarità i suoi occhi appassiti? E dovʼera una bocca dʼuomo la quale potesse non offendere le sue rinnovate labbra di vergine? potesse non contorcere in una orrenda paura la indocile sua nudità?...
Mimi Bluette... Un nome; nientʼaltro che un nome; anzi un piccolo fiore da mettere sui cappelli di paglia, nei mesi dʼestate.
Mimi Bluette... due parole troppo leggere...
Il vento la aveva portate via.
E i cimiteri?...
Sì, anche i cimiteri.
Di qua, di là, ve nʼerano molti. Respiravano, quella sera, il fumo della nebbia inazzurrata che andava girando, pesando, su la Città sfolgorantissima. Erano anchʼessi come i teatri: una rappresentazione ferma della vita. Si ricordò la frase chʼegli le aveva detta, una lontana sera di neve: «Jʼen ai soupé des gens qui connaissent leur cimetière...»
I cimiteri? Sì, la più lunga strada; ma sempre una strada...
E poi?...
Ecco: bisognava gettare ancora una volta il suo piccolo nome su la Città immensa, e poichè Parigi aveva rappresentata in lei qualche ora della sua camminante bellezza, bisognava essere fino allʼultimo la ballerina dellʼantico My Blu, bisognava danzare la danza del suo cuore morto sul più luminoso teatro di Parigi la Babelica...
E poi?...

—Qui, Jack, jʼai été au delà de la mort, et je suis encore vivante... Me voici revenue. Jʼai désiré te voir. Tu es le premier homme, tu es la seule créature à qui je sente le besoin de serrer la main. Pourquoi me regardes–tu, Jack? Suis–je bien changée?
Egli era commosso; non le parlava. Non le poteva parlare. Chinato sopra il suo volto ancora giovine di ballerina, teneva una mano di Bluette fra le sue, dolcemente, fortemente, con una specie di fraterna ed innamorata paura.
—Oui, sans doute, je suis très changée, très enlaidie peut–être... Si tu savais comme le désert brûle!... Si tu savais comme on y perd ses yeux, là–bas, dans cette terre où tout miroite... Ça ne fait rien! ça ne fait rien!... Parlons de toi, Jack. Est–ce que tu danses?
Con un moto repentino egli scosse il capo, serrò i labbri; una smorfia contrasse la sua limpida fisionomia.
—Non? Est–ce que tu ne danses pas? Toi non plus, Jack? Cʼest drôle! Quʼas–tu fait alors?
—Je vous ai attendue, Bliouette.
—Tu mʼas attendue... Est–ce possible? Quel enfant que tu es! Et puis, ça ne vaut pas la peine dʼattendre Mimi Bluette... Mimi Bluette est morte.
—What a pity! You are a very naughty Girl!
—Pas du tout méchante, pas du tout. Jack! Cʼest la vie qui fait ça... Il ne faut pas mʼen vouloir. Et puis rions, Jack!... Si tu savais comme cʼest triste de ne plus savoir rire!
—«Avez–vous donc fait un voyage très uncomfortable?»
—Tu appelles ça «uncomfortable»?... Oui, cʼest ça! tu as peut–être raison, Jack... Pour moi ce nʼest pas seulement lʼAfrique, cʼest la vie toute entière qui a perdu son comfort...
Egli si guardò le unghie, le belle unghie rosate, la sua mano calma, onesta come il suo cuore. Pareva incerto se dirle quello che le voleva dire. Poi domandò:
—«Etes–vous toujours une esclave, Bliouette?»
—Ne me demande rien. Jack... Tu dois savoir que je nʼai pas versé de larmes...
—«Et vous étiez nécessaire de verser des larmes?»
—Oh, il faisait tant de soleil!... On ne pleure pas quand on est aveugle... Tu as dit pourtant: «vous étiez nécessaire»... Cʼest une grosse faute. Jack! Il vaudra mieux que tu dises à lʼavenir: «Etait–il nécessaire... et cœtera.»
—All right! Mais je demande si votre ami...
—Ah, non, Jack!... Pas ça! Jamais, jamais un mot! Tu es mon danseur et tu es mon brave Jack... mais ne demande jamais à Mimi Bluette ce qui sʼest passe là–bas, dans la terre chaude...
—Oh, yes! Linette avait donc raison... Je suis très coupable.
—As–tu causé avec Linette?
—Non. Elle mʼa chuchoté en mʼouvrant la porte: «Parlez pas, Monsieur Jack! Faut la guérir dʼabord.»
—Pauvre fille! Elle a été si douce, si douce... Mais pourquoi donc les gens mʼaiment–ils toujours, moi, qui suis dʼune nature si horriblement égoïste?... Enfin, si ça te fait plaisir, allume ta pipe, Jack.
—«Bon. Vous me direz après que je peste.»
—Ou que tu empestes... Mais ça ne fait rien. Allume.
Sedettero. Egli premeva il pollice con attenzione sovra il suo biondo Navy Cut.
—Çʼa été très beau en Afrique. Tout le monde savait que jʼétais Mimi Bluette. A Colomb–Béchar les militaires ont joué le My Blu.
—Quand on a bien dansé comme vous, Bliouette, cʼest naturel quʼon ait sa réclame aussi en Afrique.
—Tu crois?
—Yes.
—Ecoute donc. Jʼavais un superbe chef de caravane qui mʼappelait: «Lalla». Cʼétait très gentil.
—Question de goût. Moi ça me fait rire.
—Jack, tu ne mʼas pas encore dit si je suis devenue laide?
—«Oui, un très petit peu.»
—Parce que, sais–tu, jʼai un projet...
—Aïe!
—Tu dis aïe beaucoup trop tot. Cʼest ton vice.
—Jʼai toujours peur de vos projets, My Blu.
—Pas cette fois. Mon projet va te plaire.
—Par exemple?
—Par exemple... écoute–moi bien... Je vais danser!
—Oh!... My Blu!
Non seppe risponderle con altre parole. Ma i suoi occhi mandavano luce. Dʼun tratto afferrò entrambe le sue mani, abbronzate ancora della vampa, mise un ginocchio a terra e le baciò.
—Oui, je vais danser une danse que jʼai dans le cœur. Cʼest le mouvement de la caravane qui me lʼa apprise. Et puis cʼest le soleil du Gharb, le soleil de la terre où ils tombent... où il tombent, Jack, mes frères!... Quand je portais en moi mon cœur comme une pierre, cette danse montait dans mes veines, enveloppait mon être, dans une volupté rouge comme le soleil... Vois–tu? Chacun doit parlar avec son propre langage. Les poëtes font de la poesie; les peintres sʼoccupent de la couleur; moi, qui étais née danseuse, je sentais le désert comme une danse, et il y avait pour moi des orchestres dans la fureur du soleil...
—Oh, comme cʼest beau ce que vous avez dit, Bliouette!...
—Mais non, Jack, cʼest tout à fait simple... Nous avons marché des jours et des jours, assoupis dans la somnolence de la caravane; il y avait là–bas ce soleil que tu nʼas jamais vu; et le silence furieux de cette atmosphère étourdissante mʼenvoyait des chansons qui étaient vastes comme lʼinépuisable désert... Jʼai senti naître en moi une musique de soleil, qui était nouvelle, sur laquelle personne, jamais, nulle part, nʼa dansé... Je veux faire cadeau à cette ville de ma danse; elle mʼa bien donne, Jack, mon amour...
—Vous attribuez ça à la caravane; moi je crois, Bliouette, que le miracle est dans vos pieds.
—Si tu étais philosophe on tʼappellerait, je crois, un matérialiste. Mais, puisque tu es danseur, on ne peut tʼappeler quʼun idiot. Enfin tu seras mon impresario, Jack. Cʼest toi qui mʼarrangeras ce spectacle. Et quand jʼaurai dansé ma danse, presque nue, sur des tapis rouges, alors, pour te faire plaisir, je danserai aussi les tiennes, avec toi Mais je veux que ce soit splendide! Un théâtre comme Paris sait en faire aux actrices quʼil aime. Tu vas dʼabord mʼenvoyer un musicien. Je danserai: il devinera la musique. Tu mʼenverras celui qui a écrit le My Blu. Quoiquʼil ait à présent un peu de morgue, pour avoir été joué aux quatre coins de la terre, grâce à Mimi Bluette, il se ressouviendra, j ʼespère, quʼil était râpé comme une vieille culotte quand il vint mʼoffrir sa pièce, pour le prix de trois louis... une vraie aubaine! Maintenant il a un tarif de boxeur nègre. Mais tu peux lui dire que Mimi Bluette nʼest pas à vingt–cinq louis près. Tu feras annoncer ce spectacle le plus bruyamment et le plus loin que tu pourras. «La Danse du Soleil... Mimi Bluette»—«Mimi Bluette... La Danse du Soleil»—Cʼest joli, hein? la Danse du Soleil?... Ce Dieu terrible me possède, Jack, et je danserai une danse furieusement ensoleillée... Aussi tu prieras Sem de me faire une affiche. Je ne suis pas tout à fait certaine que Sem soit un dessinateur extraordinaire, mais, quand cʼest de lui, cʼest du Sem, et ça colle! Puis tu iras faire une visite da ma part à Messieurs les Moucheurs de Chandelles, au Monsieur du Strapontin et à ses collègues; tu trouveras moyen de souffler à Fred Chinchilla que Bluette étalera sur son tapis rouge pour un million de bijoux... Enfin tu iras au Bar de la Grande Rouquine—tu iras ce soir même—dire à Sanderini quʼil sʼamène chez moi, car jʼai une faveur très delicate à obtenir de sa vilaine gueule...

E passò quei giorni ricinta nel suo dolore come in una fredda collana di pietre scintillanti.
Mimi Bluette!... Un nome, nientʼaltro che un nome; anzi un piccolo fiore da mettere sui cappelli di paglia, nei mesi dʼestate.
Parigi lʼaveva buttata in alto come il vertice luminoso dʼuna fontana, ed ora che la sua lievità non poteva più essere trasparente, con unʼestrema vertigine del suo chiarore Parigi la ricoricava.
Nella Danza del Sole, sul tappeto rosso come il Guébli, voleva calpestare con magnificenza il suo cuore morto. Davanti alla Città che lʼaveva stupendamente innalzata, voleva passare, splendere, come rifulge dopo la tempesta il miracolo dellʼarcobaleno. Gridare a quei milioni di uomini respiranti nella felice aria della vita: «Io che danzo ancora su questa musica del mio delirio, seminuda perchè mandai profumo, io sono Mimi Bluette!...» Gridare con la musica estrema dei suoi movimenti allucinati: «Città Raggiante!... Città Vertiginosa come il Guébli... Città barbara, dove il sole non tramonta mai!... guardami ancora una volta! Questo è il profumo di carne che a te mandarono i miei fiordalisi. Passai nella tua primavera come la musica dʼun raggio di sole; fui, con tutto il mio corpo, la bellezza che ti è necessaria, o Parigi etera dei secoli!... Sono venuta per le tue strade folli un giorno della mia giovinezza, e nessuno mi guardava. Ero giovine come la primavera, e nessuno mi guardava. Io non sapevo nemmeno che lʼarcobaleno avesse un colore il quale si chiama la Gloria,—e tu me lʼhai data. Mi hai detto: «Va nel mio giardino, piccola fiamma, e scégliti un fiore.» Ho scelto i fiori del sole nei campi, questi azzurri fiordalisi, di cui mi feci una ghirlanda perchè andavano bene con me. Io non avevo altro che i miei capelli biondi e le mia caviglie leggere; tu mi hai sollevata come una piuma nelle tue bufere di sole... Guarda! Ora danzerò per sempre la danza del mio cuore morto, calpesterò, sovra un tappeto rosso come il Guébli, su la morta erba del mio giardino, i fiordalisi di Mimi Bluette...»

—Suis–je ou ne suis–je pas en présence de la divine Bluette?—disse per celia lʼottimo Sanderini. Era, come sempre, agghindato nella stralucida marsina e dondolava con una specie di sonno la sua vecchia testa dʼavvoltoio domestico.
—Eh bien, mon vieux Sanderini! Ça va toujours cette gonzesse que nos littérateurs appellent lʼexistence? Oui? ça va toujours? Tant mieux! Voilà des siècles que je ne revoyais pas votre bonne tête! Comme ça fait plaisir tout de même de se dire bonjour entre copains!
—Et moi je vous dis, madame Bluette, que nous étions tous bien tristes chaque fois que nous entendions prononcer votre nom. On se regardait dans les yeux, la Grande et moi, sans rien dire; puis la Grande mʼenvovait une injure, car cʼest sa façon à elle dʼavoir du chagrin. Pensez donc si jʼai bondi, hier soir, quand M. Jack est venu me dire que vous étiez là, et que «Mimi Bliouette était nécessaire interview de vous, mister Sanderini...»
—Ah, ce brave garçon! Il nʼest pas ce quʼon appelle un polyglotte, et pourtant je lʼaime bien, mon vieux Sanderini; je lʼaime comme un frère.
—Hier soir il était rayonnant. Il a fait le tour des tables, et il prenait tout le monde par les poignets: «Savez—vous? Mimi Bliouette va danser! Mimi Bliouette in the Sun Dance! Yes: dans la Dance du Soleil!...» Oh, quʼil en était aux anges, le pauvre petit!
—Et bien, oui, nous allons voir une fois de plus si ça colle, mon vieux Sanderini!
—En douteriez–vous par hasard?
—Non, je nʼen doute guère... Seulement jʼai été bien éprouvée depuis quelques mois, et, si les pieds restent agiles, des fois le cœur ne lʼest plus.
—Voyons! Quelle blague!
—A la fin je me suis dit: «Sacrée Bluette, si cʼest vrai que tu es née danseuse, il faut bien que tu recommences!»
—Voilà qui est bien pensé, madame Bluette. Cʼest ce que je dis toujours, moi, quand je vois des figures mornes: «Faut pas sʼen faire!... Faut pas sʼen faire!...» A la fin des fins, madame Bluette, qui est–ce qui vous en dira merci?
—En effet, Sanderini...
—Et alors, à quoi bon? Faut pas sʼen faire! Le sac est déjà très lourd à porter, sans quʼon y ajoute soi–même des pierres. Et puis, un beau jour, quand vous aurez le cœur libre et que vous ferez, comme une benne ménagère, la révision de votre compte de semaine, en voyant tout ce quʼil y a eu de cassé, de fripé, de perdu, sans le moindre bénéfice, vous nʼaurez quʼune chose à vous dire, ma pauvre Bluette: «Dieu, que jʼétais aveugle! que jʼétais aveugle!» Vous mʼexcusez, nʼest–ce pas, si je vous parle avec tant de franchise?
—Je vous écoute sans protester, cher Sanderini. Vous êtes un homme dʼexpérience, et rien ne mʼempêche de croire que vous avez positivement raison...
—Mais, en tout cas, je ne suis point venu pour vous faire de la morale. Un Sanderini moraliste, un Sanderini cautériseur dʼâmes, voilà un métier pour lequel je ne me connais point dʼaptitudes! Jʼen fais bien dʼautres, si vous voulez, et je mʼen tire dʼune façon décente, quoiquʼon me tienne pour un larron des plus fieffés... Mais pour vous, madame Bluette, pour vous je nʼai que de bons sentiments, et moi, qui suis pourtant un égoïste, je saurais tout de même sacrifier mon bien–être personnel pour le plaisir de vous rendre service.
—Mon Dieu, oui, Sanderini, il y a de braves gens! Il y a de braves gens, surtout parmi ceux qui nʼont pas à chaque instant leur âme au bout des lèvres et vous la collent sur vos blessures comme du taffetas...
—A la bonne heure, ma toute belle! Vous commencez à apprendre la vie.
—Peut–être, mon vieux Sanderini... Ce quʼil y a de sûr cʼest que je me sens moi–même...—oh, la phrase vous paraîtra bien drôle!—je me sens moi–même en rupture avec la société... Ces gens comme il faut, croyez–vous? ils mʼhorripilent!
—Et moi!... Fichtre! si seulement on me laissait faire!... Dans tout homme résigné il y a toujours le sans–culotte qui roupille. Un jour vient où il sʼéveille et veut ameuter les carrefours pour pendre les aristos à la lanterne.
—Cʼest possible. En tout cas le mien aurait plutôt envie de se pendre lui même...
—Et cʼest triste. Il ne faut jamais envoyer son cœur à la guillotine. Vous avez le tort, ma toute belle, dʼavoir lu des poëtes. Moi, les poëtes, je les laisse aux rafalés!
—Les rafalés, vous dites? Ah, le beau terme! Et comme il me va, Sanderini! Car je ne suis désormais quʼune pauvre femme rafalée... Oui, je ne mʼen cache guère: jʼ ai eu du chagrin, je suis éreintée, jʼai besoin, vraiment besoin, de trouver autour de moi un appui quelconque... Eh bien, ma foi, ce nʼest pas aux gros bonnets, aux philanthropes, aux gens de bonne conduite, quʼil me prendrait jamais la faiblesse dʼavouer ma peine! Pour ceux–là je vais danser ma Danse Rouge; devant ceux–là je vais paraître implacablement heureuse, ayant toujours aux lèvres mon sourire dʼautrefois... Mais cʼest ici, dans les coulisses, où les feux de la rampe ne mʼembrasent pas dʼune lueur artificielle, cʼest ici, où Mimi Bluette redevient la pauvre fille de jadis, que je puis vous dire, Sanderini, combien mon âme est triste, et combien je me sens vide, morne, solitaire, hantée par la frayeur de mes nuits blanches...
—Mais non! mais non! Il faut chasser tout cela! Il faut venir souper chez la Grande Rouquine, lever son verre plus haut que le front, et puis rire, rire!... ne rentrer quʼà lʼaube, légèrement grise, lʼâme gonflée comme une voile dans la vapeur du Champagne... Que diable! Est–ce possible que ce Paris, où lʼon soigne des rois neurasthéniques, ne parvienne pas à vous guérir, vous, qui êtes une créature de joie?
—Jʼai été amoureuse comme une folle, mon pauvre. Sanderini...
—Quoi donc? Il y en a bien dʼautres qui ont été amoureuses comme des folles! Presque toutes lʼont été. Cʼest–à–dire quʼelles ont cru lʼêtre, ce qui revient au même. Et avec ça? Faut pas croire que ce soit la fin du monde. Petit à petit, jour par jour, comme cʼest venu, ça passe. Eh, oui! Ne hochez pas la tête... Il en est de cela comme des robes à paniers... ça passe!
—Jʼai été amoureuse comme une folle... je le suis, je le serai, comme une folle...
—Bien sûr, bien sûr! Vous conjuguez à merveille... Mais cʼest toujours de la conjugaison, ma divine!... Pas autre chose que de la grammaire du sentiment. Allez plus loin: vous tomberez dans le crépuscule de lʼimparfait, vous vous éloignerez dans lʼombre du prétérit indéfini... Croyez–moi: la conjugaison des verbes nʼa dʼautre raison dʼêtre que lʼinconstance du cœur humain. Sans cela vous pourriez toujours dire: a «Jʼaime»—et ce serait vrai pour toute la vie.
—Sanderini, savez–vous quʼil est mort à la Légion Etrangère?
—Oui, je le sais.
—Comment le savez–vous?
—Quʼimporte, puisque je le sais?
—Mais... les détails?
—Oui, les détails aussi. Nous savons quʼil est mort en brave, criblé de blessures, sur le drapeau ennemi. Dʼailleurs, il nʼy avait quʼà voir sa tête pour être sûr quʼil marcherait tout droit. Moi, voyez vous, jʼai toujours dit au nez des moqueurs: «Oui, elle lʼaime, cʼest bien dommage... Pourtant je suis sûr que ce type–là nʼest pas un gangréné comme vous.» Et la Grande qui se rebiffait: «Mouche–toi, vieille chandelle! Tʼa–t–il fait cadeau dʼune épingle de cravate, que tu en parles comme de ton cousin?» Bref, laissons tout ça, ma divine. Quand on a eu un malheur... eh bien, cʼest dur, je le sais... Mais, tout de même, on lʼaccepte, on le plie en quatre comme un joli mouchoir de soie, on lʼenferme dans la petite boîte secrète que chacun porte en son cœur, et puis on lui dit, à cette gueuse, oui, exactement ce que vous avez dit: «Chienne de vie, drôlesse à quatrʼpattes, cʼest très dur, cʼest très très lourd, mais il faut bien que je recommence!...» Pas vrai?
—Sanderini, je vous ai fait venir parce que je sais que vous êtes un homme à rendre de menus services...
—Cʼest mon devoir.
—Et parce que je sais que vous êtes un homme adroit, subtil, point bavard, point farouche...
—On le dit.
—Que vous savez devenir indispensable aux moments graves... indispensable et discret...
—Disons: comme une faiseuse dʼanges.
—Ou bien... comme un marchand de paradis!
—Ah, tiens, jʼy suis! Jʼy suis, ma divine. Cʼest de lʼoubli chimique, de lʼivresse au milligramme quʼil vous faut...
—Oui, mon ami: de la morphine...
—Aïe!
—Car, je vous lʼavoue franchement, Sanderini; tous les soirs jʼai envie de me tuer.
—Hum!
—Cʼest donc pour mʼaider à revivre.
—Jʼentends.
—Cʼest pour que je puisse rentrer vers lʼaube, lʼâme gonflée comme une voile... Ne mʼen donnerez–vous pas?
—Jʼhésite.
—Pourquoi donc? Vous en donnez bien à...
—Chut! Ne disons pas à qui jʼen donne. Le cas est très différent.
—Sanderini, soyez gentil...
—Très différent, vous dis–je.
—En quoi?
—Vous allez rire. Ces femmes, voyez vous, ça mʼest à peu près égal quʼelles sʼadonnent aux stupéfiants, aux aphrodisiaques délétères, quʼelle prennent de la coco, de la morphine, ou quʼelles sʼéthérisent à leur gré... Moi, ça me rapporte; et quʼelles soient plus ou moins vannées, plus ou moins détraquées, pour Notre Dame de Pantruche il nʼy aura rien de perdu! Mais, lorsquʼil sʼagit de Mimi Bluette, voyons, ce nʼest plus la même chose!...
—Préférez–vous, Sanderini, que jʼaille mʼacheter mon coin de terre dans un petit cimetière de banlieue? Je le ferai sans doute, ce soir peut–être, ou le premier jour que jʼaurai la force de vaincre ce petit frisson... Car là–bas, dans le Gharb, cʼest plus facile quʼici. Je sais bien pourquoi ils se font tuer... Lʼair est tellement rouge! Mais ici, quand on est sur le point de faire ce petit geste, cʼest une sensation de froid qui vous arrête... Et puis on a toujours envie de ne pas sʼenlaidir... Voyons, Sanderini, vous reviendrez ce soir, demain peut–être; vous mʼapporterez ma vie dans un petit flacon très limpide...
—Fichtre! Mais cʼest que ça fait terriblement mal ces saloperies–là!
—Quʼimporte? Ça ne fera jamais si mal que dʼêtre morte... Et puis, si vous refusez, mon brave Sanderini, qui est–ce qui mʼempêchera dʼen prendre ailleurs?
—Tant pis! Je nʼaurai pas à me dire que cʼest «ma drogue».
—Mais elle me guérira, et vous nʼaurez pas non plus ma reconnaissance.
—Vous guérirez du noir, sans doute, mais non pas de la morphine.
—Croyez–vous?
—Hélas, ma divine, cʼest pire que lʼalcool, pire que le jeu, que lʼamour, que le crime... Rien ne vous sauvera dʼelle, quand vous en aurez pris le vice.
—Cʼest peut–être bien ce quʼil me faut, Sanderini!...
—Horrible!
—Et puis, vous ne savez pas quʼune petite femme comme moi peut avoir une volonté surprenante. Jʼen guérirai, quand elle ne me sera plus nécessaire. Ma parole dʼhonneur, Sanderini: jʼen guérirai.
—On le dit, Madame Bluette, on le dit...
—Je vous en donnerai deux fois, trois fois le prix habituel...
—Taisez–vous, de grâce! Je sais vendre, oui, mais pas à vous.
—Sanderini, votre main... Promettez!
—Mais pourquoi donc, ma Bluette? Voyez: je vous dis «ma Bluette», comme si vous étiez ma fille...
—Ça mʼest égal. Je vais écrire un mot à Frédéric de la Rue Blanche... Jʼen aurai ce soir même. Elle sera peut–être mauvaise, et, en plus, on me débinera.
—Pour sûr.
—Donc, Sanderini? Vous seriez le premier homme qui ait refusé quelque chose à Mimi Bluette... A Mimi Bluette!... Voyons, Sanderini! Vous ne dites plus rien?... Vous vous taisez?... Parfait! Alors cʼest entendu. Pour ce soir, ou pour demain... et silence!
[Illustrazione: DECORAZIONE]
Una mattina Parigi si destò, azzurra e traboccante di fiordalisi, come un raccolto nei mesi dʼestate, quando il grano ha da essere mietuto.
«Mimi Bluette—La Danse du Soleil!...» Sui muri della immensa Capitale brillava come una bionda frivolità il suo limpido sorriso. Dappertutto ella camminava, coʼ piedi nudi, sul rosso tappeto che inazzurrava la giuncatura deʼ suoi fiordalisi. Dietro la sua carne trasparente, dietro i suoi capelli disciolti, si alzava, come la vampa del Gharb, un vortice di fiamme. La Città Stupenda per lʼultima volta sʼimpadroniva della sua bellezza; lʼanima dionisiaca di Parigi per lʼultima volta splendeva nel miracolo della sua danzatrice. Lungo le strade, per ogni quadrivio, nei sobborghi, lungo i moli della Senna, tra un colore di fiamma e di giardino riappariva Mimi Bluette.
I milioni dʼuomini racchiusi nellʼanfiteatro dellʼimmensa Capitale guardavano con un senso dʼamicizia e di piacere il sorriso della divina Bluette.
Non tutti sarebbero andati a vederla, ma tutti ricevevan da quel nome un senso di leggera e trasparente poesia. Era per tutti una cosa loro, un nome che aveva danzato le più belle danze di Parigi, una musica lieve in quellʼenorme tumulto,—anzi un piccolo fiore da mettere sui cappelli di paglia, nei mesi dʼestate.
—«Mimi Bluette—La Danse du Soleil...»
Cʼera stato un ballo, propagatosi ai quattro angoli della terra, che si chiamava My Blu; cʼera stata una maniera dʼesser belle che si chiamava la maniera di Mimi Bluette; cʼera stato un fiore dellʼanno, coltivato nelle vetrine fosforescenti e venduto a mazzi dalle fioraie de la Madeleine, che si chiamava «bleuet»; cʼera stata la pelliccia, la stoffa, la piuma, il quadro, il libro, lo scandalo, che si chiamavano Mimi Bluette: ossia la musica e la bellezza di questa danzatrice non erano state altro che una bellezza ed una musica della trionfale Parigi.
Le sue candide braccia nude si erano strette come un profumato capestro intorno al collo cattolicissimo di un giovine Re; avevano distratta con pazienza la noia siberiana di un folle Granduca; si erano infine avviluppate con delirio allʼombra di un tragico avventuriero... Parigi non ha mai domandato altro alle creature di sogno e di leggenda che lʼanima di questa Città dionisiaca inghirlanda su gli altari della sua folle paganità, per la gioia di vederle splendere.
«Mimi Bluette—La Danse du Soleil...»
Ora tornava dal Gharb vertiginoso, dai bivacchi dellʼergastolo camminante; portava sul nudo suo corpo lʼombra dʼuna gloriosa bandiera.

—Cher Monsieur Bollot, ne bougez pas de votre fauteuil! Je viens pour une futilité... Vous allez rire.
—Oh, ma fille! Est–ce vous? Tiens! Je mʼétais assoupi depuis cinq minutes, je suppose. Hélas!... avec lʼâge on devient roupilleur. Mais, où sont–elles mes lunettes à présent?
—Les voilà vos lunettes. Elles ont glissé dans votre gilet. Lʼampleur de votre cravate les a sauvées dʼune chute.
—Ah, cette fripouille de clerc!—Eh, là bas!... Justin! Mauvaise graine! Est–ce que je ne tʼai pas donné lʼordre de frapper dans tes mains quand tu vois que je mʼendors?—Ah, ma chère fille!... comme cʼest désespérant dʼavoir affaire aux poëtes!... Car vous devez savoir que mons clerc Justin se croit un émule de Mr Alfred de Musset!... Je nʼai quʼà fermer lʼœil, et le voilà quʼil profite de mon somme pour composer des sonnets dʼamour, quʼil envoie à des drôlesses!